Winter -014-015 - Pear, Spark & Lastie
 
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 Breaking down. ||TaNatou

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Breaking down. ||TaNatou   Dim 15 Fév - 0:03

Nate était assis en tailleur sur le sol de sa chambre.
Les sentiments se bousculaient dans son esprit, se répercutant dans son cœur, son ventre et même la surface de sa peau, de manière tout à fait irrégulière, imprévisible, et incompréhensible. Il n’arrivait pas à les isoler pour les analyser et les comprendre. En d’autres termes, il n’avait aucune idée de ce qui lui arrivait.
Mais le pire était la feuille désespérément blanche posée devant lui. Isolé de toute notion spatio-temporelle, cela faisait des heures qu’il se tenait devant, incapable d’y poser la pointe de son crayon pour évacuer tous ces sentiments qui le troublaient. Il ne comprenait pas. C’était la première fois que cela lui arrivait. Il avait toujours procédé ainsi lorsque que quelque chose le troublait, alors pourquoi n’arrivait-il pas à fixer ses idées et à dessiner quelque chose ? N’importe quoi, pourvu qu’il fasse sortir ces émotions qui lui faisaient du mal. Ces choses allaient le bouffer de l’intérieur, le rendre dingue, le faire exploser.
Désespéré, il planta brutalement son crayon au centre de la feuille et la lacéra d’un grand trait, si fort que la mine du crayon se brisa. Il le laissa tomber et acheva de déchirer son « œuvre » en plusieurs morceaux qu’il froissa et balança au hasard. Il se laissa tomber sur le dos, le souffle court, le cœur battant de façon douloureuse, comme si à chaque palpitation une main de fer tentait de presser un peu plus le malheureux organe dans le seul but de l’anéantir… Nathanaël se recroquevilla sur lui-même, les dents serrées. Un son rauque s’échappa de sa gorge. Cette douleur était insupportable, il avait envie d’arracher cette chose qui s’agitait désespérément au creux de sa poitrine.
Comment en était-il arrivé là ? A quel moment avait-il cessé de tolérer le moindre regard se posant sur lui ? Quand avait-il lui-même cessé de pouvoir regarder les gens dans les yeux ?

Cela faisait plus de vingt-quatre heures qu’il n’avait pas mis un pied en dehors de sa chambre, craignant de croiser qui que ce fut. Il n’aurait pas supporté. Personne n’avait le droit de le voir comme ça. Les gens allaient vouloir essayer de le comprendre, de lui donner des conseils. Mais s’il ne se comprenait pas lui-même, comment quelqu’un d’autre aurait-il pu prétendre avoir cette capacité ? Non, il n’avait besoin de personne. Les gens représentaient un danger pour lui. Il ne voulait pas les voir.
La veille, il avait quitté subitement le cours de Monsieur MacBond, incapable de le supporter un instant de plus. Il avait tout simplement craqué, incapable de faire taire cet instinct de survie qui lui hurlait de s’enfuir. Les gens l’avaient regardé partir. C’était terriblement gênant. Il ne s’était jamais senti aussi mal de toute sa vie. Il n’aurait jamais le courage, ni même l’envie de sortir et de les affronter.
Il tourna la tête, se trouvant nez-à-nez avec tout ce qui traînait sous son lit, à savoir son portable – éteint depuis plusieurs jours – mais aussi quelques cartons à dessin. Il prit l’un d’entre eux, se remit en position assise et l’ouvrit, sachant parfaitement ce qu’il allait y trouver :
Il s’agissait de toutes les esquisses qu’il avait effectuées pour son travail en binôme avec Antarès. Le moment où leur relation était née, en somme. Il les regarda une à une, pour enfin terminer par le dessin, le résultat final de ce travail, celui qu’il avait rendu au professeur malgré son embarras et qui lui avait valu une excellente note. Il le contempla dans les moindres détails : sa technique était encore un peu hésitante – cela faisait tout de même deux ans – et les traits d’Antarès n’étaient pas parfaitement fidèles, le nez aurait dû être très légèrement plus fin et il avait oublié quelques taches de rousseur. Mais à l’époque, il n’avait pas encore eu le loisir de scruter sa muse sous toutes les coutures, d’en apprendre les moindres détails au point de pouvoir les reproduire à la perfection simplement de mémoire.
Un sourire léger étira les lèvres de Nate alors que les souvenirs l’enveloppaient de leur douceur. Jusqu’à ce que la lettre qu’il cachait sous son oreiller depuis une semaine ne ressurgisse dans sa mémoire, tordant son ventre d’une manière intolérable. Il referma le carton et le repoussa sous son lit. Il vint naturellement plier les jambes contre son buste et les entourer de ses bras, se balançant d’avant en arrière, les yeux fermés, pour penser à autre chose, pour faire disparaître les sentiments qui l’envahissaient à nouveau. Tout recommençait. C’était infernal.
Le seul sentiment que Nate parvenait à identifier était l’angoisse. L’angoisse de ne plus arriver à dessiner, l’angoisse de ne pas comprendre ce qui lui arrivait, l’angoisse à l’idée de mettre un pied en dehors de cette pièce…
Il se balança de plus belle, étouffant un gémissement entre ses bras. Et maintenant, qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir faire ?
Soudain, quelqu’un frappa à la porte.
Angoisse.

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Ethan Collins
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MessageSujet: Re: Breaking down. ||TaNatou   Dim 15 Fév - 0:05

- Motif ?
- Maladie.
Je lève lentement les yeux du mot d’absence que je suis en train de remplir pour les plonger dans ceux de la gamine qui attend patiemment derrière mon bureau. Elle me fixe avec un certain aplomb, pour ne pas perdre trop contenance. Elle ment. Mais la signature de l’un de ses parents est bien là, sur la justification d’absence. Tracée d’un trait un peu trop hésitant pour qu’on y croit vraiment. Un sourire insolent se dessine sur son visage lorsqu’elle me voit gribouiller la raison de son absentéisme sur la ligne prévue à cet effet. Je déchire la partie du mot que je suis censé garder et je lui rends son carnet, lui faisant comprendre d’un signe de la tête qu’elle peut partir. Elle s’exécute sans demander son reste, probablement ravie d’avoir réussi à me faire avaler son mensonge. Je pousse un long soupir en m’enfonçant un peu plus dans mon siège. Cela ne fait que quelques heures que j’ai repris mon travail de pion à mi-temps à l’Académie, et je suis déjà las. Partir pendant presque trois mois sur Paris ne m’a pas vraiment aidé à me donner envie de passer mes journées enfermé dans le bureau de la vie scolaire à être pris pour un con par des élèves persuadés qu’ils ont inventé la combine pour sécher en toute légalité.
J’étais parti vers mi-décembre, en train puisque ma voiture n’ayant pas supporté le froid avait décidé de me lâcher au bord du chemin pendant l’hiver. Et j’avais rencontré un réalisateur de film qui commençait tranquillement à percer dans le domaine, et qui avait fait appel à moi pour réaliser les musiques de son nouveau projet. Il avait entendu parler de moi par des amis de ses amis qui connaissaient le prof de piano qui bossait à l’Académie et qui m’avait motivé, pendant ces longues années, à ne pas abandonner ce pour quoi j’avais un don. Vive les réseaux sociaux. Sans cela, j’aurais végété la moitié de l’hiver sur ma chaise, à alterner entre la machine à café et la photocopieuse les rares moments où il y a autre chose à faire que de relever les absences des élèves.
Ce petit voyage m’avait aussi évité le supplice de passer Noël à Lorient. J’ai toujours détesté ce jour de l’année, et plus particulièrement après la mort de ma mère et l’emprisonnement de Ray. Evidemment ; c’est une fête familiale. Et voir mes amis rentrer chez eux pour l’occasion, revenir les bras chargés de cadeaux et de souvenirs, tandis que mon réveillon n’était ni plus ni moins qu’un soir comme les autres, ça me rend malade. Ça me rendait malade. Noël a toujours été pour moi la représentation symbolique de ma désespérante solitude. En réalité, je n’ai ni besoin d’amis, ni de coups d’un soir. J’ai déjà tout ça. Ce qu’il me manque, c’est une famille, une maison, des gens qui m’attendent quelque part. Et même si cette solitude s’est lentement faite une place en moi, même si je m’habitue à elle et que je la tolère, parce qu’elle s’impose à moi, même si à présent, ce foutu Bal de Givre et ces lumières dans la ville ne m’attristent plus, mon cœur se serre, toujours. Mais c’est moins douloureux au fur et à mesure que les années passent. Je me suis habitué, et puis j’ai cessé de m’apitoyer sur mon sort. J’ai toujours su me débrouiller seul. Et paradoxalement, même si parfois je ressens le besoin d’avoir une famille, je déteste cette idée car j’ai vite compris que s’attacher aux gens représentait une source de douleur supplémentaire. Un autre moyen de me faire du mal. D’où ma volonté de ne m’attacher à personne, et surtout pas à une femme.
Le seul cadeau de noël que je n’ai jamais eu est la jolie chaîne en argent que ma mère m’avait offerte. Je ne l’ai pas retirée depuis.
Du coup, j’avais fêté Noël à Paris, et c’était beaucoup mieux ainsi. De prendre l’air, voir du pays. Le réalisateur m’avait invité à le fêter avec lui et sa famille, se sentant coupable de m’empêcher de le fêter chez moi. Je m’étais abstenu de tout commentaire et avais poliment accepté l’invitation.
- Ethan !
Cette voix féminine me sort me ma rêverie. Une pionne se tient devant moi, passablement énervée – probablement par ma léthargie.
- Il faudrait que tu envoies un mail aux parents de Nathanaël Von Arlex.
Je me redresse sur ma chaise, à la fois surpris et suspicieux.
- Pourquoi ? je demande, intrigué.
- Il a été plusieurs fois absent récemment, et a quitté la salle au milieu de son cours hier.
Sa voix est laconique, presque blasée. Je fronce les sourcils. La sonnerie retentie et je me redresse rapidement. Je lance un « je m’en occupe » et quitte la vie scolaire en grandes enjambées. Je me déteste d’avance de ne pas avoir compris plus tôt que quelque chose ne va pas en ce moment. Je sors mon téléphone portable, appelle Nate. Mais je tombe immédiatement sur le répondeur. Je jure entre mes dents et pénètre dans le bâtiment des Baroques, grimpant jusqu’à l’étage des dortoirs. Arrivé devant la porte de la chambre du garçon, je toque trois coups puissants.
- Nate, c’est moi, c’est Ethan.
Pas de réponse. Pourtant, je sais qu’il est ici.
- Nate, je peux rentrer ?

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Breaking down. ||TaNatou   Dim 15 Fév - 0:58

La voix d’Ethan provoqua chez Nate un élan de panique qui le fit se lever d’un bond. Il cherchait des yeux une échappatoire, de manière assez irrationnelle puisqu’il n’y en avait aucune. Il espéra que son meilleur ami abandonne, mais celui-ci insista. Non non non non non… Il ne pouvait pas entrer. Il ne pouvait pas le voir. Personne ne pouvait.
Il s’approcha de la porte à pas feutrés, tendant l’oreille pour guetter l’éventuel départ de l’intrus. Mais Ethan n’était pas du genre à abandonner si facilement. Que faisait-il ici, de toute manière ? Il était parti il y a plusieurs mois. A peu près trois. Une histoire de musique de film, à Paris, quelque chose comme ça. Pourquoi revenait-il maintenant ? Nate fronça les sourcils, amer. Il était en colère. Il ne savait pas trop pourquoi, mais il l’était.
Il s’appuya contre la porte.

- Je sais que tu es là, ouvre.
- Non.


Nate plaqua une main contre sa bouche. Il avait parlé sans réfléchir. Sa voix, enrouée et un peu paniquée, était méconnaissable, bien loin de ce ton si calme et serein qui le caractérisait d’habitude.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

Le dessinateur resta muet un instant. Il avait perçu un peu d’inquiétude dans la voix d’Ethan. Que pouvait-il répondre ? Seul le chaos régnait dans son esprit, rendant toute tentative de réflexion aussi complexe que douloureuse. Il souffla lentement et finit par lâcher d’une voix incertaine.

- Laisse-moi. S’il-te-plait.

Si la réponse ne fut pas immédiate, elle fut en revanche sans appel.

- Je vais rentrer.
- Non !


Nate plaqua un peu plus son dos contre la porte. C’était hors de question.

- Te fous pas de ma gueule Nate !

Cette fois-ci, Ethan avait haussé le ton et il tenta d’ouvrir la porte. Nate s’insulta intérieurement en remarquant seulement à ce moment-là qu’il ne s’était pas enfermé à clé. Eh merde. Ethan essaya d’ouvrir une deuxième fois, mais le Baroque faisait rempart.

- Va-t-en ! cria-t-il.

Il ne tiendrait pas très longtemps, il en avait conscience. Ethan était plus costaud que lui…
Et pour cause. La pression cessa un instant. Mais une seconde plus tard, un grand coup fit céder la porte et Ethan se retrouva à l’intérieur.

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Ethan Collins
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MessageSujet: Re: Breaking down. ||TaNatou   Dim 15 Fév - 1:55

Nate tente de m’empêcher de rentrer, bloquant la porte de tout son poids. Cela me conforte dans l’idée que je ne peux pas le laisser seul, dans cette chambre. Tout ce cirque ne lui ressemble pas. Sécher les cours, refuser de me parler, cette voix étrange, incertaine, laissant entrevoir un certain désespoir. Tout cela résonne comme un appel à l’aide. Sa volonté que je le laisse tranquille prouve à quel point il ne peut pas s’en sortir seul. Plus maintenant.

- Va-t-en !

Tu parles. J’enfonce la porte d’un coup d’épaule, espérant ne pas avoir blessé Nate qui était planqué derrière. J’entre dans la chambre de mon meilleur ami, les sourcils froncés. Comment était-il possible qu’il soit resté aussi longtemps dans un endroit pareil ? Les rideaux tirés de la fenêtre laissent à peine aux rayons du soleil la capacité d’éclairer un minimum la pièce. Une multitude d’objets indéfinissables jonchent le sol, obligeant quiconque oserait s’introduire ici à regarder où il met les pieds au risque de marcher sur un taille-crayon, un livre ou des vêtements. Tout est éparpillé dans un désordre innommable. Quant à l’odeur, elle laisse à croire que personne n’est entré ou sorti de la pièce depuis des jours. Même l’aspect du jeune homme est affolant.

- T’as bien choisi ton moment pour faire tes conneries toi, hein, je lâche en soupirant. Une fois que je suis parti.

Mais j’ai eu tord de penser qu’une fois rentrer dans la pièce, tout rentrerait dans l’ordre. Nate est profondément hostile à mon intrusion dans ce qui ressemble plus à une grotte d’ermite qu’à la chambre d’un garçon de dix-neuf ans. Il s’approche de moi et me bouscule violemment vers la direction de la sortie. Mais je le repousse avec la même force et pénètre un peu plus dans la pièce pour m’affirmer. Mes yeux se plantent dans les siens.
Et soudain, le coup part. Il me frappe, avec toute la force du désespoir. Son poing rencontre mon visage avec violence. Je suis tellement surpris par la brutalité de son geste que je n’ai pas le temps de prononcer le moindre son. Sonné, je fais quelques pas en arrière et tente de recouvrer mes esprits, cherchant à comprendre comme Nate a bien pu en arriver là. Arriver au point ou me mettre une beigne constitue son ultime défense contre moi. Je ne l’ai jamais vu cogner personne, et quasiment jamais vu s’énerver. Ni contre moi, ni contre quiconque, parce que Nate a toujours su garder ses sentiments enfouis.
Je me redresse vers lui. En colère. Terriblement blessé aussi, d’une part parce qu’il refuse mon aide. Parce qu’il refuse que ce soit mon tour de l’aider, après ce qu’il a fait pour moi. D’autre part parce que recevoir un coup représente la chose la plus dégradante qu’il soit. Et Nate sait combien j’ai déjà donné en la matière.
Lui-même semble plutôt étonné par son propre geste.
Je fonds sur lui. C’est l’instinct qui parle, celui qui me pousse à l’empêcher de m’atteindre à nouveau. La douleur me vrille la joue, les lèvres, le menton.
Je l’attrape par un bras tandis que d’autres coups pleuvent sur mon torse. Il m’atteint à nouveau au visage et je lui tords le poignet, avant de le frapper à mon tour. Mais il parvient à me déséquilibrer et je me sens tomber au sol, entrainant le blond dans ma chute. Je parviens à reprendre le dessus et à le reverser sur le côté tandis que je m’assois sur son torse avant de le saisir par les épaules et lui fracasser le crâne contre le parquet. Je le sens faiblir sous mes doigts, mais il arrive tout de même à m’assener un coup de genou dans le ventre pour se débarrasser de moi. Je me redresse, haletant, et le soulève pour le plaquer contre le mur le plus proche.

- Bordel, Nate ! C’est quoi ton problème ? je hurle.

Je le maintien contre le mur à bout de bras, mes mains appuyant douloureusement sur ses épaules.

- J’essaie de t’aider alors arrêtes de faire le con !

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Breaking down. ||TaNatou   Lun 16 Fév - 18:13

La présence d’Ethan dans la chambre de Nate était intolérable. C’était sa forteresse, son dernier recours pour être en sécurité, et l’ex-Beethoven venait de violer cet espace protégé. Ses paroles étaient tout aussi insupportables. Comment osait-il revenir comme ça, après l’avoir laissé seul pendant 3 mois, et s’octroyer le droit de se réapproprier le sort de quelqu’un d’autre ?
Le coup partit tout seul. Les deux garçons restèrent un instant sous le choc. Nate ne voulait pas faire ça. Mais c’était le seul moyen qu’il lui restait pour s’imposer face à Ethan.
Ils se frappèrent mutuellement. Sans réfléchir. Jamais le dessinateur ne s’était battu de la sorte. Il avait à peine conscience de ce qui était en train de se passer, ne ressentant que la douleur ; celle des coups reçus et celle du retour soudain d’Ethan dans sa vie.

Nate se retrouva violemment plaqué contre un mur. Ethan lui hurla dessus. C’était tellement brutal, tellement violent, tellement injuste, tellement atroce… Nathanaël avait la sensation que tout son être irradiait d’une souffrance pure et totale, qu’elle soit psychologique, morale, physique ou tout autre chose encore qui le dépassait totalement. Les mains d’Ethan sur ses épaules lui faisaient mal. Le mur dans son dos lui faisait mal. La voix de son ami lui faisait mal. Son crâne, son poignet et toutes les zones ayant reçu des coups lui faisaient mal. Son cœur lui faisait mal.
Et il disait vouloir l’aider ? Drôle de manière de s’y prendre.
Le blond se rendit soudain compte qu’il n’arrivait pas à reprendre son souffle. Comme s’il n’y avait plus d’air dans la pièce, comme si la présence d’Ethan si près, trop près, au cœur de son périmètre d’espace vital, l’empêchait de capter la moindre bouffée d’oxygène. Il tenta de le repousser, mais il le tenait trop fermement. Il voulut lui dire de le lâcher, mais sa gorge était tellement serrée qu’aucun son ne pouvait en sortir. Il songea à lui faire comprendre d’un regard, comme avant, mais la simple idée de le regarder dans les yeux le tétanisait davantage. Il était totalement paralysé, les yeux obstinément rivés sur le sol. Il suffoquait.

- Je te lâche si tu te calmes, ok ?

La voix d’Ethan s’était radoucie, ce qui fit légèrement baisser la tension ambiante. Nate hésita un instant puis fit oui de la tête. Doucement, la pression sur ses épaules se fit moins forte, avant de disparaître. Ethan recula d’un pas, lentement, prêt à intervenir au moindre mouvement hostile de la part du dessinateur. Celui-ci s’écarta du mur lorsque son ami se dirigea vers la fenêtre et l’ouvrit, laissant subitement entrer dans la pièce la lumière du jour et l’air frais de ce mois de février. Nate lâcha un soupir, fermant un instant les yeux. Son cœur battait à tout rompre, mais il respirait mieux. Sa tête tournait et il eut juste le temps de se rapprocher de son lit avant de perdre l’équilibre et de s’effondrer dessus. Un grognement sourd émana de sa gorge lorsqu’il se redressa un peu pour s’asseoir au bord du lit. Ethan n’y était pas allé de main morte. Lorsqu’il osa jeter un bref regard vers son ami, il constata que celui-ci saignait un peu de la lèvre inférieure. Il baissa les yeux, prenant sa tête entre ses mains.

- Tu ne peux pas m’aider, Ethan, murmura-t-il.

Personne ne le pouvait. Pas même le pianiste, malgré leur longue amitié. Parce que c’était tout simplement impossible. Il n’y avait rien à faire. Nate avait juste besoin de comprendre les choses qu’il ressentait, de parvenir à les dessiner, puis d’enfouir les restes quelque part dans son cœur et de revêtir son infranchissable masque de marbre. Comme il l’avait toujours fait.
Ca faisait des mois qu’il était seul et que tout se passait bien. D’abord Jessie était partie faire un stage à l’étranger, ensuite Antarès avait quitté l’académie, puis Ethan était parti travailler à Paris… Nate avait fait face à la solitude sans rien dire, acceptant, parce que c’est ce que font les gens : ils finissent par s’en aller. Et chacun menait sa vie tranquillement dans son coin. Il n’y avait aucun problème. Juste un moment de faiblesse de la part de Nate à cause d’une fichue lettre, et voilà que soudainement, on s’intéressait à lui. Tu parles. Qu’est-ce qu’il aurait dû faire, se réjouir du retour de son meilleur ami ? Il se sentait trahi. Trahi et violé par cette intrusion forcée. Et en même temps… Une pointe de douleur dans son cœur le fit tressaillir. Il secoua la tête. Une fois encore, il ne comprenait pas. Son esprit était empli de confusion. Les idées, les émotions, les images fusaient et se mêlaient à des élans de souffrance dont il ne parvenait plus à identifier la nature. Il était à bout de forces et de nerfs.
Un rire nerveux s’échappa de sa gorge alors qu’il levait les yeux au plafond.

- Et m’aider à quoi, d’ailleurs ? Tu te barres trois mois et tu reviens en pensant pouvoir faire quelque chose alors que tu ne sais rien. C’est absurde.

Il avait l’impression de ne pas avoir prononcé autant de mots à la suite depuis une éternité. Sa voix ne dissimulait aucune émotion, contrairement à son habitude. Mais il était dans l’incapacité de retrouver son impassibilité légendaire, à cet instant. De toute manière, il n’avait pas grand-chose à cacher à Ethan, puisque celui-ci avait pris la liberté d’entrer dans sa chambre et de le voir sans son assentiment. Il leva enfin les yeux vers lui, le regard empli d’une rare quantité d’émotions différentes.

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Ethan Collins
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MessageSujet: Re: Breaking down. ||TaNatou   Ven 20 Fév - 18:19

L’air s’engouffre presque violemment dans la pièce qui n’a, a priori, pas été aérée depuis des heures. Je laisse la fenêtre entrouverte et jette un coup d’œil à l’extérieur. Le ciel est gris, chargé d’une humidité désagréable. Par moment, quelques flocons chutent jusqu’au sol, mais fondent quasiment instantanément. Je pousse un léger soupir, hésitant sur la conduite à tenir. Nate s’était effondré sur son lit, la tête entre les mains. Je ne l’ai jamais vu ainsi. Il baragouine quelques mots, comme quoi je ne peux pas lui venir en aide. Je secoue doucement la tête. Je ne pense pas que le réel problème soit mon incapacité à le remettre sur les rails, mais plutôt son refus de recevoir mon appui. Et je l’ai très bien compris, à la seconde où mon poing a cogné contre la porte de sa chambre. S’il avait réellement voulu qu’on le sorte de là, il ne se serrait pas terré des heures dans cette chambre, à moitié dans l’obscurité à se morfondre en silence. Je déplore le fait d’avoir découvert son état par moi-même, et qu’il soit totalement résigné à se confier à moi comme je l’ai souvent fait pour lui.
Je m’éloigne de la fenêtre et m’ assois à califourchon sur la chaise de son bureau, posant mes coudes sur le dossier. J’observe mon meilleur ami, pensif. Celui-ci lâche un petit rire nerveux en observant le plafond.

- Et m’aider à quoi, d’ailleurs ? Tu te barres trois mois et tu reviens en pensant pouvoir faire quelque chose alors que tu ne sais rien. C’est absurde.

Je réalise à quel point ma présence ici est effectivement absurde. Qui se trainerait un meilleur ami incapable d’être là au bon moment, de trouver les mots justes, et de croire qu’il peut apporter son aide quand on refuse d’en recevoir ?
Je me renfrogne. Un léger sentiment de colère monte en moi, incontrôlable. Il est injuste. Envers moi, envers lui-même. Comment peut-il me reprocher d’avoir eu à partir pour travailler ? Comment peut-il me reprocher d’être incapable de comprendre s’il refuse de me parler, de m’expliquer quoi que ce soit ? Comment peut-il me reprocher de ne pas avoir été là au bon moment s’il ne m’a pas dit qu’il se sentait si mal ?

- Je travaillais, je lâche.

Il fini par se tourner vers moi et il plonge son regard dans le mien. Ses yeux, d’habitude volontairement si inexpressifs, regorgent d’émotions contradictoires et violentes. Au fond, j’ai tout de même l’impression qu’il espère que je reste. Inconsciemment, peut-être qu’il espère que je puisse l’aider. Ma voix se radoucie lorsque je poursuis :

- Alors dis-moi.

Je suppose que son état a à voir avec Antarès. Malgré son souci de toujours tout cacher, je l’avais senti. Mais je ne l’avais jamais interrogé à ce propos parce que je ne pensais pas que c’était si grave, parce qu’il n’avait pas l’air d’avoir envie d’en parler, et parce que j’étais pris par mon travail. Peut-être aussi parce que je ne suis pas si doué que ça concernant les sentiments amoureux. Je me suis toujours débrouillé pour ne rien ressentir.
Mais il va bien falloir mettre des mots sur le bordel qui règne dans sa tête et dans son cœur. A quoi servent les amis, si nous ne pouvons pas leur parler des choses qui comptent ?

- Je peux toujours essayer, de faire quelque chose.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Breaking down. ||TaNatou   Ven 20 Fév - 20:21

Nate dévisagea un instant Ethan, qui s’était aussi calmé. Bien sûr qu’il travaillait. Il faisait sa vie. Par réflexe, le blond chercha à analyser ce qu’il voyait dans les yeux de son ami : était-ce de la culpabilité ? De la déception ? De la vexation ? De la colère ? Il baissa brusquement les yeux ; il n’arrivait même pas à voir ça, ou plutôt à faire la différence entre ce qu’il voyait réellement et ce qu’il aurait aimé voir. Cela le mettait dans une inconfortable situation de doute qui l’angoissait terriblement. Lui qui avait toujours su interpréter chaque geste, chaque regard de son meilleur ami…
Il se concentra sur ses mains, qu’il plia et déplia à plusieurs reprises. La gauche était douloureuse à cause du coup qu’il avait mis à Ethan, mais aussi à cause de son poignet, rougi, qui avait été complètement vrillé par le pianiste. Il se rendit compte seulement à cet instant qu’il tremblait comme une feuille. Fronçant les sourcils, il recula pour pouvoir caler son dos contre le mur et ramena instinctivement ses jambes contre son buste, les entourant fermement de ses bras. Un instant, il posa son front contre ses genoux et émit un long soupir. Il avait vraiment mal à l’arrière du crâne… Il aurait sûrement une bosse.

Il pesa le pour et le contre. Il était toujours en colère contre Ethan. Mais maintenant qu’il était là, autant être honnête… Les souvenirs de la confiance sans bornes qu’il lui accordait choisirent ce moment pour revenir à son esprit. Ah oui, c’est vrai… De toute façon, il connaissait suffisamment son ami pour savoir qu’il était trop borné pour accepter de s’en aller sans en savoir plus. Ils étaient un peu pareils, sur ce point.

- Ça, j’en doute, rétorqua-t-il, le regard vague.

Il se mit à tripoter un petit fil qui dépassait de sa chaussette, concentrant toute son attention sur cette chose fascinante.

- Je sais pas ce qui se passe.

Sa gorge se serra. Il hésita un instant, comme pris dans un étau d’angoisse. Il lui fallut un certain temps pour rassembler ses esprits, trouver et choisir ses mots. Lorsqu’il s’exprima, sa voix n’était qu’un murmure :

- J’arrive plus à rien. J’arrive plus à dessiner, à comprendre les gens. J’arrive plus à me comprendre.

Une larme roula sur sa joue. Il se sentait minable. C’était tout simplement comme si on lui avait arraché tout ce qui faisait de lui ce qu’il était. Et aujourd’hui, il n’était plus rien. Il se frotta les yeux d’un revers de la main et secoua la tête.

- Je sais pas ce que je dois faire.

Il se recroquevilla un peu plus sur lui-même. son cœur lui faisait tellement mal qu’il avait envie de l’arracher.

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Ethan Collins
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MessageSujet: Re: Breaking down. ||TaNatou   Sam 7 Mar - 19:27

Nate s’était adossé contre le mur, recroquevillé sur lui-même. Chose étonnante, il semble éviter mon regard. Non, il ne semble pas. Il évite mon regard. Comme si le moindre contact visuel le brûlait. Tentant de se concentrer sur autre chose que ma présence dans cette pièce, dans son « espace vital » où j’avais osé pénétrer. La situation est embarrassante. Autant pour lui que pour moi. Pour lui parce qu’il a l’air complètement paumé, déboussolé par les événements et par les caprices de son cœur ; pour moi parce que je ne l’ai jamais connu aussi vulnérable, aussi mis à mal par lui-même. Il doute que je puisse l’aider. Il doute de moi, il refuse mon aide parce qu’il me reproche de l’avoir abandonné au moment où il avait probablement le plus besoin de moi. Et par-dessus tout, il doute de lui-même, de ses capacités à comprendre ce qui lui arrive, à mettre des mots sur ce qu’il ressent. Sur ce qui le met dans cet état.
Mes craintes se confirment lorsqu’il parvient à murmurer qu’il ne peut plus dessiner, qu’il ne se comprend plus. Mes lèvres se plissent, mes sourcils se froncent. Une larme roule doucement sur la joue du blond, et mon cœur se serre. La carapace inviolable qu’il avait mis tant de temps à construire autour de lui pour se protéger du monde extérieur venait de voler en éclat. Et il ne savait pas pourquoi, et ça le tuait. Je le regarde toujours tandis qu’il continue de fixer ses mains, ses pieds, les plis de la couverture sur laquelle il est assis. Il essuie la larme avant qu’elle ne tombe de son visage et secoue lentement la tête.

- Je sais pas ce que je dois faire.

Moi je sais, Nate.
La première chose à faire serait de le trainer dehors histoire qu’il prenne un peu l’air, mais pour le coup je doute de mes capacités à le déloger de sa chambre pour le moment. Je réfléchis. Il faut que je l’aide, que j’essaie de cerner le fond du problème pour le lui expliquer. Mais je ne peux rien faire si je ne sais pas ce qui a provoqué cette situation. L’élément déclencheur qui l’a poussé à se terrer ici.
Je me lève pour m’adosser au mur, près de la fenêtre. J’évite de trop m’approcher de lui, pour qu’il ne soit pas encore plus sur la défensive. Il me fait penser à un petit animal sauvage et fragile. Il aurait accordé sa confiance aux Hommes, mais le voilà trahit et il regrette de s’être approché d’eux. Et maintenant, il faut tout recommencer, lui faire prendre confiance de nouveau, l’apprivoiser de nouveau.

- Nate, je commence. Il faut que je sache ce qu’il s’est passé. Ce qui t’as mis dans cet état. Ce qui t’as rendu si triste.

Je pousse un léger soupir, fais une petite pause pour réfléchir aux mots que je vais employer.

- Tu es seul et ça te rend malade. Si tu m’expliques je peux t’aider à extérioriser. C’est une question de confiance.

Comme pour le dessin.
Je lui souris.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Breaking down. ||TaNatou   Dim 5 Avr - 20:52

Nate ne regardait toujours pas Ethan, demeurant recroquevillé. Il avait la sensation qu’il allait disparaître en lui-même,  absorbé par son cœur douloureux jusqu’à ne plus exister. Ethan bougea, pour aller se poster près de la fenêtre à en juger par la provenance de sa voix.
Il parla. Un mot en particulier s’accrocha aux oreilles du dessinateur.
Triste.
Ah.
Ça expliquait bien des choses. Ce sentiment méconnu n’avait pas traversé l’esprit de Nate. Comme s’il ne faisait pas partie de son répertoire d’émotions. Il n’était jamais triste. Il n’avait pas pleuré depuis la sixième. Cette larme, qu’il venait de verser à l’instant, il l’avait négligée, méprisée. Il avait renié son existence, et pourtant elle était là, sortie de ses glandes lacrymales, provoquée par un tumulte d’émotions qui menaçait à chaque instant de rompre définitivement le barrage d’impassibilité que Nate s’était échiné à forger depuis sa plus tendre enfance.
Presque négligemment, Ethan venait en un instant de mettre le doigt sur quelque chose d’incompréhensible pour Nathanaël. Alors oui, peut-être bien qu’il pouvait lui accorder une fois encore sa confiance. Malgré l’amertume liée à sa trop longue absence, malgré son abandon, malgré son intrusion dans son espace vital. Il restait son meilleur ami.

Nate leva la tête, rencontrant le sourire doux du pianiste. Ce sourire qui hurlait « Laisse-moi t’aider, laisse-moi être ton pilier pour cette fois ». D’accord.
Contrôlant son souffle au prix d’un douloureux effort pour limiter les fissures qui menaçaient l’existence de son barrage mental, Nate déroula lentement ses bras et ses jambes. Sa main tremblante vint se glisser sous son oreiller, pour en extraire la fameuse lettre. Sa vision se flouta, vraisemblablement à cause des nouvelles larmes qui ne demandaient qu’à sortir, mais il les ignora et, sans un regard au papier plié qu’il tenait, se leva et le tendit à Ethan.
Il n’avait pas le courage ni la capacité de lui expliquer autrement.

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Ethan Collins
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MessageSujet: Re: Breaking down. ||TaNatou   Jeu 25 Juin - 23:18

Nate se décide enfin à redresser la tête dans ma direction, et il croise mon regard. J’essaie de lui adresser mon sourire le plus encourageant. Je ne saurais dire lequel de nous deux est le plus perdu. Lui ou moi, torturé par un sentiment d’impuissance qui me rend fou. Impuissant face à la détresse de mon meilleur ami. Nate, au prix d’un effort surhumain, se décide enfin à bouger. Des mouvements lents et maîtrisés, comme si le moindre geste brusque risquait de briser totalement ce qu’il reste de lui. Il glisse la main sous son oreiller et se lève pour me tendre ce qu’il y a récupéré.
Je plisse les yeux et prend la lettre que je déplie soigneusement. Mes yeux la lisent en diagonale. C’était une lettre d’Antarès. Celui-ci y explique qu’après être parti, il a refait sa vie. Qu’il a « rencontré quelqu’un ». Qu’il est heureux.
Je lâche un léger soupir. Je m’y attendais. Intérieurement, je savais que seul Antarès était capable de bouleverser Nate à ce point. Il l’avait déjà fait lors de leur première rencontre, lorsqu’il avait embrassé le blond. Celui-ci avait été tellement travaillé par l’événement qu’il était venu m’en parler.
Je relève les yeux vers Nate et lui rend la lettre d’Antarès.

- Tu l’aimes encore ?

En réalité, le ton de ma voix sonne plus comme une affirmation que comme une question. D’ailleurs, je n’attends aucune réponse de la part de mon meilleur ami. Je réfléchis, cherche mes mots. Il est temps de déployer toutes mes très relatives compétences en psychanalyse pour ne pas baragouiner un « désolé » complètement banal et inapproprié, pour trouver les mots justes qui vont le remettre sur pieds.

- Ecoute… Ce… C’est normal que ça fasse mal. C’est comme ça. Les gens. Ils-ils arrivent dans ta vie, tu les aimes, et puis ils repartent. Mais t’as vécu des choses, enfin je veux dire de belles choses, quoi qu’il arrive. Et t’en vivras d’autres. Pleins d’autres. T’as le temps. Avec d’autres gens, que tu perdras peut-être de vue aussi. C’est la vie, c’est comme ça qu’on se construit. Tu vas faire des erreurs, tu vas avoir encore mal. Mais la vie continue et là si tu te bouges pas tu vas  la laisser passer. Tu perds du temps pour te construire de nouveaux souvenirs. ‘Fin je veux dire qu’il y a pleins de gens dehors que tu vas rencontrer et qui vont t’aimer. Autant qu’Antarès t’a aimé, autant que toi tu l’as aimé. Tu peux pas laisser tout ça en toi, tu peux pas laisser tes sentiments te détruire. Il faut  tourner la page maintenant, et je sais que c’est difficile. Plus facile à dire qu’à faire, je connais ça. On connait tous ça. Mais t’es pas seul.

J’ignore si les mots sont les bons. Si ça va marcher. Mais je ne peux pas faire mieux. J’ai tiré de moi-même pour mettre des mots sur ce qu’il ressent et ce que moi je ressens, j’ai puisé en moi, de mes propres souffrances. J’hésite.  Avance d’un pas pour réduire la distance qui me sépare de Nate –qui n’avait pas bougé – et passe mon bras gauche dans son dos pour le pousser doucement contre moi. Je lui donne une petite accolade sur l’épaule puis sors de sa chambre.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Breaking down. ||TaNatou   Ven 10 Juil - 20:33

Nate baissa les yeux tandis que son ami lisait la lettre.  Il savait que s’il le voyait lire, il lui arracherait des mains. Jamais il n’aurait cru laisser qui que ce fût se plonger aussi profondément dans son intimité. Mais comme Ethan n’était pas n’importe qui, et que Nathanaël n’était plus vraiment lui-même, il pouvait bien l’endurer quelques instants. Mal à l’aise, il hésita à se rasseoir, resta finalement debout, croisa les bras, les décroisa, se gratta l’arrière du crâne… Cette minute lui en parût dix. Le soupir d’Ethan le fit machinalement lever les yeux. Son cœur battait à tout rompre. Il faillit lâcher la lettre lorsque le pianiste la lui rendit.

- Tu l’aimes encore ?

Que répondre ? Panique. Était-ce une vraie question ? Il ne se l’était même pas posée à lui-même. Il y eut un bref instant de silence pesant durant lequel les deux jeunes hommes semblaient en intense réflexion.
Puis Ethan se mit à parler. Beaucoup. Avec maladresse, mais du fond du cœur. Nate l’écouta. Sans vraiment analyser, parce que c’était trop soudain, trop inattendu, trop… trop. C’était déroutant. Ce flot de mots était comme une caresse, un baume autour d’une plaie à vif ; un contact qui fait souffrir, mais qu’on accepte parce qu’on sait qu’après coup, ça devrait théoriquement faire du bien.
Incapable du moindre mouvement, Nate ne chercha pas à baisser la tête. Pas plus qu’il ne tenta de repousser son ami lorsque celui-ci s’approcha de lui. L’étreinte le fit tressaillir, il ne comprit pas, ne sut pas quoi faire. Un réflexe, lent et ténu, le supplia de lever les bras et de s’accrocher à Ethan, de l’empêcher de partir. Réflexe qui se manifesta seulement lorsque la porte claqua et que Nathanaël se retrouva à nouveau seul face à lui-même.

Que faire ?
Il leva les bras et les enroula autour de son propre corps.
Que faire ?
Il se laissa tomber à genoux, le regard dans le vague.
Que faire ?
Analyser. Essayer. Synthétiser. Un peu. Les mots tournaient en boucle dans sa tête, dans le désordre et la confusion.
Vivre. Aimer. Être aimé. Quelle connerie. A quoi bon ? Les gens allaient et venaient dans sa vie, il l’avait compris. Ça n’en était pas moins douloureux. Il s’était donné corps et âme à Antarès et celui-ci avait tourné la page. Mais pas lui. Et il était triste. Triste comme jamais. Il était tellement perturbé qu’il n’avait même pas pu comprendre ce sentiment pourtant tellement évident. Il s’en voulait. Il bouillonnait de colère et de chagrin. A quoi bon se laisser aimer, et aimer en retour, si c’était pour souffrir autant par la suite ?
Mais alors, que faire ?
Il ne pouvait pas rester enfermé là, c’était évident. Il ne pouvait se couper du monde à tout jamais. Ce n’était pas ce qu’il voulait.
Que faire ?
Reprendre le contrôle de son existence. C’était plus ou moins ce qu’avait dit Ethan, non ? Il le croyait. Il fallait juste y parvenir. « Plus facile à dire qu’à faire. »
Quelque chose d’humide vint lui chatouiller la joue. Il la frotta machinalement. Des larmes ? Il ne s’en était pas rendu compte. Ses yeux ruisselaient. Un hoquet douloureux le surprit. Puis un deuxième. Puis un autre encore.
Nathanaël pleurait.

Fin.

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Breaking down. ||TaNatou

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