Winter -014-015 - Pear, Spark & Lastie
 
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 A l'automne des saisons, ce sont les feuilles qui meurent. A l'automne de la vie, ce sont nos souvenirs.

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Megane Prescott
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MessageSujet: A l'automne des saisons, ce sont les feuilles qui meurent. A l'automne de la vie, ce sont nos souvenirs.   Sam 17 Nov - 15:42

Septembre. Encore une année qui commence... L'Académie avait revêtit sa parure d'or et de cuivre et déjà, les feuilles, roussies par le soleil automnal, tombaient sur la terre meuble pour la couvrir d'un tapis végétal. Ça et là, on pouvait observer quelque tas de feuilles aux couleurs chaudes, que les jardiniers avaient dû faire pour dégager les allées, et dans lesquels les plus jeunes élèves s'amusaient à jouer. Vraiment, l'automne était la plus belle saison de l'année. Comme un tourbillon de couleurs, de senteurs et d'énergie. Et puis, il y avait aussi ce côté triste, les arbres qui se meurent à petit feux, perdant chaque jour un peu plus de leur imposante frondaison d'antan, pour ne devenir au final qu'un amas de rameaux.

Mégane Prescott, élève pour la seconde année chez les Beethoven, avait précisément choisi ce jour de septembre pour faire un tour au Lac aux Cygnes.
L'année passée, elle n'avait jamais fait plus que d'y faire un tour de temps en temps pour regarder les patineurs en hivers, les amoureux au printemps... Et à vrai dire, elle ne comptait pas changer cette légère routine. Emmitouflée dans un manteau, écharpe autour du coup et bottes aux pieds, elle se risquait à affronter le vent froid qui soulevait le revêtement hirsute du sol. Il paraîtrait que le Lac aux Cygnes possédait sa légende, comme tout les lieux anciens. Une histoire d'envol de cygnes aux plumes de jais. Ce n'était bien sûr qu'une légende, mais la jeune fille se plaisait à croire qu'un jour, les élégants oiseaux reviendraient sur les terres de leurs ancêtres...
Elle sortit une main de ses poches et la plongea dans son sac pour en extraire un paquet de cigarettes. Elle aimait ce mot, c'était pareil en anglais et en français, au moins elle n'avait pas à le traduire... Un des précieux bâtonnets entre les doigts, elle l'alluma et le porta à sa bouche. Puis, les écouteurs vissés dans les oreilles, elle entreprit de se poser contre un arbre et de se laisser aller à l'observation du monde environnant. Quelques Baroques, réunis en petits groupes, entreprenaient le croquis du lieu. Elle aperçut de temps à autres des jeunes gens qui, stylo à la main, le faisaient glisser frénétiquement sur une feuille de papier. Sûrement l'endroit inspirait-il leurs récits... Des demoiselles riaient aux éclats en tourbillonnant gracieusement parmi les arbres, tandis que d'autres élèvent se taquinaient ou étaient plongés dans des débats animés.

Elle, elle était juste là. Présente et invisible à la fois. Bercée par la musique dans sa tête. *I'm learning to walk again ; I believe I've waited long enough...* Silencieuse à l'extérieur, un tumulte d'émotions se formait à l'intérieur de son cœur. Elle repense à lui... Pourquoi a-t-il fallu qu'ils se rencontrent ? Et pourquoi ne pouvait-elle inexorablement pas le considérer comme un simple ami ? Elle se remémore ce moment délicieux ou elle se sentait prête à tout faire pour ne plus jamais le quitter... Elle sent sa main sur sa joue, elle sent le contact délicieux de leurs peaux qui se touchent. Et puis après, elle sait ce qui va arriver. Ou plutôt, ce qui est arrivé. Leurs bouches se touchent, elle se laisse sombrer dans las âpretés du plaisir. La porte s'ouvre sur des furies surexcitées. Et lui, il sourit, il s'en va, la laissant seule, paumée parmi ces tarés. Non pas qu'elle n'aimait pas ses camarades, mais seulement qu'à ce moment précis, elle les aurait bien tués à mains nues. Le regard assombri par la frustration, elle s'était levée en bougonnant toutes sortes de noms d'oiseaux et s'en était allé après un rapide salut, sous les regards incompréhensifs de ses amis.

L'anglaise, agacée par cette pensée, envoya son poing dans le tronc de l'arbre le plus proche. Bon Dieu ! Pourquoi fallait-il toujours qu'elle aime en souffrant ?! Pourquoi les fantômes du passé venaient-ils la hanter chaque fois qu'elle voulait simplement être
en confiance ? Il fallait arrêter de repenser à ça. Stop. Son pays était loin maintenant, et tous ceux en qui elle croyait aussi. La séparation en soi-même n'est pas le plus dur. Non, le plus dur, c'est l'après coup, quand on prend violemment conscience que rien ne sera jamais pareil. Elle souffle sa fumée nonchalamment, dégage le tabac de sa clope. Clope qui n'est plus qu'un mégot. Elle l'écrase rageusement à son pied et puis elle ferme les yeux, un instant, juste pour ressentir la musique...

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Eric Northman
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MessageSujet: Re: A l'automne des saisons, ce sont les feuilles qui meurent. A l'automne de la vie, ce sont nos souvenirs.   Dim 18 Nov - 23:49



Les yeux bleus d'Eric vont de la fenêtre à son portable. Non, il n'attend pas d'appel en particulier. Il ne veut simplement pas se déplacer pour aller voir l'heure. Assit confortablement dans son siège de bureau, il regarde une feuille de notes qu'il a dans les mains. Enfin, "regarde" parce que ce n'est pas tout à fait ce qui retient son attention. Non, il observe les arbres perdre leurs parures, blasé. Il n'aime pas spécialement l'automne mais il n'a rien de particulier contre cette saison. Ni les couleurs qui l'accompagnent, d'ailleurs. Quoique, ça sera toujours mieux que l'été qu'il est heureux de voir derrière lui. Ce n'est pas forcément le pire des étés qu'il ait passé, loin de là même. Un demi sourire naît sur ses lèvres au souvenir de la brune. Inconsciemment, il examine la boite décorée contenant le collier qu'il ne lui a pas offert. En y rependant, il l'a évitée volontairement. Pourquoi ? Simplement que le jeune homme est terrorisé à l'idée de s'attacher à quelqu'un. Encore plus de la façon dont il aurait pu le faire avec Mégane. Elle serait sans aucun doute devenue l'une des personnes les plus importantes à ses yeux et ça, il s'y refuse. Malgré le sentiment d'envie qu'il ressent.

Il se mordille la lèvre en regardant l'étui de l'objet aux pierres vertes, pensif. Il n'a pas envie de se le dire, mais il est mort de peur. Peur qu'elle le repousse. Il n'a pas envie de lui attirer des ennuis pour seul prétexte qu'elle est sa copine. Et encore... Faut-il qu'elle le veuille. Après tout qui voudrait bien s'attacher à un jeune homme comme lui, mh ? Violent et arrogant. De mauvaise foi, possessif et bien trop sûr de lui... Pourtant... Tout... Oui, tout dans ses réactions portent à croire qu'elle ne le repousserait pas. Celle qui s'est laissée embrasser. Le souvenir doux de sa peau sous ses doigts, de ses joues qui s’empourprent sous son regard amusé, sa bouche... Doit-il aussi prendre en compte les frissons qui le parcourent lorsqu'elle prend la parole dans cette salle de cours trop petite... Le son résonne encore en lui. Amertume ? Oui, il se hait dans ces moments où le si puissant Eric est troublé. Et par qui ? Une frêle Beethoven qui à au moins deux têtes de moins que lui. Il n'aime pas perdre le contrôle alors qu'elle a que trop bien tendance à le rendre fou. Il balance négligemment ses notes sur le bureau avant d'attraper son portable, d'enfiler un manteau et des gants. Marcher. Loin. S'éloigner de l'Académie dans laquelle, elle doit se trouver.

Pourquoi ici ? Il ne sait toujours pas. Il avance en chantonnant discrètement. Frustration quand tu nous tiens. Il traverse le bâtiment sans prendre en compte les autres élèves. Après tout, s'ils ne sont pas contents, qu'ils se poussent. Will serait capable de tuer pour bien moins, mais là, le premier qui lui lance un regard mauvais finit avec le crâne enfoncé dans le mur si profondément qu'il faudra détruire le mur pour la sortir. Violent ? Lui ? Oui, clairement. Lorsque l'air frai s'insinue dans ses poumons il a l'impression de sortir la tête de l'eau après avoir fait de l'apnée. Ça lui fait un bien fou. La haine est il le sentiment le plus porche de l'amour ? Il ne sait pas, mais cela expliquerait le fait qu'il ne sache pas s'il doit la haïr ou l'aimer pour ce qu'elle fait remonter en lui. Il se rappelle de son regard voilé par la nostalgie et ne peut s'empêcher de s'en vouloir de ne rien pouvoir faire contre ça.

Il continue sa route jusqu'au Lac aux Cygnes, glissant son nez dans son écharpe, il reste en haut d'une petite montée pour observer les autres élèves vaquer à leurs occupations. Se moquant d'un petit rire des danseurs et admirant de loin la passion des dessinateurs. Lui, il ne sait pas trop si sont art est apprécié ou singer comme lui se complaît à le faire avec celui des autres. Il fait un détour pour ne pas tomber sur un groupe de filles d'appuyant sur un autre tronc, toujours à bonne distance des autres. Son regard s'attarde sur une silhouette qu'il ne connait que trop bien, malgré les vêtements chauds. Son coeur a fait un bon dans sa poitrine. Pourquoi doit-elle se trouver ici aussi ? Eric ne sait pas si ce fait le rend heureux ou nerveux, les deux pour être sincère. Il ne scille pas, la regardant avancer avant qu'elle ne s'arrête près d'un arbre et qu'elle le frappe de son poing. Le Beethoven hausse un sourcil, sans détacher les yeux de Mégane. Il a dû rêver... Le brin de jeune fille n'a pas cogner l'arbre quand même ? Si..? Elle a dû se faire mal, voir très mal... Il hésite. Comment le prendrait-elle ? Le repousserait-elle ? Il ne mérite pas moins, certes, mais ça lui ferait sans doute un sacré coup au moral. Il ne voit que son dos... La batteuse ne le voit donc pas, en y pensant. Les mains dans les poches, il s'approche jusqu'à être dans le dos de la jeune fille qu'il enlace doucement à la taille pour murmurer, d'une façon mi-douce mi-moqueuse.

« Fais un peu attention, tu aurais pu abîmer ce si bel arbre. »

Il se recule, replaçant ses mains dans ses poches et son nez dans son écharpe, camouflant un sourire amusé. Il regarde un peu autour de lui, un pour éviter son regard, deux pour voir qui est encore présent dans les parages. Puis il penche légèrement la tête, laissant un coup de vent vicieux se glissant sur sa peau, il grogne en s'enfonçant un peu plus dans le tissu. Il retire un de ses écouteurs après avoir lancer un « Bonjour. » plutôt doux pour l'humeur qui l'habite. Là encore, ses sentiments se battent. "Joie" ou "agacement" ? Il ne saurait dire... Les deux ?


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Megane Prescott
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MessageSujet: Re: A l'automne des saisons, ce sont les feuilles qui meurent. A l'automne de la vie, ce sont nos souvenirs.   Mer 21 Nov - 19:02

Silence. Le cœur de la jeune fille s'est arrêté de battre, l'espace d'un instant. Un instant qui pourtant était bien trop court. Et ce soudain arrêt, Mégane le devait à quelque chose de bien simple en soi. Le craquement d'une brindille, deux minutes plus tôt, mais auquel elle n'avait pas fait attention, une présence dans son dos, sa taille enlacée délicatement par de puissants bras. Simple et si puissant... Elle n'a pas besoin de se retourner, ni même de parler pour savoir qui se tient derrière elle. Elle le sait, c'est tout.
Et rien qu'à l'idée d'un visage encore frais dans sa mémoire, rien qu'à l'idée de se perdre à nouveau dans l'océan du regard de celui qui la serrait, elle avait le ventre qui se nouait. De crainte, de joie, d'envie... Elle avait écarquillé les yeux, ne pouvant bouger sous cette étreinte, ce contact dont elle avait tant besoin.
Alors elle se contente de profiter du moment présent. Carpe Diem. Et elle écoute, elle savoure les mots qui sortent de la bouche du jeune homme, à peine murmurés mais harmonieux, sonnant à ses oreilles comme une ribambelle de notes délicates :

« Fais un peu attention, tu aurais pu abîmer ce si bel arbre. »

Pour être plus précis, elle n'entend pas ce qu'il lui dit, elle cherche à peine à en comprendre le sens, elle est juste heureuse d'entendre le son de sa voix, de sentir son souffle dans son cou. Cependant, elle a tout de même saisi la moquerie dans la phrase du jeune homme, et ne peut s'empêcher d'esquisser un sourire, les joues légèrement rougies. « Bonjour. » ajoute-t-il. Bonjour, bonjour... Ce mot, cette banalité que les individus se sentent obligés de se dire raisonne encore et toujours dans l'esprit de la batteuse. Juste un bonjour, juste un salut de la part de son interlocuteur et son cœur se remet à battre, s'accélérant de seconde en seconde. Elle s'entête à ne pas répondre, de peur de bégayer comme une idiote. Elle ferme les yeux, le temps d'un court moment. Elle ne pense plus à rien, elle vide son esprit, sa tête s’emplit d'un noir profond et infini. Elle souffle faiblement pour reprendre le contrôle de ses moyens.
La jeune fille avait envie de le frapper, de le meurtrir de coups, n'ayant pour prétexte que le fait qu'il ne lui ait jamais plus adressé la parole après leur première entrevue. Mais à vrai dire, elle non plus n'avait jamais vraiment osé lui reparler. Et puis d'un autre elle voulait le serrer ans ses bras, lui dire ce qu'elle ressentait. Mais que ressentait-elle vraiment au juste ? Même elle ne savait comment expliquer tout cela...

Elle sentait que les mains d’Éric s'étaient retirées pour revenir dans les poches d'où elles étaient sorties. Brusquement, l'anglaise se retourna pour plonger ses yeux dans ceux du chanteur. Elle ne comptait pas parler, portant toujours en elle cette fierté bornée qui lui soufflait de se taire et la soumettait au silence. Et dans ses yeux malachite, une ombre de reproche, mêlée à la tristesse, transperçait le jeune homme. Elle avait envie de crier. De lui hurler dessus. Pourquoi ne m'as tu pas reparlé ? Est-ce que tu m'évites ? Ai-je fait quelque chose qui t'a blessé ? Je t'aime tu sais ?! Je t'aime tu sais... Mais cette foutue phrase n'avait rien à faire là. C'était un discours de répréhension, merde ! Alors cette fois, elle avait envie de crier à son âme, à son moi. Mais pourquoi tu me fais penser ça ? Pourquoi cette idée m'obsède-t-elle tant, bordel ?
Néanmoins, frustrée par les émotions contradictoires qui fusaient, fiévreusement en elle, la jeune fille affichait un visage neutre, les traits à peine crispés. Ses doigts se resserraient dans son poing et elle faisait un effort surhumain pour ne pas laisser ses nerfs l'emporter sur sa volonté. Elle réussit enfin à reprendre vaguement contenance et à afficher un sourire fébrile au grand blond désormais à quelques centimètres en face d'elle. Elle déclara péniblement :

« Bonjour, Éric. Elle s'entendit pour s'arrêter à ces quelques mots avant qu'une effusion ne la transforme en vrai furie. Cependant, malgré tout le bon vouloir dont elle faisait preuve, la batteuse ne put s'abstenir de marmonner ; Et pour l'arbre, il s'en remettra, il me rappelait étrangement quelqu'un dont je frapperait bien le buste... »

La pique qu'elle lançait au garçon, il ne l'avait certainement pas relevée. Et de toute façon, même si ça avait été le cas, elle s'en contre fichait. Elle voulait juste défouler sa colère emplie de désarroi sur lui. Elle voulait juste qu'il ait une raison de ne pas s'en aller, même si cette raison était de répondre à son sarcasme. Elle ne voulait seulement pas ne plus sentir son contact près d'elle a nouveau. Ce type était devenue une sorte d'addiction pour le cœur de l'anglaise, et c'était sûrement ce qui l'effrayait le plus...

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Eric Northman
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MessageSujet: Re: A l'automne des saisons, ce sont les feuilles qui meurent. A l'automne de la vie, ce sont nos souvenirs.   Mer 21 Nov - 20:31



Ses yeux ne quittent plus la demoiselle qui a si souvent hanté ses rêves, éveillés ou non. Malgré l'étrange sentiment d'avoir encore fait quelque chose de faux qui grimpe en lui. Tout dans les mouvements de la jeune fille laisse penser qu'elle est en colère. Chose compréhensible, lorsque l'on sait qu'elle sorte de goujat il a été avec elle. Son coeur bat de façon tout à fait désordonnée dans sa poitrine et l'envie d'enlacer encore Mégane lui brûle le ventre mais il ne bouge pas. Autant dire qu'il ne veut pas manger une main dans sa figure. Pas tout de suite du moins. Même si, à ses yeux, l'avoir contre lui vaut bien tous les coups de la planète.

Elle lui fait brusquement face. Ses yeux verts se plongeant dans le ciel des siens. Un voile de reproche, mêlée à la tristesse... D'une telle force qu'il ressent presque la lame du remord s'enfoncer brusquement entre ses côtes. Pourquoi lui en vouloir alors qu'elle n'est pas non plus venue à sa rencontre. Elle bouillonne de rage. Il le voit, il le sens. L'ambiance est tendue, n'est-il pas ? Pour la première fois de sa vie, Eric se sent mal à l'aise face à quelqu'un. Il redresse la tête et un sourire nerveux se forme péniblement sur ses lèvres. Pourquoi ne dit-elle rien ? Sait-elle Ô combien cela l'énerve de la voir se murer dans son mutisme ? Lui, il a envie de chuchoter tellement de choses... Il n'arriverait pas à les hurler. Simplement parce qu'il se sent faible à craquer d'une façon aussi stupide pour un brin de fille au caractère, visiblement, bien trempé. Mais il aime ça... Les fortes têtes, surtout lorsqu'elles ont un minois aussi mignons... Hum... Non, il aime ce visage là, et aucun autre. Tiens, maintenant qu'il y pense, peut-être bien qu'il l'aim-... Ah ! Mais qu'est-ce qu'il a pensé une chose pareille ? C'est surtout cette envie irrévocable de la prendre contre lui, de lui dire qu'il est désolé, qu'il a peur pour elle, qu'il a peur qu'elle le repousse, qu'il a peur de montrer ses sentiments... Oui, Will est terrorisé à l'idée de perdre de nouveau quelqu'un qu'il aime... Ce qui fait de lui ce qu'il est. Une brute. Incapable de répondre autrement que part la violence. Finalement... C'est le seul moyen qu'il a trouvé de se protéger d'éventuels sentiments qu'il pourrait éprouver pour d'autres personnes que sa famille.

« Bonjour, Eric ». Deux mots. Mais son prénom semble venir d'ailleurs quand c'est elle qui le dit. Un coup de vent lui fait fermer les yeux. Ça lui fait du bien. Il tourne la tête pour regarder le lac. Que fait-elle ici ? Pense-t-elle à lui des fois ? Hante-il ses rêves et ses journées autant qu'elle les siennes ? Des questions à la con, me direz-vous, mais c'est la première fois que de pareilles choses lui traversent l'esprit et ce n'est pas lui déplaire. Mégane enchaîne sur une phrase dite à mi-voix. Mais il l'entend. Le frapper ? Elle peut, si c'est ce qu'elle veut. Eric accepterait tout d'elle. Du moins, c'est ce qu'il semble se dire. Il tourne le regard vers elle, soutenant calmement le sien. Puis il ouvre les bras, un sourire amusé venant prendre place sur son visage.

« Je t'en prie, si c'est ce que tu veux vraiment. »

Il lui laisse le temps de réflexion, il la laisse s'approcher. Rien de plus parce qu'il lui saisit un peu brusquement le poignet pour l'attirer à lui, refermant ensuite ses bras sur elle. Pourquoi ? Allez savoir... Il a juste envie de l'avoir contre lui. Il se penche pour déposer un baiser sur le sommet de sa tête. Elle sent le parfum et la fumée. La fumée ? Elle fume... Il ne s'en est pas rendu compte avant... Ils n'ont pas souvent été aussi proche l'un de l'autre à dire vrai. Il n'a pas envie de la relâcher, pas tout de suite. Il y a tellement de choses qu'il voudrait lui dire mais qui restent coincé au travers de sa gorge. Un silence s'installe. Il se rappelle ceux de la salle de musique. Puis sans savoir pourquoi, un murmure sans réel sens sort de sa bouche.

« Tu sens la clope froide... »

Il se tait un moment, avant de rire doucement avant de toussoter. Mais qu'est-ce qu'il lui prend ? Eh bien, il se pose la même question... Puis il continue, un peu brusque.

« Je suis désolé si je t'ai blessée. »

Lancée comme ça. Comme ça lui venait, sans prendre la moindre pincette... Il ne faut pas trop lui en demander au pauvre garçon. Il se demande s'il doit la lâcher ou la garder dans ses bras... Trop de choses se passe dans sa tête pour qu'il puisse réfléchir correctement, il desserre donc sans étreinte sans vraiment la défaire, lui laissant bêtement le choix de rester là ou de s'en aller. Il ne peut pas la retenir de toute façon même si ce n'est pas l'envie qui lui manque. Même s'il a envie de lui dire à quel point elle le rend fou. Mais rien ne sort. Chaque chose en son temps. Et lui, ne préfère pas trop prendre de risque. Il n'a pas non plus envie de se complaire dans ses illusions mais pour le moment ça lui lait de penser qu'elle pourrait bien l'accepter comme il est... Avec toute la violence et la souffrance qui se lisent dans ses yeux... Mais aussi avec la douceur de ses gestes et la lueur sincère d'affection et d'admiration qu'il a pour elle au fond de ses prunelles bleutées.


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Dernière édition par Eric Northman le Jeu 22 Nov - 23:38, édité 1 fois
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Megane Prescott
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MessageSujet: Re: A l'automne des saisons, ce sont les feuilles qui meurent. A l'automne de la vie, ce sont nos souvenirs.   Jeu 22 Nov - 22:01

La jeune fille ne bouge plus. Elle grelotte légèrement. Désormais, elle se contente d'assouvir ses sens en dévorant des yeux Eric, qui se tient face à elle. Plus elle l'observait et plus elle le trouvait beau. Non, pas beau de cette façon superficielle dont on juge bien trop vite son prochain. Beau par toute l'animosité, toute la puissance qui explosent autour de lui. Beau par l'énergie, l'aura qu'elle ressentait lui et qui faisait qu'elle se sentait irrémédiablement attiré par cet être.
Elle se plaisait à l'observer, à regarder tout ce qui se passait dans les deux yeux irrésistiblement bleus qui la regardaient. Elle aimait y voir la confusion qu'elle avait semé dans le cœur du jeune homme, et aussi l'incompréhension qu'il devait ressentir face aux barrières qu'elle mettait entre eux. Elle sentait que, même si ce n'était pas forcément égal à ce qu'elle, elle ressentait, le garçon ne lui était pas indifférent.
Et elle oubliait sa colère, son égarement, peu à peu, en lui jetant des regards qui, au fur et à mesure, transformait la haine en un amour démesuré. D'ailleurs, elle en finit par détourner les yeux de temps à autres, afin que son vis à vis ne puissent pas lire en elle comme dans un livre ouvert. Elle l'entendit murmurer, comme si le bruit était inutile :

« Je t'en prie, si c'est ce que tu veux vraiment. »

Il ouvre ses bras, lui laissant le libre choix de le frapper ou non. Elle hésite. Son âme bascule entre l'envie de rouer de coups le corps du garçon, fondre en larme sous le poids de la nervosité, ou l'embrasser sous une quelconque impulsion du cœur.
Finalement, elle veut juste être près de lui. Tout près. Elle veut que sa peau touche celle du chanteur, que leurs corps ne soient plus qu'un amas de vêtements, vus de loin. Elle veut être au bord d'un gouffre et s'y jeter, pour tomber dans l'abîme bleu qui la fixe. Elle veut se noyer dans ses yeux.
Elle s'approche de lui timidement, comme si toute sa fougue avait soudainement quitté son corps. Mais, avant même qu'elle n'ait pu faire un geste, le jeune homme lui attrape le poignet et l'entoure de ses grands bras. Elle ne se débat pas. Elle n'en a ni la force, ni l'envie d'ailleurs. Elle ferme les paupières, profitant avarement des voluptés de l'instant. Il dépose un baiser sur sa tête. Elle sourit au contact des lèvres froides.
Elle reste là, lovée contre lui, la tête posée doucement contre son torse. Elle se sent si frêle, si insignifiante face à l'imposante stature d'Eric. Et à vrai dire, ça lui plaît. Elle aime savoir que son être tout entier est recroquevillé contre une muraille humaine, savoir qu'il peut la paralyser mais que, par un regard, c'est elle qui bascule la situation. Elle aime avoir le contrôle sur une personne potentiellement supérieure. Et elle aime savoir qu'ils pourront être là l'un pour l'autre. Elle en est persuadée. Elle l'aime lui, tout simplement. Elle en est sure dorénavant...

Mégane connaissait la réputation peu glorieuse de M.Northman. Tout l'établissement, ou du moins les Beethoven, était au courant quand un élève dérogeait aux règles un peu trop souvent au goût des pions. Mais elle s'en contre foutait royalement. Elle savait qu'il était violent, impulsif, colérique et qu'il avait encastré la tête dans le mur à plus d'un abruti un peu trop sur de lui. Elle savait aussi qu'en matière de respect, il n'était pas un précurseur.
Mais ce qu'elle savait surtout, ce qui comptait vraiment à ses yeux, c'était que le garçon était avant tout un être humain, sachant aimer quand il le fallait, sachant être doux et compréhensif, sachant avoir des sentiments, tout simplement. Le problème, c'est que les autres s'arrêtent bien trop souvent aux détails qui les avantagent, oubliant de regarder ce qui fait contrepoids dans la balance du tempérament. Elle, elle avait appris à connaître, ne serait-ce qu'une infime parcelle de la bonté du jeune homme, et ça lui suffisait amplement.
Ils se parlaient par des regards, ils apprenait à se jauger, se connaître l'un, l'autre, en étant dans la même pièce que très rarement. Mais l'anglaise était comme aimantée à lui. Elle voulait plus, toujours plus. Des paroles, des baisers, même furtifs...
Enfin, c'était comme ça qu'elle voyait leur relation...

« Tu sens la clope froide... »

La phrase chuchotée de son interlocuteur tire Mégane de sa rêverie. Pour une fois que le silence était le bienvenu entre eux ! Elle s'écarte doucement pour pouvoir regarder le visage du jeune homme. Il rit un moment avant de toussailler.
Elle sent la cigarette, oui. Elle n'y pensait plus. Ses joues sont rougies par la gêne. Peut-être cela importune-t-il le chanteur. Beaucoup de gens sont gênés par l'odeur de la clope.
La batteuse détourne la tête, entreprenant de détailler le sol. Elle fixe ses pieds sans mots dire. Elle aimerait parler, lui expliquer calmement que si ça le dérange, elle en est désolée mais elle n'y arrive pas. Ou plutôt, elle n'en voit pas l’intérêt. Parfois, le mutisme vaut mieux que tous les mots du monde... La voix d'Eric retentit à nouveau, plus distincte, plus forte :

« Je suis désolé si je t'ai blessée. »

Blessée, elle ? Non, pas pour si peu ! Mais de quoi parle-t-il au juste ? De sa remarque ou bien de leur rapport limité ? Mégane est confuse. Que répondre à cela ? Elle relève le menton pour considérer de nouveau le garçon. Elle aimerait lui dire qu'il ne la blessera jamais, que c'est déjà oublié. Elle aimerait lui dire ce que son cœur ressent et que son esprit refuse d'admettre. Elle aimerait lui expliquer les emballements qu'elle ressent dans ses entrailles chaque fois qu'elle le voit, et ce, depuis leur première rencontre. Mais elle ne sait pas comment lui dire.
Elle se sait condamnée à ressentir une inflexible attirance pour ce type. Elle sent des chaînes invisible resserrer leur étreinte un peu plus chaque fois qu'elle le voit. Elle sait qu'elle n'ira plus nulle part sans vouloir le retenir. Et elle s'abandonne à ses bras, lasse de toujours lutter contre son cœur depuis des évènements qui ne sont plus qu'un mauvais souvenir...
Alors, sous le coup d'un élan prompt, elle se hisse sur la pointe des pieds et embrasse tendrement Eric. Cela devrait suffire à lui exprimer ses sentiments, c'est assez clair, non ? Elle retombe à terre, le cœur battant, elle détourne la tête pour ne pas avoir à supporter la réaction du chanteur et déclare fébrilement :

« Je pense être assez claire quant à tout ça... »

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Eric Northman
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MessageSujet: Re: A l'automne des saisons, ce sont les feuilles qui meurent. A l'automne de la vie, ce sont nos souvenirs.   Ven 23 Nov - 13:08



Fragile... Tellement fragile... Tellement sensible... Et lui, bien trop brusque. Mégane est bien trop petite, trop réceptive à ce qu'il dit ou fait. Il se sent un peu comme Hercule... Pas au sens propre ou héroïque, mh. Juste qu'il est persuadé d'avoir bien trop de force comparé à l'insignifiante créature qu'il tient contre lui. Et que le moindre de ses mouvements pourrait la briser en deux. Mais en y repensant, il n'y a pas que ses gestes qui peuvent la blesser, visiblement, sa façon d'agir ou de parler fait tout aussi mal. Elle reste dans ses bras, pire encore, elle se blottit contre lui. Étrangement, ça lui fait du bien. Une vague d'apaisante déferle au fond de son être. Il a l'impression d'être puissant et faible à la fois. Personne, oui, personne ne pourrait jamais plus toucher à un seul de ses cheveux sans se prendre un coup du jeune chanteur mais il sait aussi que le moindre des regards de la brune le stoppera net dans ses élans. C'est bizarre comme certaine personne on de l'influence sur vous... bien qu'il puisse sans le moindre problème la faire taire... Il est totalement incapable de ne pas être troublé par ses yeux verts et toutes les choses que la jeune fille lui fait comprendre rien qu'en le dévisageant.

Finalement, même si leur relation est continuellement sous le joug du silence, ils communiquent de façon différente. Peut-être même est-ce mieux, pour eux deux. Le mutisme général. Mais ce n'est pas un silence lourd ou désagréable, non loin de là. Ces moments sont presque irréels. Comme si l'on avait mis sur arrêt le monde et que plus rien ne se passe autour. Les yeux bleus d'Eric qui observaient le monde se reposent sur la jeune fille qui se détache légèrement de lui pour pouvoir le regarder. Il penche la tête dans sa direction. Au fond de ses iris vertes se lisent l'incompréhension. Will se mordille la lèvre inférieure. Il ne peut malheureusement pas être plus clair. Il a des choses qu'il n'est simplement pas en mesure de dire clairement. Navrant pour un jeune homme de son âge. Sans le moindre doute, leur relation sera des plus compliquées à comprendre pour les personnes autour d'eux. Des moments comme celui-ci ? Evidemment qu'il y en aura, mais peut-être pas autant que chez les autres couples. Evidemment, dans l'immédiat, il ne peut pas. Ce n'est pas que ça ne lui plait pas, c'est juste qu'il n'y arrive pas. Trop de douceur d'un seul coup. Il regarde l'objet de ses hantises en fronçant un peu les sourcils. Il ne peux pas être plus explicite. Il détourne doucement les yeux vers le lac.

Eric sent en elle une certaine appréhension. Pas aussi puissante que la sienne, mais elle est bien là, au fond elle. Ô combien il souhaite faire disparaître tous ces doutes qui la ronge mais comment ? Il n'en n'a ni la capacité ni la tact et ça le frustre beaucoup. En regardant encore dans les yeux de la Beethoven, des liens solides viennent de le souder au sol. Plus question de prendre la fuite. Un jour, maintenant il le sait, il lui ouvrira son coeur. Elle verra celui que personne n'a jamais vu. Celui qui, pour elle, serait prêt à se damner. Il veut prendre la parole pour s'expliquer un peu plus clairement, mais il se sent tirer vers elle, surpris il se laisse faire. Il aurait très bien pu ne pas bouger et Mégane n'aurait jamais atteint son but... A quoi bon lutter contre elle alors qu'il ne veut plus la lâcher ? Pour la deuxième fois, leurs bouches se touchent. Peut-être que c'est bien plus agréable que la première fois..? Il ne sait pas trop. C'est différent. Et comme toute bonne chose à une fin, elle détache ses lèvres des siennes et lui se fait violence pour ne pas la retenir. Il lâche un petit rire en voyant que la brune à dû se mettre sur la pointe des pieds pour l'atteindre, puis, sans rien faire pour l'en empêcher, la batteuse se détourne de lui. Se redressant, il repousse des mèches de cheveux du visage de son interlocutrice pour voir la moitié de visage qui lui est offerte. Ne lâchant pas pour autant la taille de la jeune fille.

Comment est-ce possible d'avoir encore des doutes ? Il l'ignore, tout comme ce qu'il doit lui répondre. Non, ce n'est pas tout à fait juste, ce n'est pas qu'il ne sait pas quoi répondre, juste qu'il ne sait pas comment formuler ça. Il lui caresse doucement la tête de sa main libre, avant de la glisser sur la nuque de Mégane, un demi sourire aux lèvres. C'est elle détournée de lui pour éviter de savoir comment il l'a pris ? Tss. Inutile. Aurait-elle oublié que celui qui se tient face à elle est Eric ? Parce qu'il ne va pas se gêner de le dire tout haut. Aurait-il repris du poil de la bête ? Possible. Inévitable. Irrévocablement, le fait qu'elle l'embrasse lui a insufflé bien plus de force qu'elle ne saurait penser. Il se penche, pour se mettre à sa hauteur, la tirant par le menton, notons la douceur effroyable du geste, pour qu'elle le regarde. Avec son éternelle ton taquin.

« Eh bien, Mademoiselle Prescott, quel zèle ! Esquisse un sourire doux avant de lancer un brin tristement mais sans que le ton ne change. Tu ne sais pas à quoi tu t'engages Mégane... Mais c'est ton choix. »

Il dépose un dernier baiser furtif sur ses lèvres avant de la lâcher en se redressant. Il jette un regard dédaigneux autour de lui. Les arbres sont toujours revêtus de leurs manteaux dorés et le temps gris. Ah ? Si peu de temps s'est écoulé depuis qu'ils sont là ? Lui qui pensait être resté là pendant des heures, des mois voir même des années. Il observe un groupe d'élèves qui semblent bien curieux. Bien sûr, en voyant Will se tourner dans leur direction, ils ont fait mine de regarder ailleurs, mais cette brute n'est malheureusement pas sans cervelle. Ils les observent un instant avant de plisser les yeux, las. Il regarde Mégane puis un type qui ne cesse de l'épier. Hum. Une étrange sensation le traverse, incompréhensible pour lui. Hésitation. Lui faire bouffer ses dents maintenant ou rester sagement avec sa belle ? Choix rapi-... Le son de la musique dans son oreille le foudroie. Il regarde la jeune fille à nouveau. Avant de se mettre à marcher. Au début, il ne sait pas quoi lui dire, puis il lui sourit à la manière d'un enfant. Ce qui est plutôt rare chez lui. Exception sur exception. Cette fille à un effet néfaste sur les élans de violence d'Eric.

« Viens sinon je me pense capable de défigurer ce mec et j'ai envie de chanter ... »

« ... Un : parce que ça me rend fou de le voir de reluquer. Deux : parce que j'ai envie d'être seul avec toi. Et trois : parce que je sais que je peux t'aimer sans avoir peur que tu me repousses. » Mais la fin de sa phrase reste bloquée dans sa gorge. Il n'ose pas non plus lui tendre la main même s'il en à la forte envie. Et si elle refusait de la prendre, hein ? Il aurait l'air idiot. Ils passent à côté du groupe qu'Eric ignore royalement continuant tout droit vers la rive gelée. Choisissant un coin tranquille et assez loin de ces Baroques fous qu'il ne comprendra jamais . Qui sont, à ses yeux, pour la plupart des espèces de femmelettes ridicules. Mais les pires sont les Baudelaire, mais là n'est pas la question. Il réfléchit à ce qu'il va bien pouvoir chanter avant de regarder Mégane. La couvant du regard. Qu'allait-il bien pouvoir lancer ? Il glisse son doigt sur l'écran tactile de son portable, réfléchissant. Puis une idée idiote lui passe par la tête et il coule un regard vers la brune, un sourire qui ne dit rien qui vaille aux lèvres. L'envie de chanter avec elle vient de le prendre et rien ne saura le détourner de cette idée. Aucuns couinements, ni supplications ne le fera changer d'avis. De toute façon, il a déjà trouvé la chanson.

« Chante avec moi. »


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MessageSujet: Re: A l'automne des saisons, ce sont les feuilles qui meurent. A l'automne de la vie, ce sont nos souvenirs.   Sam 24 Nov - 15:44

Sa main sur son visage. Ses doigts dans ses cheveux. Que demander de plus ? La jeune fille s'approprie le contact glacé du garçon qui dégage son visage. Elle en goûte le moindre instant, la moindre saveur. La saveur de l'avidité, la saveur de l'amour qui unie les deux êtres, là, au milieu de tant de leurs semblables, et pourtant seuls. Elle entend Eric rire. Sa voix, son ton, tout chez lui, dans son corps, dans son âme, plaisait à Mégane. Elle se fout totalement du reste. Juste eux, et eux seuls. Il faut l'admettre, elle avait encore du mal à s'avouer ses propres sentiments. Elle savait, au fond d'elle, qu'elle l'aimait plus que la vie elle même. Mais son cerveau s'obstinait encore et toujours à réfuter l'imparable vérité.
La main d'Eric glisse jusqu'à la nuque de Mégane, forçant la demoiselle à se retourner. De son autre main, il lui effleure tendrement les cheveux.

Elle, elle se rassasie de ses caresses. Elle le fixe, presque innocemment. Il semble pensif. Comme agité par un combat intérieur. Est-ce un combat contre lui même ? Comme elle, refoule-t-il lui aussi ses émotions ? Et si, tout simplement, Mégane ne représentait pour le chanteur qu'un simple divertissement ? Un objet bon à jeter une fois qu'il serait las de jouer ? Cette idée, aussi étrange soit-elle, s'attarda dans le cœur de la batteuse. Elle y avait déjà pensé, plus d'une fois. L'idée de vivre, ou plutôt revivre quelque chose de similaire l'effrayait au plus haut point. Un jour, elle le dirait. Peut-être à lui. Peut-être à un autre. Mais en l’occurrence, elle ne comptait pas parler de sa vie... d'avant.
Elle scruta les pupilles du garçon. Elles se dilataient de temps à autres. Mais au fond de son regard, elle pouvait apercevoir toute la pureté et la sincérité de son âme. Mégane tente d'oublier. Elle ne veut pas penser que l'objet de ses désirs puisse être un sombre manipulateur... En fin de compte, la vrai raison de son refus d'admettre ses sentiments, ce n'est pas la fierté. Ni la fierté, ni l'obstination, ni la bêtise ou encore une simple idylle. La vrai raison, c'est la peur. La peur de le perdre lui aussi. La peur qu'il ne devienne plus qu'un inconnu. Ou plus exactement, la peur de souffrir. De souffrir encore et toujours. De souffrir de l'amour, de l'oubli, de la jalousie ou de la perversité morale qui fait que les gens changent, que les heureuses secondes de jadis se transforment en un enfer quotidien. Que l'horloge tourne et l'amour avec.

« Eh bien, Mademoiselle Prescott, quel zèle ! »

Mademoiselle Prescott ? Étonnant d'entendre cela après tant de temps loin de ces mondains abrutis par la masse fluctuante de leurs richesses... Sourire sur ses lèvres. Ton amusé dans sa voix. Encore et toujours cette expression moqueuse ancrée sur le visage. Il ne laisse pas transparaître ses émotions. Elle lui aurait bien répondu « Mais vous n'avez encore rien vu Mister Northman », mais elle n'en eut pas l'occasion, assaillie par ses pensées. Elle, pourquoi s'est elle détournée, pourquoi n'a-t-elle pas assumé le poids de ses actes ? Que lui arrive-t-il ? Ça ne lui ressemble pas... Toujours lever la tête. Toujours défier du regard, d'un insolent air légèrement dédaigneux. Il faut se reprendre, chérie !... Elle étend les commissures de ses lèvres, un mince sourire se formant sur sa bouche. Elle revoit au chanteur sa mine taquine. Mais ce dernier est déjà passé à autre chose. Son visage s'assombrit. Son sourire se transforme bientôt en une moue navrée. Il déclare pensivement:

«  Tu ne sais pas à quoi tu t'engages Mégane... Mais c'est ton choix. »

Il se trompe. Elle sait pertinemment qui est cette personne en face d'elle. Mais elle n'y voit pas la même chose que les autres. Elle n'y voit peut-être même pas la même personne que lui-même... Ce qu'elle voit en la personne d'Eric est bien plus fort, bien plus solide que toutes les critiques que la communauté peut lui faire.
Et lui, sait-il à quoi il s'engage ? Sait-il ne serait-ce qu'une once du passé de la demoiselle ? Absolument pas. D'ailleurs, personne à l'Académie ne le sait, pas même ses amis... Elle seul sait, et c'est bien mieux ainsi... Elle sent que le chanteur se penche vers elle. Il lui attrape délicatement le menton et dépose un ultime baiser sur les lèvres de l'anglaise. Elle écarquille les yeux, surprise par l'audace soudaine du geste. Elle tombe dans l'ivresse charnelle que ce simple contact avec les lèvres de l'Autre lui procure. Elle voudrait ne jamais plus quitter ses bras, elle voudrait l'enlacer, à son tour. Une douce ritournelle fait danser son cœur tandis qu'il relâche son étreinte.
Elle regarde les horizons sans vraiment les regarder. Quelque groupe d'élève les observe curieusement. Mais il ne semble n'être qu'un mirage aux yeux de Mégane. Elle les ignore tout simplement, ce qui ne semble pas être le cas de son ami. Il semble agacé par Les regards appuyés de ces imbéciles. La batteuse le couve du regard, c'est inutile de se battre. Il se détourne vers elle, un voile de rage dans le regard. Il ne peut pas être tant énervé pour si peu. Qu'a-t-il vu de plus qu'elle ?... Il se met à marcher. Le silence s'installe de nouveau. La jeune fille n'est pas très loquace, à l'instar du garçon... Alors ils se sourient tout deux, enivrés par leurs sens.

« Viens sinon je me pense capable de défigurer ce mec et j'ai envie de chanter ...»

Ce mec ? Quel mec... Il y a tellement de monde ici qu'elle ne voit pas de qui il pourrait bien parler. Peut-être est-ce ce fameux ''mec'' qui le rend si nerveux, qui sait... Elle ne trouve pas utile de lui signaler son incompréhension. Il y a des choses qui valent mieux être tues. Le couple de Beethoven passe à côté du groupe d'élèves et le compagnon de Mégane finit par s’arrêter à un endroit éloigné des autres. Peut-être préférait-il chanter à l'écart, juste pour elle, comme à leur première entrevue... Il sourit, espiègle à la jeune fille, tout en regardant son téléphone. Quelle idée avait-il eue ? Elle n'en savait rien mais elle se contait de savourer la magie dans laquelle les circonstance les plongeaient tous deux. Elle aimait être seule avec lui. Elle aimait entendre son souffle à ses côtés. Quand ils étaient ensemble, plus rien ne comptait, elle arrivait à oublier le reste. Ses problèmes, ses joies, ses peines, tout s'envolait quand il souriait. Sa voix retentit :

« Chante avec moi. »

Chanter ? Elle ? Jamais de la vie ! Ça n'avait aucun rapport avec un quelconque caprice d'adolescente. Elle ne voulait juste pas chanter. Elle aimait chanter, elle aimait la chanson, elle l'aimait, lui, mais elle ne chanterait pas. Et ça, elle ne reviendrait pas dessus.
Chacun à ses raisons dans la vie. Parfois bonnes, parfois mauvaises. Peut-être celle de Mégane était-elle mauvaise, qui sait. Mais elle savait ce qu'elle voulait et était catégorique.
Son sourire s’effaça de sa bouche et son visage pâlit légèrement. Elle ne comptait pas ni supplier, ni se mettre à genoux aux pieds d'Eric. Tout cela était bien trop futile. Elle se contenta de s'adosser à un arbre, soufflant un nuage d'oxygène, blanc à cause du froid, et de répliquer :

« Non. »

Un mot. Un palindrome simple en soi et appris dès les premiers mois de la vie. La batteuse croisa le regard du Beethoven et le soutenu posément. Elle ne sourcilla pas. Elle maintenait simplement le duel sourd et silencieux qui s'effectuait entre ces deux êtres liés par la fatalité. Elle ne voulait pas le vexer, ni l'effrayer. Elle ne voulait pas non plus l'irriter. Mais si tout cela se produisait, elle accepterait et laisserait la vie reprendre son cours. Elle ne forçait pas Eric à l'aimer, elle l'aimait sans attendre quelque retour de sa part.
Néanmoins, il méritait quelques explications. Elle ne pouvait pas tailler sa route, comme une voleuse, sans rien dire. Elle ne voulait pas tailler sa route, comme une voleuse, sans rien dire. Alors elle lui prit affectueusement la main, l'incitant à s'asseoir à côté d'elle. Elle était lasse de toujours devoir marcher sur des flammes ardentes pour protéger son vécu. Pour se protéger, elle.

« Je t'aime Eric, saches-le. Mais je ne veux pas chanter. Ça n'a rien à voir avec toi, juste avec moi et moi seule. J'assume totalement mes actes et tu peux partir si tu veux. Mais c'est tout simplement impossible. Il s'est passé des choses, avant que j'intègre cette école, que je préférerais oublier. Et chanter ne m'y aidera pas... »

Elle laisse sa tête tomber mollement contre le tronc derrière elle, appréhendant la réaction du blond. Car même si elle lui avait dit qu'il était libre de s'en aller, c'était bien la dernière chose qu'elle souhaitait...




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