Winter -014-015 - Pear, Spark & Lastie
 
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 Quand le masque du comédien tombe, c'est toute la pièce qui s'effondre | PV Aroon

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Liza Foltwer
Elève Discret ♪
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MessageSujet: Quand le masque du comédien tombe, c'est toute la pièce qui s'effondre | PV Aroon   Mer 24 Juil - 0:09

Liza marche tranquillement vers le parc. Il est encore tôt et le soleil ne s’est même pas encore tout à fait levé. Il projette sa lueur orangée sur le bâtiment Molière et ses alentours. C’est vraiment magnifique. Pourtant, moi, je suis insensible à ce spectacle.
A quoi sert donc tant de beauté ? Je ne comprendrai définitivement jamais… La dame en violet me l’a souvent reproché mais je n’arrive pas à changer…
Liza paraît pourtant émerveillée. Elle s’est arrêtée pour regarder un moment le soleil se lever.

Liza… Je la joue vraiment à la perfection. Je n’arriverai sans doute jamais à jouer mieux quelqu’un d’autre. Elle est mon masque constant. C’est devenu automatique de réagir comme elle le ferait. De plus, c’est moi son inventeur. Qui donc pourrait mieux la jouer que son créateur ? J’ai monté tout une pièce autour d’elle. Ses qualités, ses défauts, ses sentiments… Tout ça, c’est moi qui l’ai créé en inventant une magnifique illusion. Le reste s’est fait de lui-même.

Puis Liza reprend sa route vers le parc. Il n’y a encore personne à cette heure. Juste les arbres et les fleurs mi-closes du parc. C’est un endroit plutôt relaxant où l’on se sent à l’aise. Mais moi, ce n’est pas ça qui m’intéresse.
Tout est silencieux. Le vent souffle faisant grincer quelques branches et balancer l’herbe à mes pieds. Pas un seul signe de présence humaine. Bien.
Je fais partir Liza. Elle ne m’est pas vraiment utile à ce moment même. Puis je reprends possession de mon corps. Ce n’est pas vraiment comme si j’étais possédée… C’est juste le terme que j’utilise pour dire que je redonne à mon corps ma vraie personnalité. La jeune fille sensible et pleine vie est remplacée par une fille morne et effrayante. C’est moi. Mon véritable moi.
Je sors de ma poche un petit livre. On peut y lire Antigone de Jean Anouilh sur la première de couverture. Je cherche la page 44.

Antigone est vraiment un personnage complexe. Une vraie peste à vrai dire. Elle est hypocrite et a vraiment un sale caractère. Mais elle n’est pas moins sensible. Elle s’entête à vouloir faire les funérailles de Polynice que son oncle, Créon, a décidé de punir de la peine de mort. Mais pour elle, il est sacré d’ensevelir les morts. Elle quelque peu étrange, c’est le cas de le dire. Mais pas autant que moi.

Je trouve la page où je mettais arrêtée hier. Je prends lentement une inspiration pour me concentrer, puis commence à jouer en lisant d’une voix basse mais parfaitement audible :

- Mais j’étais venue chez toi pour que tu me prennes hier soir, pour que je sois ta femme avant.

Antigone est en train de parler à son fiancé, Hémon. Elle lui a dit vouloir lui expliquer deux choses. Mais avant qu’elle se prononce, elle lui a fait jurer que quand elle aurait fini, il partirait sans lui poser de questions. Mais voilà qu’Hémon s’apprête à rompre sa parole.

- Tu m’as juré de ne pas me demander pourquoi. Tu m’as juré, Hémon ! s’écrie-t-elle avant qu’il ne parle, puis reprenant, plus humblement. Je t’en supplie…

J’ai toujours été douée pour imiter les autres. J’ai appris comment les gens sont capables de réagir à force de les observer. Et je sais comment imiter leurs émotions. C’est d’ailleurs ce que je suis en train de faire. J’ai la mine sombre et grave. J’ai l’air un peu étrange comme mon personnage. Bien sûr, je ne ressens rien de tout ça. Je n’ai jamais rien ressenti de tel. A part l’étrangeté peut-être.
Puis je me détourne, respectant attentivement les didascalies et parle plus durement.

- D’ailleurs, je vais te le dire. Je voulais être ta femme quand même parce que je t’aime comme cela, moi, très fort, et que – je vais te faire de la peine, ô mon chéri, pardon ! – que jamais, jamais je ne pourrai t’épouser.

Certaines personnes sont plus difficiles à comprendre que d’autres… Antigone en fait partie. Enfin, pour moi, un peu tout le monde en fait partie. Je ne comprends pas pourquoi les gens éprouvent tel ou tel sentiment ou disent tel ou tel chose… Même si j’ai réussi à pouvoir les prévoir. Je ne fais qu’imiter. Je suis une imitatrice. C’est tout. Mon jeu est parfait. Je bouge chacun de mes muscles comme le ferait Antigone. Mon expression est tout aussi parfaite. Mais je sais que si la dame en violet était là, elle me dirait qu’il manque quelque chose… Et ce quelque chose, je sais ce que c’est. C’est la lueur de mes yeux...
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Ethan Collins
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MessageSujet: Re: Quand le masque du comédien tombe, c'est toute la pièce qui s'effondre | PV Aroon   Mer 21 Aoû - 21:55

[UP ♪]

___________
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Je vous aimeuuuh ♥:
 
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Quand le masque du comédien tombe, c'est toute la pièce qui s'effondre | PV Aroon

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