Winter -014-015 - Pear, Spark & Lastie
 
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 Ah les américains ! [PV Cameron]

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MessageSujet: Ah les américains ! [PV Cameron]   Lun 24 Juin - 13:20

Ah les américains ! -Featuring Cameron
« Encore un matin qui commence bien ! » avais-je hurlé devant ma glace en me réveillant. J’observais ma silhouette, satisfaite. Ce short rouge et se haut noir m’allaient bien, il faut l’avouer. Et ma petite silhouette était montée sur des tongs à talons compensés, pas trop hauts. Ouais, j’aime bien être comme ça, avec le maquillage assorti. Et aujourd’hui j’avais attaché mes longs cheveux bouclés en deux nattes, une de chaque épaule. Il faisait assez chaud pour s’habiller de telle manière, je trouve. Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais envie de me balader. Alors j’ai attrapé mon sac plus grand, rouge comme mon short et j’avais quitté la chambre en sautillant presque sur place. Puisqu’on était le matin je voulais aller faire un tour au marché. Mais pas du côté de la charcuterie, des fruits et des légumes vu que je mange tous les jours à la cafétéria, et je n’ai donc pas besoin de cuisiner. J’étais dans les rayons de fringues, encore. Et je fouillais ainsi, mon sac à la main, les rayons où étaient entreposés les tee-shirts.

Quand je vivais avec ma mère, j’allais tous les samedis faire les boutiques. Du luxe bien sûr, parce que je refusais de ressembler à un sac à patates avec des robes trop larges, des chaussures délavées ou d’autres choses du genre. J’aimais beaucoup ces journées où on ne faisait comme s’il n’y avait pas de problèmes, où il n’y avait que nous pour profiter de ce moment. C’était absolument merveilleux. Je serais capable de retourner la voir juste pour ça. Elle me parlait de garçons… Ah maman ! Elle me manque parfois. Elle m’embêtait pour savoir si j’avais déjà embrassé un garçon. Elle voulait à tout prix savoir s’il était une armoire à glace, ténébreux mais irrésistiblement craquant, ou bien au contraire blond, avec des yeux bleus. Je me souviens également la fois où elle m’a demandé si j’avais déjà embrassé une fille. J’avais été sidérée mais j’en ai rigolé pendant deux heures sur la terrasse du café habituel. Moi, avec une fille ?! C’était la belle époque, et ce n’est pas tout. Ma mère avait les mêmes cheveux que moi, donc ce n’était pas difficile de reconnaître notre lien de parenté. C’est ça que j’aimais. Elle n’était que ma mère à moi, et personne n’avait le droit de lui faire du mal autant qu’on ne m’en fait.

Je soupire, nostalgique. Est-ce qu’elle pense à moi elle aussi ? Est-ce qu’elle a eu un autre enfant et m’a oublié, en train de refaire sa vie comme si je n’avais existé ? Je crois que je ne l’ai pas contacté depuis que je suis allée chez mon père biologique avec Adrian. Ouais, c’était drôle d’avoir déboulé tous les deux comme si tout était normal en disant « Bonjour papa, nous sommes tes deux enfants perdus, nous venons faire de ta vie un enfer ! ». Et lui, pense-t-il à nous ? Que dirait-il si je décidai de lui envoyer une photo de moi et Adrian dans nos plus belles tenues ?
Une voix m’interrompt. C’est la vendeuse. Cela doit faire cinq bonnes minutes que je serre une jupe et un débardeur contre moi, comme si c’était les miens et que j’allais les emmener sans payer. Elle sourit et parle doucement :

« Mademoiselle ? Vous avez choisi vos articles on dirait ? »

Je lui souris et attrape un autre short au passage, et paye mes articles avant de les mettre dans une poche que je mets directement à mon bras, fière d’avoir acheté des articles que maman m’aurait aidé à choisir. Soudain, j’ai une idée. Ce n’est pas à papa que je vais envoyer une photo, c’est à maman. Elle va pleurer en voyant que j’ai pris quelques couleurs, abandonnant comme mon passé ma peau blanche originaire des pays froids.

J’avance, commençant à encaisser beaucoup de poches dans les bras. Je ne tiendrais pas le coup, il faut que je m’asseye mais les cafés sont à bien un kilomètre de là. Pour tout dire, je n’ai pas du tout envie de faire demi-tour et d’y aller, et encore moins de rentrer. J’ai besoin de prendre l’air de temps en temps.
Alors que je regardais mes SMS au lieu du chemin, je heurte quelqu’un.

Déséquilibrée, je fais tomber tous mes sacs et mon portable par la même occasion. Sans attendre je m’accroupis, aux pieds de l’inconnu pour les récupérer et me lève, sauf que quand je vois son visage, je grommelle un « désolée » et recule en baissant les yeux, gênée.
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Cameron Wayne
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MessageSujet: Re: Ah les américains ! [PV Cameron]   Mar 25 Juin - 16:27

« AH, AMERICANS! »
CAMERON WAYNE FEAT. IRA KJERSTIN

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« Every difficulty slurred over will be a Ghost to disturb your repose later on. »


IL FIT TOURNER LE SOCLE MOBILE DE COLLIERS UNE DEUXIÈME FOIS, observant attentivement tous les articles. Cette boutique avait une ambiance vacancière avec ses murs en semblant de branches de bambou et ses nombreux modules de coquillages sculptés finement dans du bois qui ornaient le plafond. Un ventilateur suspendu avait des pales fait de bois clair et dans un coin, il y avait même un petit palmier en pot. La musique, qui faisait très hawaïenne, provenait d'une vieille radio digne d'un film australien sur des légendes de surf. Le son était ironiquement de la même qualité: un peu grinçant. On entendait de la neige. Le jeune homme pensa que c'était bien con d'entendre de la neige en Australie. Il poussa délicatement le support à colliers, examinant chacun d'entre eux avec attention. Ils étaient tous du même style, mais avaient chacun un petit quelque chose particulier. En bois clair avec des motifs tribaux, en bois sombre avec des petites pierres vertes, en lanières de cuir tressées avec des coquillages, en petits rondins de bois sculptés.

Après avoir fait le tour des colliers une troisième fois, il s'écarta du comptoir et alla voir ailleurs dans la boutique. Les étagères étaient remplies d'objet de toutes sortes. Des pierres précieuses supposément australiennes, du sable rougeâtre provenant probablement des desserts d'Australie, des figurines étranges, des photos de surfeurs, des minis planches de surf, des cadres en espèce de bambou et tout plein d'autre truc inutile. Sur les murs, des posters de grandes vedettes du surf australiennes, des larges tableaux illustrant les paysages sauvages du pays, des trucs plus ou moins utiles comme des porte-manteaux et des horloges, tous avec un style vacancier, et même, dans le fond de la boutique, une grande mâchoire de requin. Cameron jeta un œil à la dentition extrêmement impressionnante de cette bête qui hantait les océans australs. Cette rencontre inattendue avec cette superbe mâchoire le renvoya quelques années dans le passé. Il y avait environ trois ans, il recevait un appel qui lui disait que l'un de ses amis s'était fait attaquer par un requin alors qu'il surfait paisiblement. Heureusement pour lui, il avait survécu! Mais le Beethoven ne pouvait simplement pas imaginer ce que ça devait faire de se retrouver un jour en face d'un tel monstre et d'être capable de continuer sa vie comme si de rien n'était. Peut-être en ayant des problèmes plus graves que de s'être presque fait bouffer vivant?

Il recula pensivement, s'éloignant de la mâchoire qui semblait, malgré qu'elle soit désormais figée, encore menaçante. Il accrocha cependant quelqu'un. Il se retourna aussitôt qu'il entendit un petit cri plaintif. Assise -sûrement tombée- sur le sol, une petite fille. Ses cheveux blonds et bouclés, mais un peu déplacés lui tombaient sur les épaules. Le grand guitariste posa un genou sur le sol et se pencha aussitôt vers la petite demoiselle qui semblait si naine et si fragile à côté de lui. Elle semblait à peu près avoir sept ans. Ses yeux étaient fermés et son visage était tordu dans une grimace très peu charmante à voir. Elle commença à pleurnicher de petits pleurs étouffés, comme si elle avait honte de réagir ainsi en publique. Cameron l'observa un court instant, incapable de penser correctement ou de décider quoi faire exactement. Il posa simplement sa main sur son épaule frêle qu'il couvrit entièrement en murmurant un « hey » d'une voix douce. À ce contact, la petite fille ouvrit lentement les yeux et son regard bleu ciel croisa celui du jeune homme. Il ouvrit la bouche, mais rien ne sorti. Pas un mot, même pas un souffle. Il avait cessé de respirer pendant un instant. Il ne faisait que fixer la fillette. Fasciné, hypnotisé. Un feu aurait pu se déclarer dans la boutique et il ne s'en serait même pas rendu compte. Il ne pourrait dire combien de temps ils se sont fixés ainsi, mais pas une seule seconde la petite détacha son regard du sien.

« I-I'm sorry... So sorry... » murmura-t-il.

For everything... Sa voix était bégayante, maladroite et presque inaudible, mais la petite cligna des yeux juste après ses derniers mots. Il passa ses mains sous les minces bras de la fillette et la souleva avec toute la douceur du monde pour la remettre sur ses pieds. Le regard de Cameron était rêveur, absent, comme perdu dans un monde que lui seul voyait. Cette jeune fille qu'il venait de croiser n'était plus blonde, mais brune. Ses cheveux étaient d'un superbe brun magnifiquement décoré de mèches foncés presque noires. Et ses si beaux yeux brillants de vie, bleus comme le ciel en été. Tout autour d'eux semblait avoir disparut. Il n'y avait plus que le vide dans sa tête. L'enfant passa son petit poing sur ses yeux et essuya tant bien que mal ses larmes. Un sourire apparut maladroitement sur son visage. Un beau sourire, un vrai. Instinctivement, les commissures des lèvres du Beethoven s'étirèrent légèrement. La jeune demoiselle émit un petit rire aigu qui illumina son visage. Elle tendit la main vers le cou du jeune homme pour saisir délicatement son collier de billes de bois de différentes grosseurs orné d'une griffe de loup. Cameron le détacha de son cou pour le tendre à la fillette en souriant. Il ricana faiblement.

« Here... You can take it, little one », murmura-t-il encore une voix douce et calme.

Elle fit glisser le bijou de bois entre ses petits doigts fins. Un magnifique sourire enjolivait son visage rond d'enfant et elle semblait si heureuse. Il l'observa en silence. Sa bouche devint sèche et quelque chose vint bloquer sa gorge. Il déglutit avec difficulté. Il chercha ses mots pendant un instant qui lui sembla être l'éternité. Il avait tant de chose à lui dire. Il voulait lui parler de tellement de truc. Ses yeux s'embuèrent et prirent cette intense teinte bleue qui se cachait habituellement dans ses iris. Il secoua brusquement la tête et tout réapparut. Les étagères remplies à craquer, les murs surchargés d'images et l'immense mâchoire de requin reprirent leur place en un clin d'œil. La petite fille était redevenue blonde. Il se redressa brusquement et dévisagea la fillette qui jouait avec son collier. Comme elle, cette jeune inconnue s'était foutue de son look. Elle n'avait pas eu peur de la grosse tête de mort blanche entouré de simili éclaboussures écarlates sur son chandail noir. Ni de ses longs shorts déchirés sur les rebords et qui étaient retenus par deux ceintures, l'une cloutée et l'autre à motif de croix. Elle n'avait pas été intimidée par les nombreux bracelets de cuirs et les chainettes qui ornaient ses poignets. Ni par sa grandeur. Comme elle. Il recula maladroitement, bousculant sans le vouloir une femme à la chevelure blonde qui devait probablement être la mère de la petite. Il grogna des excuses plutôt incompréhensibles et se retourna vivement vers la sortie. Il quitta la boutique à grand pas, ignorant le regard intrigué de la vendeuse. À peine avait-il passé la porte qu'il heurta une autre personne. Super. C'était sa journée. Légèrement étourdit et surtout surpris, il recula -en faisant bien attention cette fois- de quelques pas pour voir qui se trouvait là.

Une jeune femme se redressa alors, des sacs suspendus un peu n'importe comment sur ses bras. Elle tenait tant bien que mal son téléphone portable dans une main. Son épaisse et impressionnante chevelure rousse était un peu décoiffée. Lorsqu'elle le vit, elle baissa aussitôt les yeux. Il n'entendit pas ses excuses. Il pensait encore à la fillette dans la boutique qu'il venait de quitter en coup de vent. À cette petite demoiselle qui avait un regard qui ressemblait tant à celui de sa sœur. Il secoua encore la tête, tentant de reprendre ses esprits. Son regard se posa -enfin- réellement sur la jeune femme devant lui. À part ses cheveux roux qui sautaient aux yeux, ses shorts rouges attiraient énormément l'attention eux aussi. Un bref coup d'œil suffit au guitariste pour la définir comme une fille très féminine et soucieuse de son image. En plus de ça, il l'avait déjà vu dans l'Académie. Il était impossible d'oublier une telle tignasse! Il réfléchit un moment. Bien qu'il n'ait qu'aperçu ses yeux, ils lui disaient quelque chose. Il était cependant sûr de ne pas l'avoir croisé avant aujourd'hui. Il laissa tomber ce détail. Pour le moment.

« Are you ok? Hurm, I mean... T'es correct? » marmonna-t-il en se grattant la tête d'une main.

Cameron avait, malgré lui, encore la tête ailleurs. Quelque part où il pouvait plonger ses yeux gris dans le ciel bleu sans s'arrêter.


___________

SCHOOL TAKES MY LEISURE


« I'm waiting for another day, another way;
I don't believe that you can make all the pain go away. »

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Dernière édition par Cameron Wayne le Dim 4 Aoû - 17:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ah les américains ! [PV Cameron]   Jeu 18 Juil - 10:47

Il est effrayant. Sérieusement ! Je tremble presque rien qu’en le regardant. D’ailleurs il me toise aussi. Normal, avec une tenue telle que la mienne on ne peut pas s’empêcher de me jeter quelques œillades. Bref, je le regarde, il fait pareil. Il parait un peu paumé quand même, ou c’est moi, qui suis en train de faire mauvaise impression parce que j’ai les joues en feu, détestant par-dessus tout, ces scènes répétitives de films qui sont débilement nulles. Oui, ça ne veut pas dire grand-chose, mais peu importe. Il faut que je me contrôle. Non mais, sa grande taille, ses yeux gris et ses cheveux noirs m’effraient. Tout comme m’effraie son accent que je ne comprends pas. Eh oh m’sieur, j’suis russe moi ! Non mais j’hallucine… Comme si je comprenais parfaitement tous les accents du monde !

Je ne peux pas m’empêcher de regarde le petit écran de mon téléphone, comme si j’attendais un appel d’une amie pour qu’elle me dise de la rejoindre. Mais rien. Une minute. Deux minutes. Quatre minutes passèrent à regarder le portable alors que nous étions toujours face à face. Je relève les yeux vers lui, je n’ai toujours pas répondu. Je n’ai pas envie de répondre en fait. Je suis intimidée, comme si on m’avait épiée en train de voler quelque chose. Je n’arrive même plus à penser correctement ! Je ne bouge pas, la tête légèrement penchée sur le côté à le regarder. Puis, je décide de respirer un grand coup et de dire « Oui je vais bien, j’ai l’air d’aller mal ?! ». Ça parait un peu bizarre dis comme ça, mais on s’en moque, non ? Enfin moi je ne vais pas y prêter attention, logique.

Puis je tourne la tête, je croise les bras –eh oui j’arrive à faire ça malgré les nombreux sacs que je porte-, et puis finalement, mes pupilles reviennent sur lui. J’attrape son bras et je le tire vers un café, où je m’assois, devant une table à l’extérieur et lui montre la chaise devant pour l’inviter à s’asseoir. J’avoue, j’ignore absolument ce que je fais, mais j’le fais ! Et je pose mes sacs de fringues à côté, rangeant soigneusement mon téléphone. Sans hésiter, j’appelle une serveuse et lui demande les deux mêmes boissons, ne me souvenant plus de leur nom à la minute d’après.

« Je suis Ira. Je t’ai vu à… A l’académie l’autre jour, je crois. »

Je souris tant bien que mal en le fixant. J’vais être prise pour une folle. Je vais être prise pour une folle ! A l’aide, SOS faites que quelqu’un m’appelle. Mais non, mon portable fait un bruit horrible et strident pour me prévenir qu’il n’a plus de batterie, et s’éteint Jackpot. Je me retrouve à un café avec un mec que je ne connais pas, et un téléphone portable sans batterie ! C’est la cerise sur le gâteau, surtout quand la dame pose les boissons sur la table et repart. Alors, j’me rends compte que j’ai commandé de l’alcool. Intriguée, je fixe l’inconnu et demande :

« Tu bois de l’alcool j’espère ? »

Voilà, il va vraiment croire que j’suis une pauvre abrutie complètement timbrée et bourrée, qui n’a pas encore assez de poison dans le sang. Tant pis, tant pis… Je ferais mieux la prochaine fois, j’espère.
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Cameron Wayne
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MessageSujet: Re: Ah les américains ! [PV Cameron]   Mar 20 Aoû - 19:10

« AH, AMERICANS! »
CAMERON WAYNE FEAT. IRA KJERSTIN

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« Well, well, well... What do we have here? »


CAMERON EN AVAIT FAIT DES RENCONTRES ÉTRANGES DANS SA VIE, mais aucune ne l'avait autant bouleversé. Le monde était drôlement fait, son monde était drôlement fait. D'abords pour la vie qu'il avait eu, mais aussi ce qui lui arrivait chaque jour. Il lui semblait que le destin -ou le hasard, s'il faisait bien les choses- ne se lassait pas de l'embêter. Avait-il été choisi pour subir les vilaines plaisanteries d'une quelconque force supérieure? Pourquoi ne pouvait-il pas avoir la paix pour quelques années? Seulement quelques mois même, si ce n'était pas trop demandé. Replonger dans son passé ne lui plaisait pas. Ce n'était pas quelque chose qu'il appréciait vraiment, car tous ses souvenirs étaient désagréables ou lui faisait atrocement mal. Surtout ceux liés à sa petite sœur. Cette histoire le faisait tellement passée pour un incapable. Ce qu'il s'en voulait de l'avoir perdu! Ce qu'il s'en voulait de n'avoir rien pu faire pour la sauver de la mort. Et, dans le fond, il s'en voulait un peu de ne pas être capable de s'en remettre. Ça lui aurait facilité la vie, mais noooon! Il fallait bien sûr que tout soit plus compliqué avec lui.

Cette fillette dans la boutique tout à l'heure... Elle avait exactement les mêmes yeux que sa chère sœur. Ces mêmes grands yeux d'un bleu clair comme le ciel. Un regard éveillé, brillant, pétillant d'émerveillement et de joie de vivre. Le Beethoven n'avait jamais pensé qu'il était possible qu'il croise ces mêmes prunelles un jour. Il ne pouvait pas dire s'il en était heureux ou pas, mais une chose était sûr, c'était que cette rencontre l'avait touché directement au cœur. Mais l'avait-elle un peu soigné ou poignardé? Peut-être un peu des deux... Les souvenirs qu'il avait avec sa sœur étaient, pour la plupart, tous joyeux, mais là était le problème. Plus ils étaient bons, plus ils faisaient mal. Et plus ils le faisaient souffrir, plus il s'en voulait de n'avoir rien pu faire pour qu'il y en ait de nombreux autres. Et ces sombres pensés et ses nombreuses questions continuèrent de tourner dans sa tête alors que les minutes s'écoulaient lentement.

« Oui je vais bien, j’ai l’air d’aller mal ?! » dit soudainement la jeune femme.

Il eu un mouvement de recul. Elle le sorti brusquement de ses pensés -les mêmes qu'il avait depuis plusieurs années déjà, en fait. Il fronça automatiquement les sourcils, non pas par colère, mais plutôt comme il le faisait d'habitude lors d'un peu n'importe quelle situation. Il la fixa, l'air déconcerté. Elle s'énervait parce qu'il lui demandait si elle n'avait rien après leur collision? Eh ben... Un peu étrange tout de même. Elle se tourna la tête aussitôt, croisant ses bras devant sa poitrine. Mais avant qu'elle se détourne, il remarqua ses joues entièrement rouges. Well, well, well... S'il n'avait pas été si préoccupé, il aurait probablement fait un commentaire pour la rendre encore plus mal à l'aise. Ça faisait parti de son plaisir de prendre les gens au dépourvu. Les coincer jusqu'à ce qu'ils n'aient plus rien à dire. Quand il y arrivait, ça lui donnait l'impression d'avoir une victoire de plus. Et ça lui faisait un certain bien, car ce qu'il avait de la vie n'était que des défaites. La jeune femme continua de l'ignorer. Il haussa les épaules et s'apprêta à s'éloigner.

Mais alors qu'il se retournait, il senti la prise de la rouquine sur son bras. Avant qu'il n'ait pu dire quoique ce soit, elle l'entraîna dans un petit café à quelques pas d'où ils étaient il y n'y a même pas une minute. Elle le tira jusqu'à une table à l'extérieur, juste en face de la bâtisse. En un clin d'œil -ou à peine plus-, elle s'assit, désigna la chaise d'en face au guitariste, déposa ses nombreux sacs sur le sol et commanda à boire. Cameron s'approcha lentement de la chaise qu'elle lui avait montrée. C'était la journée des rencontres bizarres aujourd'hui? C'était bien la première fois qu'il se faisait inviter comme ça par une inconnue. Il était donc méfiant. Il n'avait pas peur qu'elle lui fasse quoique ce soit -car tout le monde savait qu'il n'avait aucun problème pour se défendre- mais il se demandait s'il n'y avait pas un piège dans tout ça. Il finit tout de même par s'assoir, par politesse et par curiosité. Il observa distraitement les alentours. Il y avait d'autre personne qui buvait tranquillement leur boisson en lisant le journal ou en discutant de tout et de rien. C'était un petit coin calme comparé aux boutiques grouillantes de monde.

« Je suis Ira. Je t’ai vu à… A l’académie l’autre jour, je crois. »

Il resta silencieux, ne ramenant même pas son regard vers la jeune femme. Ira, Ira, Ira... Ça lui disait quelque chose. Juste un petit quelque chose, mais c'était déjà ça. Il ne s'était pas trompé, elle allait bien à l'Académie. Mais elle ignorait qui il était, lui? Nouvelle ou complètement ignorante? Il se retourna vers elle et croisa son regard pendant un court instant -à peine quelques petites secondes. Vert, bleu et brun. Où avait-il déjà vu ce genre de regard? Il réfléchit, fouillant dans tous les visages qu'il connaissait et savait reconnaître. Pendant ce temps, une serveuse arriva et déposa deux verres sur leur table qu'il ignore pour le moment. Il fixait le rebord de la table en se concentrant, cherchant où il avait déjà vu ces yeux là. Des iris comme ceux-là ça ne se trouvait pas à tous les coins de rue. Il redressa la tête quand Ira s'adressa de nouveau à lui.

« Tu bois de l’alcool j’espère ? » demanda-t-elle avec un drôle d'air.

Il baissa les yeux sur les verres. Décidément, c'était un bien étrange numéro, cette fille. Le Beethoven se demanda alors si elle n'agissait que par nervosité. Il resta silencieux pendant un moment. Il regarda à nouveau la jeune femme. Ses yeux gris croisèrent ceux d'Ira. Vert, bleu et brun. Bleu, vert et brun. En plus de l'accent russe. Et il comprit à qui il avait à faire. Enfin, il ne lui restait plus qu'à vérifier. L'Académicienne le regardait avec un air intrigué. Elle attendait sa réponse, bien sûr. Il tendit la main vers l'une des deux boissons et la saisit.

« Occasissionellement », dit-il en observant le contenu du verre.

Il prit finalement une gorgé de son breuvage avant de le reposer sur la table. Ce n’était pas mauvais. Aller dans les grosses fêtes et se saouler n’étaient pas dans ses activités favorites. Il préférait rester sobre, histoire de voir les autres bourrés faire des conneries. C'était bien plus drôle. Mais bon, un petit verre de temps en temps ne pouvait pas faire de mal à personne. Il leva à nouveau les yeux vers Ira. La pauvre fille devait encore se demander qui donc elle avait invité. Il se détendit un peu et se cala dans le dossier de sa chaise.

« Cameron », dit-il simplement. « Ton nom de famille serait pas Kjerstin, par hasard? »


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