Winter -014-015 - Pear, Spark & Lastie
 
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 " Je vudrais voir la mer..." Ft Ethans ♥

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Arizona Manel
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MessageSujet: " Je vudrais voir la mer..." Ft Ethans ♥   Sam 1 Mar - 14:56





ARIZONA & ETHANS







"Sans les songes, ce n'est
qu'un champs incolore, la mer. "




Frayeur. Souffrance. Attente. Angoisse. Je suffoque. L’aire me manque et je peine à continuer à écouter les explications de mon professeur de maths. Désolation. Tristesse. Tension. Je n’entends plus rien qu’un flou brouhaha autours de moi. Colère. Renfermement. Désespoir. Je me lève. Empoigne mon sac. Désarroi. Incompréhension. Illusion. D’un pas précipité, je sors en hâte de la classe sous les yeux ahuris de mes camarades et du professeur. Médisance. Déception. Haine. Personne ne tente de m’arrêter et à peine sortie, je sprinte vers la sortie.


Je cours et ne m’arrête que lorsque je suis sure que j’ai mis assez de d’espace entre cette salle de classe et moi. Je n’y arrive pas. Il y a trop de monde. Ils sont tous là, comme des moutons, à écouter. Heureux de leurs pauvres vies. Certains sont célibataires, d’autre en couple. Certains pleurent d’un chagrin d’amour. Tant d’insouciance. Je ne supporte plus leur insouciance. Je leur en veux ? D’être si innocents, si heureux alors que moi je n’y arrive plus ? Surement. J’avais une vie avant. Surement mieux que les trois quart d’entre eux. J’avais une famille qui m’aimait, me surprotégeait. J’étais populaire, admirée, crainte, écoutée. Mais surtout, j’étais amoureuse. Je vivais dans un cocon rose. J’avais tout ce que je désirais, lorsque je le désirais. Oui. J’avais une vie. Une vie parfaite. Une vie d’insouciance. Et puis c’est arrivé.


Depuis, je ne supporte plus rien de tout cela. L’amour de mes parents et leur désir de me protéger de nouveau. De me cacher la réalité me répugne. La présence des autres et de leur bonheur m’insupporte. Je ne suis plus ni admiré, ni écouté. Seulement crainte, comme l’on craint une folle, un « rebelle ». C’est surement ce qu’ils croient que je suis. Une petite délinquante, qui ne cherche qu’à enfreindre les lois. Par plaisir. Quelle aubaine... Au moins, ils ne me croient pas tous aliénée. Et mon amour. Brisé. Et toi... Les larmes menacent de sillonner mes joues. Je ne veux plus vivre ainsi. Je ne veux plus subir. Mon cœur se serre. Je me remets à courir.


Je ne sais pas où je vais et je ne veux même pas le savoir. Il me faut juste partir. Je reviendrais. Comme toujours. Je n’ai pas la force de tout plaquer d’un jour à l’autre. Je l’aurais déjà fait plus d’une centaine de fois sinon. Alors je me contente de m’isoler. Une heure, un après-midi ou une journée. Guère plus en général. Tandis que je cours, le paysage commence à changer autours de moi. Le sable forme une fine couche sur le sol et les arbres se raréfient. Au loin, j’entends déjà le bruit des vagues.


J’arrive face à la mer. Essoufflée mais sereine. La plage est déserte et s’étends à perte de vue. Je ne serais pas dérangée ici. J’ôte mes ballerines et commence à avancer les pieds dans l’eau. Une chanson me revient en mémoire. Mon père l’adorait et ne cessait de me la chanter quand j’étais gamine. « Je voudrais voir la mer...» Tout le monde veut voir la mer. C’est comme instinctif. La mer. Elle est là, j’y trempe mes pieds, savourant sa fraicheur. « ... Et danser avec elle... » Danser. Je sais danser. Je ne vis que pour cela aujourd’hui, en fin de compte. J’esquisse quelques pas de danse. Mes mouvements sont ralentis par l’eau. « ... Pour défier la mort. » La mort. Mon ennemie jurée. Te défier ? Pourquoi je raterais une belle occasion de ce genre ? Je n’ai pas peur de toi. Je te déteste tant, que je n’ai plus peur de toi. Tu me l’as pris. Je te hais de tout mon être aujourd’hui. Alors, je retrousse le bas de mon slim et m’avance dans l’eau. Je tournoie dans l’eau quelques minutes et enfin je m’arrête. Je regarde encore plusieurs minutes l’eau, les vagues, la mer. Et je me retourne te pars m’assoir sur la plage. Je ne pleure pas. La colère ne m’habite pas. Je suis calme. Vidée.



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Dernière édition par Arizona Manel le Dim 1 Mar - 16:13, édité 1 fois
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Ethan Collins
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MessageSujet: Re: " Je vudrais voir la mer..." Ft Ethans ♥   Mer 9 Avr - 20:58

Les paysages défilent de chaque côté de la route. Le soleil pointe à peine derrière les collines, à l’est. Je tire sur ma clope et recrache la fumée par la fenêtre entrouverte de ma voiture. Elle vrombit régulièrement, malgré quelques crachotements qui témoignent de son usure et des kilomètres parcourus. Depuis le temps. J'arrive encore à m'étonner que ce tas de ferrailles daigne démarrer encore.
Quand je pense que c’est cette gamine qui est parvenue à me tirer de mon lit. Cette gamine dépressive et rebelle qui n'a pas meilleure idée que de quitter l'Académie au beau milieu de son cours de maths, forçant ainsi la directrice à venir toquer à ma porte aux aurores pour que j'aide les autres à la retrouver. Je passe une main sur mon visage, frottant mes yeux. Comme si ça allait finir de me réveiller. Putain. Je sens que si je la trouve, je ne vais pas la rater, cette élève.
Les arbres qui bordent la chaussée laissent bientôt leur place à un paysage plus maritime. Quelques mouettes solitaires survolent l'étendue d'eau salée qui se profile sur ma gauche, tandis que les murmures des vagues s'écrasant contre les rochers parviennent à mes oreilles.
Je suis prêt à parier que la fille que je cherche se trouve ici, étendue sur la plage.

***

Plus tôt

Tout est sombre. Silencieux. Calme. Seule la régularité de mes expirations trahie ma présence. Quelques rares rayons du soleil filtrent à travers les volets fermés, éclairant faiblement le parquet de la chambre. Je suis allongé sur le dos, étendu dans mon lit. Les yeux clos, à mi chemin entre le sommeil profond et la somnolence. Je pousse un léger soupir, tourne un peu la tête.

Trois coups contre la porte. Je me retourne, enfonçant ma tête dans mon oreiller pour échapper aux bruits du dehors, peu désireux de sortir de ma léthargie. Je ne travaille pas aujourd’hui, alors il va falloir se montrer convaincant si l’on veut me voir debout.

Boum boum boum.

- Ethan !

Je pousse un grognement rauque, exaspéré. C’est un assez bon résumé de la situation. Je me redresse difficilement, repousse le drap qui me recouvre, et finalement, me lève. Je pousse un profond soupir.  Je suis torse nu, l’air hagard, les cheveux en bataille, et encore à moitié endormi. Je me traine jusqu’à la porte de ma chambre en titubant, comme si je m’étais mal remis de la soirée de la veille. Je soupire. Au point où j’en suis, que ce soit une élève de sixième paumée ou la directrice qui toque à la porte, ça ne changera pas grand-chose à la tête que je risque d’arborer. Je prépare déjà une petite moue irritée, histoire de bien faire passer le message. Ça leur apprendra à venir me réveiller de si bon matin.
J’ouvre.
C’est la directrice.
Je crois que l’expression de mon visage a, en effet, très peu changé.

- Bonjour, Ethan.

***
J'aime bien cet endroit. Je m'y réfugiais aussi, il n'y a pas si longtemps. Pour fuir, comme d'habitude. L'océan avait toujours représenter ce qui m'a été inaccessible pendant les quinze premières années de ma vie. Pauvre gamin qui découvrait la mer lors de son premier voyage scolaire avec l'Académie... Alors je m'y rendais, comme pour prouver au monde que finalement, j'étais parvenu à me tirer de là. A tirer un trait sur tout ça. Et avoir les pieds dans le sable et le goût du sel sur les lèvres, c'était juste un putain de bras d'honneur au destin qui me prédisposait à finir alcoolique et drogué entre les quatre murs gris et sales d'un immeuble délabré, parce que c'était ce dans quoi j'avais grandis. C'est révolu tout ça. J'ai évolué. Il était temps.
Mais alors ouais, je suis sûr qu'elle est là, cette fille. Tous les autres criaient son nom dans tout l'établissement, sans songer qu'elle aurait tout aussi bien pu se tirer de cette école pour pouvoir respirer cinq minutes.

Au bout de quelques minutes, je finis par me garer au bord de la route, qui donne directement sur l'océan. Ça fait un bout de temps que je suis pas venu ici. La plage est déserte. Presque. Seule se tient une fille, assise. Je ne vois que son dos, mais je sais que c'est l'élève que tout le monde cherche. J'imagine que ce n'est pas la première fois qu'elle fait ce genre de fugue. Rien de bien méchant, juste suffisamment inquiétant pour appeler des parents qui finiront en larmes parce que leur chère et tendre progéniture à disparue l'espace de quelques heures. Au moins, je n'avais pas ce problème.

J'écrase ma clope et sors de ma voiture. Je m'approche de la fille. J'ignore si elle m'a entendu. Peu importe.

- Arizona Manel ?

C'est son nom. Je ne suis pas surveillant depuis longtemps, je ne sais pas si elle me connait. J'ai dû surveiller sa classe une ou deux fois, rien d'assez important pour marquer les esprits. Quoique ?

- Je suis surveillant à l'Académie, je suis censé te ramener, alors sois gentille, vu ?

Pas de temps à perdre, et je suis pas d'humeur à m'attendrir sur une quelconque histoire familiale tragique qui l'a poussée à fuguer.

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Arizona Manel
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MessageSujet: Re: " Je vudrais voir la mer..." Ft Ethans ♥   Jeu 26 Juin - 18:23


ETHAN & ARIZONA
♦ L'OCEAN




"Sans les songes, ce n'est qu'un champs incolore, la mer. "




Je reste ainsi assise sur ce sable froids à regarder l’horizon, laissant mon esprit divaguer. Je réfléchis à ce que je viens de faire. Il soit régner un beau bordel à l’Académie. Je suppose que dans un lycée plein de gosses pleins aux as, la disparition de l’un d’eux fait sensation. Peut-être qu’ils ont déjà avertis mes parents à l’heure qui l’est. Je vais être renvoyée ? Est-ce possible ? Vu la somme improbable que mes parents leur versent chaque mois, cela me semble assez inepte. Non. Mes parents ne l’accepteront jamais. Ils s’arrangeront pour renégocier le tarif et expliqueront à qui voudra bien l’entendre que je suis suivie par de très bon psychologue et que le choc  que j’ai subi lors de mon accident s’amoindrit de jours en jours. Que d’hypocrisie.


Le piteux crachotement d’une antique bagnole me tire de mes pensées. Je pousse un long soupire. J’espérais qu’ils ne penseraient pas à me chercher ici. C’est vrai, quoi. Qui a idée de venir chercher une fugueuse ici. Faut croire que dans le lot de surveillants, il y en a un qui est malin, ou au moins plus que les autres. C’est bien ma veine. Je fais semblant de ne rien avoir entendue. A moins que je ne tente de me convaincre moi-même que c’est une simple illusion. Je suis bien ici, après tout. Je pourrais rester des heures devant cette étendue bleue sans ressentir la moindre bride d’ennui. En fait je crois que cela m’apaise, ce léger bruissement que les vagues émettent en s’écrasant sur la plage.


J’entends des pas qui se rapprochent, atténués par le sable fin. La colère qui s’était apaisé alors que j’étais arrivé dans ces lieux déserts, renaît de ses cendres et me prends à la gorge. Je vois déjà la scène. Un homme assez jeune que j’aurais déjà croisé deux ou trois fois à l’Académie va se pencher au-dessus de moi et me regarder avec douceur et compassion. Pour lui je ne suis qu’une pauvre dépressive aux pulsions dangereuses, qu’il ne faut en aucun cas agresser. Il va me parler avec le même calme et la même lenteur avec laquelle on parle aux gosses de trois ans et aux retardés mentaux. Je vais tenter de me retenir de lui sauter à la gorge ou peut être même que je vais le faire. Il me maîtrisera facilement et une fois à l'académie les gens me regarderont pas si différemment que si l'on avait inscrit « Attention folle furieuse » sur ma tête. Et je vais les détester plus encore pour cela.


Il s'approche de moi. Il sent la clope, je n'aime pas cette odeur. C'est celle de ma mère. Et je n'aime plus ma mère. Pensez en ce que vous voulez, dîtes que je suis hypocrite, que c'est elle qui m'as élevé, nourris et pourri gâté, cela ne changera pas le regard que je porte sur son horrible personnage. Il ne prends même pas la peine de se baisser et me lance d'un  ton sec :


« Arizona Manel ? »




Bon ben si j’espérais encore qu'il ne venait pas pour moi, pour me ramener au lycée j'entends, c'est raté. Je me suis néanmoins trompé sur ses actes. Il est simplement de mauvaise humeur. Il n'avait aucune envie de quitter sa salle d'étude bien tranquille ou son lit, j'en sait rien mo, et encore moins pour arpenter toute la région à ma recherche. Je ne daigne pas le regarder. Après tout, si je l'ignore, peut être va il finir par disparaître ? Non ? Bon ok, mais je peux au moins espérer non ?


« Je suis surveillant à l'Académie, je suis censé te ramener, alors sois gentille, vu ? »

Sois gentille ? Je crois que j'ai mal entendue là. Moi je dois être gentille ? Eh ! C'est qui la folle instable dans l'histoire ? Je lève vers lui des yeux rempli de toute la haine que je contiens à grand peine. Puis il me vient une idée. Une idée terrible. Une idée géniale. Je change d’attitude et place en mes yeux toutes l'innocence dont je suis capable. Je me lève lentement, en prenant bien mon temps pour essuyer les sable qui s'est accroché à mes vêtements. Je l'exaspère ? J'espère. Je cache un sourire cruel derrière la cascade que forme mes cheveux tandis que je me penche pour essuyer mes cuisses. J'essaie d'imaginer sa réaction ? Est-il surpris ? Ou tout simplement soulagé ? Non. Il a l'air très sûr de lui comme gars. Je suppose qu'il n'a jamais douté de son autorité. J'en rirais presque.


Je me tourne brusquement et me met à courir, droit vers l'océan. Mes ballerine s’échappent et tombe dans le sable. Je ne m'arrête pas. Il s'est sûrement remis de sa surprise et j'imagine qu'il n'est qu'à quelques pas de moi. Je m'enfonce dans l'eau. Elle n'est pas si froide au final. Elle ne fait que clarifier mon esprit. Va il me suivre dans cette étendue bleue ? Va il gâcher un pantalon et une paire de chaussure ? Je ne pense pas non. Tout le monde n'a pas la chance de pouvoir s'acheter une dizaine de paire de chaussure par jour.


Enfin, à bout de souffle, je me retourne vers la plage. J'ai de l'eau jusqu'à la taille et un sourire triomphale éclaire mon visage. Que croyait-il ? Que j'allais sagement le suivre ? Si je suis ici et pas là où il veut à tout prix me ramener, c'est qu'il y a une raison. Cela me semble évident. Pour lui peut-être moins.

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MessageSujet: Re: " Je vudrais voir la mer..." Ft Ethans ♥   Mer 2 Juil - 17:24

La fille m’avait certainement entendu arriver, parce qu’elle n’a pas l’air surprise de me voir. Le crachotement irrégulier de ma voiture a dû me trahir. Peu importe. J’ai l’impression qu’Arizona est une petite habituée de ce genre de fugue, juste histoire de lancer la moitié du personnel à sa recherche. Pourquoi aujourd’hui, hein ? Etant élève, je trouvais ça aussi pénible d’être traqué comme une proie lorsqu’on cherche un peu de solitude. C’est certainement ce dont elle a besoin, en ce moment, alors peut-être que je peux comprendre. Dans un autre contexte. Car je ne suis plus élève. Juste un surveillant mal réveillé qui n’a pas envie de trainer sur cette plage trop longtemps, ni de se faire marcher sur les pieds par une gamine qui se la joue rebelle. Elle ne parle pas. Ses yeux parlent à sa place. Je n’ai jamais vu quelqu’un ne me connaissant pas m’observer avec autant de haine. Mi surpris, mi agacé, je la laisse se relever alors que sa colère quitte soudainement son visage.

C’est quoi ce délire ? Après avoir retiré le sable collé à ses vêtements, elle s’élance dans la direction opposée à la route : l’océan. Manquait plus que ça. Je pousse un long soupir avant de suivre les traces de ses pas dans le sable en marchant, alors qu’elle est déjà trempée jusqu’à la taille. Sale gosse. J’ai pas que ça à faire, d’aller repêcher cette fille dans la flotte juste parce que la directrice trouve qu’ « il est impératif qu’on la retrouve, Ethan. Désolée de te réveiller, mais nous sommes responsables d’elle, et nous ne pouvons pas nous permettre qu’il y ait un accident ». Alors je m’étais levé, m’étais habillé, et avais réfléchis où la petite dépressive avait bien pu chercher refuge en cette journée maussade.

Je les maudis intérieurement. Tous. La directrice, parce que je suis ici, cette fille, parce qu’elle semble très fière du petit tour qu’elle vient de me jouer. J’avance jusqu’à la berge, à la limite entre le sable sec, et celui humidifié par les vagues. Elle n’est qu’à quelques mètres, dans l'eau, tournée vers la plage.

Est-il écrit dans un quelconque règlement qu’il est interdit de violenter les élèves pour qu’ils obéissent ? Certainement. Ce serait mal vu que je ramène Arizona à l’Académie par la peau des fesses, elle hurlant de rage, trempée, m’insultant à moitié. Selon la directrice, il va falloir faire preuve de tact et de diplomatie. Diplomate, moi. A neuf heures du matin, sur une plage, à devoir courir après une écervelée qui s’amuse beaucoup plus que moi de la situation.

Bon bon. Admettons. Je m’assois dans le sable. Elle se lassera plus vite que moi. Au point où j’en suis, essayons de ne pas rendre la situation plus compliquée. Je n’ai pas très envie de jouer aux psys, et la raison de sa présence ici ne m’intéresse nullement. Mais, il faut être « diplomate ».

- Si tu voulais qu’on te foute la paix, tu aurais peut-être dû trouver un autre endroit, je dis, un sourire aux lèvres.

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MessageSujet: Re: " Je vudrais voir la mer..." Ft Ethans ♥   Mer 9 Juil - 18:13



ARIZONA & ETHAN
L'OCEAN



"Je voudrais voir la mer..."


Je ne me suis pas trompé, il ne s'est pas essayer à la baignade. A présent, il est planté à quelques mètres devant moi, il a l'air bête et mon sourire ne fait que s'en agrandir. Que va il faire à présent ? Il n'a en aucune façon le droit de venir me chercher par la force. J'en ferais un scandale et il serait viré. Je ne crois pas que ce soit cela qu'il cherche. Il est comme les autres pions : idiot mais arrogant. Il est persuadé d'avoir une autorité sans limite tandis qu'il n'en a pas un semblant. Et pourtant il se permet de vous regarder de haut de façon supérieure. Je les hais tous pour cela.


Le vent emplie de grains de sable me fouette le visage. Je ferme les yeux à demi pour m'en protéger. L'eau n'est pas si chaude en fin de compte et je frissonne. Pour ne pas qu'il ne le remarque, je croise les bras sur ma poitrine. Devant moi, sur la berge, l'homme s'est assis. Il me regarde, un léger sourire aux lèvres, et me lance :


« Si tu voulais qu’on te foute la paix, tu aurais peut-être dû trouver un autre endroit... »


Mais c'est qu'il veux jouer au plus malin, le surveillant. Et puis, qu'est ce qu'il en sait, le type ? Il se croit plus important parce qu'il m'a dénicher ? Et bien de toute manière je ne cherchais pas à me cacher, voilà !


Eh ! Mais je ne suis pas juste une pauvre dépressive. Je suis plus que cela. J'en ai marre que l'on me rabaisse à cela. Je voudrais qu'on voit qu'il y a autre chose qu'une pauvre hystérique complètement déboussolée en moi. Je mérite de ne plus être prise pour une pauvre hystérique... Enfin, je pense...


Je secoue la tête, ce n'est absolument pas le moment de flancher. Il commence à m'exaspérer. D'abord il me prends pour une folle et ensuite il cherche à faire remarquer sa supériorité. Mais qui est-il pour cela. Il n'est absolument rien pour moi. Il n'a aucune place dans ma vie et n'en aura jamais une. C'est un mec sans importance, alors s'il veux jouer au plus con avec moi, très bien, je joue aussi :


« Si tu voulais dormir plus longtemps, tu n'avais qu'à te trouver un autre job... »


Et oui, j'ai compris la cause de ta mauvaise humeur mon coco. Je ne suis pas complètement idiote. J'ai bien compris que si je n'avais pas quitter si brusquement mon cours de mathématiques, aurait pu sans soucis dormir toute la matinée. Loupé...


L'eau semble se refroidir chaque seconde qui passe, j'ai la chaire de poule et les nuages qui se sont rassemblés au dessus de nos têtes n'arrangent rien. Je frissonne de nouveau, le souffle court. En face, il semble l'avoir vu et j'attends le prochain sarcasme, impatiente d'en finir.


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MessageSujet: Re: " Je vudrais voir la mer..." Ft Ethans ♥   Lun 21 Juil - 17:24

Si tu voulais dormir plus longtemps, tu n'avais qu'à te trouver un autre job...

Je l’observe, impassible. M’énerver ne ferait qu’envenimer la situation, et la rendre encore plus difficile pour moi. J’en ai connu, des élèves qui aiment prendre les membres du personnel pour des cons. Qui se la jouent rebelle parce que c’est cool, que les profs on les emmerde, qu’on fait notre vie et qu’on crache sur le premier qui veut nous mettre les bâtons dans les roues. J’étais comme ça, aussi immature, aussi révolté. Je voulais prendre ma vie en main, pour une fois, et arrêter de subir, d’obéir, de courber l’échine devant des adultes qui n’ont pas vécu la moitié de ce que j’ai enduré. Ça n’a servi qu’à me faire exclure quelques jours, et collectionner les heures de colles.

La phase de « diplomatie » aillant échoué, il va falloir trouver autre chose pour que ce moment sur cette foutue plage ne s’éternise pas. La fille frissonne. Elle ne restera pas longtemps dans l’eau, surtout si les nuages continuent de s’amonceler dans le ciel et que le vent souffle de grandes bourrasques d’air frais.
Comme quoi, ça ne sert à rien de se forcer à être gentil, à l’écoute des problèmes des gens. Ça n’a jamais été mon fort de toute façon. Je sais que je suis plutôt apprécié des élèves d’une manière générale, parce que la plupart me connaisse du temps où j’étais encore élève. Mais celle-là est une emmerdeuse, et ne me donne absolument pas envie de me montrer plus sympathique que je n’ai essayé de l’être. Tant pis pour elle.

Prenant mon mal en patience, je m’éloigne de la rive, me dirigeant vers ma voiture. Je m’y adosse et sort un paquet de clope de ma poche, en calant une entre mes lèvres. Je l’allume avec un briquet et range le tout. Après avoir tiré une première fois, je lance :

- Quand tu te seras décidée à arrêter de faire chier le monde, tu monteras dans cette voiture.

Je sais que ça ne me ressemble pas. Dans n’importe quel autre cas, je serais allé la chercher de force, l’aurait balancée à l’arrière du véhicule et l’aurait sagement reconduite à l’Académie où elle se serait fait sermonner par la directrice avant de retourner dans sa chambre, certainement en larme, comme une pauvre fille incomprise en pleine crise d’adolescence à la recherche d’un peu de soutien. Je ne suis ni son père, ni n’importe quel autre membre de sa famille. Pas la bonne épaule sur laquelle elle peut  pleurer. De toute façon, elle n’a pas l’air d’avoir envie de parler, et tant mieux.
Lorsqu’elle se sera chopé une bonne pneumonie, elle sortira de l’eau plus vite que prévu et obéira bien sagement.
Alors oui, ça ne me ressemble pas. Mais je suis trop blasé pour m’énerver.

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MessageSujet: Re: " Je vudrais voir la mer..." Ft Ethans ♥   Mer 24 Sep - 16:40



ARIZONA & ETHAN
L'OCEAN



"Je voudrais voir la mer..."



Sans dire un mot, le pion se retourne et regagne sa voiture minable. J'ai froid. J'en ai plus qu'assez et je voudrais que tout cela cesse. Je voudrais tout arrêter, maintenant, pour toujours. Il s'est adossé au capot de sa ferraille et a coincé une clope entre ses lèvres. Je pourrais peut être simplement plonger ma tête dans cette eau fraîche, me détendre un instant et partir vers l'inconnu. Il me regarde, désabusé. Je voudrais qu'il parte, lui aussi. C'est mon sanctuaire ici, il n'avait pas le droit de venir tandis que je m'y réfugiais et il a encre moins le droit de m'y arracher. J'ai envie de lui hurler de partir et de me laisser. Je ne veux pas de lui ici. Je tente de garder mon calme. Il ne faut pas que je perde le contrôle de moi même. C'est ce qu'il attend, non ? Il ne cherche qu'à nous renvoyer tous un a un de son lycée de mer*e. Excédé, il me lance le sarcasme que j'attendais tant :


« Quand tu te seras décider à arrêter de faire chier le monde, tu monteras dans cette voiture »



Celle là, c'est la meilleure. C'est moi qui fait chier le monde ? Je n'ai jamais demandé à personne de venir me chercher ici. Je n'ai jamais demandé à personne de m'inscrire à ce putain de bahut. Je n'ai jamais demandé à cette voiture de me L'emporter. Prise d'une crise d'hystérie, incapable de me retenir, je me met à hurler :


« Casse-toi ! Mais dégage puta*n ! Tu me saoule ! Va retrouver ta conna*se de supérieure et dis lui que tu as de quoi me faire renvoyer ! Vas-y ! Fais toi plaisir ! Mais lâche moi ! Laisse moi, okay ?! »

Il n'a pas de réaction. Tout ce que je peux constater c'est qu'il attends que je sorte pour me ramener et m'enfoncer le plus possible devant le proviseur sans rien avoir à se reprocher. Je le déteste. Il est ignoble. La colère qui boue en moi, cette fois encore, je suis incapable de la retenir. Telle une tornade, je m'élance vers lui en hurlant de rage. Ma vue est brouillée par la rage et les larmes que celle ci fait naître. Mes chaussures se perdent dans l'eau mais je ne m'en rend même pas compte, je ne pense qu'a lui. Je vais le frapper. De toute mes forces. Peut être qu'à cet instant la il verra à quel point j'ai mal. Je veux qu'il ait mal comme j'ai mal. Qu'il arrête de me regarder comme on regarde une gamine prise en faute et à qui il faut faire la leçon. Je ne suis pas une gamine. Et j'ai mal. Très mal. Je souffre au quotidien et lui, il débarque comme une fleure persuadé de tout connaître sur tout.


Arrivée à sa hauteur, je vois une lueur de surprise dans ses yeux mais je ne vois pas la peur ou la souffrance que j'aimerai y voir. Alors je le frappe, très fort, partout où j'arrive à l’atteindre, d'abord au visage, avec mes poings dont il s'empare facilement et en empêche les mouvements. Alors je me serre de mes pieds et le cogne, toujours plus fort, jusqu'à en avoir mal. Mais il est plus fort que moi. J'ai perdu, je le sais. Je le savais depuis le début.

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MessageSujet: Re: " Je vudrais voir la mer..." Ft Ethans ♥   Lun 27 Oct - 18:17

Je tire tranquillement sur ma clope, un peu étonné d’avoir éveillé en cette gamine autant de haine. Mais elle se heurte au mur de mon indifférence. Après avoir déblatéré ses insultes, toujours avec de l’eau jusqu’à la taille, frissonnante, et certainement déçue de n’avoir provoqué chez moi qu’un haussement de sourcil blasé, elle sort précipitamment de la mer, à priori folle de rage. Cette fille a vraiment un problème de gestion de ses sentiments. Ceux-ci l’envahissent avec beaucoup trop de facilité ; elle se laisse submerger, guider par ses instincts irrationnels, inconsciente des folies qu’elle risque de commettre. Comme courir vers moi, aveuglé par une colère improbable simplement parce que je l’ai un peu bousculé, par exemple. Cette fille ne doit pas avoir l’habitude qu’on lui rentre dedans, qu’on lui tienne tête. Il est temps de la remettre à sa place, de lui apprendre à respecter les adultes, et les autres d’une manière plus générale. Qu’elle soit renvoyée de l’Académie m’importe peu, je ne fais qu’obéir bêtement parce qu’on m’a dit qu’elle avait disparue, qu’il fallait absolument la récupérer. Je n’ai aucune raison de l’enfoncer plus que nécessaire, ni de la pardonner. Elle aura la punition qu’elle mérite, voilà tout. Elle ne saisit pas la chance qu’elle a d’être à l’Académie. Et la douleur n’excuse pas tout, je suis le premier à le savoir. Le premier à avoir eu les mêmes réactions qu’elle il y a des années de ça.

Lorsqu’elle arrive à ma hauteur, je vois ses petits poings ridicules se lever vers mon visage et sa tête blonde déterminée. Déterminé à quoi ? A me faire du mal ? J’hésite entre en rire et en pleurer. Je jette ma clope dans le sable et intercepte sans mal le premier coup qui fuse vers moi. Elle m’atteint à la joue, au torse, aux jambes. Marcher pied nu sur un lego m’aurait causé plus de souffrances.
Las de son petit numéro, j’attrape vivement ses poignets que je retiens dans son dos, fauche ses pieds d’une jambe pour la déséquilibrer et la plaque violement sur le capot de ma voiture, la tête écrasée contre le métal. D’une main, je maintiens son crâne contre la taule ; de l’autre, j’emprisonne ses bras pour qu’elle ne puisse plus m’atteindre.

- T’as finis tes conneries ? je hurle. J’en ai rien à foutre que tu sois renvoyée, que tes parents te privent de dessert ou que tu sois punie. J’ai autre chose à faire que de refaire l’éducation d’une sale gosse qui justifie ses gestes par une dépression quelconque. C’est pas dans une école d’art que tu dois aller, c’est dans le bureau d’un psy. Je suis pas responsable de tes problèmes, quels qu’ils soient, ni de ta scolarité ratée. Donc maintenant tu te calmes ou tu resteras dans cette position jusqu’à ce que ce soit le cas.

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MessageSujet: Re: " Je vudrais voir la mer..." Ft Ethans ♥   Mer 12 Nov - 16:15


ARIZONA & TUGDUAL
L'OCEAN


"Je voudrais voir la mer..."


Mes poings n'atteignent même pas son visage, sans effort apparents, ils s'en empare, et violemment me les plaque dans le dos. Privée de ceux ci, je tente ridiculement de le blesser de mes pieds qu'il s'empresse de faucher pour me plaquer sur le capot de sa voiture tel un criminel que la police tente de maîtriser. Sauf que je ne suis pas une criminelle et qu'il n'est pas un policier. Je suis juste ce que l'on pourrait qualifier de folle et lui ce que l'on pourrait qualifier d’exaspérer et peut être même énervé en fin de compte car il se met à hurler :


« T’as finis tes conneries ? J’en ai rien à foutre que tu sois renvoyée, que tes parents te privent de dessert ou que tu sois punie. J’ai autre chose à faire que de refaire l’éducation d’une sale gosse qui justifie ses gestes par une dépression quelconque. C’est pas dans une école d’art que tu dois aller, c’est dans le bureau d’un psy. Je suis pas responsable de tes problèmes, quels qu’ils soient, ni de ta scolarité ratée. Donc maintenant tu te calmes ou tu resteras dans cette position jusqu’à ce que ce soit le cas. »


Je sens sa main qui me maintient la tête contre le capot. Ses paroles ne font que m'irriter davantage, si c'est encore possible. Je ne parvient plus à me contrôler et dois, de l’extérieur, vraiment ressembler à une évadée. Je me débat comme une furie, les larmes de colère roulant sur mes joues. Je me rappelle du temps où c'était mon père qui tenait ce rôle. Il me plaquait au sol, avec plus de douceur mais autant de fermeté tandis que j'essayais de le frapper et de frapper toute personne ou objet qui se trouvait à ma portée. Et il me retenait ainsi, parfois des heures entières le temps que je me calme, le calme que la douleur cesse, que la « crise » passe. Ce surveillant ne paraît pas avoir de longues heures devant lui pourtant rien ne semble indiquer que ma « crise » sera de courte durée ou que quoi que ce soit me permettra de ma calmer. Non, c'est vrai, il n'est pas responsable de mes problèmes. Cette pensée ne m'aide en rien. Je continue de donner des coups de pieds dans le vide et de batailler avec rage. Une douleur sourde m'oppresse la poitrine et me coupe le souffle, je voudrait crier encore et encore . Crier ma douleur, crier ma colère et insulter le monde entier. Je hurler encore plus fort que ce n'est pas juste, que ça n'aurait jamais dû arriver, que ce tellement injuste et insupportable. Et au lieu de ça, je continue de pleurer en insultant ce put*in de surveillant qui n'est pas responsable de mes problèmes, qui n'est pas responsable de sa disparition. Enfin, après de longues minutes de lutte absurde, le désespoir remplace peu à peu la fureur, balayant le peu de force qui me restait. Alors, dans un dernier cri de ressentiment, je m'étale lamentablement au sol, plus fragile que jamais. Surpris, le pion m'a lâché et j'en profite pour replier mes jambes sous moi pour les entourer de mes bras tremblants en enfouissant mon visage baigné de larmes dans mes genoux.

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MessageSujet: Re: " Je vudrais voir la mer..." Ft Ethans ♥   Dim 21 Déc - 23:13

Arizona se débat, tentant tant bien que mal d’échapper à mon emprise. Elle tire sur ses bras pour que je relâche ses poignets, ses petites jambes battent l’air en espérant m’atteindre. Comme une furie, elle hurle, tape des pieds, gigote, se tord, insulte, et pleure toutes les larmes de son corps qu’elle n’a cessé de retenir et qui maintenant se déversent sur ses joues. Sa rage est emprunte d’une sorte d’abandon, de résignation et bientôt ses coups se font moins brutaux et plus las. Elle hoquète, tremble, gémit, et je la sens faiblir sous mes doigts. Je relâche un peu la pression que j’exerce sur ses mains et sur sa tête, et elle s’étale au sol. Ses épaules sont secouées par les sanglots, et les larmes noient silencieusement son visage. Je reste debout, à côté d’elle, ne sachant pas vraiment comment réagir. Je ne pourrai dire si je m’en veux de l’avoir mise dans cet état, ou si ce n’est qu’un juste retour des choses et que le retournement de situation permettrait d’écourter cette virée matinale. Non, je ne m’en veux pas. Elle n’a pas eu besoin de moi pour finir ainsi. Elle est suffisamment torturée de l’intérieur pour avoir en plus besoin d’aide. Et pourtant, mon cœur se sert à l’idée de la voir par terre, désemparée, terriblement seule. Abandonnée à sa souffrance, comme je l’ai été. Mais j’avais détesté que l’on essaie de me venir en aide. Peut-être est-il inutile d’essayer de l’aider, peut-être qu’elle se contentera de me cracher à la gueule et de m’insulter à nouveau, quitte à écoper de quelques heures de colles en plus. Elle n’a plus l’air à ça près. J’hésite sur la conduite à tenir. Je ne pense plus avoir de problème concernant son rapatriement à l’Académie, sauf si elle décide de me planter ses ongles dans la peau pour m’empêcher de la ramener, mais c’est assez peu probable. Le problème consisterait dans le fait que je la ramène dans cet état sans plus d’explications. Quoique…
Je mords l’intérieur de ma joue, l’espace des deux secondes nécessaire à ma prise de décision. Je m’approche de la portière passager de la voiture et l’ouvre, avant de saisir la jeune fille par les épaules et de la poser sur le siège sans ménagement. L’instinct paternel, ça n’a jamais été vraiment mon truc, et pourtant j’ai l’impression de devoir m’occuper d’elle comme mon père n’a jamais été capable de le faire pour moi.

- eh on se calme, arrêtes de pleurer, je dis.

Très convainquant. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de lui dire quelque chose comme « qu’est-ce qui ne va pas ? » ou « tu veux en parler ? ». Peut-être parce que d’abord je n’ai pas très envie de perdre mon temps sur cette plage à devoir écouter une histoire sordide ou les déceptions amoureuses de cette fille, ou parce que si elle a envie de parler, elle le fera sans qu’on le lui demande. Je referme la portière passager et contourne la voiture pour m’installer au volant. Je sors une nouvelle clope, l’allume et la cale entre mes lèvres. Je recrache la fumée par ma fenêtre entrouverte, avant de me tourner vers elle.
On rentre ou tu parles ?


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MessageSujet: Re: " Je vudrais voir la mer..." Ft Ethans ♥   Sam 27 Déc - 17:40





Arizona & Ethan
L'Océan



~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

"Je voudrais voir la mer..."


Je reste ainsi, en position fœtal, les épaule secouées de spasme. Je me vide de toutes ces larmes qui me comprime le cœur sans pour autant en ressentir un quelconque bien être. J'ai mal. Tellement mal. Là. Juste au niveau du cœur. Comme si on essayait de me l'arracher. De me le briser à nouveau. Le pion n'a pas bougé. Peut être se sent-il mal. Peut être a t'il des remords. Tant mieux. Tant pis. Je m'en fiche. Je veux juste mourir. Je veux juste être seule. Mes larmes ne tarissent pas et ne tariront peut être jamais. La douleur ne cesse pas et ne cessera peut être jamais. Mais qui s'en souciera ? Qui sera là chaque jour pour relever ? Qui sera là pour m'aider à mettre un pas devant l'autre ? Personne. Est ce que ce personne se transformera en Alcool ? Est ce que c'est comme cela que je vais finir ? Morte. Seule. Avec un bouteille dans chaque main. Il faut croire que mon bourreau n'éprouve pas tant de remords car il m'attrape avec brutalité par les épaules et me force à m’asseoir dans sa bagnole minable. Il me dit d'une voix qui se veut amical, douce :


« Eh, on se calme, arrêtes de pleurer. »

J'en aurais presque rit. Je replie de nouveau mes genoux près de moi tandis qu'il claque la porte et tourne mon visage  baigné de larmes vers la fenêtre. Vers la mer. Vers la liberté. Le surveillant se place devant le volant, sors une clope et tire une grande bouffée qu'il recrache quelques instants après. Enfin, après quelques secondes, il rompt le silence pesant qui hante l'habitacle en se tournant vers moi :


« On rentre ou tu parles? »



Je continue de lui tourner résolument la tête. Qu'espère t'il ? Que je vais tout lui déballer comme ça ? Lui raconter toute ma vie là, dans sa petite caisse tandis qu'il me présenteras ces plus plates excuses et que plus tard en retournant à l’académie, nous rirons ensemble comme dans le meilleur des mondes ? J'arrive même pas à y croire. Deux minutes auparavant, il me poussait sans ménagement sur ce siège de merde et là, il m propose gentiment de discuter. Je ne vais pas lui répondre. Voilà tout. Il va retourner à l'académie en espérant que sa merde ne perde pas une roue en chemin, me présenter à la directrice et lui expliquer qu'il m'a trouver du côté de l'océan, seule. Il dira ensuite que j'ai été violente et même grossière et la directrice me  regardera avec pitié avant de me confier à mes parents en leur expliquant que je ne pouvais pas rester dans l’académie, que j'étais instable et dangereuse pour mes camarades. Ma mère me serrera fort dans ces bras et me forcera à la suivre hors du bureau tandis que mon père restera à l’intérieur avec pour argument mes séances de psy que je suivais avec assiduité et qui n'allait pas tarder à porter leurs fruits et son chéquier. Ma mère continuerais de me serrer dans ses bras comme pour m'empêcher de m'échapper de nouveau en se lamentant pour mes chaussures qui était restées dans l'océan et mes vêtements qui sont foutus. Je la détesterai encore plus et on rentrerai à la maison jusqu'à la fin de la semaine. Le lundi suivant, je retournerai à l’académie et chacun me regarderai comme un extra terrestre. Je serai plus seule et désespérée que jamais et peut être bien que je finirai par me suicider. Peut être bien que je vais lui répondre finalement. Je me tourne alors vers lui et lui demande avec défi en désignant sa clope :


« Tu m'en passe une ? »




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MessageSujet: Re: " Je vudrais voir la mer..." Ft Ethans ♥   Sam 24 Jan - 19:33

Ni elle ni moi n’ouvrons la bouche. Ça vaut certainement mieux comme ça, je ne suis de toutes façons pas d’humeur à discuter. Je porte à nouveau ma clope à mes lèvres avant de recracher une bouffée de fumée. Je ne sais que penser, et la nicotine ne m’aide pas à m’éclaircir les idées. Mais ça n’a pas d’importance. Ça n’a aucune importance. Je vais démarrer cette bagnole, conduire Arizona à l’Académie, la laisser aux mains de la directrice, du CPE et sur les bras de ses parents probablement déçus et fatigués des fugues à répétition de leur fille adorée. Le reste ne me regarde pas. Tout ce que j’avais à faire, c’était la retrouver. C’est chose faite, inutile de se prendre la tête inutilement à présent. Je rattraperai mes heures de sommeil plus tard. Et pendant qu’elle se fera sermonner une fois de plus, je retournerai dans ma chambre et me glisserai dans mon lit, à moins que je ne songe à déménager en ville pour avoir enfin la paix.

- Tu m'en passe une ?

Je me tourne vers elle. Elle s’était finalement décidée à arrêter de pleurer et s’était un peu ressaisie. Un petit rictus tord mes lèvres tandis que je recrache à nouveau une volute de fumée par la fenêtre, avant d’écraser mon mégot dans l’allume-cigare et de refermer ladite fenêtre. Ce petit regard de défi, ce visage trahissant une certaine colère et en même temps un certain égarement, à moins que ce ne soit de la lassitude. Ce ton dans sa voix qui sonne plus comme un ordre que comme une question. Son petit air de supériorité, sa désinvolture, sa manière de me tutoyer. Peu importe. Je me tourne vers la route, démarre la voiture. Le moteur vrombit, crachotant un peu.

- Non.

Ma voix claque, sans appel. Cette gamine mérite d’être remise à sa place, et je pense que c’est déjà un bon début. Je ne suis pas du genre à me soucier de la santé des élèves, et surtout pas de l’état de leurs poumons. Je ne suis pas du genre à me formaliser lorsqu’un élève me tutoie. Je ne suis pas du genre à refuser une clope à qui me le demande. Et je ne suis surtout pas du genre à refuser d’aller chercher des élèves paumées sur une plage à des kilomètres de l’Académie, ni à rechigner à ma tâche.
Mais il s’avère que là, j’exige un minimum de respect. Un minimum de considération. Et la meilleure chose que cette fille pourrait faire pour ne pas me mettre de plus mauvaise humeur serait de ne pas trop l’ouvrir pendant le trajet, ni se jeter en dehors de la voiture. Simple.

- Tu as fais assez de conneries pour la journée, je rajoute.

Et je démarre, direction : l’Académie.

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MessageSujet: Re: " Je vudrais voir la mer..." Ft Ethans ♥   Mar 14 Juin - 11:23





Arizona & Ethan
L'Océan



~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

"Je voudrais voir la mer"




« Non. Tu as fait assez de conneries pour la journée. »



Mon sourire de crispe. Ses mâchoires se sont contractées dans un excès d'exaspération mal contenue. Il écrase son mégot dans l’allume cigare, ferme la fenêtre et met le contact. Une vague de panique s’empare de moi. Il ne doit pas me ramener à l’Académie. Pas maintenant et surement pas dans cette état de colère dans lequel je l’ai plongé. Je ne peux en aucun cas me faire renvoyer, c’est encore la seule chose qu’il me reste, la seule à laquelle je suis capable de m’accrocher. Les chèques de mon père ne me sauveront pas toujours. Stop. Il faut qu’on s’arrête, il ne faut pas qu’on aille plus loin. J’angoisse. Ma respiration se fait plus rauque et je peine à reprendre mon souffle. Je sens les larmes me monter à nouveau aux yeux. Non. Je ne dois pas pleurer. Il faut que je me calme. Il faut que j’arrange les choses. Je suis allée trop loin. Je vais toujours trop loin. Note à moi-même : apprendre à me canaliser. Je tente de me concentrer sur le paysage qui défile. Je suis des yeux la végétation qui ornent la chaussée et les maisons éparses qui habillent la campagne. Il faut arrêter cette voiture. La mer disparait au loin et le bruit de ses vagues s’estompe peu à peu. On ne doit plus avancer. Je ferme les yeux, mes doigts si forts le tissu usé du siège que mes jointures blanchissent. Il faut que je me concentre. Mon cœur bat de plus en plus vite à mesure que la voiture prend de la vitesse. Je fixe un point de l’horizon au loin et m’efforce de faire le vide dans ma tête. On va trop vite. Et soudain j’explose :



« STOP ! »





Je hurle, incapable de me contenir plus longtemps. Il sursaute. On ne doit pas aller voir la directrice. On ne doit pas y aller. On ne doit surtout pas y aller. Je ne dois pas être renvoyée. Je dois continuer à danser chaque jour de ma vie. C’est ma seule thérapie. Je souffle un coup et reprends mes esprits :



«  Je.. »



Ma voix est rauque. Je tousse et cherche mes mots :



« Je suis désolé. Croyez-moi, je le suis. Oui, je suis une sale gosse de riche capricieuse et mal élevée. Je ne mérite pas votre indulgence ni votre patience, mais je vous en supplie ne me ramenez pas auprès la directrice. Je ne veux pas être renvoyée. »



Je suis pitoyable, et même pas convaincante. Je pourrais lui proposer un chèque mais c’est quitte ou double : soit il accepte et tout s’arrange, soit il s’offusque et je peux dire adieu à l'Académie. Je ne suis pas prête à prendre ce risque. Je tente un dernier cri de désespoir :



« Ecoutez... L’Académie c’est tout ce qu’il me reste. Ce ne sont pas vos affaires, je m’en doute mais s’il vous plait... Faites ça pour... »



Il ferait ça pour qui ? Pour moi ? Après que je l’ai physiquement et verbalement agressé ? Ma phrase reste en suspens dans l’aire. Je ne sais pas comment la finir. Je me mords la lèvre de honte et d’angoisse sans oser le regarder dans les yeux. Je croise les doigts inconsciemment et répète à l’infini s’il vous plait, s’il vous plait, s’il vous plait en mon fort intérieur dans le vain espoir d’être entendue voir exaucée.




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