Winter -014-015 - Pear, Spark & Lastie
 
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 Chercher les faveurs du lunatique //feat Natou//

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Kyle Paige
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MessageSujet: Chercher les faveurs du lunatique //feat Natou//    Mar 28 Juil - 11:31

Le soleil brûle les nuques, ses rayons traversant le ciel comme des flèches qu'aucune cible ne serait parvenue à arrêter. Des gouttes roulant sur le front plissé d'un garçon aux cheveux blond, plaqués sur la tête, sont balayés d'un revers de manche. La lumière d'une journée particulièrement chaude se reflète dans son regard noir. A moins que cette lumière n'émane pas des rayons mais bien du garçon lui-même.
Cela fait presque 3 semaines déjà. C'était un peu avant de partir pour l'Andalousie. Son visage s'adoucit sans que sa froideur habituelle ne chasse le petit rictus au coin de ses lèvres. Il se fiche pas mal de la température qui ne cesse d'augmenter, de sa chemise dont les manches lui collent la peau, des cris de joie et des braillements de ses camarades autour de lui. Ça ne compte pas vraiment. Il est trop loin pour vraiment entendre la voix du guide au fort accent espagnol, trop près pour l'ignorer tout à fait.
Il est seul parmi le groupe. Mais cela n'a plus d'importance. Il se fiche de sa différence. Se fiche aussi qu'on ne puisse pas l'accepter. Il a compris. Franchis les barrières mentales qu'il s'était imposées tout ce temps. N'allez pas croire qu'il n'a plus peur du regard des autres ou que sa méfiance ne l'habite plus. On ne change pas un homme en 3 semaines. Pas de cette manière en tout cas. Mais il y a quelque chose de plus en lui. Une petite étincelle qui s'est réveillé dans le vide de ses yeux, un petit bout de bonheur pour colmater une des nombreuses fêlures de son âme.

Gabriel ferma les yeux goûtant aux saveurs de ce nouveau monde s'ouvrant à lui. Lui qui se croyait prédestiné au malheur, lui qui avait été hait au point de se haïr, lui qui avait perdu pied, dont l'esprit c'était asséché comme un fruit sec. Ce garçon aux yeux de glace avait la chance de renaître. Désormais il voulait apprendre le bonheur avec Amanda. Et même si elle n'était pas là aujourd'hui à cause de cette trop prenante chaleur, il parvenait à se laisser guider par son parfum enivrant. Il la suivrait au bout du monde.

Il souleva ses paupières chauffées par le soleil pour suivre le groupe, se laissant emporter par le courant, capable pour une fois de ne pas créer de vagues. La visite l'intéressait mais il ne voulait guère s'approcher plus près pour entendre le guide, au risque de frôler d'autres élèves. Il laissait donc ces yeux se promener paresseusement autour de lui, moins alerte que d'habitude.

Le groupe se trouva bientôt aux portes d'une imposante cathédrale. Devant les portes le guide proposa de laisser à chacun deux heures pour la visiter ainsi que pour flâner dans les ruelles adjacentes hautes en couleur, voire de se laisser tenter par les bibelots souvenirs des échoppes jouxtant l'immense bâtiment. Gabriel pénétra avec soulagement dans le lieu religieux, échappant à la chaleur du soleil. L'intérieur du bâtiment contrastait avec l'environnement extérieur. Les touristes qui affluaient chuchotaient doucement entre eux à l'exception de deux ou trois gamins un peu bruyant et les couleurs vives qu'on retrouvait dehors semblaient s'être fracassées sur la porte ne laissant l'intérieur qu'habillé de multitudes de teintes dorées ou cuivrées. La fraîcheur de l'endroit soulagea l'Irlandais qui déambulait, tentant de graver les détails de cet endroit à l'architecture remarquable dans sa mémoire. Il n’avait pas toujours été très à l’aise dans les églises mais il essayait de se rassurer, après tout, il avait changé.

Son regard tomba sur un garçon debout, les yeux tournés vers les voutes. Il semblait regarder sans vraiment voir, les yeux perdus dans ses pensées. Gabriel eut un demi-sourire. Il avait participé à l’excursion. L’Irlandais ne savait si c’était de son propre chef ou s’il avait vraiment accéder à la requête que lui avait faite le Beethoven quelques jours plus tôt quand il l’avait croisé en sortant du bus qui les menait à leur hôtel. Il voulait lui parler. Le blond se dirigea d’un pas tranquille vers ce garçon lunatique qu’il avait longtemps considéré comme une source de problèmes. Son regard accrocha les murs richement décorés qui faisaient face au Baroque et il entama la conversation :

– Salut Nathanaël.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Chercher les faveurs du lunatique //feat Natou//    Ven 31 Juil - 13:24

Depuis le début de ce voyage, une petite question n’avait eu de cesse de tourner encore et encore dans l’esprit de Nathanaël : « Qu’est-ce que je fais là ? »
C’était une question tout à fait légitime, en vérité. On ne pouvait pas dire qu’il s’amusait particulièrement ici en Espagne. Il passait le plus clair de son temps seul, à fuir la chaleur ardente du soleil en restant cloitré dans sa chambre ou au bord de la piscine intérieure de l’hôtel. Il n’était pas intéressé par les activités proposées, et n’était pas particulièrement sensible au charme de la station balnéaire de Cádiz. Il n’avait personne avec qui passer le temps, puisque son seul véritable ami présent était Ethan, qui assurait son boulot de surveillant et ne pouvait donc pas lui tenir compagnie. Il aurait pu, en vérité, se socialiser un peu avec les quelques connaissances qu’il savait présentes, pour les avoir croisées quelquefois. Mais il n’avait de toute manière pas spécialement envie de rester « en société » pendant plusieurs heures, quotidiennement. Quant au dessin, ce n’était même pas la peine d’en parler. Tout ce qui émanait du bout de ses doigts en ce moment était exécrable. Il n’avait ni la patience, ni l’inspiration, ni l’envie, ni les bonnes conditions pour dessiner un tant soit peu correctement.
Mais qu’à cela ne tienne, puisqu’il était là, autant participer au moins aux excursions et saisir une occasion de visiter des villes plus intéressantes. Nate se trouvait donc aujourd’hui à Séville. Et il était littéralement en train de cuire. Il avait l’impression… D’être un petit bout de viande grillant à la plancha. Il avait essayé de faire abstraction de la chaleur en écoutant attentivement le guide – ce qui avait fonctionné pendant dix minutes, avant qu’il ne cesse de parvenir à se concentrer suffisamment – puis il s’était efforcé d’observer attentivement l’architecture des lieux, ce qui pour le coup était parvenu à le captiver un peu plus. Un peu trop, même, puisqu’il avait failli perdre le groupe dans une rue alors qu’il s’attardait devant un bâtiment.

Nate sentit la pointe émoussée de son crayon fétiche dans la poche de son short alors que le groupe attendait devant la cathédrale. Certes, il était un peu fâché avec le dessin en ce moment, mais pas au point de passer une journée complète sans son éternel crayon fétiche, en dépit du fait qu’il ne l’ait pas utilisé depuis des mois. Bien qu’il réservât l’usage exclusif de ce crayon aux grandes occasions, il n’aurait pourtant pas pu s’en séparer si longtemps même en sachant qu’il ne l’utiliserait pas. Sa présence avait quelque chose de rassurant.
Il n’était pas franchement ravi de visiter cette cathédrale. Nathanaël l’agnostique avait toujours été particulièrement insensible, si ce n’est rebuté, par les lieux religieux. Probablement d’autant plus du fait de la signification de son nom, qu’il avait toujours exécré. Mais il fallait se faire violence aujourd’hui, d’une parce qu’après cela on leur avait promis une visite de l’Alcazar, ce qui en soi était la raison principale de la présence de Nate aujourd’hui ; de deux parce que le sommet de la tour offrait une vue panoramique de la ville qui pouvait être intéressante ; et enfin parce que ces épais murs de pierre avaient l’agréable particularité de renfermer une fraîcheur non-négligeable.

Le Baroque frémit presque en pénétrant dans le bâtiment. Ils avaient deux heures à tuer, maintenant. Il avisa un groupe de touristes japonais agglutinés autour de la prétendue sépulture de Christophe Colomb – dont personne ne sait en vérité si c’est bel et bien lui qui se trouve dans le tombeau – et s’en détourna vite, pour arpenter l’immense lieu sans trop de conviction. Il leva les yeux au plafond en songeant à quel point les chrétiens pouvaient être vaniteux pour construire des choses aussi pompeuses, lorsque la voix de Gabriel O’Angels le tira de ses songes.

Il baissa la tête pour le regarder. Il l’avait aperçu pendant la visite de la ville, mais n’était pas allé vers lui. Il savait qu’il finirait par venir de lui-même.
Est-ce qu’il l’évitait ?
Non, pas vraiment.
Un tout petit peu. Depuis le semblant de conversation qu’ils avaient eue à la rentrée, Nate ne savait plus trop par quel bout prendre le Beethoven. Il s’intéressait toujours à lui, mais il avait tellement évolué par rapport à leur rencontre à Melbourne que le dessinateur n’avait pas vraiment eu l’envie ni le courage de chercher à mieux le connaître. Il n’y avait même pas songé, ces derniers mois. De toute façon, c’était inutile de se lier d’amitié avec lui, puisqu’il allait partir, à son tour.
Par-dessus tout, Gabriel incarnait une promesse que Nate ne pourrait pas tenir : il avait dit qu’il dessinerait Gabriel. Il ne l’avait pas fait. Et maintenant, le Beethoven allait quitter définitivement l’académie après le voyage, et il était à peu près certain de ne pas pouvoir le dessiner avant. Gabriel lui rappelait donc, par sa simple présence, qu’il avait échoué. Une fois de plus.

Une chose inquiétait Nate. Quelques jours auparavant, Gabriel était brièvement venu le voir. Il avait dit vouloir lui parler, avait suggéré de faire cela à Séville. Il était parti sans lui laisser le temps de répondre. Bizarre. De quoi, après tout ce temps sans communiquer, le musicien aurait-il bien pu vouloir s’entretenir avec lui ? Est-ce que ça avait un rapport avec la promesse de dessin ? Est-ce qu’il s’en rappelait et qu’il y tenait tellement ? Nathanaël sentit une boule d’appréhension se former au creux de son ventre, tandis que son visage ne reflétait pas davantage d’émotions que les pierres froides de la cathédrale.

- Bonjour, répondit-il en tendant machinalement la main à Gabriel.

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MessageSujet: Re: Chercher les faveurs du lunatique //feat Natou//    Lun 3 Aoû - 10:42

Le dessinateur resta égal à lui-même ce qui ne fit qu’augmenter l’appréhension de l’Irlandais. Il se força au calme et serra la main du Baroque, chose qu’il n’aurait pas faite, un ou deux mois plus tôt. Il s’était promis de faire des efforts, il ne se trahirait pas. Plus jamais. Après cette poignée de main tout ce qu’il y a de plus conventionnelle, il savait que c’était à lui d’entamer la conversation. Il chercha la façon dont il allait présenter les choses. Il n’aimait pas beaucoup Nathanaël. Certes il le savait honnête et avait appris à ses dépens que l’on pouvait avoir confiance en lui mais il ne pouvait apprécier une personne ayant sa perspicacité. Tout au plus, une part de lui admirait la maitrise du Baroque. Tout au plus. Les relations des deux garçons n’avaient jamais vraiment dépassé la conversation de courtoisie. Et encore, c’était à peine s’il se jetait un regard dans les couloirs de l’académie. Mal à l’aise, Gabriel laissa ses yeux sombres se promener dans la cathédrale à la recherche d’un soutient qu’il ne trouverait bien évidemment nulle part. Il décida avec regret qu’il ferait bien d’éviter les détours.

– J’ai un service à te demander.

Il esquissa un début de grimace.  Un service… c’était dur de demander quelque chose à une personne comme lui.  Mais il savait que le blond était ami avec Amanda. Qu’il comprendrait parce qu’il jugeait de manière impartiale. La vie de Gabriel venait d’être bousculer comme jamais avant et il se devait de changer. Il planta ses yeux sombres dans ceux de Nathanaël et continua :

-  Je vais quitter l’académie l’année prochaine… Et je voudrais que tu apportes ton soutien à Amanda.

Le musicien espéra que son comparse comprendrait que le sujet était sérieux. Il savait comme la vie à l’académie serait dure pour elle, comme son monde changeait, à elle aussi. Il voulait croire que le Baroque serait là si elle se retrouvait seule. Gabriel serait là lui aussi bien évidemment. Mais en semaine, il devrait travailler. Il voulait devenir indépendant de l’argent que son père lui envoyait inlassablement tous les mois dans l’espoir de ne plus jamais le voir.

Mais surtout il savait le regard que les gens porteraient sur Amanda. Il savait à quel point on pouvait lire la violence, le mépris dans les regards. Lui en était devenu fou. Il ne voulait pas, jamais, que cela ne blesse la brune. Gabriel se sentait cependant ridicule d’aller demander ça au Baroque. Déjà parce qu’il était possible que ce dernier n’en ait rien à faire. Mais aussi parce qu’il avait certainement d’autres soucis. L’Irlandais ne connaissait pas bien Nathanaël ce qui ne faisait que rendre les choses plus compliqué encore. Ce n’était pas le genre de demandes que le Beethoven aurait fait à la légère ou sur un coup de tête. Il avait du bien réfléchir avant de se décider à mettre de côté sa fierté qui jusque-là avait pris beaucoup de place, pour demander de l’aide. Surtout à quelqu’un comme  le blondinet qui se tenait devant lui…

Il fit une pause, à la recherche de la meilleure manière d’exposer les choses. Ses yeux quittèrent ceux du dessinateur, trop nerveux pour soutenir son regard et il retourna à la contemplation du bâtiment. Il frotta distraitement ses mains moites sur son pantalon, conscient que le Baroque serait le premier à apprendre la nouvelle. En même temps à qui d’autres le Beethoven l’aurait il dit ? Il n’avait pas vraiment d’amis à l’académie. Et c’était là un euphémisme. Il avait plutôt tendance à se disputer avec tout le monde ou à entretenir des relations de haines réciproques. Et il avait beau vouloir changer, ce n’était pas en une journée qu’il règlerait tous ses problèmes et qu’il deviendrait un « nouveau Gabriel » ou qu’il se ferait dix tonnes d’amis d’un claquement de doigts. Sans oublier ses dramatiques relations familiales auxquels il ne voulait même pas penser.  

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Chercher les faveurs du lunatique //feat Natou//    Mer 12 Aoû - 14:47

Un service. Aouch, ça commençait mal. Nate passa une main dans ses cheveux pour ses dégager de son visage. Il regrettait de ne pas les avoir fait couper avant de partir. C’était con, ça lui pendait au nez pourtant ; ça faisait des mois qu’il constatait qu’ils devenaient trop longs, mais il ne s’en était pas du tout préoccupé, puisque rien n’avait d’importance à ce moment-là. Pas même sa barbe naissante franchement moche. Mais il avait fini par se regarder dans une glace et comprendre que ce n’était plus possible. La barbe, ça avait été facile à régler. Par contre, les cheveux… Bah, de toute manière, sa mère prendrait probablement rendez-vous pour lui sans lui demander son avis, dès qu’elle verrait sa tête, lorsqu’il irait chez elle après l’Espagne. Il lui restait juste quelques semaines à endurer quotidiennement une cuisson à l’étouffée de sa nuque et de son front…
Mais revenons à nos moutons. Gabriel, pour ne pas le nommer. Un service à lui demander. Partagé entre sa curiosité naturelle de savoir de quoi il pouvait bien s’agir et le fait qu’il allait devoir se préparer à refuser, Nate était pour le moins mal à l’aise. Sans rien laisser paraître, à l’exception de son souffle, qu’il retenait sans s’en rendre compte, il regarda Gabriel tergiverser intérieurement, se trouvant lui-même dans une position assez inconfortable.

-  Je vais quitter l’académie l’année prochaine… Et je voudrais que tu apportes ton soutien à Amanda.

… C’était donc ça. Nate dévisagea un moment Gabriel, cherchant à voir un quelconque signe d’ironie dans son regard. Mais il ne vit rien de tel.
Nathanaël détourna le regard. Il ne savait pas comment réagir. Il ne s’attendait pas vraiment à ça. En vérité, il ne s’attendait à rien du tout, mais encore moins à quelque chose comme ça, de la part de l’Irlandais. Bien sûr, il savait qu’il allait quitter l’académie. Il ne le lui avait pas dit, mais pas besoin d’être un génie pour savoir que sa scolarité ici touchait à sa fin. Il partait, laissant derrière lui une amoureuse esseulée… L’histoire se répétait chaque année dans cette école, visiblement. Sombre ironie.
Mais que voulait-il que Nate y fasse ? Il aimait bien Amanda, ils s’entendaient assez bien, pouvaient peut-être être considérés comme des amis, en quelque sorte. Même s’ils ne s’étaient pas trop fréquentés ces derniers temps, vu que le dessinateur n’avait fréquenté personne. Mais bordel, pourquoi lui ? Amanda avait d’autres amis. Alors pourquoi lui, Nate ? Lui, le raté qui n’était déjà pas fichu de gérer ses propres problèmes ? Gabriel voulait que lui, qui avait vécu la même épreuve que celle qu’Amanda allait devoir vivre, soutienne cette fille et lui fasse croire que tout irait bien, alors qu’il savait personnellement que non, tout n’irait pas bien ?

Il leva à nouveau les yeux vers le musicien. On pouvait cette fois-ci y lire un mélange d’expressions allant de l’incompréhension à l’amusement en passant par quelque chose qui ressemblait à de l’amertume. Il ne chercha pas à s’en cacher. Il ne comprenait pas Gabriel. Il avait beaucoup trop changé en un an. Il avait l’impression d’être face à une nouvelle personne, et il n’aimait pas ça. Où était passée sa mystérieuse fureur vengeresse ? Sa haine envers le monde, sa paranoïa, sa méfiance constante, son cynisme ? Il ne restait que les cicatrices de son passé, soigneusement dissimulées sous ses manches malgré l'abominable chaleur.
Nate secoua la tête, et finit par répondre :

- Désolé, mais je ne suis pas qualifié pour ça. Personne ne l’est. Vous allez souffrir tous les deux et personne ne pourra empêcher cela.

Il s’apprêtait à partir, histoire de clore dès maintenant cette conversation qui s’annonçait aussi pénible qu’inutile, mais se ravisa au dernier moment. Il voulait comprendre une chose.

- Pourquoi, de toutes les personnes qui entourent Amanda de près ou de loin, tu choisis de me demander ça à moi ? Qu’est-ce que tu espères, au juste ?

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MessageSujet: Re: Chercher les faveurs du lunatique //feat Natou//    Ven 14 Aoû - 19:14

Encore une fois Gabriel ne se trouvait pas sur la même longueur d'ondes que le dessinateur. Ça avait toujours été leur problème, leur incapacité à communiquer correctement l'un avec l'autre. Il ne pût s'empêcher de tiquer quand le Baroque parla de souffrance. Certes, lui et Amanda ne se verrait plus autant qu'avant mais Gabriel comptait s'occuper d'elle autant qu'il le pourrait. Peut être après son boulot, au pire uniquement un instant, il trouverait bien quelques heures à lui consacrer, il en était certain. Certes la vie ne serait pas toujours évidente pour elle qui se voyait obliger de grandir plus vite qu'elle ne l'aurait du. Mais ils seraient heureux. Jamais Gabriel n'avait été plus heureux, il commençait enfin à s'ouvrir au monde et en échange, il voyait ce monde s'ouvrir à lui. Il ne pouvait répondre à la question de son interlocuteur sans tirer auparavant les choses au clair, la souffrance n'existerait plus dans la vie qu'il espérait  :

- Souffrir ? Non, bien sur que non. Ça sera difficile, certes. Mais je suis l'homme le plus heureux du monde...

Il hésita, se demandant si Nathanaël serait juge, se ravisa. S'il était venu en parlé au dessinateur c'était pour ça après tout.

- Le père le plus heureux du monde...

Un sourire se posa sur les lèvres du blond qui venait pour la première fois de goûter au plaisir de prononcer ce mot sans dégoût ou déception. Il aurait pu être terroriser a l'idée de reproduire les même erreurs que ces propres parents. Peut être que ça viendrait. Mais il voulait croire qu'il serait faire les bons choix. Quand Amanda le lui avait annoncé la nouvelle il n'avait pu cacher sa joie, c'était tellement inattendu et pourtant c'était là le signe que les choses s'arrangeaient enfin. Il se sentait capable de donner à cet enfant ce que lui n'avait jamais eu. Il aurait voulu crier la chose sur tous les toits mais il était Gabriel. Nathanaël était donc le premier à savoir. Chaque fois qu'il y pensait, son cœur semblait exploser de joie sous sa poitrine. D'après Amanda, il avait un sourire nouveau. Elle qui avait hésiter sur la démarche a suivre ne s'était plus posée autant de questions face a l'enthousiasme inattendu de l'Irlandais. Il désirait cet enfant plus que tout au monde.

Il n'avait jamais été aussi loin de cette souffrance qui pavait auparavant son existence. Il pouvait enfin tirer un trait sur cette douleur, sur cette haine qui l'avait si longtemps habité. Il ne voulait plus rien savoir de sa famille. A dire vrai, il n'avait plus de famille. Ou si. Mais c'est lui qui l'avait choisi. Fini le temps de la vengeance. C'était sans doute le plus gros changement chez le garçon. Cette vengeance qu'il avait caressé du bout des doigts, qui lui tenait tant à cœur n'était plus qu'un souvenir. Il était près à laisser tomber si cela pouvait profiter à son enfant. Il était près à tout. Il voulait changer et se savait capable d'y parvenir. Changer mais sans se perdre. C'était une des raisons pour lesquelles le garçon avait opté aujourd'hui pour une chemise aux manches longues. Il ne devait pas non plus aller contre lui, et n'oubliait pas. Il ne souhaitait pas attirer les regards. Pas plus qu'avant.

-  C'est juste que... je sais que ça ne sera pas évident pour elle. Les gens peuvent être blessant, ça tu le sais. Et je voudrais... comment dire... que tu sois là de temps en temps si les autres décident de se moquer. C'est idiot de ma part de te demander ça. je me doutais que tu refuserais et c'est normal mais... Tu te rappelle de notre conversation de l'année passée ? Quand j'ai dit que je te laisserais me dessiner. Et bien ça aussi c'était paradoxal. J'avais beau être très méfiant , je savais t'accorder ma confiance. Tu es le seul avec qui j'y suis parvenu. Le seul qui pouvait véritablement apprendre mon secret de lui même et pourtant le seul avec qui je ne me sentait pas en danger. Etrangement, j'ai confiance en toi Nathanaël. C'est pour ça que c'est à toi que je me suis adresser. De toute manière je n'avais rien à y perdre.

L'Irlandais haussa légèrement les épaules pour appuyer ces dernières paroles et il se tut, conscient pour la première fois de sa vie de la difficulté qu'on pouvait avoir à parler ouvertement. Il se sentait bien loin du Gabriel qu'il connaissait. En faites, il se sentait carrément con.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Chercher les faveurs du lunatique //feat Natou//    Ven 14 Aoû - 23:22

Le baroque vit une joie intense apparaître dans les yeux de Gabriel un bref instant avant que ce dernier n’ouvre la bouche.
Nathanaël eut d’abord l’impression que les paroles du musicien étaient passées à côté de lui au lieu de le traverser, et il mit un moment à analyser ce qui venait d’être dit. A comprendre. Gabriel heureux. Infiniment heureux. Père. Comment ça, père ? Amanda n’avait pas de… Hein ? Amanda était… enceinte ? Mais comment ? De combien de mois ? Ça aurait dû se voir. Il aurait dû le voir. Pourquoi ne l’avait-il pas vu ?!
Nate était proprement décontenancé. L’air béat qui se peignit sur les lèvres de Gabriel n’arrangea pas les choses. Gabriel Sunrise O’Angels avec un air niais. Même avec l’imagination débordante qui le caractérisait, le dessinateur n’aurait pas pu inventer pareille image.
Mais comment pouvait-il être heureux comme ça. Quelle idée de faire un gosse maintenant ? Amanda n’était qu’une gamine, cette gamine l’avait suivi une fois dans le cimetière et avait hurlé comme une possédée à cause d’une araignée. Celle qui avait été à plusieurs reprises sa partenaire de travail en sciences. Celle qui l’avait forcé à parler à Gabriel à la rentrée, en début d’année… C’était impossible. Et ce même Gabriel la mettait enceinte juste avant de quitter l’académie. Et en plus, demandait à Nate de jouer au père de substitution pendant son absence. Alors qu’il n’avait strictement rien à voir avec toute cette histoire.

Et maintenant, il lui parlait de confiance. Son regard se durcit à l’évocation de ce mot. Un mot qui lui avait permis d’accéder à bien des choses, comme des secrets, des dessins, des amitiés. Un mot qui avait tellement de valeur. Un mot essentiel dont il venait à douter aujourd’hui.
Il baissa les yeux un instant, les mâchoires contractées. Il avait l’impression que Gabriel venait, par cette simple formule presque magique, de poser un poids immense sur ses épaules. Une responsabilité bien trop lourde à porter. Il se sentait presque acculé. Gabriel avait confiance, alors il devait honorer sa confiance. Il n’avait pas le choix. Mais en était-il capable ? Il ne savait même pas s’il avait envie d’en être capable.
Il releva la tête, affrontant le regard épanoui du musicien.

- Tu as tort de me faire confiance, Gabriel.

Un élève plus jeune passa près d’eux, et Nate se tut. Il profita de cet instant de diversion pour inspirer profondément, dans l’espoir de dénouer un peu la boule qui s’était formée au creux de son ventre, juste au niveau du plexus solaire. Il reprit lorsque l’élève fut assez loin :

- Je vais redoubler. J’ai complètement loupé mon année et j’ai failli me faire expulser de l’académie à force de manquer les cours et de ne pas rendre mes travaux. J’avais promis de te dessiner et je ne l’ai pas fait, alors que tu m’avais accordé ta confiance expressément. J’ai…

Sa gorge se serra tellement fort que les mots ne pouvaient plus s’en échapper.

- J’ai…

Toujours pas. Il ferma un instant les yeux, inspira et expira une ou deux fois ; lorsqu’il les rouvrit, il projeta littéralement les mots hors de lui, comme on chasse une chose hideuse que l’on ne veut plus jamais revoir :

- J’ai perdu mon talent !

Le dire à voix haute avait quelque chose de surréaliste. Nate avait presque la tête qui tournait. Il inspira à nouveau, et lança d’un ton à la fois amer et étrangement désolé :

- Je suis un raté, Gabriel. J’ai raté mon année, et je vais sûrement la rater à nouveau si mon talent ne revient pas. Je suis incapable de garder ce que j’ai. Incapable de garder mon talent, mes amis, et même ce putain de poisson rouge. Je ne suis pas digne de ta confiance ni de celle de personne. Je ne suis pas fiable.

Il s’appuya sur la colonne la plus proche et détourna la tête. Il ne pouvait pas supporter le regard de Gabriel une seconde de plus. Quelque part, il l’admirait pour le chemin qu’il avait parcouru en seulement une année, probablement en grande partie grâce à Amanda. Mais il ne pouvait s’empêcher de penser que cela ne pouvait pas durer, que ce bonheur était factice. Que le jour où il retomberait, la chute n’en serait que plus douloureuse. Y penser le rendait malade. Peut-être qu’il avait tort, que tout irait pour le mieux, qu’Amanda et Gabriel vivraient heureux avec leur mouflet, jusqu’à la fin des temps. Mais cette douce destinée ne pouvait être réelle. Nate n’avait jamais vu de destin aussi radieux ailleurs qu’au cinéma. La réalité était souvent bien plus sombre. Et s’il était impliqué dans la vie, ne serait-ce qu’à court ou moyen terme, d’Amanda, Gabriel et leur enfant, il risquait, lui, le raté, de contribuer involontairement au déclin de leur bonheur. Il ne voulait pas que cela arrive. Il ne pourrait jamais se le pardonner.

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Dernière édition par Nathanaël Von Arlex le Jeu 27 Aoû - 21:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chercher les faveurs du lunatique //feat Natou//    Mar 18 Aoû - 15:25

Le regard vert que le Baroque adressa au musicien n’avait pas besoin d’être ponctué de mots.  Il le fit pourtant. Il parla. Plus qu’il ne l’avait jamais fait avec le Beethoven. Gabriel ne comprit pas tout de suite le lien entre la confiance qu’il avait pour le garçon et le fait que son comparse ait du mal avec l’école. Il ne réalisa que quand Nathanaël lui avoua. Perdre son talent… l’Irlandais fronça les sourcils. Il se serait sentit mal s’il avait été du genre à compatir. Là, il se sentit gêné et en même temps étonné. Gêné car il n’avait pas l’habitude de recevoir ce genre de confidence. Etonné car il ne s’attendait pas à en recevoir de la part de Nathanaël. Etonné du manque de discernement de celui qu’il croyait infaillible.

Le garçon blond qui se tenait face à lui n’avait jamais été aussi fragile et apparemment seul.  Gabriel se demanda, amer si tout le monde était obligé de passer par cette fragilité qui brisait les espoirs avant de se trouver, pour ceux qui y parvenait. Il secoua la tête, dubitatif. Le Baroque avait tort. Il avait faut sur toute la longueur. Peut-être pour la première fois de sa vie mais ça n’empêcherait pas le musicien de lui faire part de son point de vue. Et ce regard vert autrefois si perçant qui ne cessait de se détourner, ça non plus ça ne lui ressemblait pas.

– Tu as tort Nathanaël. De un, le talent ça ne s’envole pas comme ça, ça arrive à tout le monde de tomber dans un moment creux mais tu seras toujours un bon dessinateur. Et je t’interdis de te lamenter et de laisser filer ce fameux talent d’ailleurs. De deux, ton année ? Je m’en fiche que tu la rate, ça fait pas de toi un idiot, pas plus que quelqu’un d’infréquentable. Je continuerai à savoir qui tu es. Enfin… autant qu’avant. J’en arrive au point 3…

Gabriel fit une pause dans son sermon, à peu près certain de ne jamais avoir adressé la parole à quelqu’un de cette manière-là. Il gardait d’ailleurs habituellement son avis pour lui-même, assez certain que chacun était en droit de penser comme il le souhaitait. Mais là ça frôlait le risible. C’était comme d’entendre un enfant dire que 2 et 2 faisait 5. En réalité, c’était exactement ça. Nathanaël était un gosse dès qu’il s’agissait de comprendre ce qui n’allait pas chez lui. L’étrange distance entre sa façon d’analyser les autres et lui-même ne devait jamais avoir frappé beaucoup de monde. Il reprit plus doucement, hésitant sur la façon d’exposer les choses.

– On ne se parle pas beaucoup, on ne connait pas tellement de choses l’un sur l’autre mais peut-être qu’on est un peu amis au fond.

Gabriel enchaina le plus vite possible, manquant de trébucher sur les mots, presque soulagé d’avoir dit ce qu’il pensait :

– Et pour finir, c’est quoi toutes ses excuses ? Ça n’a rien à voir avec ma demande. Demande qui d’ailleurs ne t’engageait pas à grand-chose. C’était seulement si tu avais l’occasion, je ne te demandais pas de toujours être là, c’est impossible et c’est mon rôle. Quand on refuse, on le fait correctement, on ne se cache pas derrière ses problèmes. Tu vaux bien mieux Nathanaël.

L’Irlandais se tut, se demandant s’il avait été trop loin. Ce n’était pas comme s’il pouvait se vanter d’avoir été plus mature que son comparse par le passé. Il n’avait pas toujours été très honnête avec Amanda, encore moins avec les autres. Pour ce qui était de se cacher derrière ses problèmes le blondinet avait un talent certain pour ça et certainement aucune leçon à donner. Mais il n’avait pas pu s’empêcher de tenter de secouer le Baroque au risque de se faire renvoyer ses remarques désobligeantes dans la figure.

Il savait que le dessinateur avait certainement eu du mal à se confier et peut être aurait-il dû jouer la carte du réconfort, sans doute comme les amis faisaient, mais ce n’était pas vraiment son truc. Alors autant être franc au risque d’être désagréable. Gabriel avait peut être changé et il était plus ouvert aux discussions mais ça ne l’empêchait pas de dire ce qu’il aurait autrefois pensé sans ouvrir la bouche.

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MessageSujet: Re: Chercher les faveurs du lunatique //feat Natou//    Jeu 27 Aoû - 23:18

Nate était abasourdi par la scène qu’il était en train de vivre. A tel point qu’il avait presque la sensation de regarder cela d’un point de vue complètement extérieur, comme si ça ne le concernait pas. Gabriel était en train de lui faire la morale, réellement ? Là, tout de suite, dans cette putain de cathédrale dans laquelle il n’avait aucune envie d’être, il était en train de se faire engueuler par un type irascible et arrogant qui d’ordinaire était plutôt du genre à recevoir le sermon plutôt qu’à le donner, vraiment ?
Après un premier instant de surprise, Nate sentit une forme de colère monter en lui. Pourtant, il ne se mettait presque jamais en colère. Même lorsqu’il s’était battu contre Ethan il y a quelques mois, la colère qui l’avait submergé était d’un tout autre genre. Mais là, il en avait assez. Personne – à l’exception peut-être légitime mais néanmoins pénible de ses géniteurs – ne pouvait s’arroger le droit de lui parler comme Gabriel était en train de le faire. Il ne savait pas à quoi il s’attendait de la part du musicien, mais certainement pas à ça. Et le fait que ça soit lui, plus que quiconque, était aussi sidérant que révoltant.
Le moment où Gabriel affirma partager une forme d’amitié avec lui l’agaça plus que de raison. Presque hors de lui, Nate dût serrer poings et mâchoires de toutes ses forces pour ne pas craquer et laisser la fureur envahir son visage. Mais il sentait le rouge lui monter aux joues malgré lui. Il n’avait tout à coup plus aucune envie de rester dans ce lieu, face à Gabriel. Il ne voulait plus poser les yeux sur ces agressives prunelles de jais. Mais il se força à soutenir son regard, pour ne pas perdre complètement la face.

- Tu vaux bien mieux Nathanaël.

Alors là, c’était le pompon. C’était complètement injuste. Et Nate n’aimait pas les choses injustes. A ce moment, il se sentit déchiré entre un besoin irrévocable de renvoyer en bonne et due forme ses quatre vérités à Gabriel, et une incapacité à trouver des mots intelligibles aussi vite qu’il l’aurait voulu, tant il était ébranlé par tout ce qui se passait.
Il avait fait l’effort d’avouer l’inavouable à ce type, sans trop savoir pourquoi, vraisemblablement parce qu’il fallait que ça sorte et que Gabriel, en tant que personne digne d’intérêt, malgré ses récents changements, s’était trouvé être le candidat idéal. Le musicien lui avait en outre affirmé avoir confiance en lui, confiance non méritée mais sur laquelle il s’était appuyé, au moment où il s’était résolu à tout lui dire. Et en retour, il se prenait des mots aiguisés comme des poignards. Et la cerise sur le gâteau : non seulement Gabriel venait de minimiser la demande pourtant de grande importance qu’il avait faite à Nate quelques minutes plus tôt, sous couvert d’une prétendue confiance, et d’une prétendue amitié, mais en plus il remettait en question ce que le dessinateur lui avait avoué. C’était tout simplement inouï.

Nate inspira profondément dans l’espoir de juguler sa colère. Il se sentait trahi. Gabriel avait abusé de sa faiblesse et dépassé les bornes. Les mots tourbillonnaient dans le chaos de son esprit, et il envisagea même, brièvement, de battre en retraite pour couper court à cette conversation inutile. Mais il s’arma de courage et, lentement, froidement, il pesa chacun des mots qui parvenait à sortir de sa bouche dans le bon ordre :

- Tu as changé, Gabriel. Je ne sais pas ce qui t’es arrivé cette année, mais tu as changé. Tu n’es plus le Gabriel que j’ai connu en Australie, et c’est tant mieux pour toi. Mais ça ne te donne pas le droit de croire tout savoir de moi. Tu ne sais pas de quoi tu parles. Tu ne me connais pas, et je ne te connais plus. Alors ne t’avise pas de m’interdire quoi que ce soit. Tu n’as pas à me faire confiance, et je n’ai pas à te faire confiance.

Une courte pause. D’ordinaire, Nate n’aurait jamais refusé de nouer des liens avec quelqu’un comme Gabriel. Mais Nate avait changé, probablement autant que Gabriel. Il avait décidé de la jouer solo. Il n’avait pas besoin de gens comme ça dans sa vie. Pas besoin d’un ami de plus qui allait partir à son tour. Et encore moins après ce que le Beethoven lui avait lancé à la figure.

- Je garderai un œil sur Amanda, parce que c’est important, contrairement à ce que tu dis. Mais je ne le ferai pas pour toi ; je le ferai pour elle, parce que je l’apprécie. On n’est pas amis, toi et moi. Ton seul point commun avec mes amis, c’est que tu vas te barrer. Et que tôt ou tard, quoi que tu en dises, ce sera définitif.

Il leva les yeux sur un autel chargé de dorures, à sa gauche. « Don de dieu », tu parles. Son cœur battait à tout rompre et il se sentait, dans un sens, revivifié par cet affrontement verbal. Les nerfs à fleur de peau, il ajouta en reportant son attention sur Gabriel :

- Une dernière chose : mes amis savent qu’il ne faut pas m’appeler Nathanaël.

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MessageSujet: Re: Chercher les faveurs du lunatique //feat Natou//    Jeu 3 Sep - 0:19

Gabriel en aurait presque rigolé. Avoir poussé Nathanaël dans ces derniers retranchement n'étaient pas donnés à tout le monde. Et personne ne s'y risquait. Le blond n'avait pas eu besoin de connaître le dessinateur plus que ça pour comprendre qu'on ne s'opposait pas a lui. Jamais. Parce qu'il voyait le monde sans se voile qui couvrait le regard d'autres ? C'est ce qu'avait d'abord pensé le musicien. Sauf que le Baroque c'était mît a divaguer, a perdre pied et du meme coup sa lucidité sans que personne ne change son aptitude a son égard.

Il ne regardait plus le monde de loin, sans interaction comme l'aurait fait un Dieu curieux qui s'ennuie mais il avait été poussé de sa planète directement sur ce monde qui l'avait rendu si curieux. Il avait embrassé avec passion ce qu'il avait vu de plus beau jusqu'à se prendre une énorme gifle et se rappeler ce qui n'allait pas sur cette Terre qui lui était si familiarité et pourtant si étrangère. Sauf que la gifle ne l'avait pas renvoyé de la où il venait. Ça n'avait fait que le plonger dans une profonde incompréhension

Et Gabriel ne comptait pas l'y renvoyer, pas plus qu'il n'avait dans l'intention de l'aider. Il eut un rire sarcastique et haussa les épaules. Etait t'il censé répondre ? Argumenter ? Est ce que cela en vallait seulement la peine ? Il continua tout de même :

- Et alors ? Ils savent pourquoi ils ne t'appellent pas Nathanaël ? Ça vaut pas la peine de faire des choses qui n'ont de sens que pour les autres. Et ceux qui t'appellent Nate ne sont pas forcément tous tes amis, si ?

Il reprit aussitôt, coupant cours a cette interrogation qui n'en était pas une :

- Et comme tu dis, là je dois me barrer. Tu m'excuseras mais j'ai d'autres truc à faire. Sache cependant que les amis qui ne font que passer dans ta vie, te permette de vivre de nouvelles choses. Ils laissent une trace a la fois bonne et mauvaise quelque part en toi. Et ça, c'est un trésor que tu peux chérir ou une malédiction que tu peux porter. C'est un truc que je n'ai pas voulu comprendre.

L'Irlandais avait longtemps cru que les autres n'apportaient rien à sa vie et qu'ils n'étaient que des parasites. Mais comme l'avait souligner le Baroque, il avait changé. Il savait que les autres quand on les connaissaient vraiment nous blessaient en partant et que ce départ était inévitable mais ces moments vécus, eux, ne s'effaçaient pas.

Gabriel décida qu'il ferait mieux de de ne pas s'attarder. Il ne voulait pas continuer cette conversation aussi étrange que désagréable qui le mettait très mal a l'aise avec lui même et avec le Baroque. L'intrigant garçon de l'année passée n'était qu'un souvenir. Le frêle dessinateur devant lui était en effet loin d'un ami. Proche, o combien proche d'un parfait inconnu. Il n'avait rien a dire a ce garçon.

- Désolé de t'avoir fait perdre ton temps et d'avoir était assez stupide pour parler amitié avec toute l'inexpérience que j'en ai.

Il hésita à rajouter quelque chose. Une phrase. Se ravisa, laissant un instant de suspension qui lui fit du bien, un silence qui parfois lui manquait. Il avait le souffle plus court, s'en voulait d'avoir autant parler. Parler en ayant aussi peu d'expérience que lui. Parler et dire autant de choses vraies que de fausses. Découvrir que certaines d'entre elles appartenaient aux deux catégories. C'était difficile de comprendre ce qu'il avait si longtemps rejeté. Jamais il n'aurait parlé comme ça auparavant. Admettre avoir dit des choses fausses étaient difficiles, mais comme elles ne l'étaient pas toutes, ça semblait moins grave. Gabriel n'avait plus grand choses à dire désormais. Il avait quasiment vidé son sac.

- Et sinon merci.

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MessageSujet: Re: Chercher les faveurs du lunatique //feat Natou//    Mar 8 Sep - 19:55

Nate ne comprenait pas où Gabriel voulait en venir. Il ne chercha pas à l’interrompre, ni à relancer la conversation. Ca ne ressemblait de toute façon en rien à un dialogue. Ils n’étaient pas du tout sur la même longueur d’ondes, comme s’ils étaient tout à fait incapables de se comprendre mutuellement, aussi sûrement que si l’un parlait suédois et l’autre espagnol. C’était proprement sidérant. Nate était juste mal à l’aise et n’avait qu’une envie, partir. Monter au sommet de la tour de cette cathédrale – son seul intérêt à ses yeux – pour voir le panorama, plutôt que perdre son temps avec ce garçon à la fois familier et étranger. Rarement Nate avait connu un tel revirement de situation avec quelqu’un avant même d’avoir pu tisser quoi que ce soit de tangible avec lui. Une amitié étouffée dans l’œuf. La première fois qu’ils s’étaient parlés, Nathanaël avait été persuadé que Gabriel était un être extraordinaire qui deviendrait probablement assez important pour lui, en qui il pourrait avoir confiance. Il s’était promis de le dessiner. Et maintenant, un an plus tard, leur relation quasi-inexistante avait pris un virage à 180 degrés. Là, tout de suite, il voulait juste s’éloigner de lui et ne plus avoir affaire à cet individu. Et il ne comprenait même pas comment ils en étaient arrivés là. Ce « merci » final était comme un coup de grâce, une touche finale ambigüe et mystérieuse qui acheva de déranger le Baroque.

Il secoua la tête et se détourna. Il allait monter tout de suite dans cette fichue tour. Laisser Gabriel derrière lui. De toute manière, il était trop tard pour faire machine arrière. Gabriel quittait l’académie et c’était très bien comme ça. Il ne serait plus là pour lui rappeler qu’il avait failli à une promesse et échoué à créer une nouvelle amitié.
Nate doubla un certain nombre de touristes d’une lenteur consternante en montant dans la tour. Il était en colère. Etat d’esprit qui avait le don paradoxal de l’énerver encore plus, car il n’arrivait pas à mettre ses idées en ordre dans ces conditions. Il détestait le chaos qui régnait dans sa tête dans ces moments-là. Et ce chaos constituait le meilleur moyen d’empirer encore plus une situation compliquée. Or, genre de moments lui arrivait un peu trop souvent ces derniers temps.
Il arriva au sommet et se fraya un chemin entre les touristes pour s’approcher d’un rebord. Par chance, il n’y avait encore aucun autre élève, occupés qu’ils étaient à admirer l’intérieur de la cathédrale. La chaleur était écrasante. Nate tripota nerveusement l’éternel crayon qui se trouvait dans sa poche. Il refit défiler dans sa tête la discussion qu’il venait d’avoir avec Gabriel. Quel con. Quels cons tous les deux.
Nate avait tout gâché parce qu’il avait refusé d’accepter que Gabriel ait changé. C’était ça, la vérité. Il était égoïste et renfermé. Et ça le tuait ne serait-ce que d’y penser. Il n’était pas censé être comme ça. Mais il ne faisait pas exprès. Il se sentait… rongé de l’intérieur par un mal insidieux. Il allait finir par être complètement bouffé. Il croyait qu’il en avait fini avec toutes ces conneries, que pleurer une bonne fois pour toutes et se reconstruire une carapace plus épaisse que l’ancienne était suffisant. Mais il s’était trompé. Et il ne savait pas quoi faire de plus. Il ne pouvait rien faire. Il était désœuvré, seul et incapable de se laisser approcher. Il ne savait même pas comment il allait faire pour honorer sa promesse et aider Amanda, alors qu’il ne pouvait même pas s’aider lui-même.
Quel con.

Fin

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