Winter -014-015 - Pear, Spark & Lastie
 
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 Dix-huit heures (Intha)

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Aldébaran de Beauséant
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MessageSujet: Dix-huit heures (Intha)   Dim 9 Mar - 20:08


18h. Pas dansant dans les couloirs. Les élèves en Cygne le reconnaîtraient sûrement au son feutré des chaussons que le professeur ne quittait sous aucun prétexte, les autres remarqueraient la tignasse rousse sur son crâne, partant dans tous les sens, un peu comme une représentation de son état d'esprit général. Un rythme de marche qui hésitait entre le révolté et le jem'enfoutiste, mais indéniablement rempli d'énergie. Une démarche comparable à un slap à la basse. Caractéristique et identifiable à des kilomètres, où qu'il aille, quoi qu'il fasse. Du Aldébaran tout craché.

Les portes de la salle commune s'ouvrirent et il entra, dossiers sous le bras et stylo derrière l'oreille, haut blanc et pantalon noir comme à son habitude, demi-queue de cheval parce qu'ils devenaient quand même beaucoup trop longs ces dernies temps ; cherchant des yeux avant de se rendre compte qu'on lui avait posé un bon gros lapin. Il était supposé être ici pour discuter d'orientation avec un de ses élèves, mais non, bien évidemment, il fallait qu'il ne se pointe pas hein, sinon c'était pas marrant. Ou alors il était en retard. Typique. Bon, au pire Aldébaran pouvait toujours se poser quelque part pendant quelques minutes histoire de voir si monsieur avait la décence de venir à leur rendez-vous, et puis après il retournerait à ses propres affaires.

Aldébaran n'avait pas vraiment l'habitude de venir dans ce genre d'endroits, comme n'importe quel professeur d'ailleurs. Voir autant d'élèves qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam le déstabilisait un peu, mais oh, il s'y ferait. De toutes façons la seule chose qu'il devait surveiller, c'était la porte, et éventuellement l'heure, histoire de savoir s'il pouvait se permettre de rester ou pas. Il partit s'asseoir à un endroit où il y avait relativement peu de monde pour être un peu plus au calme, soit assez loin de la cheminée vu qu'apparemment, c'était le lieu de rassemblement d'une bonne partie de la population, et il commença à attendre, sans faire attention aux élèves qui le dévisageait - mais c'est vrai quoi, c'est un prof alors qu'est-ce qu'il fout là à c't'heure-ce ?

Une blondinette, assise pas très loin, elle aussi à l'écart des groupes. Elle avait l'air de griffonner quelque chose sur une feuille, mais à cette distance c'était plutôt difficile de voir ce que c'était exactement. Dans tous les cas, soit c'était personnel, soit ça demandait de la concentration, ou alors les deux tiens. Avant même de se rendre compte que ce n'était pas poli, Aldébaran était déjà parti voir ce dont il s'agissait, et reconnut en se penchant discrètement par-dessus son épaule une partition. Ses connaissances en solfège se limitant à la rythmique, il n'avait absolument aucune idée de ce à quoi cela pouvait ressembler si quelqu'un la jouait, mais dans tous les cas ça n'était pas la première idée qui vint à son esprit. Non, vu qu'il était professeur, et qu'il était visiblement un petit peu trop pris par son boulot, évidemment, il fallait qu'il se dise que "tiens c'est une Beethoven, justement on avait un projet avec les Beethoven à la base mais j'ai jamais eu de nouvelles", et comme l'occasion était trop bonne, il lui sembla évident de déranger la pauvre jeune demoiselle afin de lui poser ses questions qui pouvaient franchement attendre le lendemain à la salle des profs.

"Au fait, des nouvelles du projet avec les Cygnes ? Bonjour, au fait. "

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Intha Dyreliv
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MessageSujet: Re: Dix-huit heures (Intha)   Lun 23 Juin - 17:10

18 H


«  "No comment" is a splendid expression. I am using it again and again. »
Wnston Churchill



Le regard dirigé au loin, les yeux vitreux, Intha appuyait sa tête contre la vitre de la voiture. Cela devait bien faire plus d'une heure qu'elle entrevoyait les champs de blé, vallées, villages et rivières sur son passage. Inconsciemment, elle savait que l'académie approchait mais d'esprit elle était encore chez elle. Recroquevillée dans son coin à contempler pour la énième fois son ancienne demeure par laquelle elle avait souvenance de sa jeunesse. Une enfance qui quelque fois lui manquait affreusement. La quiétude, le côté trivial de la vie et l'ingénuité qui se perdent au cours du temps. Pas de responsabilité ni de besognes. Le lourd fardeau de la conscience encore inexistant et les pensées encore libres et innocentes. Quoi de mieux qu'une vie sans soucis ? C'était à s'en demander quelques fois. Pourquoi abandonner une telle prospérité pour un quotidien plein d'angoisse et d'instabilités ? Très probablement, personne ne s'y résolvait de plein gré. On ne choisit pas de grandir ou non. On évolue et on ne donne pas son avis. Par ailleurs, prendre les choses en mains devient indispensable plus on se pourvoit de connaissances. Ne pas l'admettre en revient à se leurrer et s'en plaindre à l'inaction. L'existence ne s'explique pas, c'est la suite qui se conçoit. Une fois que l'on existe, il est temps de se construire. Ou finalement n'est-ce une question de point de vue ? Certaines choses restent éternellement sans réponse, même si des générations déjà s'ingéniaient à argumenter.

Alors que la jeune fille rêvassait encore et se remettait en question, la voiture s'arrêta d'une secousse assez sèche. Son corps accompagnant le mouvement lui permit de se concentrer sur le monde actuel autour d'elle. Au-dehors, elle voyait l'académie. Enfin, après plus d'une heure de route dans une voiture avec un chauffeur morne qu'elle avait extirpé de son esprit après une conversation oiseuse de cinq minutes au début du trajet. Revoir l'établissement lui faisait chaud au coeur. Elle avait pris l'habitude de la visite mensuelle chez ses parents, qui en fin de compte ne lui disait que bonjour puis au revoir la délaissant le reste du temps. Elle s'était également accoutumée au fait qu'il n'y avait plus personne chez elle durant les visites. Sa soeur étant partie étudier plus loin et ses anciennes nourrices qui travaillaient chez d'autres personnes à présent. Tout ce qu'elle y trouvait était parfois des photos ou des objet remuant à des réminiscences. Parfois elle se prenait d'un malaise en gambergeant à des choses passées. Profiter de combien d'années à vivre avec ceux que l'on aime pour finir seul avec le travail qui avec chance nous passionne ? Chacun interprètera cela à sa manière, différentes opinions font la diversité.

Intha détacha sa ceinture et descendit sans plus attendre du véhicule. Elle souleva sans un mot ses affaires que le chauffeur avait sorti du coffre et sans même un mot d'adieu elle se détourna pour partir. Afin de se sentir mieux, elle s'empressa de passer le portail et de bifurquer de manière à pouvoir se déplacer tranquillement hors de son champs de vision. Être de retour la réjouissait et il lui tardait dès à présent d'avoir à nouveau le temps de se pencher sur ses partitions. Alors qu'elle flânait à travers les buissons dans le jardin, la jeune fille  repensa à sa vie antérieure. Venir ici lui avait ouvert les yeux, elle s'était épanouit, déridée. Du jour au lendemain elle avait pris confiance, s'accoutumant et exploitant son nouvel environnement. Néanmoins s'il lui fallût bien se bonifier dans un domaine ce fût le social. Son caractère atrabilaire et sa monomanie surtout en ce qui était de la solitude lui attirait dérision et condescendance. Pourtant, la jeune fille ne s'en laissait pas démoraliser, et vivait sa vie, au calme, seule, toujours absorbée par son travail, ou, plutôt sa passion. C'était aussi ce qu'elle envisageait faire du restant de sa journée. Dès à présent, des mélodies lui accaparaient l'esprit, de nouveaux horizons musicaux. Qu'allaient elles devenir, ces douces mélopées envoûtantes, sous sa plume de jeune compositeur ? Une mélodie de suite pour piano ? Ou plutôt seulement un impromptu ? Ou encore des petites mélodies, pièces pour d'autres instruments ?  Intha n'en savait rien, mais tout lui viendrait bien assez tôt. C'est donc la tête lourde, qu'elle continua à s'avancer entre les buissons et arbustes du jardin de l'académie. Ses pieds, non son inconscient l'emmenait, sous ce soleil d'été torride, et à travers cette végétation au vert glauque et le gazon dors et déjà à moitié consumé par les raies cuisantes de l'heure méridienne. Toute cette touffeur ne l'assistait pas, que ce soit à la réflexion, ou à se trouver un refuge à l'ombre. Non de dieu, que l'été pouvait être lassant par moment ! Mais, la jeune fille finit par s'engouffrer hâtivement dans le bâtiment central, quelques gouttes de sueur perlant sur son front, et un mal de crâne soudain. Heureusement, l'académie, était climatisée par, endroit et pour le reste stagnait à une température plutôt agréable. Se dirigeant vers la salle commune, elle s'essuya le front d'un air distrait. Quelle idée de mettre une veste en jean par cette chaleur ! Un tee-shirt aurait été amplement suffisant, et un pantalon long n'aurait pas non plus été nécessaire.

Une fois arrivée, il lui fallût bien cinq bonnes minutes pour se trouver une place tranquille. La salle commune, un endroit assez spacieux  qui tenait lieu aux élèves de délassement pour la grande majorité et pour une autre minorité d'endroit destiné travail. Quoi de mieux que de travailler dans un brouhaha incessant, le rire goguenard des garçons et les gloussements des filles. Cependant, la jeune fille venait toujours ici, et comme par divination, parvenait à s'absorber d'une telle puissance de son oeuvre qu'elle en oubliait, tout le reste. Don ou talent acquis ? En tout cas, c'était une chose bien profitable. Aujourd'hui aussi, elle saurait en profiter. Ayant trouvé une place, la jeune blonde  enleva sa veste, et s'installa sur une table un peu à l'écart. Se massant les tempes d'une main, elle sortit ses partitions, quelques mélodies d'auparavant encore en mémoires. Déjà elle commençait à écrire, à se susurrer des mots techniques, des gammes pour pouvoir construire. Mettre en forme. Concevoir. Les notes s'inscrivaient d'une fluidité étonnante sur sa partition, et les compléments, et annotations suivaient sans pause. La musique l'avait plongé dans un autre univers, une transe. Ses yeux bleus rivés sur le papier, une main tenant la feuille, les jambes croisées, rien n'allait ou ne pourrait l'en détourner.

"Au fait, des nouvelles du projet avec les Cygnes ? Bonjour, au fait. "

Intha tressauta. Prise d'une peur bleue, elle se contenta de fixer l'homme en face d'elle durant quelques bonnes minutes. La transe disparue et la peur envolée, elle décala doucement sa chaise et se baissa pour ramasser son crayon et diapason qu'elle avait fait tombé. Par la même occasion, elle fût quelque peu déconcerté. L'homme portait des chaussons. Lentement mais sûrement, son cerveau reprenait son travail. Maison des Cygne. Chaussons. Danse. Intrigué, elle le scruta. Grand, plus âgé qu'elle, roux, avec  d'ailleurs de cheveux assez long. C'était à coup sûr un professeur, en se donnant un peu de mal, elle pensait même l'avoir déjà entrevu lors de la pause ou dans les couloirs. Passant la main inconsciemment dans sa propre chevelure, elle réfléchit. Les Beethoven avait un projet avec les Cygne ? Ah bon, c'est qu'elle ne s'en souvenait pas. Non, c'est qu'assurément personne n'avait pris le temps de lui dire. Maussade, elle s'appuya contre le dossier de sa chaise, fermant les yeux. La question l'avait prise au dépourvue. Se pouvait-il qu'elle eut entendu parler de ce projet ? Qu'elle en était responsable mais qu'elle l'avait évincé, trop occupée par ses choses propres ? Tourmentée, elle lui sourit néanmoins pour tenter de paraître sympathique.

"Bonjour. Un projet ? Vous êtes sûr ? C'était aux Beethoven d'écrire la musique je suppose ?"

Et voilà qu'elle philosophait déjà, alors qu'elle ne savait rien de rien. Le mieux à faire à présent, était  de détendre l'atmosphère. Quitte à en être désinvolte, cela l'importait peu.

"Asseyez-vous avec moi. Non ?"

Hors RP:
 

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Aldébaran de Beauséant
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MessageSujet: Re: Dix-huit heures (Intha)   Jeu 2 Oct - 20:39

Spoiler:
 

Visiblement, la petite blonde ne s'attendait pas vraiment à ce qu'on lui parle. Pendant qu'elle se remettait de ses émotions, Aldébaran se mit à chercher toutes les raisons possibles et imaginables pour lui avoir adressé la parole à elle, la dérangeant dans son travail, et pas à une autre personne. Déjà, il y avait le fait qu'elle était en effet au travail, et sur des partitions qui plus est, ce qui bien évidemment lui avait rappelé le projet entre les deux maisons, soit. Aussi peut-être parce qu'elle semblait être à l'écart de tout le monde, et qu'Aldébaran n'était pas quelqu'un qui appréciait être seul, et qui avait une fâcheuse tendance à croire que ce trait de caractère était le même pour tout le monde. Ou alors on pouvait tout aussi bien dire qu'il s'agissait d'un vieux con qui crevait d'ennui seul dans son coin et qu'il avait eu la soudaine envie de trouver quelqu'un à faire chier, et de préférence pas l'un de ses élèves, histoire de conserver un semblant de bonne réputation, quoi.

Il passa donc approximativement un quart de seconde à répondre à cette problématique dans sa tête, puis focalisa toute sa puissance mentale sur le simple fait de rester absolument immobile tandis qu'elle ramassait les affaires qu'elle avait fait tomber, le tout jusqu'à ce qu'elle lui donne sa réponse, tout ça parce qu'il trouvait que ce genre de prestance générale donnait un certain effet de style relativement plaisant à sa question. De plus, il s'agissait d'un très bon exercice pour ceux qui savaient déjà bouger dans tous les sens mais qui étaient incapables de se tenir au même endroit pour une durée supérieure à cinq secondes, et il se trouvait qu'Aldébaran faisait très largement partie de cette catégorie de personnes. Il avait donc toutes les raisons de rester dans cette position, voilà.

"Bonjour. Un projet ? Vous êtes sûr ? C'était aux Beethoven d'écrire la musique je suppose ?" Aldébaran remarqua qu'un sourire ponctuait cette phrase, sûrement une forme de politesse à son égard, maintenant qu'elle avait certainement dû comprendre que son interlocuteur était un professeur. Il allait répondre d'emblée et avait même pris son inspiration initiale avant d'être coupé par quelque chose de plutôt inattendu :

"Asseyez-vous avec moi. Non ?"

Ah, si si, ben si en fait. Pris par surprise, Aldébaran ne trouva rien de mieux à faire que de s'asseoir directement sur un coin de la table, comme s'il était toujours le jeune élève un peu je-m'en-foutiste qu'il était autrefois - quoiqu'est-ce que ça avait réellement changé ? - avant de reprendre.

"Um, oui, en effet. J'en avais discuté avec votre professeur de musique, qui m'avait dit qu'il vous le proposerait, et depuis je n'en ai plus entendu parler", il s'exprima en fronçant légèrement ses sourcils, le tout sans une seule fois relever les coins de ses lèvres dans son sourire coutumier. L'observateur aguerri pouvait toutefois remarquer que cette expression était très peu crédible sur son visage, étant donné que le peu de rides qui marquaient ses traits s'accumulaient en particulier autour de ses lèvres, ce qui montrait qu'il avait plutôt l'habitude de se fendre la gueule.

"Je suppose qu'il ne l'a même pas mentionné ? "

Autant faire comme s'il connaissait très bien leur professeur de musique et que ce genre de choses arrivait tout le temps, bien qu'il ne lui parlait que très rarement autour de la machine à café et qu'il n'avait pas la moindre idée de comment cette personne se comportait pendant ses cours. Ajouté au froncement de sourcils, ça lui donnait un air de "tu sais, ma petite, j'en ai vu des choses", et ça ne lui déplaisait pas tant que ça. Tant qu'il pouvait se rajouter un peu d'autorité devant les élèves, ça l'arrangeait.

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