Winter -014-015 - Pear, Spark & Lastie
 
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 Les papillons ont des ailes, les enfants ont des livres. Et moi, j'ai mon pinceau. PV; Lilieth

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MessageSujet: Les papillons ont des ailes, les enfants ont des livres. Et moi, j'ai mon pinceau. PV; Lilieth   Jeu 24 Nov - 22:14



Les papillons ont des ailes, les enfants ont des livres. Et moi, j'ai mon pinceau.
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« Pourquoi ai-je pleuré alors que les paroles étaient futiles, les mots faux, le mensonge flagrant ? Pourquoi faut-il que la jalousie dirige un monde qui serait beau s’il n’était pas creux ? Seul mon miroir n’a pas menti. Ils ont dit qu’il avait dit ça comme ça. Que ce n’était pas vrai. Mon miroir m’a dit qu’ils avaient tous torts. C’est un chagrin d’enfance qui hante parfois mes nuits, qui me fait transpirer et parfois je crie. Je crie, crie, je crie comme si la force de mon hurlement chasserait la douleur. J’étais petite, j’étais naïve, il n’avait pas le droit. Je n’étais pas belle, je n’étais pas laide, j’étais amoureuse. C’était un coup de couteau dans un cœur déjà fragile et solitaire. Je n’avais pas d’amies, il lui a suffit de parler. Des mots, quelques-uns, blessants et insultants, et mes genoux m’ont lâchement abandonnés, me laissant m’écrouler sur le sol goudronné et vieux d’une cour grise dans une école déprimante. J’étais seule, qu’aurais-je pu répondre ? Il n’avait pas le droit, il n’en avait aucun. Aucun droit de rendre triste les enfants égarés. L’enfance est en moi le plus beau chapitre de ma vie et cette tache insignifiante et si unique qu’elle prend de l’ampleur. Elle grandit, englouti la lumière dans un trou noir de ténèbres, et dedans, c’est le vide. Seule, toujours, à jamais, sans personne pour comprendre mes secrets. »

C’était une litanie sans fin, obscur et tragique. Parfois, j’en rêvais, il lui arrivait de se faufiler dans mon sommeil. Ce n’était rien d’autre qu’un souvenir, mes premiers temps dans une nouvelle école élémentaire. Un chagrin de petit enfant, béguin en apparence. Pourtant c’est mon enfance qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Il pourrait paraître normal que les vieux drames ressortent. D’un autre côté, on peut avoir l’impression qu’on ne peut pas regarder ailleurs que dans les pages déjà tournées du livre de notre destinée. Pour ma part, je regardais mon miroir. Fixement. Ce cauchemar m’avait laissé pantelante dans mes draps trempés, une ultime interrogation chamboulant mon esprit – esprit pas très clair au réveil. Est-ce que j’étais moche ou pas ? C’était vraiment très superficiel comme question, mais je pouvais pas m’empêcher de me le demande, pour une fois que je prêtais attention à mon apparence. Hum, non, je suis pas moche. Enfin, j’espérais. Je fis la moue, un instant, avant de me mordiller la lèvre et de décider que j’étais assez resté en sous-vêtement comme ça. Je verrais pour les histoires de beautés une autre fois, un jour où je pourrais y réfléchir à tête froide, sans être brouillée par un stupide cauchemar.

Le même phénomène de doute se produisit devant mon armoire. Je n’étais pas fichue de choisir un vêtement, et ça, c’était grave. Soucieuse de retrouver ma moi habituelle, je me suis saisi de plusieurs habits, sans regarder, avant de les enfiler. Bon, je n’étais pas trop mal tombé. Un short, les températures ayant encore l’air clément, des chaussettes montantes à la japonaise, un haut rayé et une chemise à carreaux, le tout décliné dans d’agréables couleurs rouges. Satisfaite et persuadé que ça suffirait, j’ai ouvert ma fenêtre. Je l’ai refermé presque aussitôt. Un vent glacial c’était immédiatement engouffré par l’ouverture, avide de geler quelques âmes innocentes. Bon, il allait falloir songer à de grosses chaussures. Une fois que j’ai trouvé des bottes épaisses et fourrées – je devais avoir une sale dégaine, maintenant – je suis allé manger. Je courrais sur le chemin qui menait à la salle à manger, une écharpe hâtivement enroulé autour de mon cou frêle, les foulées longues et régulières. Le froid me dévorait littéralement et mes mains étaient toutes engourdies. Aussi, j’étais plus que soulagée en arrivant à la cantine. Mon petit déjeuner fut vite expédié et je repris ma course, en sens inverse cette fois. Si jamais je n’avais pas la possibilité de m’entraîner, au moins aurais-je fait mon jogging. J’en profitais pour observer le paysage. J’étais là depuis deux ans, pourtant rien ou presque n’avait changé. Toujours la même beauté, la même grâce, la même finesse dans l’architecture des bâtiments. Sauf chez les Baroques, chez moi, peut-être. C’était plus sauvage ; plus vivant, plus électrique. Enfin, ce n’était jamais qu’une impression.

Le soleil pénétrait à travers les rideaux blancs de ma fenêtre. C’était trompeur, je pouvais le confirmer à présent : il faisait vraiment froid dehors. Les poils de ma nuque se hérissèrent à la pensée de ce souvenir encore si…frais. Puis j’ai sorti une pièce de ma poche. Pile ou face, ma journée sera le jouet du destin. Je l’ai lancé en l’air. Elle est retombée sur face.

- Peinture !

Une fois arrivée dans la salle d’Art Privé des Baroques, et après avoir fait la bise aux gens que je connaissais présents – assez peu, à cette heure matinale – je me suis mit en quête d’une toile. Je finis par en dénicher une à mon goût. Me saisissant d’un crayon à papier, j’ai commencé à griffonner un paysage illusoire que j’étais la seule à voir. Puis j’ai senti un regard me brûler la nuque avec intensité, à tel point que je ne pu m’empêcher de me retourner, du haut de mes 14 ans où je n’ai pas été fichu d’apprendre à me maîtriser.

- Heu, oui ?
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Pétale J. Answer.
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MessageSujet: Re: Les papillons ont des ailes, les enfants ont des livres. Et moi, j'ai mon pinceau. PV; Lilieth   Mer 30 Nov - 17:31

J'AI SOUVENT RÊVE D'ÊTRE UN OISEAU, POUR ÊTRE LIBRE.
POURTANT, JE NE SUIS PAS UN OISEAU, ET JE LE SUIS A PRESENT.


La silhouette. Gracile. D'un cygne. Qui se pose. Sur l'eau. Je le regarde. Pourquoi est-il libre ? Pourquoi ne le suis-je pas ? J'aimerais m'enfuit à jamais, m'envoler vers une avenir lumineux, un monde qui m’accueille. Qui suis-je ? Je ne suis pas un oiseau. Je ne suis pas libre. J'aimerais déployer mes ailes noires et tâcher le ciel, j'aimerais sentir le vent jouer dans mes cheveux. J'aimerais tellement de choses. Si je pouvais un jour te retrouver. Mais où es-tu ? Qui es-tu ? Je ne sais pas. Existes-tu au moins ? J'aimerais m'éparpiller dans l'éther et briller comme une étoile et guider ta route, chacun de tes pas. J’exaucerais tes voeux, je seras à tes côtés. Je rêve d'être un oiseau, pour te retrouver où que tu sois. Loin, si près de moi. N'importe où, où que tu sois. J'aimerais tant être un oiseau, parcourir le temps qui nous sépare. Rattraper les souvenirs qui ne sont plus. Si j'avais des ailes, m'aimerais-tu ? Toi qui m'as quitté. Je fais le souhait de te retrouver un jour, cher cygne. Toutes les nuits quand je me lève, je regarde par ma fenêtre, tu es là ! Tu es comme une source de lumière dans mon monde si glauque. Si j'étais moi aussi un oiseau, je viendrais te rejoindre. Je serais pour toi ta lumière, j'aimerais être la personne dont tu rêves chaque nuit. Je te rejoindrais. Ou que tu sois, si loin, si près, de moi. Je déploierais mes ailes. Je serais enfin libre de t'aimer, même si ce n'est pas réciproque. Car tu m'auras fait plus sourire que pleurer, j'aurais été fière de briller, ne serait-ce qu'un seul instant. Même si tu ne me verras jamais..

Quatre heure et demie. Tu soupires. Tu t'étires lentement. Tu n'auras donc pas fermé l'oeil de la nuit. Tu te lèves, balançant ta couverture par terre. Couverture que tu ne daignes même pas ramasser. Tu avances dans la pénombre, tu n'es même pas fatiguée. Tu n'essayes même pas d'ouvrir les rideaux, le jour est encore loin de s'être levé. Tu n'allumes pas non plus la lumière. A cette heure ci, toutes les filles du dortoirs - ou presque - sont en train de se reposer avec une dure - ou pas - journée de labeur. Tu continue ta progression vers les dressing. Tu ne vas pas prendre une douche, tu le feras plus tard. Tu te faufiles dans le noir, tel un grand félin gracieux et agile. Tu ouvres la porte coulissante et saisis quelques vêtements aux hasards. Tu n'as pas envie de t’attarder, tu as envie de quitter cette pièce devenue suffocante. Culotte, soutien-gorge, jupe, collant, sous pull, bottes. Tu sors les bras chargés. Tu t'en vas vers la salle de bain, un peu plus loin, et pousse la porte pour la refermer aussi tôt. Une fois dans la salle de bain, tu jettes ton tas de vêtements au hasard et pose tes bottes au sol, qui claque avec sonorité sur le sol carrelé.

Tu te regardes un instant dans la glace. Tes cheveux éparpillés ici et là sont des plus fins et des plus clairs. Pourtant, c'est ta couleur naturelle. Tu regardes ton visage gracieux, ton menton, ta bouche aux lèvres roses tendre, remonte vers ton nez aquilin pour finir par ton regard à la couleur d'un ciel tourmenté. Tu hausses un sourcil. L'image devient floue, emporté par la vague d'eau que tu viens de jeter sur le miroir. Tu n'aimes pas ton reflet, il te renvoie l'image de la personne souillée que tu es. Tu détournes les yeux, t'humidifie un peu le visage, et t'habille enfin. Tu enfiles tes sous vêtements, puis mets ton sous pull bleu marine aux manches en dentelles, tes collants gris-bleu et ta jupe blanche et serrée. Tu sépares ta chevelure et noues sans manière tes cheveux en deux petites couettes enfantines. Tu enfiles tes bottes, éteint la lumière, et sors de la salle de bain, tes bottes créant un clic-clac rythmé sur le sol. Tu te diriges vers la salle à manger, à cet endroit, il y a toujours du monde.. Quand tu y arrives, tu prends sans trop d'entrain une poire pas très mûr et repart aussitôt après lancé un tonitruant 'bonne journée'.

Tu te diriges vers les dortoirs, te maudissant de ne pas y avoir pensé plus tôt. Tu te mets à courir le long des couloirs aux murs couverts de somptueuses tapisseries. Mais tu ne regardes plus la magnificence des lieux. Tout ça n'est qu'une chose éphémère. Comme l'amour, le bonheur, comme la vie, mais pas la mort malheureusement.. Tu arrives enfin aux dortoirs. Tu t'y introduits le plus silencieusement possible.. Histoire de ne pas réveiller tes camarades. Tu te diriges vers le fond. Tu y arrives sans encombre, personne ne bouge. Mais, le but étant tellement proche, tu t'emmêles les pieds avec le chargeur.. Tu tombes lourdement sur le sol dur. N'empêche, ça fait un mal de chien. Tu ne bouges plus, de peur de finir réellement par réveiller quelqu'un.. Quelques unes gigotent, mais avec chance, aucune ne se réveille. Tu te relèves prestement, lisses les plies de ta jupe et ressert tes couettes. Tu débranche ton Mac et le saisis, attrapant au passage ton appareil photo et ton câble USB. Tu t'en vas en vitesse, comme une voleuse. Tu refermes la porte, soupire.

Tu poursuis ton chemin vers la salle d'art. Tu regards de nouveau ta montre, comme pour éviter de te perdre. 5h45. Au moins, à cette heure, tu seras tranquille. Même si tu apprécies la compagnie des autres.. Tu entres, et tu constates bien entendu que tu es seul. Le silence est apaisant, pas pesant. Tu investis un des bureau et poses ton ordinateur, l'allume. Oui, avouons le, tu es fan de ce petit bijou de la technologie. Et d'ordinateur en général d'ailleurs.. Tu tapes rapidement ton mot de passe. Il s'allume en un bruit sonore qui te fais presque sursauter. Tu allume également ton appareil et branche le câble USB. Tu regardes un instant les photos que tu as prise récemment.. Tu optes pour une série représentant la ville un jour gris de pluie. Tu les sélectionnes et décides d'en imprimer quelques unes. Tu opères quelques réglages, mets du papier photo dans l'imprimante et envoie le tout. Quelques minutes plus tard, tes onze clichés sont imprimés. Tu ranges ton appareil photo et éteint ton ordinateur. Tu observes longuement chaque images et en choisis quelques unes, laissant à côté de ton appareil celles dont tu n'as pas besoin.

Tu te diriges vers le fond de la grande salle et prends une toile fine, et la tend. Tu prends également quelques pinceaux, de l'eau et de l'aquarelle. Tu saisis une gomme et un crayon de papier qui traînent dans ta poches et esquisses quelques traits, prenant appuie sur tes photos.. Tu passes à l'aquarelle quand la salle commence enfin se remplir. Un trio de jeune filles que tu ne reconnais pas, visiblement surprise de trouver quelqu'un aussi tôt. Tu passes ton premier coup de pinceaux, regarde la pendule qui trône sur le mur. 8h45. Le temps est passé vite. Tellement Lilieth, que tu t'en étais même pas rendue compte.. Tu ignores les filles et continues à peindre. Un peu de bleu par ci, un peu plus sombre dans ce coin là, plus de luminosité.. C'est tout un travail que de peindre ! Le temps passe..

Bientôt 9h30 et déjà la salle est bien remplie. Pourtant, tu remarques la jeune fille d'a peu près 4 ans ta cadette, qui rentres dans la salle. C'est une jolie fille, mince, du genre athlétique. Ses cheveux châtain clair tirant vers le auburn encadre un visage quelque peu allongés en d'éparses mèches bouclées. Elle porte de chaudes bottes ainsi qu'une écharpe jeté autour de son cou à la va vite, ça lui donne un certain style. Malgré le froid elle est vêtu d'un short et de longues chaussettes ainsi que d'un haut rayé sous un chemisier à carreaux. Le tout en se déclinant en de nombreuses teinte rouges. On eut dit une explosion de sang frais. Pourtant, je ne pense pas que ce soit la couleur de ses vêtements qui t'ai intrigué, qui t'aient obligés à te retourner, arrêtant ainsi ton travail. C'est ses yeux auxquels tu t'es accrochés. Tu as ce genre de sentiment parfois, le sentiment que certaines personnes peuvent être assez intéressantes..

Elle passe près de toi, faisant la bise aux quelques personnes qu'elle connait. Elle se procure une toile et la pose sur un chevalet, elle saisis son crayon et commence à esquisser un paysage étrange. Mais qu'est-ce que l'étrange ? Tout est tellement relatif.. Elle est tournée de dos, elle ne te vois pas. Tu plonges dans tes pensées agitées, se bousculant dans ton esprit, repensant à son regard fascinant. En effet, il est d'un brun noisette, et au centre, longeant la pupille s'étend un florilège de vert, allant du plus clair - le vert pomme - jusqu’à plus foncé - le vert sapin - passant par le vert le plus pur, celui des émeraudes. Elle est intrigante. Elle semble changer, selon ce qu'elle fait, ce qu'elle ressent.. Avec qui elle est ou même où elle est. Oh ou, elle est très intéressante. Tu bailles. La fatigue qui ne te tenait pas ce matin te rattrape à vive allure. Pourtant, un sourire carnassier s'étend à présent sur ton visage, de ton oreille droite à ton oreille gauche, de ton oreille gauche à ton oreille droite. Plongée dans tes pensées, tu ne remarques même pas que tu es en train de la fixer impudiquement. Soudain elle se retourne et dit, te sortant de tes pensées :
    " Heu, oui ? "
Tu reprends un air sérieux et la regarde avec froideur. Ton pinceau tombe sur le sol, l'éclaboussant d'aquarelle bleue. Mais tu ne le ramasses pas, tu continues de fixer ton interlocutrice dans les yeux. Tu ne détourne pas ton regard en prenant un air nnocent semblant dire ' Moi ? Mais no, je ne te regardais pas ! ' après tout, tu n'avais pas cherché à être discrète. Tes lèvres fines s'étirent en une sourire emplit de douceur et de gentillesse. Pourtant tu dis, d'une voix où ne perce aucune chaleur pourtant, la curiosité te serre les entrailles. Tu as envie de connaître son nom. Mais, tu attends, tu préfères qu'elle le dise toute seule. Tu te contentes simplement de cette réplique monocorde :
    " Bonjour peut-être ? "


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Dernière édition par Lilieth L. O'brien le Mar 6 Déc - 21:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les papillons ont des ailes, les enfants ont des livres. Et moi, j'ai mon pinceau. PV; Lilieth   Sam 3 Déc - 12:54



L'aquarelle est le moyen qu'a choisi la Colombe pour parler au Firmament.
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« Les taches colorés qui s’éparpillent sur le papier, cette envie de parler sans pouvoir ouvrir la bouche. J’ai tout comprit, on ne me croit pas, on ne m’a pas dit que j’avais raison, on m’a dit d’attendre mon tour pour parler. Je n’aime pas l’école. C’est trop facile, les amis n’en sont pas, et les adultes ne comprennent pas. Ma vie est rose bonbon, vert pomme, violet lilas, bleu ciel, jaune canari, orange flashy. J’aime ma vie, mais tout est trop facile. Je veux savoir plus, j’en suis capable. Apprenez moi plus. Mais personne ne m’a apprit. Alors, je l’ait prit, et les taches se sont de nouveaux éparpillées. J’avais apprit comment parler sans penser ni produire de son. J’avais apprit à utiliser une aquarelle. Un nouveau monde s’offrait à moi ; un monde qui me permettait l’envol, l’envol dont je rêvais. »

« - Bonjour, peut-être ? »

J’aurais pu jurer que son regard s’était refroidi à l’instant où j’avais posé les yeux sur elle, à une vitesse telle que je ne l’aurais pas vu changer. Pas vu, mais senti. Etrangement mal à l’aise, sans arriver à deviner l’âge de mon interlocutrice, j’essayais de la dévisager sans trop en avoir l’air – peine perdue, ayant déjà observé des gens faire de même, je sais très bien qu’on fait profondément pitié dans ces moments là. Elle avait des couettes enfantines, un visage juvénile mais je ne pouvais m’empêcher de penser qu’elle était plus âgé que moi. De combien ? Je ne sais pas. Je crois que c’est ça qui m’intriguait le plus. J’avais envie de la cerner, de savoir qui elle était. Son regard dur et froid m’attire, alors qu’en général je m’énerve et je suis profondément sèche. Et là, je perdais mes moyens. Son pinceau tombant au sol et l’éclaboussant m’a fait sursauter. De l’aquarelle. C’est un bon moyen de colorisation. Léger ; efficace. Tendre, plein de poésie qui permet de rêver, peut-être plus que le reste. J’aime beaucoup l’aquarelle. Nerveusement, tandis qu’elle ne se baissait absolument pas pour ramasser son pinceau, je suis aller me saisir d’un pot d’eau et de ma propre palette. C’était une sorte de petite mallette s’ouvrant astucieusement sur toute une gamme de couleur plus intenses les unes que les autres. Je fis mine de réfléchir à ce que j’allais choisir comme couleur alors que je rassemblais juste mon courage pour ouvrir la bouche – ça ne me ressemblait pas du tout, à un point qui faisait peur. Je me demandais aussi pourquoi elle m’avait observé moi, une gamine sans importance, avec une telle insistance. Pas que ça m’inquiète : j’étais juste curieuse de l’intérêt qu’elle pouvait me porter.

« - Excusez moi, bonjour… »

Le vouvoiement s’était imposé de lui-même, sans que j’ai à y réfléchir. Quelque part au fond de moi, j’étais sûre qu’elle était adulte, malgré sa coiffure et son physique d’adolescente en général. Et je ne voulais pas passer pour malpoli. Malheureusement, ma réponse idiote avait jeté un vilain blanc et je me demandais sincèrement comment le combler. Sans réfléchir, je me saisi du pinceau qu’elle avait laissé tomber – qu’elle ne ramassait toujours pas, d’ailleurs – et le commentais, appréciant son toucher.

« - C’est un bon pinceau. Dommage de le laisser par terre…je peux ? »

Le « je peux » sous-entendait « l’utiliser ». Je n’avais pas voulu la critiquer en disant que c’était dommage de ne pas mieux s’en occuper, mais j’avais peur que ce soit comme ça qu’elle l’ait prit. Sans attendre une réponse que je n’attendais pas vraiment, je me mit à barbouiller ma toile avec attention, bien que l’aquarelle ne soit pas spécialement faite pour ce genre de support. J’avais tiré un tabouret haut pour moi, et moitié assise, moitié debout, je désespérais d’avoir l’air gênée et inquiète. J’ai cherché une excuse bidon, fouillé les alentours du regard, mais rien ni personne en pouvait me sortir de ce pétrin. Mais j’avoue que je n’avais pas envie de lâcher prise maintenant : c’était si étrange comme rencontre, j’avais envie d’aller au bout. Et puis je crois que de toute manière, je m’étais déjà bien assez enfoncée dans les sables mouvants. Je ne risquais pas grand-chose, à part être rembarrée et cassée, comme d’habitude, comme une vielle chaussette, comme la gamine que j’étais. Car oui, contrairement à ce qu’on pourrait croire, je n’avais tiré aucune supériorité du fait que j’ai sauté deux classes et que je sois en seconde au lieu d’être en troisième.

« - V…vous allez bien ? »

J’avais failli rajouter « madame », puis « mademoiselle », et enfin j’avais laissé mes idées stupides tranquilles. Que faire à présent ? Ma main tremblait et toute entière je frissonnais à l’idée de faire une vilaine rature sur mon tableau déjà pas superbe. Je suppose que le vilain courant d’air s’enroulant autour de mes jambes n’aidaient pas beaucoup à la concentration, mais je me suis efforcée de ne pas claquer des dents.
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Pétale J. Answer.
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MessageSujet: Re: Les papillons ont des ailes, les enfants ont des livres. Et moi, j'ai mon pinceau. PV; Lilieth   Mar 6 Déc - 18:58

Elle te regarde, te dévisage. Elle semble extrêmement mal à l'aise. En même temps, quelque soit la réactions, les gens ne sont jamais indifférents face à toi. Tu es intrigante, bizarre, étrange, mystérieuse, intouchable, lunatique ou encore discernable.. Tellement de qualificatif pour arriver à une seule conclusion, pour dire une seule et même chose. Elle est tellement gênée, te regarde sans te regarder. Elle essaye, comme tellement de personnes dans ce cas là d'observer sans qu'on le sache. Sauf que dans ces moments là, les gens sont tout sauf discret. Simplement parce qu'on est mal à l'aise. On est jamais très discret quand on essaye de l'être. Elle perd ses moyens. Pourtant, elle veut savoir. Quoi ? Tu ne sais pas. Mais si elle t'observe toujours c'est bien parce qu'elle désire quelque chose, non ? Pourtant elle ne décroche pas, elle fixe ton pinceau tombé par terre, les éclaboussures éparses qui ont tâchés le sol. Comme si ces tâches connaissaient les réponses à ses questions. Mais au fond, cela te fait rire, t'amuses. Tu aurais envie de rire, encore et encore. Et bien que tu adorerais le faire, tu es soucieuse de la jeune fille. Après tout, peut-être qu'elle se sentirais encore plus gênée.. Cela t'amuserais encore plus. Pourtant, tu ne le fais pas. Tu n'as pas envie de lui infliger autant de gêne. Après tout, la vie n'est qu'une partie de chasses. Tu aimes en être la proie, désirable, sauvage, mystérieuse.. Pourtant, au fond n'est-ce pas plutôt toi la traqueuse ? Tu es l'innocente proie, mais finalement, n'es-tu pas le maître du jeu, celle qui tire les ficelles ? Peut-être, peut-être pas.. Le sang ne s'est pas versé tout seul. Qui sais quel est ton véritable rôle ? Toi même ne le sais pas.

Tu suis ta route, accomplie ta mission. Mission que tu ne connais pas, chemin non cartographié, destinée dont les secrets sont bien gardés. Que te réserve donc l'avenir .. ? Tu ne sais pas. Mais à quoi bon exister si tu le savais ? Ça ne servirais à rien, comprends non plus ne servirais à rien. Pourquoi ? La réponse de cette question ne doit pas être connu. Après tout, si on connaissait toutes les réponses, à quoi bon vivre ? Il vaut mieux ne pas s'en poser de toutes façons.. La jeune fille, te tourne le dos, saisissant un récipient d'eau et sa palette, une astucieuse mallette s'ouvrant sur une multitude de couleur flamboyantes. Tu la regardes avec intérêt et envie. Tu devrais songer à t'en acheter une comme celle là.. Mais de couleurs rose plutôt. Tu es réellement intéressé par la mallette, tellement que tu l'observes sous toutes ses coutures, commences à te frotter le menton et à plisser les yeux. Combien ça peut coûter ce genre de truc.. ? Enfin,tu t'en fous, après tout, l'argent, ce n'est pas vraiment ton véritable problème. Et puis il t'en fallait une, là tout de suite, le plus vite possible. Heureusement que personne n'était là pour te dire que non, sinon tu aurais fais un caprice. Oui, si petite tu étais si sage, à présent, tu préfères profiter de la vie, et tu suis tes envies, sans jamais te priver. Et puis, t'en a vraiment besoin.. Tu réfléchis toujours à la question, même si a final la conclusion sera la même : tu finiras par acheter cette mallette. Ton interlocutrice elle, est toujours en train de regarder intensément sa mallette, comme si elle choisissait ses couleurs. Pourtant, elle ne cherche qu'à gagner du temps, surpasser sa timidité. Une multitude de questions doit se bousculer dans sa tête. Et d'un coup, voulant sans doute brisez le silence, elle te dis d'une vois hésitante, chevrotante, tremblotante :
    " Excusez moi, bonjour… "
Mais tu ne l'écoutes même plus. Il n'y a lus aucune entrave entre cette mallette et toi. Bien que tu aies entendu sa réplique, tu ne relèves pas le vouvoiement, toujours perdue dans tes infinis calculs. Tu ne sais pas si elle a vu que tu ne l'écoutais pas, après tout, tu t'en fous un peu. Tu sens que cette fille continuera de te parler, malgré tout. Un grand blanc s'installe entre vous. Et bien que tu l'aie remarqué, tu n'essaye même pas de le briser. Pourtant, tu ne réfléchis presque plus à la mallette. De toute manière tu finiras par l'obtenir. Mais, faisant semblant de ne toujours pas la remarquer, tu l'observes. Attendant de voir ce qu'elle va faire. Alors, soudainement, comme pour briser ce parfait instant d'immobilité, elle se lève et ramasse le pinceau que tu as fais tomber. Elle l'observe, le détail. Comme si cela la calmait, apaisait sa gêne. Mais en même temps, elle avait toujours l'impression que vous étiez en train de converser. Tu ne t'étais pas tromper Lilieth, elle tient vraiment à te parler. Ca tombe bien, toi aussi. Sauf que toi, tu préfères attendre qu'elle parle. Alors elle déclara, un peu moins hésitante :
    " C’est un bon pinceau. Dommage de le laisser par terre…je peux ? "
Mais tu ne réponds toujours pas. Pourtant, tu as conscience du malaise opprimant qui s'installe. Un sourire doux et malicieux s'esquisse alors sur tes lèvres fines. Sans réellement attendre ta réponse - a vrai dire elle avait du comprendre que tu ne répondrais toujours pas - elle commence à peindre avec ton pinceau. Elle est assise sur un tabouret, et comme cela, elle semble bien plus grande que toi.. Toi aussi, toujours ton sourire malicieux aux lèvres, tu sors un autre pinceaux de ta poches et continues de peindre, ajoutant quelques ombres par ci, un peu de lumières par là. Tu vois du coin de l'oeil la jeune fille chercher aux alentours, comme quelqu'un pour venir la secourir. Mais au fond, tu es persuadée qu'elle veut continuer cette discussion inachevée. Tu es la proie, désirable, mystérieuse. Mais te faire traquer, au fond, n'est-ce pas ce que tu souhaites de tout ton coeur ? Cette espèce d'importance qu'on peut te donner, alors qu'au fond, tu es comme tout le monde.. Un être humain. Avec les mêmes sentiments. Les même fautes, les mêmes erreurs. Mais tu ne veux pas que n'importe qui te traque. Tu choisis tes chasseurs, tes proie. Tu choisis les proie que tu vas séduire, tout cela pour qu'ils te traquent. Pour qu'ils te connaissent. Pour finir amis peut-être ? Tu ne sais pas. Tu connais bien les humains, pas assez, trop, tu ne sais pas.. De toute façon, une fois qu'on a commencé a parler avec toi, aucune solution pour s'échapper. Des détours, certes, mais aucune façon de faire demi tour.
    " V…vous allez bien ? "
Tu relèves la tête. Tu n'es même pas surprise. Tu savais qu'elle allait de nouveau parler. Alors cette fois, tu te décides à lui répondre, ton sourire malicieux s’élargissant, s'étendant de ton oreille gauche à ton oreille droite. Tu poses à ton pinceau et tu la regarde dans les yeux, toujours avec cette expression indéchiffrable, mais pourtant sincèrement heureuse. Tu vois sa main qui tremblote, prête à faire tomber son pinceau. Alors abrégeant ses souffrances, tu dis, d'une voix douce, calme, posée et étrangement gaie :

" Dis, tu l'as acheté où cette mallette ? Je veux absolument la même ! Une réponse déplacée, complètement hors sujet. Un peu comme tout ce que tu dis. De toute façon, répondre à sa question n'aurait pas été utile pour le moment. Tu aimerais qu'elle se déride un peu, la traque a assez durée, elle est finie à présent. Et relevant enfin, tu fronces les souricil et ajoute, croisant les bras sur ta poitrine : Je ne suis pas vielle. "


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MessageSujet: Re: Les papillons ont des ailes, les enfants ont des livres. Et moi, j'ai mon pinceau. PV; Lilieth   Dim 22 Jan - 21:44

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MessageSujet: Re: Les papillons ont des ailes, les enfants ont des livres. Et moi, j'ai mon pinceau. PV; Lilieth   Dim 4 Mar - 11:02

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Les papillons ont des ailes, les enfants ont des livres. Et moi, j'ai mon pinceau. PV; Lilieth

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