Winter -014-015 - Pear, Spark & Lastie
 
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 Sales gosses.

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Sacha McCandless
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MessageSujet: Sales gosses.   Sam 11 Mai - 23:49

Il était approximativement deux heures du matin, sûrement un peu plus. Sacha venait tout juste de finir son nouveau chef d'oeuvre, à savoir taguer le grip de son skateboard. Pour les incultes, le grip est la partie granuleuse sur laquelle on pose ses pieds. Pourquoi est-elle râpeuse ? Pour ne pas que les semelles glissent, voyons ! Quoi qu'il en soit, la brunette admira encore quelques minutes son travail, sur lequel elle avait passé quatre heures en tout, avant de laisser sécher sa planche près de son lit. Elle s'étira et bailla un grand coup, la gueule ouverte au maximum. Ça y est, elle était d'attaque. D'attaque pour quoi au juste ? Suspens. La jeune femme enfila une veste, attrapa ses clés et s'extirpa de son squat après avoir enjambé la masse d'affaires étalées un peu partout sur le sol, sans oublier de refermer derrière elle. Au pire, qui oserait s'introduire ici ? Personne, il n'y avait rien à voler, et l'intérieur était tellement bordélique que n'importe qui aurait eu peur d'un tel désordre. Au point de s'enfuir en hurlant. Ah, la vie d'artiste ... Sacha marchait gaiement le long des trottoirs, aveuglée de temps à autre par des phares de voiture. Elle allait en direction de l'Académie, a trois heures du matin. Tout à fait logique. Il y avait quelque chose là bas qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de faire et qui lui tenait à coeur. Cela faisait longtemps qu'elle y songeait, mais elle oubliait souvent, et le peu de fois où elle s'en rappelait, une autre chose plus importante passait toujours avant. Cette nuit là, n'ayant rien d'autre à faire et n'étant absolument pas fatiguée, l'évidence que c'était maintenant qu'il fallait passer à l'action lui avait sauté au visage. C'était cette nuit, ou jamais.
Elle atteignit bientôt les grilles de l'Académie, qu'elle escalada sans difficulté, à la manière d'une voleuse professionnelle. Elle n'en était pas une, bien évidemment, mais tout ce temps passé dehors, dans sa Nature si belle et si sauvage, l'aidait dans un nombre effroyable de situations. Elle savait tout faire, physiquement parlant, ou presque. Son corps était devenu une sorte de machine capable de se tortiller dans tous les sens tout en ayant une force presque inhumaine. Ses sens étaient suraiguisés, comparé à la "normalité", mais cela n'était en aucun cas surprenant. En effet, quand on reste dehors quelques années, loin de la civilisation, il faut apprendre à écouter, à sentir et à voir bien au delà de ce qu'on a jamais fait auparavant. On ne se contente pas de constater l'environnement qui nous entoure, mais de le ressentir. Les odeurs de la ville, la pollution sonore et tous ces mouvements incessants ne nous fatiguent plus l'esprit. Ils semblent loin, si loin qu'on pourrait croire qu'il existe un monde qu'aucun homme n'a foulé. On peut alors réapprendre à vivre. Apprendre à survivre. Plus rien ne nous ternit, on se sent vivant. On peut enfin exister.
Sacha avait eu le temps de penser à tout ça entre le moment où elle avait passé les grilles et celui où elle se trouvait devant la porte de Monsieur McBond, le professeur de mathématiques de l'Académie. Elle avait entendu dire qu'il avait un esprit de gosse, et c'était selon elle quelque chose de magnifique. L'insouciance de l'enfance est sublime, la jeune femme souhaitait ne jamais perdre la sienne. C'était son trésor, ce qui lui permettait d'être heureuse. Elle découvrait et redécouvrait le monde sans cesse, chaque jour, chaque heure, chaque seconde. Elle avait encore des yeux d'enfants. Et ces yeux se posèrent sur la porte de la chambre de l'homme en question. Elle leva sa main droite, serra son poing et toqua trois coup sur le bois doux et lisse qui se dressait devant elle. Trois heures du matin, c'est un peu abusé de réveiller quelqu'un à cette heure-si. Surtout pour ce que Sacha voulait faire ... Un sourire immense se dessinait déjà sur son visage.

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James MacBond
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MessageSujet: Re: Sales gosses.   Dim 12 Mai - 9:04

James était allongé sur son lit. Il avait froid. Il avait mal. Mais pas physiquement, non. Il avait juste mal. Il avait du mal à réaliser. Cela faisait à peine quelques jours qu’il était revenu de son séjour à l’hôpital. Cela faisait 1 grosse semaine qu’il avait « réappris » la mort de sa femme. Douleur. Depuis qu’il était revenu, il était une véritable épave. Et les nuits. Elles lui semblaient tellement longues, il se sentait tellement seul. Son oncle lui avait proposé de rester mais James savait qu’il devait retrouver sa cousine car cette dernière était en pleine grossesse. Il était là, couché sur son lit, encore habillé et regardait le plafond, le regard vide. En effet, dans sa tête l’accident se reproduisait inlassablement. Comme un film qu’on passerait en boucle. Il n’arrivait plus à dormir. Même les somnifères ne faisaient pas effet. Comment pourrait-il dormir après ce qu’il avait appris ? Il se leva, n’en pouvant plus de rester couché à ne rien faire depuis des heures. Il s’approcha de la fenêtre. Admira le ciel étoilé. Que lui restait-il maintenant ?

Quand un élève l’apostrophait, il ne le reconnaissait jamais, il avait dû réapprendre toutes la liste d’élève d’ailleurs. Il avait dû réapprendre le français, réapprendre l’horaire de l’école. Mais quand pourrait-il penser à réapprendre à vivre ? Le pouvait-il seulement ? Il n’en était pas sûr. Pas lui. Il n’était pas assez mature. Pas assez sûr de lui. Il ne suffisait plus juste d’un sourire pour ne plus pleurer. Cela ne lui réchaufferait plus ni le cœur, ni l’esprit. Parce qu’après le silence. L’insupportable silence, il aurait aimé pouvoir entendre un peu de bruit dans la nuit noir. Un peu de vie. Pour vivre un peu. Enfin, parce qu’il attendait cela depuis si longtemps.

Depuis son retour, James avait des cernes énormes et un teint encore plus pâle que d’origine qui lui donnait un air cadavérique. Ses cheveux noirs étaient constamment emmêlés, et complètement négligés. Sa mèche blanche semblait s’être épaissit comme si la nouvelle de la mort de sa femme lui avait donné quelques cheveux blancs en plus. Il avait maigri lors de son hospitalisation et son corps déjà d’origine longiligne était devenu plutôt décharné. Ses yeux bleus qui avant brûlaient d’une flamme vive, d’une envie de savoir et d’apprendre était légèrement éteint.

Il ne pourrait oublier le visage de sa bien-aimée. Ses longs cheveux noirs, toujours ébouriffé qui lui faisait une crinière encadrant un jolie minois. Elle avait des yeux très étranges, il s’en rappelait. Violet. Doux et calme, réfléchie. Comme elle. Elle avait été sa lumière, elle avait été tout pour lui. C’est elle qui l’aidait à être comme il était. A ne pas se sentir perdu dans cette foule de gens qui semblaient l’étouffer. Comment ferait-il pour vivre sans cette aide qu’elle lui avait toujours fournie. Il tenta vainement de chasser ces pensée négatives quand trois coup retentir.

Il sursauta, se tourna vers la porte en bois de sa chambre. Regarda son poignet. Sans montre. Il devait être 2 ou 3 heures du matin tout au plus. Qui pouvait bien toquer à sa porte à cette heure-là ? Une urgence peut-être ? Il espérait que non. Il se traina jusqu’à la porte et l’ouvrit sans grande conviction. Là, sur le pas de la porte, il y avait Sacha. C’était une des surveillantes de l’academy. James ne se souvenait pas lui avoir souvent parlé mais en même temps, il ne se souvenait de rien. Les deux dernières années étaient floues. Elle était là, un sourire immense et sauvage étirant ses lèvres. Cette femme, James l’avait toujours trouvé surprenante. Féline, elle ne ressemblait pas à la liberté, elle ne cherchait pas à atteindre la liberté. Non. Elle était la liberté. C’est la sensation qu’avait le jeune professeur de mathématiques.

James ne put s’empêcher de sourire face à tant de joie et tant de simplicité. Il la regarde sans un mot. En effet, le jeune professeur n’est pas très doué pour les mots. Il a tant de mal à s’exprimer que ça peut en devenir risible. Il se contente de la regarder, de regarder la flamme vive qui brûle de vivre dans son regard. Un premier sourire. En voilà un bon début. Peut-être que finalement, cette soirée serait différente des précédentes. Il avait besoin de se changer les idées et Sacha était arrivée. Comme par magie. Il remercia le ciel de l’aider. Il ne pourrait oublier, mais il pouvait essayer de faire avec au moins.

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Sacha McCandless
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MessageSujet: Re: Sales gosses.   Lun 13 Mai - 19:11

Un bruit de pas lent et lourd se fit entendre, provenant de l'intérieur de la pièce. Sacha eut quelques secondes d'hésitation. En général, quand on se traîne ainsi, c'est qu'on a été dérangé. Elle ne savait donc pas trop s'il fallait partir en courant, éventuellement en hurlant, ou s'il était préférable de rester comme elle était à l'instant, à savoir la bouche grande ouverte, laissant apparaître toutes ses dents, et les yeux brillants. La poignée se mit à bouger. Il était peut-être encore temps de partir. Allez, plus que quelques micro-secondes pour se décider ... Too late. La porte s'ouvrit et un homme apparut derrière. Il était affreusement maigre, son teint était blafard et d'énormes cernes pendaient sous ses yeux. La sauvageonne savait qu'il était sorti de l'hôpital la semaine passée, ou quelque chose qui y ressemblait, et qu'il avait eu un accident, mais elle n'en avait pas appris d'avantage. Elle n'écoutait pas les ragots, cela ne l'intéressait pas de suivre les "on dit". Elle préférait connaître vraiment les gens et juger d'elle même. Elle était pourtant étonnée de voir l'état du bonhomme, proche de celui d'un cadavre. Sa crinière noire laissait apparaître une zone grisonnante. On aurait pu le prendre pour un vieux, avec ces brins argentés sur le crâne ; cependant, cela se voyait qu'il était jeune. Moins que Sacha tout de même, entre 25 et 30 ans sûrement. Découvrant la jeune femme à l'entrée, il esquissa un sourire. Ce n'était pas un sourire charmeur, ou vicieux, ni pervers, mais un sourire beau, simple et léger. Un sourire vrai. Cela ne fit qu'accentuer l'envie qu'avait la sauvage de connaître ce fameux professeur de mathématiques. Il ne dit rien. Il n'avait besoin de dire, Sacha avait déjà compris qu'elle était la bienvenue. Les attitudes traduisent parfois beaucoup mieux ce que les gens ont à dire que les mots. Cette nuit, la brunette allait devoir beaucoup user de la parole. Il fallait qu'elle explique ce pourquoi elle s'était déplacée jusqu'ici. Si elle avait tenté de mimer ses motivations, alors ils auraient dû y passer l'année entière ! C'est pourquoi elle décida que le moment était venu, celui d'entrer dans la peau de son personnage.
Sacha prit un air extrêmement sérieux et toussota, comme pour annoncer sa prise de parole. Elle tendit sa main droite à celle de son interlocuteur et l'attrapa avant même qu'il n'eut pu bouger d'un millimètre, puis plaça son autre main sur l'épaule de l'homme tout en agitant son avant-bras droit.

    Agent McCandless, enchantée de faire votre connaissance, Monsieur McBond. Il me faut m'entretenir avec vous dans les plus brefs délais.

Sur-ce, elle se glissa furtivement dans la chambre du prof sans son autorisation, passant entre lui et l'encadrement de la porte. Ses mains étaient toujours en contact avec lui et ne se détachèrent qu'une fois Sacha rentrée entièrement. Là, elle se mit à regarder autour d'elle en se déplaçant silencieusement et lentement, comme pour chercher un objet précis. Elle reprit alors la parole, se tournant vers son acolyte.

    C'est bon, nous ne sommes pas sur écoute. Approchez, mon ami, approchez.

Elle constata que la chambre sentait le malade. Vous savez, cette odeur atypique, cet air épais. La jeune femme se dit qu'il devait être bien triste, ce James. On est toujours triste, après un accident, on a parfois tendance à se renfermer. Elle ne savait pas ce qu'il s'était passé, et elle ne voulait pas savoir. Cela aurait impliqué que le concerné lui explique. Elle aurait sûrement fait saigner ses blessures encore trop fraîches pour être refermées. Sacha s'assit sur le bord du lit, les mains jointes et prenant appui sur ses coudes, eux-même posés sur ses cuisses. Encore une fois, elle prit la parole, regardant James dans les yeux, l'air toujours aussi grave. Elle vivait le personnage.

    Voilà toute l'histoire : notre supérieur m'a demandé de vous transmettre un message : nous avons une mission spéciale, de la plus haute importance. Il s'agit de réveiller les élèves de l'académie, en leur faisant peur si possible, et tout cela sans que personne ne sache à qui il a à faire. Si j'ai choisi de faire équipe avec vous, c'est parce que votre intelligence est bien supérieure à celle du reste des agents. Vous êtes un bon, paraît-il. Prouvez-le moi.

La brunette se releva et s'approcha légèrement de James. Elle frappa une fois dans ses mains et prit un air détendu. Elle voulait s'amuser, en le divertissant lui aussi. Elle espérait que son Plan Sourire marche. Elle l'espérait vraiment, car elle était comme ça : elle aimait voir les gens heureux, les gens bien, alors elle faisait tout pour qu'ils le soient. C'était d'ailleurs pour ça qu'elle l'avait complimenté. Les compliments font du bien, en règle générale. Elle choisissait ses mots pour ne pas le brusquer, ni le forcer. Elle ne voulait pas lui faire de mal. Vraiment pas.

    Bien ! Par où commençons-nous ... Avez-vous un plan d'attaque ?

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James MacBond
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MessageSujet: Re: Sales gosses.   Lun 13 Mai - 20:53

Elle prit avec tant de soudaineté un air d’un extrême sérieux que James crut quelques secondes qu’elle allait lui annoncer un évènement grave ou autre. Elle toussota et il attendit qu’elle prenne la parole, légèrement inquiet. Elle n’en fit rien, elle ne prit non pas la parole mais la main du jeune professeur, posant par la même occasion sa main sur son épaule. Elle secoua son bras droit avec vigueur. James n’avait même pas eu le temps de faire un geste. Lui qui n’aimait pas trop le contact avec les gens n’était dans ce cas si pas vraiment dérangé. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il avait à présent compris que la visite de la jeune femme était informelle et donc que tout allait bien.

« Agent McCandless, enchantée de faire votre connaissance, Monsieur McBond. Il me faut m'entretenir avec vous dans les plus brefs délais. »

Agent McCandless ? Tient donc, serait-elle en train de jouer les agents secrets ? Cela fit sourire le professeur de math. Sa cousine et lui jouait souvent à ce genre de truc lorsqu’il était petit. La surveillante se glissa d’un mouvement félin dans la chambre de James et elle lâcha les mains du professeur de math. Elle observa les lieux d’un œil aiguisé. La chambre de MacBond était toujours impeccablement rangée. C’était le côté maniaque du professeur qui ressortait. Et puis, il n’avait que ça à faire de ses longues nuits d’insomnies. Sur son bureau en chêne, des documents de toutes sortes basés essentiellement sur les math. Sur une étagère, une pile de vieux bouquins poussiéreux sur le même sujet. Sur son bureau, trônait la photo de mariage du jeune professeur. Le reste de sa chambre était entièrement vide. Sauf ça penderie forcément où une rangée de vêtements uniformément noir était rangés. Au mur entièrement nu, un unique clou ou avait jadis pendu un tableau. Endroit fort impersonnel. La brunette reprit, se tournant vers James :

« C'est bon, nous ne sommes pas sur écoute. Approchez, mon ami, approchez. »


Sourire du jeune professeur. Elle était vraiment dans son rôle. James, gamin dans l’âme, décida de jouer le jeu et de se prendre pour un agent lui aussi. Après tout, vu le nom de famille qu’il portait –qui fut d’ailleurs durant son adolescence assez dur à porter- il méritait bien lui aussi le titre d’agent. Secret même. La surveillant s’assit sur le bord du lit du jeune professeur, et continua, toujours avec cette gravité feinte :

« Voilà toute l'histoire : notre supérieur m'a demandé de vous transmettre un message : nous avons une mission spéciale, de la plus haute importance. Il s'agit de réveiller les élèves de l'académie, en leur faisant peur si possible, et tout cela sans que personne ne sache à qui il a à faire. Si j'ai choisi de faire équipe avec vous, c'est parce que votre intelligence est bien supérieure à celle du reste des agents. Vous êtes un bon, paraît-il. Prouvé-le moi. »

Elle se releva et s’approcha du professeur, un air détendu peint sur le visage. Il sourit une nouvelle fois, ce soir, c’était décidé, il faisait travailler ces zygomatiques. Elle finit par s'exclamer toute guillerette :

« Bien ! Par où commençons-nous ... Avez-vous un plan d'attaque ? »


Il prit un air aussi sérieux qu’il le put et fit à sa co-équipière d’un soir en insistant bien sur le « toujours » :

« Mais voyons. Vous devriez savoir que MacBond. James MacBond a toujours un plan ».

Il réfléchit un instant, parce qu'en réalité il n'avait évidemment aucune idée du fameux "plan à appliquer". Première étape, ne pas se faire reconnaitre par les élèves, cela, ce n'était pas bien compliqué. Le professeur de mathématique se leva lentement et se dirigea vers la penderie de sa chambre, d'un air solennel tout en disant à la surveillante :

« Si nous masquons notre visage du regard de ses curieux d’élèves, nous pourrons passer pour n’importe qui. »

Il en sortit ses deux écharpes et bonnets noirs. Il tendit les siens à la brunette avec un sourire complice. Déjà, les pensées sinistres qui l'habitait un instant plutôt le quittèrent. Il décida de laisser tout cela sur le côté pour une nuit. Parce qu'il fallait profiter. Vivre ce que l'on pouvait tant qu'on le pouvait. Parce qu'on aurait pas de deuxième vie. Pas de deuxième chance. Alors, il fallait être ce que l'on vivait et inversément, vivre ce que l'on était. Et dans ce cas ci, James serait un agent secret au service de son état. Il ne pouvait s'appitoyer sur son sort. Il savait que partout dans le monde il y avait des injustices, qu'il n'était pas le seul, que d'autres avaient eu le courage de se relever de leurs épreuves. Qu'il aurait ce courage là, lui aussi. Il ne se donnait même pas le choix. Il le devait.
Et puis, il était peut être révolté et attristé par ce qui lui arrivait mais il ne pouvait s'arrêter à cela. C'aurait été une insulte à la mémoire de celle qu'il aimait. De tout ceux qui ne le pouvait plus.

Il enroula l'écharpe autour de son cou et enfonca son bonnet sur la tête. Il devait ressemblait à un cambrioleur débutant ainsi vêtu et de plus, sa mèche blanche dépassait irrémediablement de son bonnet. Il s'était fait une résons. Cette mèche était sans doute encore plus rebelle que lui lors de son adolescence. Il souffla néamoins dessus pour au moins qu'elle ne traine pas devant ses yeux. Ridicule mais heureux. Que pouvait il rêver de mieux ? Il ne se rappelait pas qu'il ait jamais décidé de rendre ces élèves aussi insomniaque que lui mais l'idée lui plaisait bien. Cela ne pouvait pas faire de mal à ces jeunes d'un peu avoir peur. Et cela ferait encore moins de mal au deux complices de s'amuser un peu. James se demanda comment l'idée était venue à Sacha. Une idée tout à fait charmante aux yeux du professeur de math. Après tout, il avait une certaine expérience, lui qui dans sa jeunesse fut d'une ingéniosité sans non pour accomplir des "actes nuisibles à la société" ou plutôt des blagues illarentes essentillement sur ses professeurs. Aux souvenirs encore peu lointain de ses larcins, James MacBond ne pouvait que sourire.

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Sacha McCandless
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MessageSujet: Re: Sales gosses.   Mer 29 Mai - 8:43

L'agent McBond prit un air aussi sérieux que possible. Parfait ! Il semblait se jouer au jeu et entrait lui aussi dans la peau de son personnage. Bon, Sacha ne jugerait pas de leur prestation, car ils n'étaient pas des professionnels, mais elle trouvait qu'il s'en sortait tout de même bien. Il prit alors la parole, théâtralement bien-sûr :

Mais voyons. Vous devriez savoir que McBond, James McBond a TOUJOURS un plan.

Les yeux de la brunette s'ouvrirent en grand. Ses mains se joignirent automatiquement et se collèrent, paume contre paume, comme pour prier, et allèrent se loger devant sa bouche, qui dessinait d'ailleurs déjà un sourire radieux. Elle ressemblait à une enfant à la fois émerveillée et pleine de vie. Peu lui importait, de ressembler à une gosse. Elle voulait justement ne jamais perdre cette part d'innocence, de naïveté et de candeur qui l'avait suivie dans ses aventures et mésaventures, qu'elle portait avec elle depuis sa plus tendre enfance jusqu'à maintenant. On aurait pu croire que se tenait devant elle une licorne en barbapapa bleue. Oh, oui, magnifique ! L'inspiration montait et une nouvelle oeuvre d'art se dessinait déjà dans sa tête. Elle rangea soigneusement le flash qu'elle venait d'avoir dans un coin de son esprit, histoire de le retranscrire sur papier une fois rentrée chez elle. Elle vit que le professeur de mathématiques, si on en croyait tous les livres ... de maths qui se trouvaient dans la chambre, se mit à réfléchir rapidement. Bon, d'accord, elle l'avait très sûrement pris au dépourvu. En même temps, comment aurait-elle réagi si quelqu'un venait la déranger à quatre heures du matin pour jouer à chat ? Lentement. Quoi qu'il en soit, James se leva solennellement pour se diriger vers sa penderie où une dizaine de vêtements uniformément noirs pendaient. Il dit alors :

Si nous masquons notre visage du regard de ces curieux d’élèves, nous pourrons passer pour n’importe qui.

Bien vu. Si Sacha avait fait son coup toute seule, elle aurait sûrement oublié de cacher son identité, se contentant de courir dans les couloirs en riant, la crinière au vent. Heureusement que son accolyte était là. Il tendit sa main dans la penderie et y extirpa deux bonnets et écharpes, tous noirs. Il en tendit un de chaque à la jeune femme et se hâta d'enfiler les siens, ressemblant au final à un voleur. Sa mèche argentée dépassait de son couvre-chef, mèche qu'il tenta d'y fourrer mais rien n'y fait : elle était rebelle. Sacha aimait déjà beaucoup cette touffe. Elle rit quand il souffla dessus pour se dégager la vue, afin d'être un minimum performant dans ce qu'ils allaient accomplir ce soir. Elle ne put s'empêcher de retenir ces paroles :

    Tu ressembles plus à Georges Clooney qu'à 007 avec tes cheveux couleur de lune !

Le tutoiement lui avait échappé. Elle avait tellement l'habitude de mettre les gens en confiance immédiatement qu'elle ne fit pas vraiment attention. Elle espérait que cela ne le gênerait pas, si toutefois il l'avait remarqué. Car ça pouvait en agacer plus d'un. Quand à la couleur de lune, elle pensait que ces mots étaient appropriés. Oui, elle aurait pu dire gris, mais le gris est fade et sans vie, terne. La lune quand à elle est un astre sublime, rayonnant et inspirateur. Sacha trouvait les cheveux de l'homme qui se tenait en face d'elle lumineux, brillants, c'est pourquoi elle avait préféré la métaphore de la lune, bien plus poétique et délicate que la teinte grisâtre. Elle enfonça également son bonnet sur sa touffe capillaire et enroula l'écharpe autour de son cou, elle aussi. Cela lui donnait l'impression d'étouffer, comme si on l'empêchait de respirer. Elle avait cette désagréable sensation d'être retenue prisonnière par cette pièce de tissu, c'est pourquoi elle la retira et se l'attacha autour de la taille. Elle pourrait peut-être y insérer des gadgets utiles, s'ils en trouvaient. Sacha se dirigea vers le bureau ainsi vêtue et sortit une feuille pliée de sa chaussure. Elle passa sa main dans la jungle qu'étaient ses cheveux, sembla y chercher quelque chose et finit par y retirer un crayon de papier. Eh oui, c'était pratique. S'appuyant sur l'un des livres de maths du professeur-agent infiltré, elle gribouilla un croquis de l'académie d'un côté de la page blanche, et de l'autre une licorne stylisée, terminée en quelques secondes à peine. Il ne fallait pas qu'elle oublie de coucher l'animal sur papier. Elle risquait d'oublier sinon. Elle tendit finalement le côté où le plan de l'Académie était dessiné à McBond :

    Bon, on commence par quel bâtiment ? J'attends vos instructions, chef !

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James MacBond
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MessageSujet: Re: Sales gosses.   Sam 3 Aoû - 12:07

Elle regarda James d'un air rieur et lui fit, d'un ton complice :

- Tu ressembles plus à Georges Clooney qu'à 007 avec tes cheveux couleur de lune !


Il sourit à son tour. Il aimait beaucoup la façon de s'exprimer de la jeune dame. Simple, efficace et sympathique. Il pensa qu'il n'avait pas beaucoup de contact Parce qu'au fond, ça devait vachement le vieillir cette mèche blanche sur le front, et c'était plus un mauvais souvenir pour lui alors le fait de appeler ainsi plaisait fort au professeur de math.
Pour lui, cette mèche semblait sombre. Il n'avait jamais eu de regard extérieur sur la chose et trouvait cela intéressant.

McCandless enfonça a son tour le bonnet noir sur sa tête et l'écharpe autour de la taille, après l'avoir mit un instant autour du cou. James comprit aussitôt pourquoi. La brunette n'aimait pas se sentir à l'étroit, elle avait besoin de se sentir libre, sans barrière qui puisse l'empêcher de courir, de bondir, et au fond, de vivre. D'une certaine manière ça lui faisait penser à Ellana. Et lui, était très différent, il avait besoin de sentir les frontières, de pouvoir sentir qu'il ne risquait pas de tomber dans un abime profond et noir. Il avait besoin d'une certaine façon de se protéger d'un monde extérieur qui le terrifiait plus que tout et quel meilleur moyen que de s'enfermer sur soi ? James aurait voulu être aussi libre et heureux, mais il ne parvenait pas à trouver de repère. En dehors de sa bulle, il avait peur de se noyer, de se perdre. Sauf lors de rares occasions ou il parvenait à se sentir assez en osmose avec le reste du monde pour prendre plus de liberté.

La surveillante s'approcha du bureau et sortit de sa chaussure une feuille pliée ce qui eut pour effet de sortir James de ses pensées et le fit sourire à outrage. Vraiment, il la trouvait tellement amusante, et le rendait vraiment heureux. Juste s'amuser. Rien qu'une fois, juste penser à lui et s'amuser. Voilà ce dont il avait envie en cet instant. Elle sortit un crayon qui tenait dans son épaisse chevelure et, s'appuyant sur un traité de régularité des applications d'une variable réelle ou complexe, un livre assez sympathique du point de vue de James. Elle dessina un shéma de l'académie sans trop de détail -et oui, c'est le principe d'un shéma. A côté, elle dessina une petite licorne, ce qui fit sourire James. Elle se tourna alors vers moi et me tendit le papier :

- Bon, on commence par quel bâtiment ? J'attends vos instructions, chef !

Nouveau sourire de l'intéressé. Il observa le bâtiment et fit :

- On devrait commencer par le dortoirs le plus éloigné du notre, comme ça, on pourra procéder par étape jusqu'à revenir au point de départ, de plus, cela nous permettra de pouvoir battre en retraite jusqu'ici au cas les élèves ou des membres du personnel tenterait un offensive pour démasquer les coupables du chahut.

Et oui, car James comptait bien sur une offensive de l'équipe adverse, sinon, ce ne serait pas aussi drôle. Il s'imaginait déjà dans les couloirs, après avoir fait peur à de malheureux élèves sans défense, se tapir dans l'ombre, se retenant de rire à attendre que s'éloigne les personnes responsables du calme dans le bâtiment le soir.

– Par contre, je ne vous conseille pas de me demander d'ouvrir la marche, je nous perdrait aussi sur que je m'appelle Mac Bond.

Il avait hésité à la tutoyé comme elle l'avait fait un peu plutôt mais une nouvelle fois, ça peur de l'inconnu l'arrêta. Il ne savait jamais comment parler au gens. Il se torturait parfois des heures pour savoir s'il devait vouvoyer ou tutoyer quelqu'un et allait jusqu'à arranger ces phrases pour ne faire ni l'un, ni l'autre. Il aurait aimé avoir aussi facile qu'elle. Juste le dire et en voir les conséquences après. Surtout que dans ce cas si, les conséquences étaient minimes.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Sales gosses.   Dim 4 Jan - 23:20

|UP?|

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C'est facile d'être plus logique que l'univers - Gryfi

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