Winter -014-015 - Pear, Spark & Lastie
 
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 Dans le faux dans le vrai, dans le brut dans l'abstrait ~ PV Sacha

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Mael McCandless
Professeur de sport
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MessageSujet: Dans le faux dans le vrai, dans le brut dans l'abstrait ~ PV Sacha    Dim 26 Mai - 15:37

Lorsque je repense à tous ces événements aujourd'hui, ce ne sont pas les souvenirs des horreurs que j'ai vécu qui me font le plus mal. C'est la Nostalgie, ce bonheur tout simple qu'on avait avant, cette innocence.


    Trois jours. Trois jours que Mael était installé dans un lieu à lui, après des années de vie dans des lieux qui appartenaient à tous ou à personne. Il n’arrivait toujours pas à s’approprier cet espace. Dès que les rayons du soleil filtraient à travers ses volets, il se levait brutalement de son lit, partait ouvrir sa fenêtre, filait dans sa petite salle de bain, prenait rapidement sa douche, se rasait, enfilait un pantalon, faisait son lit, pliait ses couvertures et rangeait ses affaires dans son sac. Puis il s’asseyait sur son lit, et attendait. Il attendait qu’on lui dise quoi faire. Durant ses 5 années d’incarcération, ses matins avaient ressemblé à ça, la douche en moins, puis on l’appelait pour se rendre dans différentes salles, faire les tâches qui lui incombaient et ses examens. Chaque minute de sa vie avait été contrôlée, toujours quelqu’un lui avait dit quoi faire, où il devait se rendre. Quand il avait pris la route après la mort de son frère, c’est le Voyage et la Nature qui lui intimaient ces ordres. C’était aux rythmes de ceux-ci que Mael avait du s’accorder. Il avait agi selon le temps, selon les gens, selon les lieux. Dorénavant, il était tout seul avec sa petite vie de 26 ans, et il pleurait sur son lit parce qu’elle lui échappait. Ce matin encore, quelques larmes avaient coulé silencieusement sur son visage, sans qu’il ne renifle ou ne tente de les retenir. Assis, droit, les mains jointes, il regardait le mur blanc en face de lui, et le fixait comme si un ordre allait s’y afficher. Il n’y avait rien à faire. Il allait devoir prendre une décision, par lui, pour lui. Il allait devoir prendre en mains son quotidien. Il avait respiré un grand coup, s’était relevé, avait enfilé un maillot noir, passé autour de son cou sa chaîne d’ancien détenu à laquelle il avait rajouté les divers grigris et petits trésors récoltés durant ses voyages, puis après avoir jeté un dernier coup d’œil à sa chambre parfaitement rangée, il était sorti.

    Depuis qu’il était arrivé à l’Académie, il passait ses journées à parcourir ce nouveau « territoire », repérer les différents lieux, les gens qui y circulaient, les chemins cachés, les failles qui pourraient lui servir à s’échapper. Ce dernier point était très important pour lui. Pendant son adolescence, il avait toujours fuit pour survivre, traqué pour attaquer, et couru pour se défendre. Il devait connaître son lieu de vie à la perfection pour pouvoir l’utiliser à sa guise dans ses déplacements. Et l’importance de cette notion lui était apparue vitale quand il s’était retrouvé enfermé dans sa cage. Il comprenait maintenant l’importance des Ouvertures, sur le Monde, sur les Autres, sur la Vie. Aussi la semaine que lui avait accordé le directeur pour s’habituer à l’école lui était très bénéfique. Aujourd’hui, il avait décidé de ce rendre dans le bâtiment central. Il devait alors être neuf heures du matin, et des élèves étaient sûrement éparpillés dans les couloirs. C’est là-bas qu’il se rendit. Les murs étaient couverts de casiers de couleurs diverses, le plafond vitré laissait entrer la lumière naturelle et on entendait parfois les rires de quelques élèves. Il se perdait dans ces longues allées, en croisant parfois un jeune qu’il regardait bien au fond des yeux.

    Arrivé au détour d’un couloir, il entendit le murmure de cris venant d’un peu plus loin. Un léger creux s’installa entre ses sourcils, et forçant le pas il se dirigea vers la source de cette agitation. Les bruits s’amplifiaient à mesure de ces foulées, et très vite il tomba nez à nez devant un groupe d’élèves entourant d’un jeune plaquant un de ces camarades contre les casiers. Sans se manifester au début, Mael regarda la scène de derrière la ronde d’élèves.

    «- Espèce de connard, t’as tout fait foirer ! T’as foutu la merde dans toute ma vie putain !
    -Je suis les Guns’n’Roses, Trésor, j’ai un appétit pour la destruction !
    - J’vais te buter »


    Mael n’avait pas tout compris, il ne connaissait pas encore bien le langage tout pourri des ados, son français était juste bon à parler avec des gens civilisés pour le moment. Il avait seulement saisi « buter », ça il connaissait parce qu’il avait un camarade de cellule qui le disait tout le temps , et il avait aussi saisi le mouvement en arrière du bras du gars, son élan et son poing serré. Il n’était peut-être pas pion, mais il était tout de même prof. Et puis son instinct de défense était encore aiguisé, il avait appris dans la Rue qu'un poing levé devait être un poing rabaissé. Il écarta d’une brassée le petit groupe, saisit rapidement le poignet de celui qui tenait l’autre par le col, et le fixa droit dans les yeux.

    « Tu le butes, c’est moi qui te bute. »


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Sacha McCandless
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MessageSujet: Re: Dans le faux dans le vrai, dans le brut dans l'abstrait ~ PV Sacha    Jeu 30 Mai - 17:49

Il y a des personnes qui se sentent indignes d’être aimées.
Elles ne prennent pas leur place et se font toutes petites,
en essayant de n’ouvrir aucune brèche au passé.

Elle est étendue là, sur son lit, la tête tombant dans le vide. Le sang s’accumule dans son cerveau, lui faisant sentir les battements de son cœur au niveau des tempes. Elle est presque nue, ayant pour seuls vêtements une culotte et un soutien-gorge. Elle a les yeux fermés, sa main droite caresse son ventre, sa blessure. La cicatrice de l’ours fait encore mal. Dehors, dedans. Comment a-t-elle pu se laisser surprendre aussi facilement ? Pourquoi son attention n’était-elle pas à son comble ? Elle ne parvient pas à se le pardonner. Si elle en est là aujourd’hui, c’est de sa faute. Elle aurait du garder la tête levée. Putain, quelle merde ! Dehors, le soleil commence à se lever. Il baigne peu à peu la chambre d’une lumière douce, l’air matinal emplit la pièce. La fenêtre est ouverte en grand, comme à son habitude, laissant la fraîcheur des premières heures du jour envahir l’espace. Le froid lui picote la peau, la rendant vivante et l’aidant à s’éveiller au rythme lent de la musique qu’elle écoute. She went quietly. Cette mélodie la suit depuis son départ. Depuis qu’elle a quitté ces soi-disant parents, laissant également derrière elle ses frères. Que font-ils aujourd’hui ? Ont-il une famille, un travail, des amis ? Ou bien sont-ils replongés dans ce trou noir que sont la drogue, l’argent, les manigances ? Peu importe. Elle n’était pas de leur monde. Elle n’est d’ailleurs d’aucun monde, perdue dans ses propres pensées, dans ses rêves et ses cauchemars. Elle ne sait pas. Elle ne sait plus.
Le chant d’un oiseau lui fait ouvrir les yeux. Il est là, juste au dessus, perché sur la branche qui lui sert à accrocher un tas de souvenirs qu’elle a ramené de ses innombrables voyages. Les souvenirs d’une vie pure et sauvage, loin de toute corruption, de toute pourriture. Une vie où elle était en paix avec elle-même, où elle pouvait être qui elle voulait. Cet oiseau laisse échapper de son plumage une plume duveteuse. Cette plume tombe lentement, s’écrasant avec une extrême délicatesse sur le nez de la jeune femme. Elle lâche un rire qui fait s’envoler l’oiseau. Elle attrappe la plume du bout des doigts, se lève et se dirige vers la fenêtre presque en courant.

    Attends, petit oiseau ! Tu as oublié ça.

La main emprisonnant le trésor s’approche de sa bouche tandis qu’un léger souffle parvient à s’y échapper, faisant virevolter le souvenir de l’animal. Elle regarde la petite tâche blanche tomber à nouveau, puis décide qu’il est temps de se préparer pour aller travailler. Elle n’avait jamais aimé travailler, ce simple mot la révulse. Elle estime cependant que ce qu’elle a à faire est beaucoup plus plaisant que la plupart des métiers , car elle est plongée en permanence dans un monde où l’art est maître. Et ça, ça n’a pas de prix. Elle sort de sa chambre, s’étirant une dernière fois avant de disparaître derrière les draps qui la séparent du reste de l’appartement, ceux-là même qui lui font office de porte.

Sacha est chargée de surveiller les casiers, déambulant grâcieusement dans les couloirs vides, skateboard en main. Les élèves sont en cours. Ou du moins, c’est ce qu’elle croyait, avant de tourner au coin d’une intersection, laissant apparaître une masse compacte tout au bout de l’allée. Elle connait les gosses, elle sait que quelque chose ne va pas.

    EH !

Oh putain, les gars, c’est Sacha !


Les silhouettes se dispersent en un battement de cils, dans un bruit assourdissant, laissant deux ombres sur place à l’autre bout du couloir. La brunette sait qui est l’une d’elles, mais elle n’a encore jamais croisé l’autre. Elle s’en serait souvenue. Au lieu de leur courir après, elle préfère les laisser croire qu’ils ont réussi à la semer. Elle leur tombera dessus plus tard, au moment où ils s’y attendront le moins. Elle avance donc de quelques pas et tourne à gauche, dans le but de continuer à surveiller les couloirs et casiers. Oui, sa méthode est un peu particulière, mais elle est efficace, alors on ne lui reproche rien. La surveillante décide qu’il est temps de s’amuser un peu tout en travaillant. Elle pose son skate par terre et y grimpe tout en se propulsant. Travailler en skatant, un plaisir qu’elle peut s’offrir. Elle disparaît alors à une nouvelle intersection, s’enfonçant toujours plus profondément dans ce dédale de couloirs.

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Mael McCandless
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MessageSujet: Re: Dans le faux dans le vrai, dans le brut dans l'abstrait ~ PV Sacha    Jeu 30 Mai - 18:31

« Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens. »

    Mael tenait le poignet du jeune en sondant son regard quand un cri retentit au bout du couloir.

    EH !

    Aussitôt, l’attroupement autour d’eux se dispersa en s’exclamant :

    Oh putain, les gars, c’est Sacha !

    Sacha. Sacha. Sacha. Sacha. Ce dernier mot résonnait dans la tête de Mael, comme un écho incessant lancé entre les falaises. Il n’entendait plus rien autour de lui, si ce n’étaient les battements intenses de son cœur, comme si on lui eut balancé ce son dans des enceintes justes collées à son oreille. Sacha. Le même prénom que sa sœur. Sa sœur qu’il avait cherché 2 ans durant. Pour qui il avait vagabondé à travers tous les Etats-Unis. La seule personne au monde qu’il espérait encore retrouver un jour. Celle qui croyait avoir égaré. Et si c’était elle, qui avait lancé ce cri ? Et si elle était vraiment ici ? En même temps que lui ? Et s’il la retrouvait enfin, s’il pouvait la serrer encore dans ses bras, se perdre dans son regard, enlacer encore celle qui partageait son sang ? Celle qui le comprendrait. Male était bouleversé. Profondément secoué. Il se ressaisit un instant pour replanter ses yeux dans ceux de sa « victime ».

    -Tu vois, t’es tout seul. Tes potes t’ont abandonné comme une pauvre merde. Je pourrais te saigner qu’ils ne s’en rendraient même pas compte. Ils s’en foutent de toi. T’es rien pour eux. Maintenant dégage et que je ne te revois plus jamais t’en prendre à un autre élève, sans quoi je ferais de ta scolarité ici un enfer. Tu n’as pas besoin de ça pour Les impressionner. Leur loyauté tu l’obtiendras en te mettant en valeur, pas en dégradant l’honneur des autres.

    Il avait du rassembler toutes ses connaissances en français pour aligner ces phrases. Pour accentuer l’effet de son petit discours, il balança son avant bras sur le thorax du pauvre gars, le plaqua contre les casiers dans un bruit sourd métallique, puis se détourna de lui pour marcher tranquillement jusqu’au couloir où avait disparu la fille. Tout cela c’était passé en une trentaine de secondes. Aussitôt qu’il fut hors de vue de l’élève, il couru. Il s’élança à la poursuite de cette fille. Elle n’avait que quelques secondes d’avance, il pouvait aisément la rattraper. Cependant ce bâtiment était un vrai dédale de couloirs, d’escaliers, de halls, de paliers, de murets, et la suivre à la trace risquait d’être assez compliqué. Il courait d’un pas léger, concentrant son poids sur le centre de son corps plutôt que sur ses jambes, de manière à faire le moins de bruit possible. L’heure était à son avantage, les lieux étaient déserts et silencieux, aussi il un son capta rapidement son attention. Le roulement d’un skate. Ce bruit. Il l’avait accompagné toute son enfance, dans la ville où ils avaient grandit tous les trois, avec son frère et sa sœur. Ensemble ils avaient fait du skate dans toutes rues, des courses effrénées accompagnées d’éclats de rire. Ce bruit, c’était le même. Voilà qui commençait à faire trop de coïncidences pour Mael. Il fallait qu’il rattrape, qu’il la voit, qu’il sache.

    Il se fiait uniquement à son ouïe pour retrouver la fille. Sitôt qu’il entendait les roulements, il changeait de direction. Lorsqu’il arriva au balcon intérieur du premier étage du bâtiment, il entendit le skate passer en dessous de lui, au rez-de-chaussée. Il ne s’arrêta pas devant la balustrade, mais profitant de son élan il élança son bras sur le muret, fit couler ses jambes au dessus de l’obstacle et pivota son bras pour se laisser tomber à l’étage inférieur. Il se réceptionna sur son épaule, roula sur le sol et aussi rebondi pour poursuivre sa course. Le parkour. C’était sa discipline favorite. Il avait appris à s’adapter eux milieux urbains pour en faire ses terrains de jeux et d’exercices physiques, il avait une parfaite maîtrise de sa force et de son corps. Il entendait nettement le skate avec quelques longueurs d’avance sur lui. Il était endurant, son souffle était encore loin d’être haletant, il continuait son chemin toujours aussi silencieusement. Parfois, en sautant au dessus d’un escalier, il parvenait à réduire la distance qui la séparait de lui, d’autres fois il perdait le son, et devait ensuite redoubler d’efforts pour le rattraper. Au bout d’un moment, il arriva dans un long couloir, et vit passer rapidement devant lui, perpendiculairement à son propre chemin, la jeune fille sur son skate. Elle fila si vite qu’il discerna seulement sa longue et épaisse chevelure noire. Une fois encore les battements de son cœur s’amplifièrent. Le doute s’amoindrissait une fois de plus. Elle avait les mêmes cheveux. Il grogna de hargne et redoubla de vitesse pour la suivre.

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Sacha McCandless
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MessageSujet: Re: Dans le faux dans le vrai, dans le brut dans l'abstrait ~ PV Sacha    Dim 2 Juin - 16:48

Oh, une Sacha sauvage apparaît entre les hautes herbes !
Attaque : Poursuite.



Sacha roule paisiblement entre les casiers, toute guillerette. Elle sifflote un air qu'elle a appris elle ne sait où, pendant l'une des nombreuses étapes de son long voyage. Sûrement des aborigènes. C'est ce qu'elle avait le plus croisé durant son périple, et c'est de leur culture qu'elle s'inspire le plus. Elle avait eu tout le temps d'apprécier leur art, leurs coutumes. Certaines tribus sont incroyables. Elles remercient la Reine Mère qu'est la Terre pour chaque fruit, chaque racine, chaque gibier trouvés. Ces gens là ne sont pas comme nous autres, connards d'occidentaux, qui pensons que tout nous est dû. Ils n'ont pas oublié de qui ils tirent leur évolution. La Nature. Quel gâchis que les Européens soient allés les massacrer sur leurs terres natales, il y a quelques siècles de cela. Nouvelle preuve de notre cruauté, de notre égoïsme, de la pourriture que nous sommes et qui possède nos coeurs à tous. Il n'y a que très peu de gens qui ne sont pas comme ça. Beaucoup trop peu. Et ceux-ci se font généralement bouffer par le système. Mais oublions les choses qui fâchent, soyons heureux puisque nos vies sont faciles, tellement aisées. Sacha est perchée sur sa planche, elle tourne dans un nouveau couloir dès qu'elle peut, laissant le hasard faire les choses. Droite, gauche, droite, droite, gauche, droite, gauche, gauche. Peu importe. Elle sait bien faire semblant de travailler, n'est-ce pas ? Et puis, pourquoi faire autant de couloirs, pourquoi construire un labyrinthe dans une école ? Tout cela ne sert à rien, à part gagner de la place. Mais peu importe, elle sait toujours où se trouve la sortie. Elle sent une présence derrière elle. Un élève ? Elle tourne à gauche et en profite pour jeter un regard discret et extrêmement rapide dans le couloir d'où elle venait. Quelqu'un arrive. La même carrure que celle de tout à l'heure. Hm, que veut-il ? L'esprit enfantin de Sacha prend le dessus. Il passe au delà des interrogations, de la raison, du sérieux. Elle a envie de jouer, il fait beau aujourd'hui. Alors elle accélère, change de couloir encore plus régulièrement qu'avant, ralentit pour lui laisser le temps de la rattraper, le fait tourner en rond, encore et encore, inlassablement. Elle reprend parfois son skate dans sa main et court sans bruit, histoire de lui faire perdre la tête. Tantôt il l'entendra skater par ici, tantôt le bruit de la board retentira par là. Elle se dit qu'à sa place, elle deviendrait folle. Et elle monte les escaliers, l'invite à la suivre en haut, puis les redescend, roule en bas. Elle voit une ombre lui sauter au dessus, presque, lorsqu'elle roule au dessous de la balustrade. Le mec devait être en haut. Il est cinglé de sauter de là haut, sauf s'il est aussi habile que l'est la jeune femme. Dans ce cas alors, il n'y a pas de problèmes, il peut faire ce qu'il veut de son corps. La surveillante se demande si c'est Ethan, mais cette idée s'enfuit rapidement de sa tête. Elle l'aurait senti. Elle continue donc à courir et skater, alternativement, s'écrasant parfois contre des casiers dans un bruit sourd tant elle a tourné sec. Elle arrive à l'entendre quelques fois, à repérer sa position. Elle décide alors de l'amuser, ne sachant toujours pas qui c'est. Tout en courant, elle se concentre sur sa direction, son emplacement. Elle se dirige alors vers lui, pose sa planche par terre et s'élance à plat ventre dessus. Elle sait qu'il est à sa droite et fait exprès de rouler ainsi, les bras levés comme si elle était un superhéros, fusant dans le couloir à la vitesse d'un guépard en pleine course. Elle l’aperçoit du coin de l'oeil dans un couloir perpendiculaire au sien. Elle se marre elle-même à cause de sa connerie. D'ailleurs, elle commence bientôt à passer près de lui à chaque fois, dans des positions toutes les plus farfelues les unes que les autres sur son skate, sans pour autant voir de qui il s'agit. Elle va même jusqu'à prendre l’ascenseur, pour ressortir au balcon et sauter au dessus de la barrière comme le gars l'a fait quelques dizaines de minutes auparavant. Elle effectue une magnifique figure en l'air et retombe sur ses jambes, de peur de casser sa planche si l'atterrissage s'était fait dessus. Elle rigole chaque minute un peu plus fort, essayant tant bien que mal de se taire quand elle a sa planche en main et qu'elle se déplace silencieusement à pied. Mais c'est trop dur de se retenir, elle s'amuse beaucoup trop pour cela. Elle arrive cependant, à un moment, à se calmer suffisamment pour ne plus faire de bruit et s'empresse de courir vers un casier qu'elle ne connaît que trop bien. Elle se hâte de l'ouvrir et s'y enferme, attendant que le mec passe devant elle. Oui, c'est une gosse. Et oui, elle est prête à rester des heures dans cet espace exiguë juste pour le plaisir de le surprendre par la suite. Et puis au pire, elle peut toujours s'inventer un monde tout entier, dans ce petit casier.

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Mael McCandless
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MessageSujet: Re: Dans le faux dans le vrai, dans le brut dans l'abstrait ~ PV Sacha    Dim 2 Juin - 18:11

Les fous passent, la folie reste.

    Il devenait dingue. Les bruits venaient de partout et de nulle part, ils résonnaient tout autour de lui, changeaient, faiblissaient, s’amplifiaient, disparaissaient, resurgissaient. Son souffle s’accélérait non pas à cause de l’effort, mais à cause de son angoisse. Au dessus des bruits de la réalité, il entendait des cris. Des paroles. Des ricanements. Les mêmes que ceux qu’il avait entendu dans la rue, avant. Avant la mort de son frère. Les mêmes que ceux qu’avaient leurs adversaires. Les mêmes que ceux poussés par les enfoirés qui avaient tué son frère. Ces sons hurlaient en lui, sa tête commençait à tourner. Pourtant il continuait de courir. Il voulait la voir. Il voulait savoir. Il devait apercevoir le visage de cette fille, et découvrir si ses espoirs seraient encore une fois déçus ou non. Il existait une chance sur mille qu’elle soit sa sœur. Une seule. Mais une seule c’était déjà immense et beaucoup important pour qu’il laisse cette possibilité s’échapper. Il devait la saisir.
    Il commençait à avoir chaud. La sueur luisait sur ses tempes. Dans un couloir, il la vit passer devant lui ventre à plat sur la planche, bras tendus vers l’avant et cheveux au vent. Ce n’était plus une chance sur mille, mais une sur cent. Elle était espiègle en plus. Cette pose lui fit esquisser un sourire et les hurlements se turent alors dans son esprit. Il était de retour à la réalité. Il continua sa course, revigoré, et elle repassa plusieurs fois devant lui dans d’autres diverses postures toutes plus loufoques les unes que les autres. Mais aucune ne lui avait permis de clairement voir son visage. Une anomalie cependant s’immisça dans cette course poursuite singulière : le silence. Le vrai. D’un coup tous les indices sonores avaient disparu. On n’entendait plus ni les roulements du skate, les bruits de pas, ni les quelques rires. Renfrogné, il ralentit pour mieux écouter, mais en vain. Il marcha droit devant lui, arriva dans un couloir recouvert de casiers et s’arrêter. Il l’avait perdu. Il l’avait raté. Il ne la retrouverait pas. Quelle merde. Il était pourri. Quel con. Ça aurait très bien pu être elle, et il l’avait laissé filer. Il se haïssait. Il avait passé deux ans à lui courir après, cette fois ci il était sûrement tout près du but et elle avait filé. Ses muscles se contractaient, et d’un un élan de rage il poussa un cri et balança violemment son poing sur le casier le plus proche, en même temps qu’un coup de pied.

    Oh putain !

    Ce cri était sorti du casier. La porte sous le choc c’était enfoncée et déformée. Mael était perplexe. La bouche entre-ouverte, il fixait l’intérieur du casier, le poing toujours serré. Le temps sembla se suspendre. Au fond de ce casier, le bras écorché, était recroquevillée la jeune fille à la tignasse ébène. Sacha. Sacha. Sacha. C’était elle. Il serait resté à la regarder des heures durant si un professeur n’était pas sorti en éclats de sa salle de cours :

    Dégagez bande de couillons, ou je vous fout une heure de colle pour dégradation du matériel et présence intempestive dans les couloirs pendant les heures de cours !

    Un deuxième professeur commençait à sortir à son tour de sa salle. Mael attrapa le bras de sa sœur, l’extirpa sans manières du casier et s’élança dans le couloir principal. Il tenait ce fin poignet dans sa main ferme, elle la sentait courir derrière lui. Son cœur tambourinait à sa poitrine, il ne pensait plus, il ne faisait que fuir. L’homme ne parvenait pas à réaliser ce qui était en train de se passer. C’était irréel. Elle ne l’avait peut-être même pas reconnu. Après cela faisait plus de 4 ans qu’ils ne s’étaient pas vu. Lui, seule la mort l’aurait fait oublier le regard de sa sœur. Ce regard qu’il chérissait tant. Et elle était là. Bien tenue dans sa main. Elle ne pouvait pas s’échapper. Il la tenait enfin, et l’entrainait dans sa course folle.

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Sacha McCandless
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MessageSujet: Re: Dans le faux dans le vrai, dans le brut dans l'abstrait ~ PV Sacha    Sam 3 Aoû - 16:09

Des bruits pas, rien de plus ni de moins. Ils se rapproche, lentement, implacablement, obstinément. La tension monte, elle a envie de rire. Son ventre se noue. Elle est la proie, il est le prédateur. Ses instincts remontent à la surface, ses pupilles se dilatent. La bête gratte à la porte. Et puis le silence, juste devant elle. L'ombre projetée par la silhouette assombrit l'intérieur du casier plus encore qu'il ne l'était déjà. Il sait ? Un éclair de rage, jaillissant de l'homme et s'acharnant contre la porte, froissant la tôle. Un sursaut s'empare de la brunette, lui faisant échapper un simple mot de surprise.

Putain !

Est-il humain, ou est-il dieu ? Sacha ne s'y attendait pas, mais pas du tout. Peut-être que lui aussi a les sens aiguisés. Que lui veut-il ? Elle ne va pas se laisser faire, quoi qu'il se passe. Chercherait-il une vengeance pour avoir interrompu la petite bagarre de tout à l'heure ? C'est le plus probable. Autrement, pourquoi ce mec s'acharnerait contre elle ? Des prunelles viennent inspecter l'intérieur du casier, via la porte défoncée. Ces yeux. Mais tout se passe si vite que Sacha n'a même pas le temps de réfléchir. A peine a-t-elle enregistré l'information qu'on la regardait qu'un professeur sort de sa salle de classe en hurlant. Aussitôt, le jeune homme ouvre entièrement la porte du casier, attrape la sauvageonne par le bras et l'entraîne derrière lui. Elle est à la limite de tomber, ne faisant que se rattraper sur ses jambes, suivant son ravisseur par des enjambées gigantesques. Elle se laisse entraîner. Ces yeux. Elle les connaît. Elle les aurait reconnus entre mille. Mais non, ce n'est pas possible. Ce n'est vraiment PAS possible. L'étau exercé par la main du jeune homme sur son poignet lui fait mal. Il pourrait presque lui briser les os. Elle essaye bien de résister et de s'arrêter, histoire de vérifier qu'elle ne rêve pas et qu'elle sait bien qui se tient devant elle. Mais celui qui l'entraîne dans sa course semble instoppable, comme s'il fuyait aveuglément vers une destination inconnue. Imperturbable, presque fou. Sacha fait un bond énorme en avant et se laisse tomber dans les jambes du jeune homme, le faisant chuter avec elle. L'impact avec le sol est violent, de par la vitesse qu'ils ont acquis. Un gros boum se fait entendre, elle sent un tibias contre ses côtes. Aïe. Elle se serait pliée de douleur si elle ne s'était pas concentrée sur le mystérieux inconnu. Sacha parvient à se remettre tant bien que mal sur ses jambes et laisse ses yeux parcourir le corps de l'homme, en restant accroupie au milieu du couloir.

Non, ce n'est pas ... C'est pas. Non, ça ne se peut pas.

Des larmes lui montent aux yeux. Elle tombe sur les fesses, amortissant un peu l'arrivée à l'aide de ses mains. Ses jambes se mettent en mouvement et la poussent près des casiers qui bordent l'allée. Son dos finit par toucher le métal dur, froid et inconfortable. Elle ne peut plus reculer. Mais, pourquoi recule-t-elle alors que la seule chose dont elle ait réellement envie, c'est de sauter au cou de son frère ?

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Mael McCandless
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MessageSujet: Re: Dans le faux dans le vrai, dans le brut dans l'abstrait ~ PV Sacha    Jeu 29 Aoû - 16:05

    Il courait. C’était la seule chose qu’il se sentait capable de faire. Il l’avait cherché si longtemps. Après avoir parcouru un continent entier pendant quatre ans pour la retrouver, il la tenait fermement, naturellement, comme si s’eut été la plus normale des choses. Il était si bouleversé par sa précieuse trouvaille qu’il ne savait pas comment y réagir. Lorsqu’il avait peur ou qu’il était perdu, Mael fuyait le danger comme une biche fuit un loup, ou courait à la recherche du chemin. Cette fois-ci, c’était pareil. Il fuyait l’angoisse qui lui serrait la gorge et cherchait une issue à sa stupeur. Cependant la chimère derrière lui ne lui laissa pas le temps de la trouver, puisqu’elle lui sauta dessus violemment. Stoppés net, ils tombèrent. Il avait bien senti le poids de sa sœur l’écraser, mais sa cervelle ne put enregistrer aucune douleur. Il aurait supporté cent fois ce poids pour pouvoir tenir sa sœur dans ces bras. Il aurait voulu la basculer au-dessus de lui et l’envelopper tendrement de ses bras, et sentir enfin l’aura de Sacha resplendir autour de lui. Il aurait voulu se relever avec elle et plonger dans ces yeux sauvages aux grands cils noirs et lui confier en un regard toute son histoire et ses peurs. Il aurait mourir sur-le-champ et emporter dans sa tombe le souvenir du visage de cet ange revenu de ses propres enfers. Mais elle se déroba à son emprise et accroupie le dévisagea.

    Non, ce n’est pas… C’est pas. Non, ça ne se peut pas.

    Elle en chavira. Elle recula, affolée, jusqu’aux casiers contre le mur. Au bord des larmes, les yeux écarquillés, le souffle court, elle le fixait. Sa réaction n’aida pas l’Anglais à se ressaisir. L’avait-elle seulement reconnu ? Lui faisait-il peur ? Aurait-elle préféré ne jamais le revoir ? Pourquoi cet air ébahit ? C’était sur, il aurait aimé mourir à cet instant. Toujours le ventre cloué au sol, il s’appuya sur ses coudes pour se redresser, et reprit son équilibre sur ses pieds. Il recula lui aussi jusqu’aux casiers opposés, plia ses genoux contre sa poitrine et les enroula de ses bras. En animal meurtri, il rentra un peu sa tête dans ses épaules, posa son nez contre ses bras repliés, et les yeux embués il peina à murmurer :

    It’s … me.

    Il n’entendait plus rien que les battements de son cœur affolé.

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Dans le faux dans le vrai, dans le brut dans l'abstrait ~ PV Sacha

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