Winter -014-015 - Pear, Spark & Lastie
 
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 « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End

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Jessie Jefferson
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MessageSujet: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Mar 23 Oct - 0:52


« I'm sick of the past I can't erase. »


Jessie Jefferson.
Feat. Nathanaël Von Arlex.

« Is it over yet? Will I ever feel again? »


Week End.
Enfin, hourra. La semaine avait été longue. Les longues journées estivales relaxes et chaudes manquaient à sa vie. Pendant les vacances, elle avait pu faire tout ce qu'elle voulait pour occuper son temps libre. Rien faire, flâner, dessiner, penser. Surtout penser. Et se rappeler. Ses nombreux sombres souvenirs avaient fait souvent surface dans sa tête. Ils n'avaient cessé de tourner encore et encore. Venir, partir, puis revenir et puis repartir. En fait, ils n'avaient jamais vraiment arrêté. Ils revenaient tout le temps, comme toujours. Ces sombres souvenirs et ces sombres pensées qui les accompagnaient. Toujours. Ils ne la quittaient jamais complètement. Jamais. Presque chaque jour, elle avait dessiné. Gribouillé, griffonné, fait des croquis de toute sorte dans son cahier, sur des feuilles mobiles, sur du papier quadrillé. Partout. Et n'importe quoi. Tous ces croquis reposaient maintenant en pile sur sa table de travaille dans sa chambre dans le bâtiment des Baroques. Pile qui finira sûrement un jour dans le fond d'une armoire. Et la jeune fille avait pensé à l'année scolaire qu'elle avait vécue et qu'elle venait de terminer. Ces mois avaient été longs et plutôt pénibles. De plus, elle avait passé ces derniers seule. Enfin... Surtout le début de l'année. Elle avait passé les derniers mois un peu moins seule. Un peu. Un jeune homme dans son cours d'arts plastiques lui avait parlé pendant les vacances de printemps. Ils n'avait pas discuter longuement en fait... Mais assez pour qu'ils se reparlent une autre fois. Les mains enfoncées dans les poches de son manteau gris foncé, le menton baissé à l'intérieur de son foulard rayé de bleu et de blanc qui s'enroulait gentiment autour de son cou, Jessie errait en silence sur le sentier qui faisait le tour du lac. Chaque fois qu'elle posait le pied sur le sol, le doux son des feuilles mortes qui craquaient sous son poids résonnait dans les bois. Ces derniers étaient calmes. Très calmes. À cette époque de l'année, tout semblait ralentir. La nature elle-même avait l'air de s'endormir. Il en résultait un calme presque absolu. De temps en temps, on pouvait entendre un oiseau siffloter quelques notes ou apercevoir un écureuil courir sur le sol forestier à la recherche de quelque chose à manger. À part cela, les bois était silencieux. Un silence agréable et mélodieux. Un silence comme elle les aimait.

Un légère brise soufflait entre les branches presque dénudées des arbres. Certains arbres avaient, cependant, encore leur feuillage. Ce dernier se teintait joliment d'orange, de rouge et jaune or. L'automne n'était pas la saison qu'elle préférait, mais elle avouait tout de même que les paysages étaient magnifiques. Les extrémités de son foulard et ses longs cheveux qu'elle n'avait pas attachés flottaient légèrement derrière elle alors qu'elle continuait sa marche à travers le sous-bois. D'où elle était, elle pouvait voir l'eau du lac miroiter au Soleil entre les troncs et les buissons. Elle n'avait aucune idée de l'heure qu'il était. Dès qu'elle avait finit son repas, Jessie avait quittée l'académie pour l'après-midi. Elle n'avait rien fait de bien intéressant en fait. Seulement, et simplement, marché. Pour s'aérer l'esprit, se changer les idées. C'était quelqu'un qui en avait bien besoin en plus. Sans cesser d'avancer, elle ferma les yeux et redressa un peu la tête. Elle laissa le doux vent caresser ses joues. Elle laissa l'air froid et pur remplir ses poumons et glacer l'intérieur de sa poitrine. Elle fit un pas de plus devant elle avant de percuter quelque chose. L'impact la fit reculer de quelque pas et elle ouvrit soudainement les yeux, surprise et un peu mal d'avoir été si bête. Quelqu'un. Merde? Non. Pas pour cette personne. C'était lui. Encore. Nathanaël. Le jeune blond qu'elle avait vu quelques fois cet été. Celui avec qui elle avait discuter vaguement. Celui avec qui elle appréciait bien de partager le silence. Car il semblait clairement que le jeune homme aimait tout autant qu'elle le calme et la solitude. Ils s'étaient souvent croisés ces derniers mois. Presque toujours accidentellement, mais contre toute attente, le rencontrer comme ça ne l'avait pas trop dérangé. Un peu au début, mais plus maintenant. C'était presque devenu une habitude. Quelques fois, les deux Baroques avaient parlés, mais ils avaient surtout profité de la compagnie de l'autre en silence. Presque toujours en silence. Assis quelque part ou encore simplement marcher aux côtés de l'autre. Cependant, elle ne l'avait jamais approché à ce point et elle était présentement mal à l'aise de lui avoir rentré dedans de cette façon. Elle fit un pas de plus en arrière en baissant la tête dans son foulard de manière timide et honteuse.

« Désolée... » murmura-t-elle.

Elle avait pris soin de ne pas le regarder dans les yeux. Elle avait vite compris que le jeune blond avait une facilité pour lire dans l'âme des gens. Une facilité pour trouver les trucs qui n'allaient pas chez quelqu'un, les trucs qu'une personne cherchait à cacher à tout le monde. Et elle ne voulait pas qu'il sache pour elle. Pas maintenant. Pas encore.
Même si elle avait une certaine confiance en lui. Même s'ils étaient devenus... Amis?
Peut-être... Elle ne le savait pas vraiment elle-même. Elle n'avait jamais vraiment eu d'amis avant. Mais en attendant, elle lui avait tout de même foncé dedans.

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Dernière édition par Jessie Jefferson le Jeu 1 Aoû - 20:55, édité 2 fois
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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Mer 31 Oct - 20:56


« I’m not sure of the meaning of Us. I just know it’s real. »
Nate tira un peu sur les manches de son pull pour qu’elles recouvrent ses mains un peu fraiches. L’automne était bel et bien installé sur Lorient, parant le bois de l’Académie de couleurs flamboyantes caractéristiques de la saison.
Le Baroque marchait seul dans le domaine, comme il en avait l’habitude les week-ends où il n’avait rien d’autre à faire. Certes, il aurait aussi pu nager, dessiner, ou même « trainer avec ses amis ».
Trainer avec ses amis.
C’était un concept nouveau pour le jeune dessinateur. Trainer. Expression communément utilisée par les adolescents pour désigner le fait de passer du temps avec une ou plusieurs autres personnes sans rien faire de particulier. Bavarder, rire, c’est ce que faisaient les gens qui « trainaient ».
Depuis quand Nate trainait-il ?
Pas longtemps. Avant d’être à l’académie, avant d’avoir des amis, c’était un concept qui lui était étranger. Avant, ses contacts avec ses congénères étaient… limités.
Et aujourd’hui ? Tout ceci avait bien changé. Nate avait des amis. Peu, certes. Et pas vraiment le genre d’amitié auquel on s’attend entre deux jeunes dits « normaux ». Nathanaël avait des relations particulières, mais néanmoins passionnantes à ses yeux.
Autrefois renfermé sur lui-même, sans conversation pour qui que ce soit, aujourd’hui il s’était ouvert. Oh, il était loin d’être extraverti, et il ne cherchait d’ailleurs pas à l’être. Sa propre ouverture avait tendance à l’inquiéter un peu, parfois. Il en arrivait même à être gentil, une grande première. Dire qu’au début, tous les élèves qui le côtoyaient avaient envie de lui casser la gueule.
Bref. Donc non, Nate ne trainait pas avec ses amis. D’abord parce que même quand c’était le cas, il trouvait l’expression inappropriée.

Nathanaël marchait tranquillement, sans aller nulle part en particulier. Il écoutait simplement. Il écoutait les bruits de la forêt. Il écoutait les couleurs. Il écoutait le froid. Il écoutait l’odeur humide de la terre jonchée de feuilles.
Machinalement, le jeune dessinateur sortit son crayon fétiche de sa poche et le porta à ses lèvres. Pensivement, il continua à écouter. Son imagination fit le reste. Les bruits de la forêt devinrent des formes, parfois douces et délicates, parfois sèches. Les couleurs devinrent des danseurs de flammes et de soleil froid dont la grâce du ballet n’avait d’égal que la passion flamboyante de ces êtres majestueux. Le froid devint une créature d’automne dont chaque geste rythmait avec autorité le ballet des couleurs. L’odeur humide de la terre jonchée de feuilles devint autant de danseuses aqueuses et colorées, espiègles et belles. Un piano de bois, posé naturellement au milieu de cette forêt qui prenait ainsi vie dans l’esprit de Nate, délivrait une douce mélodie autour de laquelle chaque acteur de cet incroyable tableau dansait, dansait encore…

Un choc fit soudain disparaitre la scène. Nathanaël revint brusquement à la réalité, très légèrement étourdi. Son regard en croisa un autre. Bleu. Intense. Eblouissant d’émotion. Ce regard, il le connaissait. Ce regard le fascinait, plus que n’importe quel autre. Ce regard, il aurait pu y rester plongé des heures entières sans se lasser.
Jessie Jefferson baissa les yeux presque aussitôt. Trop vite. Ca n’avait à vrai dire duré qu’une toute petite seconde.
Elle recula d’un pas. Nate réalisa que c’était la première fois qu’ils se touchaient. Il n’avait pas pensé que cela se passerait ainsi.
A quoi avait-il pensé, en fait ? Nate n’avait jamais songé à toucher Jessie. Il n’était pas tactile, et elle non plus.
Jessie Jefferson.
Nate se souvenait comme si c’était hier de la toute première fois qu’ils s’étaient adressé la parole. Cela remontait à quelques mois, c’était au printemps, mais il faisait froid. Il pleuvait. Cette rencontre dans la salle d’art était purement fortuite. Nate se souvenait de chacun des mots qu’ils avaient échangés. C’était intense, poignant. Nathanaël n’avait jamais connu de telle relation auparavant.
C’était nouveau pour Jessie aussi, mais dans un genre différent. Il avait compris qu’elle avait toujours été complètement seule. Cette solitude avait frappé Nate en plein cœur. Le plus intrigant était que le jeune homme avait ressenti pour Jessie des sentiments dont il s’était toujours cru incapable. La compassion. Le besoin de combler le trou béant dont souffrait l’âme de la jeune fille.
Et puis ils étaient devenus amis. Naturellement. Deux êtres décalés, différents, rapprochés par une force qui allait au-delà de la sociologie. Une force qui se cachait quelque-part dans leurs gènes, sans doute. Ils se voyaient parfois. Parlaient peu, se taisaient beaucoup.
Jessie ne regardait pas Nate. Elle avait cerné son fonctionnement, et évitait donc son regard. Pourtant c’était ce qu’il désirait le plus lorsqu’il était avec elle, la regarder dans les yeux. Elle avait un regard trop fascinant pour qu’il pût y rester indifférent. Jamais un regard ne l’avait autant obsédé que celui de Jessie Jefferson.

- Désolée…

La jeune fille avait murmuré, complètement embarrassée. Mais sa voix était moins hésitante qu’avant, un peu plus naturelle. Nathanaël se souvenait du début de leur toute première conversation, où chaque mot qu’elle prononçait semblait être comme une terrible souffrance pour elle.

- Excuse-moi, je ne regardais pas où j’allais.

Un sourire doux accompagna le ton égal du jeune homme. Il laissait plus facilement ses sentiments s’exprimer, avec elle. Premièrement parce qu’il lui faisait confiance, qu’elle faisait partie de ses rares amis. Deuxièmement parce que leur relation était la plus pure et la plus vraie qu’il ait. Il lui vouait une confiance totale, d’une manière que lui-même trouvait un peu irrationnelle. Jessie lui faisait confiance aussi, il le savait. Peut-être pas de la même manière, et c’était légitime, mais elle lui faisait confiance quand même.

- On marche ?

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Jessie Jefferson
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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Ven 23 Nov - 1:05

Un sourire.
Doux, agréable. Charmant. Son regard posé sur elle, elle le savait, elle le sentait. Il avait toujours aimé ça observer les gens. Il s'excusait. Il n'avait pas pris garde à regarder où il allait. Lui aussi. Elle fut tentée de lui répondre que c'était pareil pour elle, mais elle se reteint. Jessie n'avait jamais été spontanée et ce n'était pas près d'arriver. Mais un jour, avec lui, peut-être. Peut-être. Un peu gênée, son regard passait de droite à gauche, toujours sans croiser les yeux du jeune homme. Même si elle était devenue légèrement moins timide avec les gens ces dernier mois, elle restait toujours un peu hésitante à croiser leur regard. Surtout celui de Nathanaël. Bien sûr, ses yeux étaient beaux, d'un vert magnifique même, mais comme beaucoup sûrement, elle avait compris qu'il possédait un esprit d'analyse de fou. Lors de leur première rencontre il y a quelques mois, elle avait remarqué qu'avec une simple de ses réponses, le jeune homme pouvait découvrir la raison presque exacte de ses paroles. Quant à son regard, il était comme un scanneur qui analysait les gestes, la façon d'agir des gens et qui pouvait percer les secrets de purs inconnus juste en les regardant dans les yeux. C'était unique, il était unique. Du monde comme lui qui ne jugeait pas à la première vue, ça ne courait pas les rues. Alors depuis, elle faisait un peu plus attention à ce qu'elle disait, réfléchissait aux possibles sous-entendus ou double messages que pouvaient contenir ses mots quand elle était avec lui. Quand ils parlaient, bien entendu. Car ils aimaient le silence. Tous les deux.

Proposition. Marcher? Oui, bien sûr.
Mais ouais, pourquoi pas. Elle accepta d'un court hochement de tête et elle prit une direction tout à fait au hasard. Et ils partirent ensemble sur le sentier, côte à côte, marchant sans grande hâte. Une marche agréable, une espèce de petite promenade. Juste profiter du moment, comme ils l'avaient fait quelques fois avant aujourd'hui. Et aujourd'hui justement? Encore une rencontre imprévue qui se passera en silence? Peut-être... Peut-être pas. Avec lui, tout semblait plus facile... Y compris parler. Et elle en avait besoin, de parler. Depuis toutes ses années à garder tout pour elle, ses pensés, ses rêves, ses idées, entièrement et seulement pour elle, ça lui faisait du bien d'avoir quelqu'un avec qui discuter. Discuter peu, mais c'était déjà mieux que rien du tout. Mais bon, il fallait bien l'avouer, leurs discussions étaient courtes et sur des sujets relativement sérieux. Jessie n'avait jamais vraiment parlé de sujets plus légers, de trucs un peu inutiles et complètement superflus. Et cela limitait un peu ses relations, bien que son caractère lui-même y faisait obstacle, puisque les jeunes aimaient plus bavarder sur des points anodins. Elle jeta un petit et rapide coup d’œil au jeune homme qui cheminait à ses côtés. Il semblait penser, encore et toujours. Elle tourna la tête pour voir le paysage coloré défiler alors qu'elle avançait. Le vent dans les branches, leurs pas sur le sol recouvert de feuilles mortes, la forêt qui s'endormait en vue de l'hiver à venir, c'était tout ce qu'elle pouvait entendre. Ils marchaient depuis un petit moment déjà. Briser le silence qui les entouraient? Pour une fois? Pour une fois.

« Tu aimes l'automne, toi? »

Elle le dit d'une voix rapide, un peu maladroite. Dire quelque chose... D'insignifiant. Plutôt irréfléchis. Voilà. Tant qu'à faire des trucs qu'elle ne faisait pas habituellement, autant bien le faire. C'était inhabituel venant d'elle, mais bon, un changement, ça faisait presque toujours du bien.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Sam 1 Déc - 19:59

Ils se mirent à marcher côte à côte, en silence. Ils parlaient rarement, parce qu’ils appréciaient le silence, et parce que Nate ne parlait pas pour ne rien dire. Il était comme ça, taciturne. Il avait déjà trois ans lorsqu’il avait commencé à parler, et encore, il se contentait du strict minimum. Il avait bien changé, depuis. Il parlait plus volontiers, sortait plus facilement de son mystérieux mutisme. Il avait évolué.
Jessie aussi, avait évolué depuis la première fois qu’ils s’étaient adressé la parole. Nathanaël se souvenait précisément de la difficulté qu’elle avait eu ne serait-ce qu’à dire son prénom.

- Tu aimes l'automne, toi ?

Nate tourna lentement la tête vers son interlocutrice, qui venait de rompre le doux silence de la forêt. Intéressant, ce n’était pas dans ses habitudes d’entamer la conversation. Qui plus est pour parler d’un sujet en apparence futile, quoique le jeune homme fût capable de trouver un intérêt et un sens plus profond à presque n’importe quelle conversation qui semblait anodine au premier abord.
En l’occurrence, l’intérêt était simplement de parler. De parler comme deux adolescents normaux, bien qu’ils n’en fussent pas. Parler pour assouvir le simple besoin de s’exprimer. La voix de Jessie était maladroite, un peu précipitée, preuve que converser avec quelqu’un n’était pas automatique chez elle.
Nate dévisagea Jessie, qui marchait en regardant droit devant elle, veillant à ne pas croiser son regard – ce qui ne faisait qu’accroitre le désir du jeune homme de pouvoir scruter ces yeux qui le passionnaient tant.
Ah oui, c’est vrai, elle avait posé une question. S’il aimait l’automne ? Il n’y songeait pas vraiment. Oui, c’était une saison assez belle qui l’inspirait, quoiqu’il trouvât de l’inspiration dans n’importe quelle saison, parce que c’était justement la saison elle-même et pas forcément les décors qui s’y rapportaient qui pouvaient l’inspirer. Il n’aimait pas trop l’hiver, ceci dit, car c’était synonyme de froid intense et de maladies qui le clouaient au lit et l’empêchaient de réfléchir. Il aimait bien l’été, tout simplement parce qu’il faisait chaud, et le printemps à cause de la pluie – il aimait bien la pluie. Mais l’automne, aimait-il cela particulièrement ? Les couleurs, ça lui était égal, il travaillait assez peu avec. C’était surtout une saison annonciatrice de l’hiver à venir, ce qui avait tendance à le rendre un peu mélancolique, et une saison où les températures se faisaient chaque jour un peu plus basses. En revanche, c’était à cette saison que les promenades dans la forêt étaient les plus intéressantes. Donc oui, il aimait bien l’automne, mais pas particulièrement.

- Ouais. Et toi ?

Tout ça pour ça, oui. Quoique, il n’avait mis qu’une quinzaine de secondes à répondre. Il tourna à nouveau la tête vers Jessie – oui, il avait recommencé à regarder devant lui avant de répondre –, juste parce qu’il aimait bien regarder les expressions faciales des gens lorsqu’il leur parlait, sinon l’intérêt de la chose était réduit. Nate n’étais d’ailleurs pas du tout à l’aise lorsqu’il parlait au téléphone, parce qu’il ne pouvait pas voir le visage de son interlocuteur et que c’était extrêmement perturbant. Bref, là n’était pas la question.
Ça lui faisait bizarre, de parler d’un truc anodin. Mais bon, pour une fois, et puis si ça faisait du bien à Jessie, tant mieux.

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Jessie Jefferson
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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Mar 5 Mar - 23:05

|| Désolée de tout... Tout ce temps. ;_; ||

Il prit son temps pour répondre. Un court moment passa sans que le jeune homme réagisse. Ou du moins, il ne sembla pas réagir. Enfin, elle n’osa pas vérifier, préférant regarder fixement devant elle. Elle faisait ça un peu pour éviter son regard, mais aussi pour ne pas qu’il puisse lire la gêne qui devait se refléter dans ses yeux. Timide, elle? On était plus porté à croire qu’elle n’était que renfermée sur elle-même, mais la jeune fille est également timide. Bien que beaucoup ait déjà une idée préconçue d’elle, elle n’aimait pas vraiment savoir ce que les autres pensaient de sa personne. De plus, malgré le fait qu’elle s’était habituée aux regards étranges des autres élèves, elle n’appréciait pas plus leur regard. En fait, on ne s’habituait jamais à ce genre de truc, on ne faisait que faire avec. Mais Nathanaël? Avait-il lui aussi déjà un avis sur elle? Qu’allait-il penser? Il savait tout aussi bien que la jeune étudiante n’était pas très causante. Et contrairement à elle, il savait bien reconnaître les sentiments et les émotions de ses camarades.

Sa réponse fut bien simple. Courte, directe. Pas mal comme il en avait généralement l’habitude. Elle ne s’attendait pas vraiment à plus long non plus. Plus court? C’était, selon elle, impossible. À moins de limiter sa réponse à un hochement de tête ou un simple Hmmm. Et elle? Les couleurs de l’automne étaient belles, mais c’était pas mal la seule qualité qu’elle pouvait trouver à cette saison. Pour elle, l’automne signifiait rentrée scolaire et avec ses rapports relationnels avec les autres élèves étaient… Enfin, on le sait déjà bien. De plus, il faisait de plus en plus froid et Jessie n’aimait pas geler. Selon elle, avoir froid était pire qu’avoir chaud. Un vent glacial mordait plus qu’une rafale brûlante. Surtout lorsqu’on vivait seul dans son propre monde, endroit coupé, à part, sans chaleur. Sans personne pour ensoleiller cet univers personnel.

« Pas spécialement… »

Elle souffla sa réponse d’une voix absente, perdue dans sa tête, égarée entre ses pensés qui tournoyaient sans cesse dans son crâne. Pour en revenir aux saisons, elle préférait tout de même l’été. Bien sûr, n’ayant pas l’habitude de porter des vêtements légers faits pour la saison estivale, elle avait souvent chaud, mais c’était facile de régler ce problème : rester au frai à l’intérieur d’un quelconque bâtiment. Mais elle appréciait surtout l’été, car elle pouvait rester de son bord sans que personne ne s’en préoccupe. D’ailleurs, c’était toujours quelque chose qu’elle s’était demandée : qu’est-ce que ça pouvait bien faire aux autres qu’elle soit seule? En quoi ça les dérangeait? Ce n’était pas comme si ça affectait dramatiquement leur vie, non? Elle senti que Nathanaël avait de nouveau tourné la tête dans sa direction.

« C’est une saison plutôt quelconque. »

En fait, peut importe la saison, tant qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait sans que d’autres ne la jugent sans comprendre, ça lui convenait. Oui, bien sûr, on se fera toujours jugé même si on essaye d’agir pour le mieux, mais on parle de jugement sans tenir compte de la personne en question. Les gens étant ce qu’ils sont sans raisons sont rares, c’est notre vie qui nous change, qui fait ce qu’on est devenu à ce jour. Si Jess’ n’avait pas eu la vie qu’elle avait vécue, elle n’aurait sûrement pas été comme elle était maintenant. Elle aurait été différente. Normale même. Mais bon après tout, qu’était-ce qu’être normal? Depuis toujours, on a défini l’anormal comme étant tout ce qui n’était comme les autres, tout ce qui n’était pas général. Tout ce qui était différent. Est-ce que ne pas avoir de famille était être simplement différent ou être victime d’un cas inhabituel? Ou bien les deux? C'était une question qu'elle n'osera sans doute jamais posée, même à son propre reflet. De toute façon, il n'aurait pas pu répondre lui non plus.

« Comme les autres en fait… À part la température, elle n’est pas différente. Elle dure trois mois et reviens chaque année. »

Pensive, elle ne réalisa pas qu’elle s’exprima sans gêne. Elle ne fit que dire sa pensé, sa réflexion. Enfin, sa réflexion sur l’automne. Elle passa une main dans ses cheveux, les faisant glisser vers l'arrière afin de dégager son visage. Dire quelque chose sans importance et sans vraiment y penser. C'était bien la première fois depuis longtemps qu'elle faisait ça.

« Malgré tout, j’aime mieux l’été. »

Toujours en utilisant le même ton de voix un peu absent. Encore une fois partie dans son monde.
Son monde à elle.
Mais aux côtés de Nathanaël cette fois.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Ven 19 Avr - 18:42

|| C'est pas grave du tout ma Gryfi ♥, désolée moi aussi j'ai mis du temps pour répondre ._. ||

Jessie répondit d’une voix absente. La conversation était, comme toujours entre eux, très calme et lente, ici d’autant plus. Deux adolescents solitaires qui marchaient dans la forêt, se parlaient vaguement d’une chose totalement futile… C’était un peu comme si aucun des deux protagonistes n’était vraiment là, à vrai dire.
Sauf que Nate était bien présent, toujours. Il donnait l’impression d’être dans ses pensées, alors qu’il était en permanence captivé ce qui l’entourait, ou parfois, comme dans le cas présent, par une seule et unique chose qui accaparait toute son attention. Et en l’occurrence, il s’agissait de Jessie. Il l’observait en silence, alors qu’elle parlait doucement, pensive, égarée dans les méandres de son esprit. Et c’était tout bonnement fascinant. Pour la première fois sans doute, elle parlait sans hésitation, sans crainte, sans douleur ; les mots émanaient naturellement. Etait-ce parce qu’ils parlaient d’une chose tout à fait anodine ? Très probablement. Comme quoi, même les conversations à priori les plus inutiles ne le sont en réalité pas.
Jessie passa une main dans ses cheveux, dégageant son visage harmonieux. Peut-être qu’elle avait un peu oublié sa présence, pour oser se montrer aussi détendue. Elle semblait tellement absente, loin de lui, et pourtant paradoxalement proche. Parce que Nate savait pertinemment que la jeune fille n’était pas du tout le genre à parler toute seule. Elle lui parlait à lui, plus tranquillement que jamais. Et il n’arrivait pas à détacher son regard de l’objet de sa fascination. Si seulement elle pouvait lui offrir son regard, rien qu’un instant… Mais non, elle regardait obstinément devant elle. Ses yeux étaient perdus dans le vague, tournés vers ses songes les plus doux – ou les moins durs peut-être.
Nathanaël se força finalement à détourner le regard. Il allait finir par trébucher sur quelque chose, à force de ne pas regarder où il allait. Il tira un peu sur les manches de son pull pour recouvrir ses mains, frissonnant légèrement. Ah, tiens, il venait de se rappeler que les mots de Jessie avaient quand même un sens, et qu’elle avait mentionné préférer l’été. Chose assez intrigante, il n’avait jamais vu la jeune fille porter des habits d’été. Elle était toujours couverte, et surtout mal à l’aise avec son corps, il le savait. Elle était très jolie, son complexe allait au-delà d’un concept de formes. Et si elle cachait une cicatrice, quelque chose comme ça ?
Quoique, pas forcément. Nate avait tendance à extrapoler facilement, et même si en principe il avait un assez bon instinct pour ce genre de choses, il n’avait pour l’heure aucune certitude. Peut-être que Jessie ne supportait pas le soleil… Quoiqu’en principe, on aime l’été pour le soleil, non ? Et puis elle n’aimait pas l’hiver.
Le jeune homme était en train de partir dans des raisonnements de plus en plus profonds, son esprit d’analyse en pleine activité, mais il s’obligea à se reconcentrer sur le cas présent. Il fallait peut-être qu’il réponde à la jeune fille, s’il voulait maintenir la conversation.

- J’aime aussi l’été.

Il tourna la tête vers la jeune fille le temps de lui répondre, un léger sourire planant sur la commissure de ses lèvres et dans son regard, sans qu’elle soit apte à le voir. Il réorienta à nouveau les yeux dans une autre direction, observant pensivement l’eau sombre du lac non loin. La chaleur du soleil sur sa peau lui manquait déjà, et il redoutait un peu l’hiver, saison bien longue… Mais bon, de toute manière, comme l’avait dit Jessie, les saisons reviennent chaque année et l’on n’y peut rien. Oui, peut-être que toutes les saisons étaient un peu quelconques, en fait. C’était une théorie intéressante. Avoir une préférence pour l’une ou l’autre ne changeait pas grand-chose, sinon un sentiment de joie à l’arrivée de la saison fétiche et de la mélancolie à la fin de celle-ci.

- As-tu passé des vacances agréables, cet été ?

Il avait parlé sur le ton égal de cette conversation un peu rêveuse, sans résister à l’envie de tourner à nouveau les yeux vers Jessie, avec toujours ce léger espoir de croiser son regard. Cette question lui était venue tout à fait naturellement, après tout elle était dans la continuité de la conversation. Pour autant, il était conscient que la discussion prenait ici un intérêt un peu plus grand. En effet, il savait que la jeune fille n’avait aucune famille, et que l’académie était fermée durant l’été. Qu’avait-elle bien pu faire, alors ?

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Jessie Jefferson
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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Sam 27 Avr - 20:09

Le silence et rien d'autre. Le doux souffle du vent dans les feuilles mortes, puis silence. Les battements d'aile de l'envol d'un oiseau et silence à nouveau. Ce n'était pas oppressant comme silence, simplement... Spécial, disons. Entre ces deux là, ce n'était jamais de grandes conversations. Ni de longs échanges de regard. Elle les évitait le plus souvent possible. Elle n'aimait pas se faire lire. Les problèmes, les moments difficiles et les meilleurs, les souvenirs bons ou mauvais, elle préférait les garder pour elle, seulement pour elle. Ce n'était pas de l'égoïsme, qui est-ce que ça pourrait intéresser? Nathanaël, bien sûr. Cette réponse était plutôt évidente. Ce jeune homme semblait avoir beaucoup d’intérêt pour elle. Pour elle et son histoire en fait. Elle pouvait le sentir. Il était assez spécial comme garçon : il voulait apprendre à la connaître. Étrange, non? Après tout, ce n’était pas dans l’habitude des autres de s’intéresser à la jeune fille.

« J’aime aussi l’été », répondit-il après un moment.

Elle réprima un soupir. Beaucoup de gens aimaient l’été. C’était plutôt une belle saison. Mais peu devait l’apprécier pour les mêmes raisons qu’elle la préférait. Pour Jessie, l’été annonçait les vacances. Les vacances voulaient dire pas de cours. Pas de cours signifiait qu’on n’était plus obligé de côtoyer des gens tous les jours... Et ça c'était des vacances. Depuis... Quelques années, elle tentait de fuir le plus possible la présence des autres. Elle voulait s'éloigner, rester à l'écart. De toute manière, personne ne voulait d'elle. Ses parents eux-mêmes n'ont pas voulu la garder. Ils l'avaient abandonnée, laissée seule. Complètement seule. Sa famille adoptive n'avait jamais voulu d'elle non plus. La jeune femme était certaine que les deux vieux l'avaient gardé simplement pour des raisons morales: on ne peut pas laisser un bébé traîner sans personne dans la rue. Ce qui était plutôt ironique sachant que ses parents biologiques l'avaient fait. Sa vie en tant que telle n'avait simplement aucun sens.

Si elle préférait rester seule de son bord, c'est surtout parce que personne ne la voulait du leur. Elle ne savait pas pourquoi, mais les autres gens ne semblaient pas vouloir apprendre à la connaître. Ils la jugeaient sans rien savoir d'elle et la rejetait parce qu'elle n'était pas comme eux, qu'elle n'était pas normale. Tout ça lui était incompréhensible. Elle s'était demandé si c'était à cause de son style vestimentaire, car si ça avait été le cas, elle aurait pu changer un peu pour avoir l'air moins différente. Mais ce n'était pas cela. La Baroque avait vu des inconnus ayant un style similaire et ils avaient tout de même des amis. Elle s'était ensuite questionner si c'était quelque chose qu'elle faisait - ou qu'elle ne faisait pas. Elle n'avait jamais rien trouvé. Chaque fois qu'elle ciblait une de ses caractéristiques personnelles pour vérifier si c'était ça le problème, elle trouvait quelqu'un qui l'avait et qui avait quand même des camarades. Puisqu’elle ne trouvait rien, elle avait arrêté de cherche ce qui n'allait pas avec elle. Elle avait conclu que le problème était tout simplement Jessie Jefferson. Comme depuis toujours.

« As-tu passé des vacances agréables, cet été ? » poursuivit-il.

Elle baissa les yeux, focalisant son regard sur le centre du sentier qu'ils suivaient. Si ça avait été son genre, elle aurait ri. Ses vacances avaient été… Correctes. Elles n’avaient pas été mal, d’ailleurs, comment est-ce que ça peut aller mal si elle n’avait presque rien fait de tout l’été? S’isoler dans sa chambre pendant de longues semaines n’était pas très palpitant, mais c’était plus agréable que de supporter les regards lourds et les commentaires souvent désobligeant des élèves de l’académie. Ces derniers n’étaient bien sûr pas tous comme ça, mais il ne suffisait qu’une poignée d’entre eux pour tout gâcher. Elle ne pouvait pas dire qu’elle s’était amusée non plus. Cela faisait bien longtemps qu’elle ne l’avait pas été. Alors quoi? Que pouvait-elle répondre à ça? Ses vacances avaient été comme n’importe quel autre jour : rien ne s’était réellement passé, seul le temps avait filé. Elle tourna la tête vers le bord du sentier, à l’opposé de Nathanaël. Elle glissa ses mains dans les poches de manteau et inspira profondément.

« Eh bien… »

Elle marqua une pause. Elle n’avait toujours pas trouvé ce qu’elle allait répondre. La jeune femme savait que le Baroque avait deviné qu’elle n’avait pas vraiment de réelle famille. C’était l’une des choses qu’il avait déduit lors de leur première rencontre. Elle se disait qu’il devait bien se demander ce qu’elle avait fait pendant tout l’été. Sa curiosité était bien grande à ce jeune blond. Elle reporta son regard sur le sentier.

« Ça dépend ce que tu entends par agréable », dit-elle d’une voix las.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Jeu 2 Mai - 18:59

Jessie évitait encore son regard. Constamment. En permanence. Et Nate se rendait compte que plus elle l’évitait, plus son désir de croiser son regard était grand. La vision était le sens qui apportait le plus d’information à Nathanaël, et la vision dans la vision était pour lui le paroxysme de la connaissance d’autrui. Une mise en abîme sublime, nécessaire, absolument nécessaire. Ne pas y avoir accès était réellement frustrant, mais néanmoins intrigant. Toujours était-il qu’à défaut de pouvoir se plonger dans la profondeur du regard torturé de Jessie Jefferson, le jeune homme pouvait au moins lui lancer des regards à sens unique, ce qui était mieux que rien. Et puis ils se parlaient, ce qui était également bien.
La jeune fille tourna la tête à l’opposé de Nate, ce qu’il aurait pu interpréter comme une sorte de provocation s’il ne connaissait pas un minimum la jeune fille. Non, elle ne le provoquait pas. Elle n’aimait pas qu’il la regarde dans les yeux, il pouvait le comprendre. C’était de la légitime défense, en quelque sorte.
La réponse à la question de Nathanaël venait péniblement. Oh, sujet délicat, évidemment. Le seul sujet tranquille possible, c’était la pluie et le beau temps, et ils en avaient déjà bien assez parlé au goût du blond.

- Ça dépend ce que tu entends par agréable.

Elle avait fini par réussir à répondre, finalement. Oh, d’un ton tellement las ! L’on eut dit qu’elle portait toute la peine du monde sur son frêle dos. Son regard posé sur le sentier était chargé de lassitude, du peu que Nate pouvait en voir depuis sa position actuelle. Il reporta lui aussi ses yeux sur le sentier, l’air frais s’engouffrant dans ses poumons alors qu’il inspirait profondément. Ce qu’il entendait par agréable ?
Qu’est-ce qu’il trouvait agréable, lui ? Dessiner. Etre sporadiquement seul, complètement coupé du monde. Nager. Concernant les activités plus sociales… « trainer » avec ses amis, sonder les regards des autres, dessiner des gens… Et les choses de tous les jours, comme le soleil, l’odeur de la forêt en automne, une brise légère pour soulager la chaleur intense de l’été… Il y avait des tas de choses agréables dans la vie, au final. Par extension, on peut d’ailleurs considérer que tout ce qui ne procure aucun mal-être ou dérangement est en quelque sorte agréable. Oui, c’était une réponse assez globale.

- Tout ce qui te fait du bien… Ou plus largement, ce qui ne te fait pas de mal…

Nate tourna à nouveau la tête vers Jessie. A quoi pouvait-elle bien penser ? Qu’est-ce qui était agréable pour elle ? Dessiner, sans aucun doute. Peindre, aussi. Ne pas regarder les gens dans les yeux. Et quoi encore ? Nathanaël voulait savoir. Il voulait la connaitre. Elle était… fascinante.
Nate savait qu’il était une des rares, si ce n’est la seule personne dans cette académie avec qui elle avait des liens. Elle était seule. Et elle en souffrait, c’était évident. Il ne pouvait rien faire, à part être présent auprès d’elle. Et pourtant, pourtant… Lorsqu’il la voyait, lorsqu’il voyait la douleur qu’elle portait sur elle quotidiennement et dont il ignorait beaucoup, Nate aurait voulu être capable de la soulager. L’aider à porter ce poids, la débarrasser de ce qu’elle subissait depuis trop longtemps. Il ne savait pas pourquoi il réagissait ainsi, lui qui d’ordinaire n’était pas particulièrement connu pour sa gentillesse… Mais avec Jessie, il y avait une connexion particulière. Peut-être parce qu’il se voyait en elle, quelque part, des années plus tôt lorsqu’il était au collège. Il ne savait pas vraiment.
Analyser les autres est une chose, s’analyser soi-même en est une autre…

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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Dim 5 Mai - 6:50

Bien évidemment, sa réponse ne sut pas satisfaire Nathanaël. Rien ne semblait pouvoir combler sa curiosité, son désir de savoir. Elle allait jusqu'à penser qu'il s'agissait de bien plus qu'un souhait, mais que c'était un besoin. Comme s'il était indispensable au jeune homme d'en connaître le plus possible sur son interlocuteur. Qu'il voulait tout savoir, qu'il devait tout connaître. Être au courant de la vie des autres pour les comprendre. Mais voulait-elle être comprise? Elle l'ignorait. Parfois, elle songeait à ce que ça pourrait lui faire de raconter son histoire. Est-ce que ça lui ferait du bien? Ou du mal? C'était tant difficile de le prévoir! Quand elle pensait finalement à en dire un peu, elle finissait toujours par se taire. Elle avait trop peur de revenir sur sa vie. Sa vie qui n'avait aucun sens, ne l'oubliions pas. Ça faisait trop mal de se souvenir.

« Tout ce qui te fait du bien… Ou plus largement, ce qui ne te fait pas de mal… »

Qu'est-ce qui lui faisait réellement du bien? Là était la question. Car s'occuper avec des dizaines de loisirs différents, qu'ils nous plaisaient beaucoup ou pas, ça ne faisait pas nécessairement du bien. Si, comme dans son cas, on s'occupait pour se changer les idées, voire même oublier ses problèmes, ses tristesses et sa douleur, on ne fait que repousser tout ça. On les éloigne sans s'en occuper, sans les régler. On ne trouve pas de solution. Ce n'était pas bien, ça. C'était lâche. Et Jessie l'était sans doute. Depuis des années, elle évitait le sujet, elle refusait d'en parler. Elle se murait elle-même. Oh non, elle ne se faisait pas du bien. Elle se faisait du mal. Elle empirait ses problèmes, s'empêchait de se libérer de sa douleur. Qu'est-ce qui ne lui faisait pas du mal alors? Elle ne pu rien trouver à part une seule chose: parler.

C'était sans doute l'unique chose qui lui faisait réellement du bien. Bien sûr, l'art, c'était bon, mais encore, ce n'était qu'un loisir pour oublier tout le reste. Quant à passer ses journées seule, c'était tout sauf bien. À son âge, il fallait sortir, se faire des amis et développer des liens. Hors, en restant confinée chez elle ou dans sa chambre à la résidence, elle faisait tout le contraire. Donc parler, oui. Mais parler pour vraiment discuter n'arrivait que rarement. Ou plutôt, quand elle le croisait lui, Nathanaël. Après tout, il était l'un des seuls à lui faire une vrai conversation. Elle enfouit son visage dans son foulard alors qu'un coup de vent vint balayer les feuilles mortes reposant sur le sentier. Elle redressa la tête lorsque la rafale fut passée.

« Alors pas grand chose », répondit-elle indifféremment. Elle marqua une pause.« Mais ce qui t'intéresse vraiment, c'est de savoir ce que j'ai fait cet été », dit-elle sur un ton calme qui lui était inhabituel. « Tu te demandes où j'ai bien pu aller parce que... »

Elle laissa sa phrase en suspend pendant un moment. Elle avait déjà deviné ce qui intéressait réellement le Baroque. Son instance, bien que plutôt subtile, était tout de même perceptible. Surtout pour la jeune femme qui sentait facilement lorsqu'on tentait de creuser pour découvrir ce qui la hantait. Il connaissait déjà certaine chose. Mais pas tout. Mais il voulait le savoir. Elle le savait. Rendu où elle était, c'était inutile de retirer ses paroles. Jamais il ne la laisserait partir sans qu'elle n'ajoute autre chose. Elle s'arrêta de marcher.

« ... Parce que je n'ai pas de famille. »

Elle baissa la tête. Après ça, il allait en demander plus. Elle était presque certaine qu'il y verrait une occasion d'en apprendre plus sur la jeune femme. Il devait se dire que s'il arrivait à lui faire avouer ça, il pourrait bien lui faire dire autre chose d'intéressant. Sauf que ce n'était pas lui qui décidait. Elle leva -finalement- les yeux vers le jeune homme. Elle le regarda droit dans les yeux, soutenant son regard.

« Mais tu le savais déjà, n'est-ce pas? », murmura-t-elle. « Tu l'avais deviné il y a longtemps. »

Elle tourna la tête pour poser son regard sur les eaux sombres du lac qu'elle pouvait distinguer entre les troncs des arbres. Elle -non, ils en étaient donc rendus là? Elle ne pensait pas que ce jour arriverait si vite. Dès leur première rencontre, elle avait ressenti au fond d'elle qu'il était spécial. Et au fil du temps, elle s'était souvent surprise à songer à lui dire. Peut-être pas tout, mais certaine chose. Mais elle s'était toujours dit que c'était ridicule de penser ceci et que ça ne pouvait pas sérieusement intéresse le jeune homme. Apparemment, elle s'était trompée. Elle redirigea son regard vers Nathanaël.

« Que sais-tu d'autre? »

Ou plutôt: quoi d'autre as-tu deviné?

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Jeu 9 Mai - 15:33

- Tu te demandes où j'ai bien pu aller parce que...

Jessie s’arrêta de marcher, et Nate fit de même, se tournant alors complètement vers elle. La discussion prenait un intérêt nouveau…

- ... Parce que je n'ai pas de famille.

Elle baissa la tête. Toujours pas de contact oculaire, bien entendu. Nate se demanda combien il lui en coûtait de prononcer une phrase pareille… Non, elle n’avait pas de famille. Elle était complètement seule, et cela il le savait très bien. Mais il pouvait en apprendre tellement plus, si seulement elle daignait lever les yeux vers lui…
Oh, elle ne se contenta pas de les lever. Elle planta son regard dans le sien, presque brutalement, avec une détermination qu’il ne lui connaissait pas, et le soutint à la plus grande surprise du blond, alors qu’elle poursuivait dans un murmure :

- Mais tu le savais déjà, n'est-ce pas? Tu l'avais deviné il y a longtemps.

Il ne répondit pas, sondant le sublime regard torturé de la jeune fille, sans se défaire de sa traditionnelle impassibilité. Bien sûr qu’il avait deviné. Tout comme il devinait qu’elle avait vécu quelque chose de terrible. Tout comme il devinait le traumatisme de son passé, qui assombrissait ses yeux magnifiques. Tout comme il voyait l’hésitation dans le regard de la jeune fille. Qu’allait-elle décider ? Allait-elle lui révéler son secret ? Se confier à lui ? Oh, il devinait tellement de choses dans son regard, c’était troublant. Au fond elle avait raison de ne pas vouloir le laisser croiser son regard, il était si expressif ! Ses prunelles, c’était son âme mise à nu.
Mais cet instant de privilège ne dura pas, et Jessie détourna les yeux pour porter son attention sur le lac, que l’on apercevait entre les troncs humides. Nathanaël ne la quitta pas du regard, attentif à ses moindres faits et gestes. Ce qui était en train de se passer avait une importance capitale pour la jeune fille, et donc pour lui aussi, par extension.
Elle tourna à nouveau les yeux vers lui. Elle avait profité de ce laps de temps pour réfléchir, visiblement. La suite confirma les suppositions du blond :

- Que sais-tu d'autre ?

Il s’accorda un temps de réflexion. S’il lui disait tout ce qu’il savait sur elle, peut-être prendrait-elle peur et se fermerait-elle à nouveau. S’il lui cachait la vérité, peut-être se rendrait-elle compte qu’il n’était pas honnête et se fermerait aussi. S’il contournait la question comme il savait si bien le faire, elle risquait de mal le prendre, et la conséquence serait la même que pour les deux autres possibilités. La meilleure chose à faire était encore d’être honnête… Mais que savait-il, concrètement ? La majeure partie de ses connaissances se traduisait sous forme de sentiments plus ou moins précis, comment le formuler ? Surtout qu’il en savait un peu plus à chaque seconde où elle lui permettait de le regarder dans les yeux. La situation était délicate. Il se perdit quelques secondes dans son regard, pensif, puis laissa finalement les mots émaner d’eux-mêmes, sur le ton calme et posé qui caractérisait Nathanaël :

- Je sais que tu souffres. Que tu es incroyablement seule. Que tu es perdue…

Il s’interrompit un instant, observant toujours les prunelles bleues de Jessie. Elle avait vraiment des yeux sublimes, il le réalisait un peu plus à chaque instant. Des yeux qui ont pleuré, des yeux qui ont connu une multitude de sentiments, des yeux qui se sont souvent chargé d’incompréhension, des yeux qui ont voulu se fermer au monde sans vraiment y arriver, des yeux qui ont voulu cacher ce qu’ils ont vu…

- Tu es blessée, murmura-t-il. Ton âme est blessée… Mais ton corps aussi…

La supposition s’était transformée en certitude, alors que son esprit d’analyse avait rassemblé tout ce qu’il avait vu dans les yeux torturés de la jeune fille. Oui, il en était certain maintenant, cette chose affreuse qu’elle avait vécue, c’était une blessure du cœur et du corps. Tout concordait, aussi bien les aspects physiques – comme le fait qu’elle porte constamment des vêtements qui la couvraient beaucoup ou encore sa crainte et sa méfiance des autres – que les sentiments qui se dégageaient de son regard. Et puis il y avait aussi une part d’instinct dans la découverte de Nate, et son instinct ne le trompait pas, en principe.
Oh Jessie Jefferson, quel terrible secret caches-tu donc ?

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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Dim 19 Mai - 22:26

Il resta silencieux. Comme à son habitude. Elle savait qu’il réfléchissait, encore. Il pensait à ce qu’il pourrait répondre. Et pendant tout ce temps, il ne quitta pas son regard. Pas une seconde, pas une seule seconde. Il devait être bien heureux maintenant : pour toute les fois où il avait souhaité croiser ses yeux bleus. Elle le savait, elle avait toujours remarqué qu’il voulait voir son regard. Du coin de l’œil, elle l’avait souvent vu la contempler et attendre patiemment et impatiemment en même temps, souhaitant qu’elle daigne tourner la tête vers lui et ainsi lui offrir son regard. Mais en ce moment, son visage ne montrait pas de réelle satisfaction, seulement une profonde réflexion. Il voulait choisir avec soin ce qu’il allait dire. Elle le sentait. Il ne voulait pas tout gâcher. Elle le savait. Il devait être content de finalement avoir l’occasion d’en apprendre plus sur elle et ses mystères. Elle se demandait ce qu’il pouvait ressentir à l’idée d’en apprendre plus.

« Je sais que tu souffres. Que tu es incroyablement seule. Que tu es perdue… »

Elle ne baissa pas les yeux. Elle s’empêcha de le faire. Elle resta ainsi, bien droite, à soutenir son regard d‘émeraude. Son visage ne changea pas d’expression. Elle resta figée. Complètement immobile. Seule la douce brise fraîche soulevait légèrement ses longs cheveux noirs. Il avait dit ces mots calmement, sur un ton qui n’appartenait qu’à lui. Il lui était arrivé de se demander si c’était simplement humain de pouvoir rester si paisible en tout temps. Nathanaël ne pouvait donc jamais être énervé? Être n’importe quoi d’autre sauf calme? Il continua de la fixer. Elle continua de le fixer. Ça faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas regardé quelqu’un ainsi. Bien longtemps. Le doute revint s’installer dans son esprit pour quelques secondes. Pourquoi voulait-il tant savoir ce qu’elle avait, ce qu’elle avait de pas normal? Quel intérêt pouvait-il vraiment y trouver? Qu’est-ce que ça pourrait lui apporter de savoir? Elle craint soudainement, pendant un très court instant, que ce n’était peut-être plus une bonne idée. Mais il enchaîna, murmurant ces mots :

« Tu es blessée. Ton âme est blessée… Mais ton corps aussi… »

Cette fois, elle ne pu s’empêcher de réagir. Jessie recula d’un pas maladroit, étonnée. Elle le dévisagea, incrédule. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il en ait deviné autant. Elle savait qu’il avait un certain talent pour découvrir ce que les gens avaient seulement en analysant leurs paroles et leur regard, mais elle pensait qu’il ne pouvait voir que ce qui était psychologique. Qu’il ne pouvait voir que les choses qui perturbait et torturait l’esprit des autres. Il était évident que la Baroque avait faux. Encore une fois. Elle tourna la tête et baissa les yeux. Ce n’était que ses derniers mots qui l’avaient ébranlée. La plupart des autres élèves avaient déjà remarqué qu’elle n’était pas bien dans sa tête. Pas du genre débile, simplement égarée, comme si elle n’avait aucun but. Et c’était plutôt le cas. Mais jamais personne n’avait deviné qu’elle était blessée physiquement. Elle n’avait plus vraiment le choix maintenant… Changer de sujet serait lâche. Très lâche. Elle ne voulait plus l’être. Du moins, plus autant. Un bon côté était qu’elle n’aurait pas à amener elle-même le sujet. Elle finit par relever lentement et timidement les yeux vers Nathanaël.

« On pourrait presque croire que tu connais tout sur tout le monde… » souffla-t-elle avec une petite, une toute petite touche d’amusement.

Ses yeux étaient méfiants. Elle regarda à nouveau le jeune homme, mais son regard était moins lourd et moins sûr que tout à l’heure. Que pouvait-elle bien répondre à ça de toute manière? Il n’avait même pas posée une question. C’était une affirmation. Il savait, il avait deviné et il avait deviné juste. Et il était sûr de sa réponse. Ce qu’il voulait, ce n’était qu’une confirmation. En quelque sorte, elle la lui avait donnée par sa réaction. Elle baissa à nouveau les yeux pour regarder ses pieds, comme pour être sûr d’être à la bonne place. Elle fit un pas vers lui, revenant ainsi à la place où elle était juste avant qu’elle ne recule. Elle inspira profondément. Souhait-il qu’elle continue ou est-ce tout ce qu’il voulait savoir? Jessie jeta un regard interrogateur à Nathanaël. Elle savait qu’il comprendrait sa question sans qu'elle ne prononce un mot.

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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Sam 25 Mai - 12:37

La jeune fille semblait avoir rassemblé toute sa volonté et sa force afin de soutenir le regard de Nate. Pourtant, toute sa détermination vacilla dangereusement lorsqu’il évoqua sa blessure physique. Le regard du jeune homme resta identique, c’est-à-dire impassible et observateur. Et dieu qu’il observait, à cet instant, fasciné par la moindre réaction de Jessie. Il avait raison, bien sûr. L’incrédulité dans ses yeux beaux à mourir, son pas chancelant en arrière, et… Et son regard qui s’échappait. Naturellement. Il n’en espérait déjà pas autant, lorsqu’elle avait soutenu son regard aussi longtemps, et la tournure des évènements rendait logique cette fuite oculaire. Le jeune dessinateur pensa durant un instant qu’elle allait aussi le fuir physiquement, qu’il en avait peut-être trop dit.
Mais ce doute s’effaça alors qu’elle relevait finalement les yeux.

- On pourrait presque croire que tu connais tout sur tout le monde…

Un souffle timide. Une légère pointe d’amusement pour se rassurer soi-même. Mais il voyait bien la méfiance dans son regard. Elle se méfiait de lui. Elle s’était toujours méfiée de lui, il le savait bien, mais là, c’était différent. Est-ce qu’elle pourrait lui accorder sa confiance, après cela ? Non, il ne savait pas tout sur tout le monde. Il savait ce qu’on voulait bien lui montrer, consciemment ou non. Il aurait pu répondre du tac-au-tac, et pourtant il ne le fit pas, étrangement perturbé. C’était… Un peu comme s’il ressentait le mal-être qui accompagnait Jessie au quotidien. Ressentir une telle sorte d’osmose avec quelqu’un était extrêmement rare pour Nate, et profondément perturbant du fait de l’étrangeté de la chose. Il ne se rendit même pas compte qu’elle avait refait un pas en avant pour regagner sa place initiale.
Et il avait laissé les émotions emplir son regard, inconsciemment. La fascination, le désarroi, et de nouveau ce sentiment bizarre qu’il avait eu la première fois qu’il avait rencontré Jessie… une sorte de compassion qu’il ne connaissait pas habituellement.
Le regard interrogateur de la jeune fille l’obligea à se reconcentrer un peu, et il retrouva sa contenance habituelle. La question muette tomba comme une évidence : devait-elle en dévoiler plus ?

- Ne te sens pas obligée de me raconter, répondit-il, d’un ton encore plus doux que d’ordinaire.

Il ne voulait pas lui faire de mal. Son désir de connaissance n’avait plus aucun sens si Jessie devait en souffrir, de toute manière. Si elle ne voulait pas parler, peu importait. A présent, il voulait juste être un ami capable de soulager sa douleur, que ce soit en l’écoutant ou en la laissant garder son secret pour elle seule.

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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Lun 17 Juin - 6:09

Elle vit son regard muet, toujours aussi impassible. Comment pouvait-il réussir à cacher toutes ses réactions aussi bien? On aurait presque pu penser qu'il ne ressentait rien en fait, car ça ne paraissait pas. Pas du tout. Malgré tout, il n'était pas, bien sûr, sans sentiments comme il le paraissait à première vue. Il était simplement capable de tout garder pour lui, de confiner tout ce qu'il voyait, sentait, vivait et ressentait à l'intérieur. Pour lui et seulement pour lui. C'était quelque chose qu'elle aurait aimée être capable de faire. Peut-être que ça aurait été mieux? Elle aurait sûrement pu avoir une vie normale puisque toute son histoire n'aurait pas autant influencé sa façon de vivre. Elle aurait pu avoir des amis qui l'auraient trouvée bien normale, une nouvelle famille normale. Peut-être que ça aurait été mieux. Peut-être. Sans plus vraiment se forcer, elle arriva à nouveau à fixer son regard dans le sien. En fait, elle n'avait plus peur. Lui, Nathanaël Von Arlex, ne lui faisait plus peur. Elle ne s'en méfiait plus autant. Plus autant. Ça ne changerait probablement jamais : elle aurait toujours un brin de méfiance envers tout le monde.

« Ne te sens pas obligée de me raconter. »

Sa voix, douce et -toujours aussi- calme. Mais plus douce. Elle resta immobile un instant, debout au milieu du sentier entourant le lac, le vent faisant glisser ses mèches noires sur son visage, en face d'un jeune homme qui pouvait la comprendre. Sûrement qu’il le pouvait, car elle arrivait parfois à percevoir de la compassion dans son regard. Son regard qui devenait si doux et si agréable à regarder dans ces moments. Elle gligna des yeux une fois, deux fois. Silence. Elle entendit le doux et frai vent froisser les feuilles mortes étendues sur le sol humide du petit bois. Un mince sourire finit par étirer les commissures de ses lèvres. Un sourire timide, un peu triste, mais vrai et sincère. Elle n'avait pas quelque chose de réellement pertinent à lui répondre. Il n'y avait pas de réponse vraiment adéquate en fait. Puisque le silence lui avait suffit pendant ces longs derniers mois, ça devrait lui convenir encore une fois. Son sourire disparut alors qu'elle se mit à réfléchir à la suite des choses.

Devait-elle en dire plus? Elle l'ignorait, non, mais elle l'ignorait complètement. Elle devait prendre cette décision seule. Cette fois, personne pour la pousser, rien pour l'empêcher ou la forcer à le faire. Seulement elle, juste elle. Et elle ne savais pas du tout quoi faire. Comment les certaines personnes pouvaient-elles ne reposer que sur elles-mêmes. Pour Jessie, c'était impossible. Il lui fallait quelqu'un, quelque chose, une idée, un but, une raison moral ou quoique ce soit pour baser ses décisions. Et en ce moment, il n'y avait plus rien de tout ça. Elle avait décidée de ne pas parler de son passé, car elle ne voulait pas des moqueries et encore moins de la pitié des autres. Elle n'avait rien voulu dire, car tout le monde ignorait. Mais lui, Nathanaël, arrivait comme ça, un jour, connaissant déjà une grande partie de son secret. Devait-elle lui en dire plus? Elle n'avait plus la contrainte du il ne sait rien et donc n'en sauta rien, donc en toute logique, elle pouvait lui dire. Mais en même temps, que se passera-t-il lorsque son histoire sera connue par autre que la Baroque?

Pensive, son regard glissa -sans qu'elle s'en rende compte-, s'échappant distraitement de celui de l'artiste en face d'elle. Fixant le sol devant elle, elle se mit à marcher lentement, de manière absente. Les pensés et les opinions divergents se bousculaient dans sa tête. Bien sûr, elle avait confiance en Nathanaël. Elle se doutait bien qu'il n'était pas du genre à raconter sur la place publique tout ce qu'il apprenait à propos des autres. Mais si, un jour, par complète inadvertance, quelques mots s'échappaient de sa bouche? Que se passerait-il? Serait-elle encore plus mise à l'écart? Subirait-elle encore plus de moqueries et de regards durs de la part des autres élèves? Cette année, tout avait commencé à être moins difficile. Les autres l'avaient laissée un peu plus tranquille. Probablement qu'après un an déjà, ils s'étaient lassés. Ils s'étaient fait à l'idée et avaient décidés de se trouver de nouvelles victimes sur qui s'attarder. En fait, elle craignait d'être à nouveau rejeté. Elle ne voulait pas se retrouver seule à nouveau. Pas encore. Elle s'arrêta et se retourna lentement. Il était encore là, immobile. Elle n'avait fait que quelques petits pas sur le sentier couvert de feuilles mortes et de mousse. Elle releva les yeux vers lui pour croiser à nouveau son regard. Et elle sut.

Peu importe ce qui se passerait dans les minutes qui suivraient, Nathanaël resterait son ami. C'était bien le premier qu'elle s'était fait ici et le premier qu'elle avait eu depuis bien longtemps, mais il était réel et présent. Et par dessus tout, sincère. Elle savait aussi qu'elle avait été seule trop longtemps, mais qu'elle ne le serait plus. Car pour le moment, il était là, lui. Il était là avec elle et pour elle. Et il était son ami. Et des amis pouvaient s'en dire long sans se juger. Elle dégagea son visage d'une main, envoyant ses longs cheveux de jais vers l'arrière. Jessie sourit une autre fois, mais de manière plus détendue et plus calme. Elle se donna le temps de rassembler ses idées pour ne pas trop s'égarer dans ses propos. Elle tenta de classer tant bien que mal tous les souvenirs de cette époque dans le peu de temps qu'elle se donnait. Elle ne souhaitait pas s'attarder trop longtemps là-dessus. Son sourire s'effaça alors qu'elle prit une grande inspiration pour se donner du courage. Elle baissa le regard. Ce qu'elle allait faire là, ce n'était que pour elle: pour ne plus être totalement seule avec son passé.

« Je n'ai jamais connue mes vrais parents, mais je crois que tu t'en doutais déjà de celle-là », lâcha-t-elle en une seule expiration.

Sa voix était rapide et un tendue. Mais dès qu'elle eut finit, elle se sentie un peu mieux. La boule qui s'était formée dans sa gorge commençait déjà à disparaître. À croire que les premiers mots étaient toujours les plus difficiles. Bien sûr, dans ses explications, elle ne pensait pas aller dans tous les détails du genre comment elle avait été recueillie, où et comment. Ça n'aurait pas servi à grande chose. Mais elle savait que si Nathanaël avait des questions il les poserait. Et elle y répondrait... Quelque chose de logique.

« Le couple qui m'a adoptée par la suite était... Uhmm... Non recommandable pour un enfant adopté disons... » Elle marqua une pause. « Trop de questions pour eux, surtout pour ma "mère". » Elle dit son dernier mot en mimant des guillemets en positionnant ses mains de chaque bord de son visage et en agitant de haut en bas son index et son majeur.

Elle fourra ses mains des ses poches se manteau. Son regard était toujours baissé. Elle n'osait pas regarder son interlocuteur dans les yeux. C'était au dessus de ses forces de tout raconter en soutenant le regard ô combien imperturbable du jeune blond. Imperturbable mais perturbant. Elle s'avança vers Nathanaël, mais le dépassa. Elle fit quelques pas encore avant de s'arrêter et de se retourner à moitié. Elle réfléchissait, pensant à ce qu'elle ajouterait.

« Cette dame était une espèce de diva, une femme qui n'aimait qu'elle-même et sa richesse. Dieu qu'elle aurait aimé avoir une fille comme elle! Une fille qui aurait aimé magasiner, se faire coiffer. -aller au spa, se faire chouchouter, enfin, tout ce que je n'étais pas... » dit-elle en comptant sur ses doigts les énumérations qu'elle faisait. « Et que je ne suis toujours pas! » ajouta-t-elle avec un petit sourire en coin.

Elle se retourna vers lui entièrement, mais ne leva pas les yeux pour autant. Son faible sourire avait déjà disparut.

« Quant à son mari, c'est à peine comme s'il avait su que j'existait... » souffla-t-elle. « Tout ce qui l'intéressait, c'était son travail, son argent et le futur argent qui pourrait faire. » Elle racla le sol de son pied une fois, deux fois.

Elle prit un instant pour tout remettre en place. En parler était bien plus dur que simplement y penser. La boule dans sa gorge qui avait presque disparut était revenue. Son nez se mit à picoter et ses yeux devinrent peu à peu humide. Elle les ferma pour tenter de les sécher.

« J'avais treize ans quand elle m'a dit que j'étais en fait orpheline. J'avais treize ans et elle était en train de m'engueuler. Encore », souffla-t-elle d'une voix faible. « Lui, il est mort quelques mois après ça. Probablement parce que son argent n'a pas pu lui donner tout l'amour dont il avait besoin », enchaîna-t-elle sarcastiquement. « Alors elle... Elle- »

Sa voix se brisa malgré elle. Elle dégluti en silence. Son coeur se serra. Elle ignorait encore si elle avait fait le bon choix, mais elle savait qu'elle ne pouvait pas arrêter maintenant. Ça serait lâche. Et elle ne voulait plus l'être.

« Elle m'a tenue responsable de sa mort. »

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Jeu 27 Juin - 13:47

Le silence s’installa durant un instant, perturbé uniquement par le bruit de la brise dans les feuilles des arbres qui bordaient le sentier humide. Jessie hésitait. Yeux dans les yeux, ils s’observaient sans animosité, sans se juger, sans se tester. Le bleu d’un ciel sans nuages, face au vert émeraude et acidulé d’une prairie en été. Ciel et terre s’observaient, à un mètre de distance ; Nate attendait de son air toujours calme, et Jessie hésitait.
Elle détourna le regard, distraite, et fit quelques pas sur le sentier. Nathanaël demeura immobile : c’était sa décision à elle, et il s’agissait probablement de son plus grand secret, alors quel que soit son choix, il le respecterait. Il n’avait rien de plus à faire, à part patienter, et lui laisser de l’espace.
La jeune fille se tourna à nouveau, et lorsque son regard rencontra celui de Nate, à cet instant précis, il sut qu’elle avait pris une décision. Elle avait fait le choix de la confiance.
Le début fut fastidieux. Le blond pouvait presque sentir la peur de Jessie, lorsqu’elle souffla sa première phrase, les yeux baissés à nouveau. Il ne dit rien : c’était son moment à elle, il était juste à l’écoute. Alors il écouta, et surtout il observa. Elle n’arrivait pas à le regarder, mais lui suivait chacun de ses actes, toute la gestuelle qui accompagnait son récit, comme une sorte de triste chorégraphie témoignant du malaise de la jeune fille qui racontait cette histoire sordide. Et il écoutait tout ce qu’elle disait, visualisait son histoire. Il voyait cette femme élégante et apprêtée, il voyait cet homme toujours en costume et toujours absent. Il voyait les disputes, entendait les cris.
La dernière phrase de Jessie, serrée par les sanglots qu’elle retenait, fit à Nathanaël l’effet d’un coup de couteau dans le ventre. Le souffle légèrement moins calme que d’ordinaire, il observait toujours Jessie, dont il savait qu’elle revivait à cet instant la souffrance de ce qui lui était arrivé. Si lui-même parvenait à percevoir une part de cette souffrance, qu’en était-il de l’adolescente, qui avait réellement vécu ceci ? Il osait à peine l’imaginer.

Il est rare que Nate se sente vraiment en osmose avec qui que ce soit. Mais lorsque cela arrive, c’est bien plus qu’un sentiment qui le prend aux tripes. C’est un état d’esprit.
Il ne s’expliquait pas vraiment ce genre de situation, et ne savait pas non plus si ça arrivait aux autres gens que lui. C’était un stade au-delà de la confiance et de l’intérêt pour la personne.
Et à cet instant, il se sentait en osmose avec Jessie.
Il avait l’impression de ressentir ce qu’elle ressentait, de voir ce qu’elle voyait, et surtout, de la comprendre. D’être là pour elle, et en même temps sans savoir quoi faire. D’être pourvu d’une chose rare et exceptionnelle, tout en étant complètement démuni. Lui qui n’avait jamais rien vécu d’exceptionnel, il n’aurait pas dû être capable de comprendre son histoire. Et pourtant… il se sentait capable de pouvoir prendre un tout petit peu du passé de Jessie, d’alléger ne serait-ce qu’un tant soit peu le dos trop frêle de cette adolescente qui avait déjà trop souffert.
Peut-être qu’il ne le pouvait pas. Mais dans ce cas, il pouvait au moins faire en sorte qu’elle ne souffre pas davantage. Elle n’était pas seule, puisqu’il était là. C’était… Comme une évidence. L’évidence d’une amitié un peu étrange mais forte, et réelle.

Sans réfléchir, et il valait mieux ne pas réfléchir pour ça, il s’avança vers elle et prit sa main dans la sienne. Il n’aimait pas les contacts physiques, en principe. Mais à cet instant, il eut le sentiment bizarre qu’il n’y avait pas d’autre possibilité ; un mot ou un regard n’était pas assez fort pour exprimer ça.

- Merci de m’avoir donné ta confiance, Jessie, murmura-t-il.

Nate était rarement touché par quoi que ce soit, certaines personnes pensaient même qu’il était insensible, surtout à cause du fait qu’il cache en permanence ses sentiments. Mais à cet instant, il était profondément touché par l’histoire de Jessie, et il tenait à ce qu’elle le sache. Peu importait qu’elle puisse voir ce qu’il avait dans les yeux, parce qu’il avait confiance en elle, alors il pouvait lui céder cela, au moins.

Le ciel s’assombrissait, à mesure que les nuages s’épaississaient et que le soleil déclinait. Il faisait frais, et peut-être qu’il pleuvrait d’ici ce soir.
Mais ça n’avait pas d’importance.

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Jessie Jefferson
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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Sam 6 Juil - 22:58

|| Bon, bon, je sais que c't'un peu le bordel vers la fin. °^° ||

Le regard de Jessie était fixé dans le vide. Lorsqu'elle repensait à toute cette histoire, elle se sentait mal. Elle avait encore des frisons qui descendaient le long de sa colonne vertébrale. Parfois, elle rêvait encore de ce jour qui a marqué sa vie et son dos. Et elle se réveillait en sueur, tremblante, le cœur battant à toute vitesse. Elle ne se rendormait jamais après ce rêve. C'était la première fois qu'elle parlait de ça. Et en parler était encore pire. Elle voyait la scène de ses yeux. Elle se souvenait de chaque détail, aussi stupide et futile qu'ils soient. Chaque mots ayant été prononcés et chaque gestes ayant été posés avaient été enregistrés dans sa mémoire. C'était comme si ses yeux avaient retenus tout ce qui s'était passé, exactement comme une caméra vidéo qui capte un film. Lorsqu'elle repensait à cette journée, il lui arrivait souvent de voir de courts extraits de ce film. Mais raconter l'histoire avec des mots lui faisait voir tout au complet. Et Jessie n'aimait pas ça. Pas du tout.

Chaque mot qu'elles avaient dit cette femme et la jeune fille résonnaient dans sa tête. Tu ne vaux rien, ton père est décédé par ta faute. La honte et la déception d'avoir une fille si inutile et sans avenir l'a tué. Ce pauvre homme qui avait donné sa vie pour sa famille méritait bien mieux. Et ainsi de suite. Tout pour la rabaisser, l'écraser au sol, la détruire jusqu'au bout. Mais dans le temps, Jessie ne se laissait pas marcher dessus. Elle avait eu le courage de se défendre, mais avait fait l'erreur de le faire contre une femme complètement folle. J'n'ai pas décidé de vivre ici, si ça n'avait été que de moi j'serais jamais venue. Votre mari n'a simplement jamais levé les yeux sur moi, c'est à peine s'il savait que j'existais. Si vous voulez mon avis, il est mort car il n'en pouvait plus de vivre avec une femme aussi laide et dégueulasse de personnalité comme d'apparence.Elle en avait évidemment trop dit, mais au fond, elle ne regrettait pas ses mots. Cette mère indigne ne pouvait simplement pas supporter d'entendre la vérité.

Devant ses yeux perdus dans le vague défilait les images de la rage de cette femme. Comment elle avait reculée doucement vers le comptoir en lui disant avec une voix glaciale, mais bien trop calme que la jeune fille lui devait tout, qu'elle serait morte sans son aide. La Baroque entendait sa fausse mère ouvrir lentement le tiroir et en sortir un grand couteau qu'elle avait caché derrière son dos. Elle bouillonnait de l'intérieur, elle était tellement enragée qu'elle s'apprêtait à faire une folie. Jessie avait pu le voir dans ses yeux. Il y avait eu un moment d'hésitation, un instant où ni l'une ni l'autre ne savait réellement quoi faire. Puis la grande femme s'était élancée vers elle. Bien sûr qu'elle avait tenté de fuir. Bien sûr, il ne fallait pas rêver non plus. Mais elle n'avait pas été assez rapide. Jessie ferma les yeux en réprimant un frison. Elle eut l’impression de sentir à nouveau la douleur insupportable de la lame qui lacérait son dos. Elle baisa lentement la tête. Sa bouche s’assécha. Tout c’était réveillé d’un coup et ça n’avait pas entendu un instant pour faire surface. Elle se mordit la lèvre inférieure. Lorsque Nathanaël saisit sa main, Jessie fixa leurs mains l’une dans l’autre.

Merci de m’avoir donné ta confiance, Jessie », dit-il en murmurant.

Elle ne retira pas sa main. Elle resta immobile. Elle entrouvrit la bouche pour répondre quelque chose, mais elle ne trouva rien à dire. Ses lèvres tremblaient légèrement. Sa confiance… Elle la lui avait donnée, car il en était digne. Et il était son ami après tout. Mais il fallait avouer que là, il l’avait surprise. La Baroque savait bien que les contacts n’étaient pas dans les forces du jeune homme. Et elle ne comprenait pas. Elle leva les yeux vers lui. Son regard vert était doux et toujours aussi calme, mais un peu troublé. Ça ne la surprenait pas vraiment vu ce qu’elle venait de lui conter. Elle fixa le blond en silence, l’air encore étonné. Avait-il sauté par-dessus son léger dédain des contacts physiques parce que c’était Jessie, comme elle avait réussi à s’ouvrir à lui parce que c’était Nathanaël? Pour tout dire, elle était encore perdue. Il y avait trop de pensés, trop de souvenirs qui circulaient dans son esprit. Alors elle ne réfléchit pas. Elle ferma les yeux et sa mâchoire se serra alors qu’elle retenait ses sanglots. Sans lâcher sa main, elle se rapprocha de lui et vint enfouir son visage dans le creux de son cou.

Elle tenta de ne pas pleurer, retenant comme elle pouvait ses larmes. Malgré tout, certaines s’échappèrent et glissèrent sur ses joues pour aller se perdre dans le chandail de Nathanaël. Eh merde. Elle se redressa brusquement, lâcha sa main et s’écarta. Sur le coup, elle ne savait pas ce qui lui avait pris et de plus, elle n’avait aucune idée pendant combien de temps et s’était réfugiée dans ses bras. Elle recula de quelques pas et passa le bout de ses doigts sous ses yeux pour essuyer ses larmes. Sa tête était baissée. Elle regardait obstinément le sol alors qu’elle faisait tourner une mèche de ses cheveux entre ses doigts. Mal à l’aise, elle se mordilla la lèvre d’en bas.

« P-pardon… » bredouilla-t-elle.

Elle finit tout de même par oser un petit regard gêné au jeune homme.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Lun 8 Juil - 23:26

Ce qui suivit fut… étrange. Ils échangèrent un regard, surpris et tourmenté pour Jessie, calme et pourtant troublé pour Nate. Ni elle ni lui ne comprenait vraiment ce qui se passait, et pourtant il régnait entre eux une sorte de paix qui tombait comme l’évidence même, grâce à cette chose merveilleuse qu’est la confiance. Mais Nathanaël n’avait pas prévu la suite, tout simplement parce qu’il pensait qu’il n’y avait rien de plus à ajouter. Et peut-être que Jessie non plus n’avait pas prévu cette suite, qu’elle agissait impulsivement, tout comme il avait agi impulsivement en lui prenant la main. Toujours était-il que lorsque la jeune Baroque franchit cet espace qui les séparait pour blottir son visage dans le cou de son ami, celui-ci n’y était absolument pas préparé.
Ce fut d’abord une sorte de surprise, puis une légère panique confuse, mêlée à un très faible sentiment de sérénité parce qu’il n’avait rien à craindre de Jessie, en qui il avait tout à fait confiance, et enfin un sentiment de malaise dû au fait que c’était quelque chose de vraiment, vraiment inhabituel.
Nathanaël von Arlex n’avait jamais accordé de tendresse à qui que ce fut. Même sa mère n’avait jamais vraiment pu lui faire le moindre câlin, petit il avait toujours gardé ses distances avec les autres gens. C’était une chose qu’il ne connaissait pas et qui, du coup, le mettait un peu mal à l’aise. Prendre la main de Jessie avait été un acte spontané assez supportable, après tout il serrait la main des gens sans problème, mais… Eh bien, l’idée qu’elle puisse se serrer contre lui ne lui avait pas traversé l’esprit. Et maintenant il se sentait bizarre, troublé, partagé entre le sentiment que ce geste était légitime et non-contradictoire par rapport à ce qui avait précédé, et la surprise de se retrouver tout à coup aussi proche de quelqu’un.
Il ne savait pas quoi faire. Comment devait-on normalement réagir à cela ? Il l’ignorait. Il n’était même pas capable de réfléchir. Mais alors qu’il s’apprêtait à s’éloigner de lui-même pour rompre la bizarrerie de ce moment – dont il n’avait d’ailleurs aucune idée de la durée – il sentit quelque chose mouiller le col de son pull…
Des larmes ?
Jessie s’écarta brusquement en retirant sa main de la sienne comme si elle avait été en feu. Ce fut d’ailleurs tellement brutal que le cœur du dessinateur sursauta, et ce dernier mit un petit instant à comprendre ce qui se passait. Oh, ce moment avait été vraiment très, très bizarre, pour l’un comme pour l’autre. Jessie était profondément embarrassée et n’arrivait à nouveau plus à le regarder dans les yeux, et lui était très troublé de ce qui venait de se passer. Elle s’excusa, il y eut un silence. De quoi s’excusait-elle ? De pleurer ? De s’être serrée contre lui ? Les deux ? Il n’en savait rien, il était un peu paumé.
Elle leva finalement les yeux vers lui, timidement, le regard empli d’une gêne sans bornes. Lui aussi était moins placide que d’habitude, ses prunelles n’avaient pas retrouvé leur habituelle sérénité à toute épreuve. Pourtant il soutint le regard de la jeune fille, par habitude puisque cela ne lui posait pas de problème. Malgré la tournure étrange de cet après-midi, il était sincèrement heureux de son amitié avec Jessie, si forte qu’elle s’était confiée à lui contre toute attente.
Esquissant un sourire, il approcha doucement la main de son visage pour essuyer une larme qui avait échappée à la vigilance de l’adolescente. Il sentit alors une goutte de pluie lui tomber dessus, puis plusieurs autres.

- Rentrons avant d’être trempés, murmura-t-il en laissant son bras retomber le long de son corps.

Un sourire, à nouveau. Sincère et pur, très léger, subtil, mais bien visible dans le regard. Le sourire symbolique de ce lien qui les unissait et qu’il ne trahirait jamais.

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Jessie Jefferson
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MessageSujet: Re: « I'm sick of the past I can't erase. » || Sherlock. || End   Jeu 1 Aoû - 20:54

Lorsqu'elle croisa de nouveau le regard de Nathanaël, elle remarqua que ses yeux verts n'étaient plus tout aussi calmes: une petite lueur perturbée flottait dans ses prunelles. Ce qui venait de se passer était très étrange. Et ça avait clairement créé un malaise. Elle n'avait tout simplement pas réfléchit avant d'agir; elle s'était laissé aller. Et c'était ce que ça avait donné. C'était tout de même fou ce qui venait de se passer. Jamais elle n'aurait cru que ça aurait été possible. Quelqu'un lui aurait dit une fois avant aujourd'hui et elle aurait probablement rit jusqu'à en avoir mal aux côtes. Et pas seulement le fait de faire un câlin -à Nathanaël en plus de ça- mais aussi le fait de raconter cette sombre histoire. À croire que changer d'air et d'école lui avait fait du bien. Tout comme son amitié avec le Baroque. Ça, c'était l'une des belles choses qui lui étaient arrivées: trouver un ami comme Nathanaël.

Il sourit. Elle lui rendit un timide petit sourire en coin qui disparut lorsqu'il leva sa main vers son visage. Elle garda les yeux sur le blond tout en surveillant du coin de l'œil la main qui s'avançait vers sa joue. L'accolade qu'elle avait donnée avait été faite de manière totalement imprévue et incontrôlée. Puis quand il avait saisit sa main dans la sienne, Jessie était trop secouée pour penser comme elle l'aurait fait normalement. Sauf que maintenant, elle avait tous ses esprits. Non pas qu'elle craignait ce que pouvait faire Nathanaël, mais elle avait une réticence face aux contacts physiques. Une partie d'elle se demandait si elle ne devrait pas reculer d'un pas pour ainsi éviter la main du jeune homme alors qu'une autre partie ne se questionnait pas, car elle savait qu'elle pouvait avoir confiance en lui. Elle ne bougea donc pas. Il essuya doucement sa joue, la débarrassant d'une larme oubliée.

« Rentrons avant d’être trempés », souffla-t-il en se redressant.

Lorsqu'il lui sourit de nouveau, elle lui rendit un vrai sourire. Elle leva les yeux vers le ciel couvert de nuages gris. Quelques petites gouttes de plus en plus nombreuses venaient s'écraser sur les feuilles rougeoyantes des branches qui surplombaient le sentier. Jessie baissa les yeux et regarda à nouveau le Baroque. Elle hocha la tête en guise de réponse. Puisque finir le tour du lac était trop long, il leur fallait rebrousser chemin s'ils ne souhaitaient pas être trop trempés. Elle mit la capuche de son manteau sur sa tête pour se protéger de la pluie. Rencontrer Nathanaël était probablement la chose la plus heureuse qui lui soit arrivé depuis longtemps. Peut-être bien depuis toujours même. Son amitié avec lui était importante pour la Baroque. Elle ne laissera pas le jeune homme partir facilement, il comptait tellement pour elle. Elle attrapa Nathanaël par le bras avec un sourire un peu espiègle et le tira vers l'arrière, le forçant à se retourner. Elle l'entraîna sur le chemin du retour, le tirant sur une courte distance avant de le lâcher et de marcher à ses côtés. Puis, ensemble, côte à côte, ils s'éloignèrent sur le sentier de terre battue recouvert par les feuilles mortes.

.:End~

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