Winter -014-015 - Pear, Spark & Lastie
 
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 L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//

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Kyle Paige
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MessageSujet: L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//   Dim 12 Mai - 6:39

“Took a walk out the door,
On the day you would die.
And I looked up to the sun
And I saw fireflies.

And now I can’t see no boarder
Between the day and the night
You were torn all your life
Between those fireflies.

Fire, it’s only fire,
It’s only fire, it’s only fireflies “

Gabriel se réveilla difficilement. Lui qui d’habitude avait le sommeil plus léger que le vent se réveilla seulement vers 9 heures. Il ne prit même pas la peine d’aller déjeuner. Il détestait le nombre trop important de gens qui peuplaient la cafétéria et ne déjeunait jamais que du bout des lèvres. Il préféra quitter l’académie. Il voulait profiter de ce jour de congé pour se balader sur la plage bordant l’océan. Il s’habilla en vitesse et décida de profiter du chemin jusqu’à l’océan pour faire un petit jogging. Il courut donc, traversant le village et très vite, se retrouva très vite devant l’escalier qui menait à la plage. Il s’arrêta un instant, pour reprendre son souffle. Inspirant avec profondeur.

Il détailla la plage du regard, longue étendue de sable, parsemé de coquillages abimés par la violence du temps, des morceaux d’algues portée par les vagues lors de marée haute. Quelques rochers par-ci par-là abritant sans doute une poignée de crabes. Auparavant, le jeune Irlandais avait développé une forte phobie de l’eau à la suite d’un accident ayant couté la vie à un de ses camarades. Bien heureusement, depuis, il avait réappris à aimer l’eau.

Il aimait beaucoup l’océan, qui semblait infini. De l’eau à perte de vue, et le bruit des vagues. Un son d’une douceur et en même temps d’une force infinie. Il adorait aussi ce mouvement d’avant en arrière des vagues, qui peu à peu gagnait ou perdait du terrain sans que l’on ne s’en aperçoive vraiment. C’était à ses yeux un combat qui se déroulait devant lui. Un combat infini entre terre et mer. Jamais ni vraiment gagné, ni vraiment perdu. Il admirait l’écume de l’eau éclaté sur les rochers. Vraiment, il trouvait que l’eau était un sujet fascinant si on prenait le temps de s’y attarder. Il se sentait appaiser quand il regardait l'eau lècher les côtes, et il cela l'aidait à oublier un instant tous ses porblèmes.

Les vents marins étaient très forts et froid même à cette saison de l’année. Et cela arrangeait Gabriel car cela éloignait fortement le nombre de personne se baladant sur la plage. Il avait l’impression d’être seul face aux vagues. Peut-être même l’était-il face au monde entier. Cela ne l’aurait pas étonné. Et à vrai dire, cela ne lui faisait pas peur. L’habitude d’être seul. Il rajusta sa cape noire sur ses épaules et remonta les manches de sa chemise bleu marine. Ses bras étaient tous deux garnis de 3 longues cicatrices. Il les regarda un instant sans vraiment les voir, il avait l’habitude. Il s’approcha de l’eau de l’océan et les plongea dedans. Il les trouvait brulante ses derniers temps et vu le vide intersidéral autour de lui, il n’allait pas se gêner pour une fois. D’habitude, il les gardait toujours cachée sous ses chemises à longues manches et ne s’en occupait que une fois enfermé dans sa chambre mais ces derniers temps, il avait plus de mal a cerné ce qu’il pouvait faire et ne pas faire dans l’academy. Il commençait en faites vraiment à voir l’académie comme une maison, où il était réellement accueilli, sans doute pour la première fois de sa vie.

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MessageSujet: Re: L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//   Sam 18 Mai - 13:06

C’est sur une touche de Requiem for a dream que je me réveille en cette jolie matinée. Et aussi avec une envie d’aller me balader, d’aller prendre l’air, de profiter des environs. Mais avant, il faut que je me lève, et ce n’est pas encore chose faite. Mes yeux arrivent à peine à discerner les volets, ni même aucun meuble de la chambre. Je les cligne plusieurs fois, mais rien. J’ai peur car j’ai l’impression d’être aveugle. Mais c’est juste le noir qui me fait cet effet-là. J’ignore pourquoi cependant, mais je préfère ne pas m’en soucier. Un nouveau jour se lève le crois. L’air glacé et silencieux de la pièce me caresse l’échine jusqu’à me faire frissonner. J’adore ce contact sensuel avec le vent filtrant à travers les volets fermés et la fenêtre ouverte. Je souris, je prends peu à peu conscience, je sors du lit. J’éteins la sonnerie reposante de mon portable et j’en mets une autre, avant de me mettre à danser dans la chambre pour me faire du bien, sourire aux lèvres.

Je m’agite longtemps, comme ça, pour me reposer, me réveiller. Et enfin, j’arrête quand je vois qu’il est neuf heures trente. Je cours jusqu’à rejoindre lentement la douche. Je me tartine de gel moussant en chantant, et dansant, encore. Non, je n’ai pourtant pas le rythme dans la peau mais j’aime ça. C’est cool de faire un peu de tout dans la vie, et c’est surtout les comédiens qui doivent faire ça pour leurs scènes à partager au Monde entier ! Je laisse couler l’eau le long de mon corps, me caresser l’épaule, la poitrine, les hanches, et parcourir enfin ma jambe pour s’en aller dans les tuyaux. Je ferme les yeux, et je manque de m’endormir. Avant de replonger dans un sommeil qui ne m’attire pas, je souffle, lentement, et je quitte le bain pour m’habiller et me laver. Je n’ai pas faim, alors je ne me dirige pas vers le réfectoire. C’est après m’être maquillée que je traverse les couloirs jusqu’à les abandonner loin derrière moi.

-Où tu vas ? Balance une voix non loin de là.

Je ne réponds pas, j’avance seulement. Mains dans les poches, cheveux volant grâce au vent, lèvres toujours montrant que je suis heureuse. Peu importe ce que peuvent dire les autres sur moi, peu importe que l’on me suive jusqu’où j’irais. Je ne dirais rien, je ne broncherais pas car je n’en ai pas envie. Juste m’évader quelques heures, ou quelques jours là où on ne m’embêtera pas. J’oublierais les jours, j’oublierais de compter, j’oublierais de parler. Juste un silence tenu, continu, qui ne se brisera pas. Cela serait tellement l’utopie…

-Ira !

Je ne fais pas attention à qui m’appelle. Je m’en contre-fiche totalement. Mon désir est de fuir, on ne m’en empêchera jamais. Je me mets même à courir pour aller plus vite, laissant ma veste voler dans mon dos au même rythme que mes cheveux. Et c’est de cette manière que j’arrive au bord de la plage, sans vraiment m’en rendre compte. Mes pieds m’aident toujours à courir, jusqu’à ce que je m’arrête subitement, comme heurtée par quelque chose. Ce quelque chose, c’est la vue de quelqu’un, tout droit. Est-ce cette personne qui m’a appelée ? Ressent-elle une souffrance ? Je me pose de telles questions que je reprends ma marche, vers lui car je crois que c’est un homme. Le rouge me monte aux joues, je n’ai tellement pas l’habitude. Je baisse les yeux, m’approche encore, jusqu’à me rendre compte que c’est un ami. Gabriel.

Je frissonne, je ne sais pas si c’est le fait d’avoir l’impression de le déranger, d’avoir froid ou autre chose. En tout cas, je m’arrête à côté de lui, je baisse les yeux vers ses bras tendus vers l’eau. Je n’avais jamais vu ses bras. Gabriel est quelqu’un qui préfère avoir un pull ou une chemise pour les cacher, et j’ignorais ce que je voyais désormais. Je ne savais pas quoi dire, c’est pour cette raison que je m’étais accroupie pour passer mes doigts sur une des cicatrices de son bras droit. Je ne regarde pas son visage sous sa cape noir. Juste ses bras. Parce que je ressens quelque chose, comme si je compatissais, comme si sa douleur m’atteignait. Honteuse d’avoir fait ceci, je me relevais pour reculer d’un pas derrière. Puis mes yeux se tournèrent vers l’océan.


Dernière édition par Ira Kjerstin le Dim 19 Mai - 11:36, édité 1 fois
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Kyle Paige
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MessageSujet: Re: L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//   Dim 19 Mai - 11:13

Gabriel frémit. La caresse de l’eau sur ses bras l’apaisa. Il se redressa légèrement, s’apprêtait à redescendre ses manches quand cela se produisit. Imprudence. Il le savait pourtant. Une main sur son bras droit. Parcourant sa cicatrice lentement. Ça lui fit comme un électrochoc. Il se raidit, s’arrêtant net. Regarda. Qui ? Qui avait pu venir sans qu’il ne le remarque. Qui avait pu voir ce qu’il avait si longtemps caché. Qui ? Ses yeux noir ardent tombèrent sur la personne responsable. Ira. Elle est là, à côté de lui. Ses yeux fixent son bras, seul archive, seule chose qu’il lui reste de son village. Comme un mauvais souvenir. Qu’il devait trainer avec lui. Vu l’argent qu’il avait, il aurait pu s’en débarrasser. Mais dans quel but aurait il fait ça ? Qu’est- ce que cela aurait pu lui apporter ? Oublier ? Il ne pouvait pas. C’était trop profondément ancré en lui. Il préférait se souvenir. Que la vie n’avait pas toujours été simple, qu’il avait encore une vengeance à accomplir avant de pouvoir se sentir mieux, se sentir libre. C’était tout ce qui lui était resté après la mort de son père. Un amer gout de vengeance. Qui ne semblait pouvoir s’assouvir que par le sang.

Il n’arrivait pas à quitter ses doigts du regard. Personne n’y avait touché depuis près de 5 ans. Elle avait mal cicatrisée, et pour cause, il avait mal été soigné. A cet endroit-là, la peau était plus blanche car elle n’était jamais exposée au soleil, un peu boursoufflées. Les cicatrices étaient de longues estafilades rouges allant sur le violet. Certaines parties étaient aussi entourées de noir, accumulation de crasses sous la peau. Vraiment, ce n’était pas un beau spectacle. Il se retient de repousser violemment son bras ou d’avoir un mouvement de recul. Il se contenta de fermer ses yeux noirs. Comme si tout pouvait s’effacer simplement d’un mouvement des paupières. Comme si tout pouvait disparaitre, Ira, sa cicatrice. Tout. Il rouvrit doucement les yeux. Elle avait ôté ses doigts. Il avala avec difficulté sa salive, la peau de son bras maintenant parcouru d’une sensation étrange. Un léger picotement.

Gabriel s’apprêtait à reculer d’un pas, pour prendre un peu de distance, mais ce fut Ira qui réagit la premier et s’écarta. Ira. Il avait trainé une ou deux fois avec elle alors qu’il n’avait rien à faire. Juste pour ne pas être tout à fait seul. Il s’était montrer avec elle, aussi froid qu’avec les autres, alors pourquoi elle se permettait ce genre de geste ? Le Beethoven avait vraiment du mal à la cernée. Elle ne semblait pas avoir être mal à l’aise avec lui en particulier comme il essayait que ce fut le cas. Non, au contraire, elle semblait ne pas le voir différemment. Et ça inquiétait le jeune garçon. Ce qui l’inquiétait maintenant encore plus, était ce qu’elle avait vu. Il resta d’un calme froid. De marbre. Il ne devait pas montrer à quel point cela pouvait être douloureux pour lui.

Il rabaissa ses manches, fut rassurer du contact du tissu sur ses bras. Même si la Molière l’avait déjà vu, il se sentait moins en danger lorsqu’elle était à l’abri des regards. Il se demanda à quel point Ira avait pu les observer. Ce qu’elle pouvait essayer d’en déduire. Peut-être que finalement, elle n’y penserait pas longtemps. Elle avait tourné ses yeux vers l’océan, les mien la dévisageait elle. Elle a de longs cheveux roux et bouclé qui tombent en cascade autour de son visage. Elle a une peau assez pâle, qui approuve de son appartenance à un pays plutôt Nordique ou dans les environs à moins que ce ne soit dû à une peau fort sensible. Des yeux très spéciaux pour affirmer le tout. Entre le vert, le bleu et le brun. Surtout vert. Gabriel a du mal à y lire les pensées de la jeune fille. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé.

Les yeux du musicien se tournent vers l’océan, vagues d’écume s’écrasant sur le sable. Eau à perte de vue. Le ciel semblait se mélanger avec l’eau pour ne former plus qu’un. Et le bruit. Douceur et en même temps violence déchainé des éléments. Et derrière ce bruit, une sorte de silence invisible ayant tendu ces filets sur le monde. Ainsi près de l’océan, le temps semblait s’être arrêté. C’était comme si, alors que tout bougeait, tout vivait, le monde était en faites perdu dans l’espace-temps. Sensation bizarre qui apaisait Gabriel. En même temps, il ne pouvait s’empêcher de se demander ce qu’Ira était en train de penser. Ce qu’elle se disait à son sujet. Il décida donc, même si cela ne l’enchantait pas, de briser le silence et d’engager la conversation :

« - Ira, pourquoi tu te mêles toujours de ce qui ne te regarde pas ? »

Il avait parlé d’une voix tranchante et froide, ces yeux noir se tournant vers la jeune fille à nouveau. Allant se planter dans l’iris de cette dernière, ces yeux noirs semblaient la transpercer rien que dans ce simple regard. Il savait qu’il ne l’intimidait pas mais cela ne pouvait l’empêcher d’essayer quand même. La question était venue naturellement, sans que Gabriel n’y réfléchisse vraiment. Juste suivant le cours de ses pensées.

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MessageSujet: Re: L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//   Dim 19 Mai - 14:59

Ce que j’attendais se produisit. Non, je n’attendais pas le coucher du soleil dès le matin, si une éclipse soudaine ou encore un tsunami, même si j’aurais pu. J’attendais sa réaction, des paroles de sa part. J’ai failli fuir pour l’éviter, à ce moment précis, mais je n’en avais pas envie. Après tout sa compagnie ne me fais pas de mal, même si je vois bien qu’il fait tout pour que je le laisse tranquille. Ne suis-je pas agaçante, tout simplement ? Comme il me le demande, pourquoi je me mêle toujours de ce qui ne me regarde pas ? Pourquoi je m’occupe de ça, de ses cicatrices alors qu’il aurait mieux valu que je m’éloigne sans venir le voir ? Mais moi je ne voulais pas ça. La seule chose que je souhaitais à ce moment précis était de lui venir en aide d’une quelconque manière. Et ce n’est pas en restant planté là à fixer ses yeux qui me transpercent que je vais agir. Il faut que je parle. Il ne me fait pas peur du tout, malgré son ton froid et glacial. Ce n’est donc pas ceci qui m’empêche de dénouer ma langue. C’est la profonde douleur et le profond désespoir que je commence à ressentir qui m’en empêchent. Il ne faut pas que je lâche, je dis faire quelque chose. Parle bon sang, parle !

-J’en sais rien.

C’est tout ce qui sort de mes lèvres alors que je baisse les yeux, et je m’abandonne au sable entier. Oui, je m’assois, je cède, je ne sais pas pourquoi. Les seules choses que j’arrive à contenir sont mes larmes. Des larmes de joie, de peur, ou de tristesse ? Je soupire, tournant la tête vers l’océan. Cette seule merveille qui peut nous faire rêver. Je n’étais peut-être pas rassurée par la présence de Gabriel au fond de moi. Je préfère penser qu’il ne me regarde pas, je préfère parler comme si j’étais seule. Je n’y arrive pas, je suis obligée de caser son prénom dans ma phrase, ce qui me tort à moitié les tripes :

-J’ai l’impression de ressentir ta douleur. Gabriel, pourquoi tu te caches ? Je suis sûre qu’au fond tu ne cherches pas à repousser tout le monde. Certes, tu es étrange, les gens ont peur de toi mais pas moi. Je veux juste… Savoir pourquoi tu te fondes une carapace, j’ai envie de t’aider, si je le peux.

Ma voix se casse, des larmes roulent sur mes joues. Je les essuie rapidement, soufflant doucement pour rester calme, bien que ce soit trop tard : mes mains sont parcourues d’horribles tremblements. Pour le cacher je caresse le sable du bout des doigts. J’en ai bientôt qui me les recouvre totalement mais peu importe. Je refuse de me préoccuper de moi pour le moment, c’est mon « ami » qui en a le plus besoin. Il aura beau essayer de me repousser, de m’éloigner de lui comme il le fait déjà en me parlant froidement, ça ne servira à rien. Je me connais trop pour dire qu’il ne se passera rien une fois loin de lui. Je reviendrais, encore et encore. Jusqu’à ce qu’il aille mieux, jusqu’à ce qu’il soit accepté dans l’Académie, par la plupart des gens. Mon tempérament est ainsi, j’ignore si je pourrais le changer ou non, je ne tenterais pas le diable.

Mes pieds me relèvent doucement, mes pupilles se plantent dans le soleil à l’horizon, jusqu’à m’éblouir. Puis je les ferme, et j’imagine…

-J’imagine un Monde où tout irait bien. Tu imagines, une utopie ? Ça n’existe pas, sauf dans nos rêves, sauf dans nos cœurs, tu vois ce que je veux dire ? Je n’aime pas voir les gens souffrir, et j’aime encore moins que tu sois victime de cette souffrance. Peu importe, tu as le droit de ne pas m’aimer, mais je serais là pour toi si tu veux, coûte que coûte. Les gens peuvent dire n’importe quoi sur toi, cela ne m’importuneras pas.

Je les rouvre, je le fixe de nouveau. Que pensera-t-il de tout ce que je dis là ? Si ça se trouve, il va penser que je suis là pour lui compliquer la vie même si je lui assure le contraire. Un jour j’arrêterais ces manies, ou pas d’ailleurs. Parce que je suis comme ça, c’est mon caractère de veiller sur le bien des autres, et Gabriel en fait partie. Garçon ou fille, jeune ou vieux, cancéreux ou en pleine forme, je veux être comme un héros pour le Monde, comme quelqu’un de bien, toujours là pour tout le monde, pour les protéger.

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MessageSujet: Re: L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//   Dim 19 Mai - 16:44

Elle me regarde sans réagir tout de suite. Mais je sais que ce n’est pas parce qu’elle réfléchit. A vrai dire, je ne sais pas du tout pourquoi elle reste là, sans parler. Peut-être qu’en réalité, il n’y a aucune raison. Je la regarde sans vraiment plus la regarder. Ça doit être la seule personne que je ne parviens à faire baisser les yeux. Elle le fait seulement si elle le veut et ça me déstabilise légèrement. J’ai du mal à comprendre. A saisir tout ce qui fait Ira. C’est vraiment une personne très spéciale.

-J’en sais rien.

Elle baisse enfin le regard. C’était tout ? Juste « je ne sais pas » ? Elle s’assit dans le sable ou plutôt elle s’y laisse tomber. Tourna à nouveau la tête vers l’océan dans un soupir. Trop profond pour ne vouloir rien dire. Elle semble si fragile, ainsi abandonnée dans le sable, le regard lointain, les yeux brillant. On aurait dit qu’elle était sur le point de pleurer. Et au fond c’était peut être le cas. Mais pourquoi ? Elle n’était surement pas vexé de la phrase de Gabriel, il la connaissait assez pour le savoir. Alors quoi ? Était-ce à cause de lui ou était-elle plongée dans un souvenir lointain ? A nouveau, Gabriel n’arrivait pas à le savoir. A percer la carapace blindée de la jeune fille. Mais peut-être n’y avait-il rien à trouver. Elle parla enfin, complètent ces explications :

-J’ai l’impression de ressentir ta douleur. Gabriel, pourquoi tu te caches ? Je suis sûre qu’au fond tu ne cherches pas à repousser tout le monde. Certes, tu es étrange, les gens ont peur de toi mais pas moi. Je veux juste… Savoir pourquoi tu te fondes une carapace, j’ai envie de t’aider, si je le peux.

Elle se met à pleurer et sa voix se casse sur les derniers mots. Tellement de sensibilités chez une seule personne cela impressionnait Gabriel. Lui qui l’avait toujours enfuie au fond de lui n’arrivait pas à comprendre comment la jeune fille faisait pour se laisser allez ainsi devant une personne qu’elle connaissait à peine. Elle frotte ses yeux et respire un peu plus profondément, sans doute pour calmer ses pleurs. A ce moment, Gabriel se demande si elle pleure pour lui ou pour quelqu’un d’autre. Il a vraiment du mal à le savoir, à la comprendre et la cerner. Vraiment. Et ces paroles, en même temps si justes et si fausses. Evidemment qu’il a mal. Le passé le poursuit et lui fait peur. Il se sent en danger, il ne sait pas jusqu’où il est capable d’aller, et c’est effrayant. Et en même temps, peut-on encore avoir mal quand on est tombé si bas ? Quand on a commis tant d’actes répréhensibles. Il se sentait seul surtout. La solitude le rongeait un peu plus chaque jour. Mais à qui se confier ? Il avait déjà commis trop d’erreur. Personne ne devait savoir.

Les mains de la jeune fille étaient tremblantes, à tel point qu’elles furent vite recouverte de sable. Gabriel ne bouge pas. Il se tourne vers l’océan. Vers l’horizon. Il sait que en le traversant, il pouvait rejoindre l’Irlande. Il sait aussi qu’il n’en fera rien. Il n’est plus le bienvenue dans ce pays. Il ne l’a jamais été en réalité. Finalement, il est devenu indifférent. Mais fut-il une époque où cela le minait. Ira se relève, les yeux tournés vers l’horizon et je sais qu’elle évite mon regard. Elle ferme ses yeux sans doute éblouis par le soleil. Ceux du Beethoven sont bien plus résistants. Peut-être leur couleur ? Ou peut-être pas. Le jeune garçon n’en a pas la moindre idée. Son attention se porta à nouveau sur la Molière quand elle se remit à parler à nouveau :

-J’imagine un Monde où tout irait bien. Tu imagines, une utopie ? Ça n’existe pas, sauf dans nos rêves, sauf dans nos cœurs, tu vois ce que je veux dire ? Je n’aime pas voir les gens souffrir, et j’aime encore moins que tu sois victime de cette souffrance. Peu importe, tu as le droit de ne pas m’aimer, mais je serais là pour toi si tu veux, coûte que coûte. Les gens peuvent dire n’importe quoi sur toi, cela ne m’importuneras pas.

Gabriel ne quitte pas les vagues des yeux. Avant, il aurait compris. Des rêves, il en avait eu tellement. Mais trop d’entre eux s’étaient brisés. Comme les vagues lorsqu’elles atteignent les rochers. L’utopie, finalement, ce n’était rien de plus. Juste un rêve. Et comme les autres, il s’était brisé pour Gabriel. Maintenant, il n’avait plus la faiblesse de croire aux rêves. Il ne croyait plus en rien. Il préférait s’en tenir au réalisable. Il trouvait les paroles d’Ira tellement enfantine. L’utopie. Y croyait- elle vraiment ? Pensait-elle vraiment pouvoir l’aider ? Elle ne pouvait rien pour lui. Il n’était plus maitre de ce qui lui arrivait. Il ne pouvait que suivre le destin. Fataliste. Voilà comment était Gabriel alors que plus rien ne l’éclairait que sa propre lumière. Sa souffrance ne se tarirait pas si facilement. Pour l’instant, le seul moyen qu’il envisageait passait par la vengeance ou bien par sa propre mort. Sauf si l’enfer existait. Alors ça ne serait que le début de sa véritable souffrance. Et espérer n’était que faiblesse. Il regarda Ira de ses yeux tellement froid, qui au fond aurait aimé pouvoir changer, pouvoir refléter enfin autres chose que des ombres. Ce n’était plus possible. Il était trop tard pour Gabriel. Plus personne ne pouvait rien pour lui.

« - Le monde n’est pas une utopie. Et tu ne peux rien pour moi. Ouvre les yeux Ira. Tu ne veux voir que ce qu’y ne peut pas faire mal. Ouvre les yeux et regarde la réalité du monde. »

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MessageSujet: Re: L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//   Mer 12 Juin - 12:50

Je ne sais pas si ses paroles étaient un choc pour moi. Je crois que je m’y attendais. Gabriel ne m’avait jamais vraiment parlé même quand il était avec moi, il préférait rester froid, distant et muet. Non ce n’est pas là de la pitié que je ressens, c’est de la compassion ! Oui, il est toujours ainsi et ça me glace le sang. Je déteste voir les gens souffrir dans leur coin sans rien dire, comme Gab souffre de ses blessures sur ses bras que je viens de remarquer pour la première fois. Il peut toujours essayer de m’intimider et de me faire fuir, je ne cèderais pas sous le poids de la pression. Je suis du côté de qui je le souhaite, et aujourd’hui ma cible c’est lui, coûte que coûte, peu importe les risques que j’encours, ce sera comme un défi pour moi, un défi pour lui.

 
Le silence se tient toujours entre nous, depuis plusieurs minutes déjà. Mais des minutes que je n’ai pas comptées, je ne préfère pas. Et puis, parfois, le silence est d’or n’est-ce pas ?
 
Mes yeux se tournent vers les siens, vers sa silhouette. Je le regarde des pieds à la tête comme si je ne l’avais jamais fait auparavant. Je soupire soudainement, ne sachant que faire, ne sachant que dire. Il me rappelle beaucoup de souvenirs, mais je ne dois pas me laisser abattre par le passé, ce sera un suicide. Et je ne renonce pas de suite de cesser de le fixer intensément. Je fais ce qui me plaît, comme toujours. Et puisque ça me plait de le regarder tandis qu’il est pensif, je n’arrêterai pas. C’est de cette manière que sans comprendre je m’approche un peu de lui pour me placer à ses côtés et fixer l’horizon.
 
« Gabriel… » je dis dans un seul souffle.
 
Ma voix sonne tout de même doucement, comme si elle était lointaine et ne m’appartenait plus. Je pense au voyage. Y pense-t-il aussi ? Ce serait merveilleux de voyager tous les deux, j’ignore où. Non, il faut que j’arrête de penser à des trucs si stupides. Pour quelles raisons aurait-il envie d’embarquer avec une fille aussi agaçante que moi ? C’est si débile, irréel et impossible ! Pourquoi je ne me cesse pas des objectifs plus simples, plus accessibles ? Peut-être parce que je suis le genre de fille à vouloir toujours plus dans le fond… Il faut que j’arrête de me poser des questions, il faut que je profite du moment présent. C’est une des raisons pour lesquelles je lui demande :
 
« Ça te dirait de voyager ? »
 
Ma question pourra toujours paraître bizarre, elle est inutile et sans but au final. Rah, Ira pourquoi t’es comme ça ?! Je hurle dans ma tête. Je me hurle de penser à autre chose, de fuir ma tête une fois pour toutes et de profiter du vent, de la plage et de la présence de Gabriel. Sauf que ça ne sert pas à grand-chose. Pour la simple et bonne raison que je lui attrape doucement le bras pour redécouvrir ses cicatrices. Je les regarde, je les caresse lentement. Je fixe mes doigts parcourir son bras pour essayer de ressentir une certaine douleur. Mais je ne suis pas voyante, télépathe ou bien mentaliste alors mes gestes ne portent pas leurs fruits. Je devrais cesser, mais non, je continue encore quelques secondes. A la fin, je ne lâche pas son bras. J’ai sûrement peur qu’il s’enfuit avant même que je m’en rende compte, étant terrifiée à l’idée de vivre un cauchemar et de me réveiller sans oser lui en parler. Puis je lève mes yeux vers son visage, essayant de trouver les siens. Je pourrais me qualifier d’enfant qui découvre les gens en ce moment-même, si je le voulais. Je ne le veux pas, je veux juste… écouter, entendre sa voix ?
 
Je l’abandonne enfin. Je passe ma main dans mes cheveux roux, emmêlés et décoiffés par le souffle glacé qui parcourt l’océan. Je tourne les pupilles vers celui-ci et j’avance, murmurant :
 
« Je marcherai jusqu’à me faire saigner les pieds s’il le faut. »
 
L’eau trempe mes orteils, me laissant frissonner des pieds à la tête, et je continue de chuchoter.
 
« Je veux aider les gens. Je refuse de les abandonner sous peine qu’on m’abandonne moi aussi. Je suis fragile, stupide, trop sensible. Mais je ne baisserai pas les yeux, jamais. »
 
Je me laisse tomber dans l’eau, finissant par mouiller ma robe propre de ce matin. J’ai froid mais ça me fait du bien tout ça. Il faut savoir changer, il faut savoir apprendre, il faut savoir être courageux pour qu’un jour le fruit de notre dur labeur soit récolté.
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MessageSujet: Re: L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//   Ven 2 Aoû - 15:15

Le silence règne, au grand bonheur de Gabriel. Voilà un royaume sur lequel il pourrait règner. Le silence. Pas si silencieux que ça d''ailleurs. Les vagues qui s'échouent sur la plage, le bruit des mouettes, qui volent au ras de l'eau, certainement dans l'attente d'un poisson suicidaire. Le vent faisant voleter le sable des dunes. Gabriel aimait regarder, écouter. Les sens aiguisés, il ne pouvait ignorer les sons qui l'entouraient. Elle me regarde, je le sais sans le voir. Je sens la brûlure de son regard sur ma nuque, je sens ses yeux me détailler. Alors, je reste sans bouger, dans une immobilité parfaite. Je reste parfaitement maître de moi. Elle, elle soupire. Une fausse note. Elle pense au passé. Sans aucun doute. Peut être est ce la raison de sa naïveté et de sa candeur irrésonné.
Le destin ne la peut être pas épargner et contrairement à moi, elle a décidé de le résoudre de manière pacifique en aidant les autres. Ou un truc débile dans le genre. En tout cas, je sais de quoi parler si je veux la mettre dans l'embarras. Enfin, si ça marche. Elle s'approche et s'installe à mes côtés, le regard tourné vers l'océan. Etendu d'eau sans limite.
Elle murmura doucement :

« Gabriel… »

Il tourna enfin son regard vers elle. D'une froideur qui aurait fait fuir le plus téméraire des bagarreurs. Mais pas elle. Elle, elle voyait tout le monde comme une personne gentille. Elle ne semblait pas vouloir voir le mal qui trônait à l'intérieur des gens. Elle se serait jeté dans les bras de quelqu'un tenant un couteau et se serait presque accuser d'être une proie trop tentante si il la poignardait par derrière. Vraiment, c'était exaspérant. Elle me demanda :

« Ça te dirait de voyager ? »

Voyager. Gabriel, lorsqu'il était plus jeune rêvait de voyager. De s'évader. Il ne l'avait pas pu dans les conditions qu'il aurait voulu. Il avait parcouru l'Irlande, l'Angleterre et l'Allemagne sans y trouver le moindre plaisir. Il ne s'était pas arrêter pour y regarder les monuments historiques. Nan. Et lors de chacun de ses 3 voyages, il avait commis des actes atroces. Des actes qu'il ne regrettait pas. Parce qu'il était un monstre pensa t'il. Une créature sortit tout droit des enfers. Un démon. Il se demanda si un démon pouvait aller au paradis, c'était idiot. Il brulerait dans les flammes de l'enfer avec ceux de son espèces. Il ne pouvait en être autrement. On ne peut pas pardonner quelqu'un qui n'a aucun regret.
Il sursaute quand elle attrape mon bras, trop absorbé dans ses pensées pour remarquer son mouvement. Il recule légèrement, sur le point de la poussée, mais il se retient de justesse. Il veut comprendre pourquoi elle s'obstine. Ce qu'elle cherche. Elle découvre les avants bras du jeune homme Il la laisse faire, sans bouger, froid et pareil à lui même.  Elle passe doucement ces doigts dessus, suis les estafilades du bout des doigts. Lui ne bouge pas. S'il le faisait, il se serrait effondrer. Ne comprenait elle pas le sens du mot intimité ? Ces cicatrices étaient une chose que Gabriel ne pouvait supporter. Elles lui rappelaient la douleur mais surtout les mots de sa mère, son regard plein de honte à l'égard de son fils. Il est sur le point de dégager son bras de son emprise quand elle me regarde, ses yeux cherchent les miens. Je la regarde à mon tour. Je ne perds pas mon expression malgré l'abime dans laquelle j'ai l'impression de plongée. Elle me lâche enfin, je commençais à sentir des picotements désagréables dans mon bras. Elle s'avance en murmurant, le regard vif :

« Je marcherai jusqu’à me faire saigner les pieds s’il le faut. 

Elle continue, tandis qu'une vague vient lècher nos pieds, mouille mes chaussure  :

« Je veux aider les gens. Je refuse de les abandonner sous peine qu’on m’abandonne moi aussi. Je suis fragile, stupide, trop sensible. Mais je ne baisserai pas les yeux, jamais. »

Elle se laisse tomber dans l'eau, comme vidé de ses forces. Je la regarde. C'est vrai. Trop fragile, trop sensible. Comment fera t'elle pour survivre dans un monde ou tout peu à chaque instant la détruire. Elle ne se rend pas compte de l'hostilité du monde. Elle ne comprend pas qu'elle n'aura pas à marcher jusqu'à saigner des pieds puisque quelqu'un se chargera de la faire tomber avant qu'elle n'y parvienne. Qu'elle sera un jour obligé d'abandonner car elle verra l'horreur, qu'elle vivra la peur. Elle finira par baisser les yeux quand le monde entier la regardera en se moquant. Quand le monde l'obligera à s'incliner jusqu'à toucher le sol. Quand les autres lui voleront ses rêves sous prétexte qu'il ne leur convienne pas. Elle voulait être forte, là ou seul un fou pourrait dire qu'il n'est pas atteint d'une souffrance intense. Je ne la quitte pas des yeux.

«  Les gens que tu aideras te cracheront au visage. Quoi qu'il te soit arriver, il faudra tôt ou tard que tu ouvres les yeux. Personne ne peut te protéger, personne ne pourra t'empêcher de tomber, personne ne sera là quand tu en auras besoin. Ira, dans ce monde, tu seras toujours seule. »

Il ne savait s'il avait parler pour elle ou pour lui. Mais il croyait ce qu'il disait. Il ne quitta pas la jeune fille de son regard noir. Le vent griffa ses bras, toujours découvert et il fit glisser les manches de sa chemise pour recouvrir les balafres. Il fixa Ira avec intensité et conclu :

« Les autres hommes ne sont qu'une série de déception, tous plus lâche et égoistes les uns que les autres   »

Et une petite voix murmura à Gabriel, que finalement, il était comme les autres, au fond, il ne valait pas mieux et le savait pertinemment.[/b]

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MessageSujet: Re: L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//   Dim 4 Aoû - 16:40

Le fait qu’il me regarde alors que je raconte des débilités me gêne. Il pourrait regarder ailleurs, comme d’habitude, mais non, il me fixe et je ne sais pas quoi faire. Je reste là, dans l’eau à fixer l’horizon sans oser me retourner. Et quand je le fais en me relevant, son regard dur et froid est toujours sur moi. Je secoue la tête, voyant qu’il va parler et soupire en l’écoutant. En l’écoutant dire que c’est vrai je suis tellement nulle et fragile qu’on me tuera d’un coup de couteau dans le dos avant que je m’en aperçoive. Ça me fait mal ses paroles, mais j’avale ma salive et reste droite en soufflant doucement.

« Alors c’est comme ça que tu me remercie Gabriel, c’est comme ça que tu me remercie de te laisser traîner avec moi alors que tu restes sans arrêt muet ? »

Je suis hors de moi, mais je me contrôle, jusqu’à ce que je me rende compte que je viens de penser à voix haute, mes yeux plongés dans les siens. La honte m’envahit. Que vais-je dire après ça ? Rien, parce que je vais agir, peut-être à l’en provoquer parce que déjà des larmes roulent sur mes joues. Je les essuie, me tourne dos à lui et fixe l’océan qui remue sous le vent. Je passe une main dans les cheveux, dépitée. Il ne sait rien de moi et je ne sais rien de lui. J’ai envie d’en savoir plus, j’ai envie de savoir ce qu’il cache, qu’il s’ouvre sans dangers, au moins à moi. Parce que je l’apprécie tout de même, bien que je sois ignorante sur le sujet « Gabriel ». Je ferme les yeux, je respire lentement, fais attention à ne pas tomber en tremblant. Je pleure pour de simples paroles.

« Je ne suis pas seule Gabriel. »

J’ouvre les yeux, cligne des paupières et m’avance vers lui d’un pas assuré, ou presque. Je fais de mon mieux pour ne pas paraître anéantie par ses paroles. Je le regarde droit dans les yeux, ma maâchoire se serre alors que mes pieds m’arrêtent face à lui, bien plus près que je le l’aurais espéré. J’ai envie de lui en coller une, gagnée par une rage sans nom mais j’en suis incapable.

« J’ai mon frère avec moi, il me l’a promis. Toi tu n’as personne, tu es juste… Un monstre avec tout le monde ! N’en as-tu pas marre Gabriel, de te cacher aux autres ? Je suis sûre que tu vaux mieux que d’être traitée comme une merde. Parce que tu es quelqu’un et ce quelqu’un ne devrait pas ignorer le bien que ça fait d’avoir quelqu’un à ses côtés, jusqu’à ce que tu tombes. Car oui, même si je tombe, détruite par quelconque personne au moins de mourrais avec la gaité d’avoir eu quelqu’un à mes côtés ! »

Mon souffle se coupe. J’ai été tout aussi froide qu’il l’avait été avec moi, et j’en éprouve des remords. Je me rappelle à peine de ce que je viens de lui dire, mais j’espère qu’il le prendra en compte. Je recule d’un pas, avant que son regard de tueur ne soit accompagné de ses mains autour de mon cou pour m’étrangler. J’ai été bien plus forte que je ne le croyais sur le moment. Mais ça m’a fait du bien de crier, de lui faire la moral alors que je sais très bien qu’il ne changera pas. Il ne pourra jamais changer, il ne voudra jamais de quelqu’un pour l’aider. Gabriel restera seul, il le sait, puisque c’est ce qu’il veut. Je soupire, fini par baisser les yeux sur ses bras recouverts de nouveau par les manches. De toute façon, il ne pourra pas me laisser m’enfuir, parce que j’ai vu ses cicatrices et que j’ai envie d’en savoir plus.

« J’ai juste envie d’en savoir plus sur toi » dis-je d’une voix si douce et si faible qu’on aurait pu croire qu’elle appartenait à une enfant. Je ferme les paupières, me calme doucement en froissant un volant de ma robe. Je vais mieux, je vais bien, surtout qu’il ne me fait pas peur.

J’ai assez détourné le regard, je l’ouvre et le replante dans le sien avec la ferme intention de ne pas le retirer, surtout que je viens de poser gentiment ma main sur son bras.

Je n'ai pas peur.
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MessageSujet: Re: L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//   Dim 4 Aoû - 22:06

Je la dévisage intrigué. Considère-t-elle vraiment que je lui dois quelque chose parce qu’elle me parle ? Je ne lui dois rien, je n’ai pas à la remercier. Parce que je me fiche de traîner avec quelqu’un ou d’être seul. Et puis, mieux vaut ne pas se voiler la face non ? N’est-ce pas mieux de dire quelque chose que l’autre n’aimera pas mais qui est vrai plutôt que quelque chose qui lui fera plaisir mais qui est faux. Elle me regarde, un regard empli de larmes qui se mettent aussitôt à lui couler sur les joues. Elle s’essuie et me tourne le dos. Peut-être pour cacher ses larmes, bien que je l’ai déjà vu. Ou simplement pour éviter mon regard. Il faut dire que mes deux yeux noirs la regardent  fixement depuis assez longtemps pour la mettre mal à l’aise. Elle passe une main dans ses cheveux et respire doucement. Je ne la quitte pas des yeux, je suis curieux d'entendre la suite.

« Je ne suis pas seule Gabriel. »

C'est vrai, elle n'était pas seule, pas elle. J'étais seul. Je l'avais toujours été. Face au regard plein de mépris et de honte de sa mère, et celui plein de mépris de son père. Elle finit par rouvrir les yeux, et s'avance vers moi, légèrement hésitante. Elle me regarde, ses yeux me vrillent. Je la regarde sans broncher, sans même bouger d'un centimètre. Elle serre la mâchoire, sa main se crispe légèrement.

« J’ai mon frère avec moi, il me l’a promis. Toi tu n’as personne, tu es juste… Un monstre avec tout le monde ! N’en as-tu pas marre Gabriel, de te cacher aux autres ? Je suis sûre que tu vaux mieux que d’être traitée comme une merde. Parce que tu es quelqu’un et ce quelqu’un ne devrait pas ignorer le bien que ça fait d’avoir quelqu’un à ses côtés, jusqu’à ce que tu tombes. Car oui, même si je tombe, détruite par quelconque personne au moins je mourrais avec la gaité d’avoir eu quelqu’un à mes côtés ! »

Avoir quelqu'un à ses côtés... Il avait eu quelqu'un à ses côtés à une époque. Cela faisait plus de mal que de bien, parce qu'on pouvait contrôler sa vie, on avait pas peur de la perdre. Mais celle des autres... Les autres étaient une menace permanente, car dès l'instant où l'on s'attachait a eu, on avait peur pour eux.  De plus, on pouvait les blesser. Il trouve drôle qu'elle lui ait parler avec froideur, comme il pouvait lui même le faire. Sait elle seulement ce qu'il a vécut ? Sait elle seulement qui ce cache derrière ce nom ? C'est vrai qu'il est un monstre, un horrible monstre. Et de la pire espèce. Gabriel, ombre du mal. S'il tombait un jour, non seulement personne ne le relèveraient mais les gens danseraient autour de sa tombe.
Ira recula d'un pas, dans le regard, une légère étincelle de peur brillait. Sans doute avait elle peur des conséquences de ses paroles. Après tout, l'air terrifiant de Gabriel servait à cela. Inspiré la peur, pour qu'on s'éloigne de lui. Ira eu un léger soupire et son regard se baissa à nouveau sur mes bras. La curiosité...  
Elle regardait ses cicatrices avec l'air de celle qui veut savoir. Il avait fait l'erreur d'une fois révélé une partie de son passé, ne voulait pas la reproduire. Personne n'aurait du savoir.

« J’ai juste envie d’en savoir plus sur toi »

On aurait dit une petite fille avec sa voix si basse et douce qu'on l'entendait à peine. Elle ferme les yeux un instant, comme pour se ressourcer avant d'ouvrir les yeux et de me fixer avec intensité. Elle pose sa main sur mon bras. Nouvel violation de territoire, elle semble vraiment aimer le contact physique au contraire de Gabriel. Ses yeux noir ardent la transperçai telle ceux d'un faucon :

« En savoir plus sur moi... Mais tu en sais déjà assez. Je suis un monstre, un terrible monstre (Il ponctua ses paroles en lui attrapant le poignet)... Je suis seul. Et lorsque je mourrais personne ne me pleurera parce que j'ai déjà trop fait pleuré. »

Il lacha sa main, tourna son regard vers l'océan et murmura :

"Il y a des choses qu'il vaut mieux ignorer

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MessageSujet: Re: L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//   Lun 5 Aoû - 21:12


En fait, si, j’ai quand même un peu peur de ce qui pourrait arriver. Je n’ai pas totalement confiance, mes joues me brûlent déjà de honte. J’ai envie de m’enfuir en courant. Quand on était petits on n’avait pas ce problème. On s’en foutait de tout ça, on vivait tout simplement. Parfois on prenait la main de notre ami et on se mettait à courir dans le sable en riant, heureux de pouvoir profiter du peu de liberté qui nous restait. C’était cool d’être purs et innocents.

Sérieusement, parfois j’aimerais y retourner pour ne pas me poser de questions comme je le fais là, me remémorant l’enfance que je n’ai pas forcément eue. Je soupire, je le regarde toujours et au moment où je m’apprête à déclarer forfait il m’attrape le bras pour m’intimider. C’est d’ailleurs gagner, je sens que je vais fléchir à chaque seconde qui passe, à chaque mot prononcé.

C’est son problème s’il se croit monstre et qu’il veut que je sache que ça. Mais ça me blesse, j’ai vraiment tout fait pour l’aider, je suis au bord du gouffre. Au point que, enragée, je lui mets la claque la plus mémorable de sa vie en hurlant « Mais réveille-toi bon sang ! ». Puis je recule, effrayée, les larmes roulant sur mes joues. Je regrette. Je lui ai vraiment donné un coup, une claque ? Oui, je crois. Ma main est toute endolorie, et je secoue la tête pour enlever cette pensée de ma tête.

« P-Pardon » je lance à Gabriel alors que j’explose littéralement en pleurs. Je ne devrais pas, parce que je ne pleure pas devant les soi-disant inconnus. Je ne cède pas si facilement, pas comme ça. J’ai trop peur désormais des représailles, je me laisse tomber sur les genoux, posant les mains au sol face à moi. Je laisse mon visage trempé vers le sol, alors que mes cheveux me cachent à peine la vue et le visage. Y’a les pieds de Gabriel en face de moi, semblables à deux tâches noirs parce que mes yeux se brouillent. Pourtant au fond de moi je continue de penser qu’il ne ferait pas de mal à une mouche. Mais à moi, Ira Kjerstin, une pauvre Molière qui ne marche que sur les pas de son frère ? Non, c’est ridicule. Pourquoi j’y pense ? Parce que ça m’aide à me calmer de penser à Adrian.

Ça n’a pas été le grand amour lorsque l’on s’est vu pour la première fois. Mais malgré ça, dès l’arrivée chez notre père il m’a protégé. Comme sa vraie sœur, comme la seule personne qu’il restait de sa famille. On s’est vote allié, pour emmerder notre belle mère. Et notre père par la même occasion. On faisait tout pour qu’ils se quittent bien qu’on sache qu’ils avaient compris à quoi on jouait. On ne voulait pas vivre dans ce calvaire si longtemps. On voulait se barrer de là, retourner chez nos mères. Sauf que ce n’est pas ce qui est arrivé, on a mal calculé notre coup et on a fini ici à l’Académie Artistique d’Europe. Et temps que j’y suis, je me remémore cette soirée… Mon frère avait raison de me suivre parce que sans lui qui sait ce que je serais aujourd’hui.

Ma gorge est douloureuse à cause de tous ces sanglots longtemps cachés, mais je trouve tout de même un moyen de dire à Gabriel qu’il a raison, que là je suis seule, et que s’il veut m’anéantir qu’il le fasse tout de suite puisque le mal n’a pas l’air de le toucher. Mais… Vais-je regretter mes paroles ? Vais-je regretter de lui avoir  frappé le visage, de pleurer devant lui ? Sûrement, ce deviendra un  châtiment mérité pour moi. Et lui sera heureux de mettre à terre une abrutie qui essaie de le raisonner. Parce que oui…

« Je suis qu’une abrutie. »
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MessageSujet: Re: L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//   Mar 6 Aoû - 7:56

Elle regarde Gabriel, ses yeux rageurs brillant de larmes et sa main claque sur la joue du Beethoven avec cette phrase qu'elle lui crache au visage :

« Mais réveille-toi bon sang ! »

Il fut plus surpris qu’autre chose. Il réceptionna la baffe en question sans le moindre mouvement et regarda Ira reculer, pleurant à nouveau. Pendant un instant Gabriel se revoit avec ces camarades au village. Il se rappelle de l’eau, lui rentrant dans les narines, de sa lente suffocation puis de l’air brulant ses poumons. Il sait qu’Ira à de la chance de lui avoir foutu une claque plutôt que de le pousser en arrière, il n’aurait pas supporté l’eau et qui sait ce qui serait arrivé à la jeune fille. Au lieu de ça, il se rappela les coups de poings échangés avec Alastar et celui donné à son camarade venu l’aider. Celui qui n’y avait pas survécu.

« P-Pardon »

Pourquoi donc, hein Ira ? Le jeune garçon sait bien que tu ne le regrette pas. Au fond, tu l’aurais quand même fait quoi qui l’arrive. Elle se met à pleurer encore plus fort, elle devait être fontaine dans une vie antérieure. Il la regarde, toujours sans le moindre geste. Au fond, elle a raison. Peut-être qu’il est en train de reproduire ce qui lui arrivait au village ? Peut-être aurait- il dû ne rien cacher ? Mais à que prix ? Il risquait beaucoup à être honnête. Ira se laisse tomber à genoux sur le sol, les mains dans le sable, le visage touchant presque le sol. Je ne sais pas pourquoi elle se met comme ça, pour se protéger de moi ? Ou juste fatiguée. Je ne réagis toujours pas. A vrai dire, pourquoi faire ? La punir de quoi ? D’exprimer ce qu’elle pense ? Au fond, elle fait exactement ce que je veux. Elle ne m’aime pas, est effrayé par mes réactions. Alors aucune raison de lui faire du mal d’une quelconque manière.

« Je suis qu’une abrutie. »

Je la regarde avec un soupçon d’ironie. Parce qu’au fond, c’est moi l’abruti. Celui qui se cache derrière ce masque froid, pour éviter les conversations. Mais, si j’avais plutôt joué le petit élève discret, ça aurait été mieux. C’est juste que je ne pouvais pas me douter de la curiosité et de la perspicacité des élèves m’amènerai à ce genre de situations. Que voulait-elle savoir ? Mon enfance sordide ? Les meurtres de mon adolescence ? Que cherchait-elle ? Il finit par lui dire :

« Non, tu crois juste en ce que tu dis. »

Pas comme lui. Gabriel, lui ne croit plus en ce qu’il dit depuis bien longtemps. A vrai dire, il se demande parfois si au fond, il n’est pas mort avec l’ami d’Alastar. Si au fond, il décide ce qu’il fait ou si le destin décide à sa place. Rien que de penser ça, il s’en veut. Il se cache encore, ne veut assumer ses actes. Pourtant, il est coupable. Il se sent fatigué de tout le temps se cacher derrière un tas d’excuses.

« Je ne suis pas à plaindre, n’essaye pas de m’aider. Occupe-toi des personnes qui le méritent vraiment. »

Gabriel lui tend la main, il n'aime pas la voir si près de l'eau... Pour lui, c'est un prédateur qui peut se réveiller à tous moments.

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MessageSujet: Re: L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//   Mar 6 Aoû - 12:00

J’aurais pu rester encore longtemps étalée là dans le sable à pleurer. Rester encore longtemps à l’écouter. Ecouter sa voix froide comme la pierre, tout autant que ses yeux reflètent directement la couleur du charbon. Des détails qui ne m’avaient pas échappés tant sa chevelure d’or brillait au soleil. Deux personnes de loin auraient peut-être vu un Phénix aux pattes d’un Lion, en train de pleurer sur le sort qui est réservé à ce dernier. Sauf qu’un Phénix doit être fort. Le Lion a beau être loyal, le Phénix lui est toujours prêt à s’enflammer pour montrer son courage. Mais je dois cesser de penser à des trucs tordus. Sauf que je n’y arrive pas, sauf quand Gabriel tend la main vers moi. Il ne veut pas que je l’aide, mais lui, il m’aide. Je ne sais pas ce qui se passe, c’est la journée la plus bizarre. Je me compare à un Phénix alors que je ne suis pas cette animal si puissant, j’ai juste une chevelure le rappelant.

« Non… » je murmure en relevant les yeux vers lui. Je ne le laisserais pas s’en sortir si facilement. Suis-je finalement un simple renard impuissant face au Roi de la Jungle ? Cette pensée me tord les tripes. Je ne sais pas quoi faire, je fixe ses longs doigts qui n’ont pas bougé. Ça veut dire qu’il faut que je la saisisse pour me lever ? Être en contact direct avec son bras, parce qu’il l’a voulu ? A moins qu’il pense que je ne prendrais pas sa main pour me lever. Des milliers de choix s’offrent à moi. Dois-je me relever toute seule, me laisser emporter par la mer, ou bien cesser de résister face au « Mal » ? La dernière possibilité serait la plus sage, sauf que je ne vais pas m’en tenir à cela.

« Pourquoi tu fais ça ? »

Je lui prends finalement la main, ressentant un frisson horrible dans tout le bras. Parce qu’il est gelé. Alors je me relève lentement, face à lui. Mais ne le lâche pas.

« Tu sais très bien que je n’abandonnerais pas Gabriel. »

Ma main quitte la sienne, ce qui me rassure. Je regarde cette même main tremblante reprendre sa place le long de mon corps. Simplement, efficacement. Parfois la vie est plus simple que ce que l’on pense. Là, il suffirait que je lui prenne la main et l’entraîne avec moi le long de la plage pour parler tranquillement en regardant le paysage. Sauf que je tourne le dos à cet horizon. Je suis presque en méditation –ou bien admiration ?- face à celui qui refuse toute aide. Un garçon étrange, reflétant une personnalité hors normes. Je ne sais que penser, tout s’embrouille dans ma tête. Les papiers se mélangent, et bientôt je dirais des conneries. Sauf qu’il ne faut pas. Je reste droite, tentant de me calmer alors que je le regarde droit dans les yeux. Il a une âme, il refuse de la montrer.

« Cesse de lutter contre le monstre qui est en toi. Parce que ce n’est pas toi le monstre, tu es juste possédé par une simple pensée que tu refuses d’extraire de ta mémoire. N’oublie pas ça, ce n’est pas toi le monstre, je ne te crois pas. »

J’accompagne ma phrase d’un léger sourire. Un vrai petit sourire pour essayer de lui montrer que sa méchanceté ne m’atteindra jamais bien longtemps, qu’il pense le contraire… Ou non. Il se voile la face et j’ai bien l’intention de lui montrer. Mais pour l’instant, ça suffit d’être devant lui, assez près mine de rien. Alors je reviens me placer à ses côtés, mes yeux plongés dans l’océan. Et je commence à divaguer.

« Je n’avais jamais vraiment vu la mer aussi belle. C’est ridicule, parce que je n’aime pas ce paysage. On a l’impression d’être apaisé mais au final on ignore ce qu’il pourrait arriver. »

Je hoche la tête, et puis je me mets à chantonner. Mais seulement une mélodie qui me rappelle mon pays, qui me rappelle ma mère, d’où je viens. C’est bien la seule chose qu’on ne pourra jamais m’enlever de la tête. Ce doux son envoûtant sera toujours la seule chose qui sera représentative de ce que je suis, ce que je ressens, ce dont j’ai envie. Elle a beau elle lente, cristalline, j’arrive à la reproduire sans mal comme je le faisais lorsque j’étais petite. Je ne me rappelle pas des paroles précises mais je me souviens que ça parlait du passé. Que bien que l’on mène une existence dure, on peut toujours la changer dans le présent pour en faire dans le futur quelque chose d’exceptionnel à raconter à ceux que l’on croise. Ça parlait aussi du fait que les humains seront tous au fond des abrutis de première qui n’arrivent pas à réfléchir. Parce que la pensée est quelque chose que l’on a du mal à contrôler, on oublie tout, nous sommes des êtres éphémères.

J’arrête de chantonner puisque j’arrive à la fin de la mélodie et je tourne doucement la tête vers le garçon, ou devrais-je dire jeune homme, qui est à mes côtés. A quoi pense-t-il ? Je doute que lui-même le sache.
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MessageSujet: Re: L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//   Mar 6 Aoû - 18:31

« Non… »

Elle a dit ça d’une toute petite voix, ça ne m’empêche pas de rester le bras tendus, je veux qu’elle se relève bon sang. Toute cette eau…

« Pourquoi tu fais ça ? »

Qu’a-t-elle encore ? Ne peut-elle pas simplement prendre ma main et se relever ? Est-elle obligée de se poser autant de questions ? Qu’est-ce que ça peut lui faire ce que je fais ? A moins qu’elle ne parle pas de ça. Mais alors de quoi parle-t-elle ? Qu’est-ce que je dois arrêter ? Elle finit par prendre mon bras tendu et se relever. Enfin. Je fais un petit pas en arrière pour être un peu moins à la merci de l’eau.
« Tu sais très bien que je n’abandonnerais pas Gabriel. »
Sa main tremblante lâche ma main. Oh non, ça, elle était tenace aujourd’hui. Mais Gabriel n’était pas près de céder. Déjà, il était nerveux à proximité de toute cette flotte et en plus, c’était déjà la troisième personne de l’académie à s’intéresser d’un peu trop près à son passé. Elle me regarde, ces yeux fixés sur les miens. Fière. J’en fais de même. Je ne peux pas prendre de risque. N’a-t-elle pas remarqué qu’elle se mettait en danger à force de rester si près de lui et de le harceler sur la plage déserte ? Ou bien, peut-être qu’elle ne le croyait pas assez dangereux pour se débarrasser d’elle. C’était sans doute ça.

« Cesse de lutter contre le monstre qui est en toi. Parce que ce n’est pas toi le monstre, tu es juste possédé par une simple pensée que tu refuses d’extraire de ta mémoire. N’oublie pas ça, ce n’est pas toi le monstre, je ne te crois pas. »

Que savait elle de lui ? Il était bien pire qu’un monstre. Dans son village, on lui avait appris qu’une personne qui ôtait la vie à une autre était souillée, même si la personne adverse était méchante. Que Dieu n’accueillerait pas une personne ayant péché. Mais pour lui, c’était bien pire encore. Peut-être aurait-il dû plus prié pour son âme. Mais cela n’aurait rien changé, au fond, peut-être n’avait-il pas d’âme. Juste une boite vide. Ça devait être ça. Elle, elle sourit lorsqu’elle lui dit ça. Elle doit se moquer. Ça devait être une phrase ironique. Au fond, peut-être qu’elle aussi avait compris. Elle se met sur le côté, vers l’océan. Ce dernier scintille et son calme rassure un peu le Beethoven. Mais peut être que par « cesse de lutter » elle lui proposait de le laisser agir. De le laisser souiller ses mains de sang, de le laisser remplir son cœur de haine. Parce que si vraiment elle avait raison et que Gabriel n’était pas directement le monstre, le monstre en question était bien plus fort que lui.

« Je n’avais jamais vraiment vu la mer aussi belle. C’est ridicule, parce que je n’aime pas ce paysage. On a l’impression d’être apaisé mais au final on ignore ce qu’il pourrait arriver. »

Elle hoche doucement la tête avant de se mettre à chanter. Une chanson douce. La voix d’Ira est douce, cristalline et elle chante avec lenteur. Gabriel frissonne. La musique… il ne peut pas résister au son d’une belle chanson. Il ferme les yeux pour mieux entendre. On entend forcément mieux lorsqu’on n’est pas agresser de toute part, par des jeux de lumières. C’est une chanson personnelle, Gabriel le sens directement dans la mélancolie qui pointe du fond de sa voix. Elle pense au passé. Cette musique le transporte aussi vers le sien. Il se rappelle de ce revolver, de la corde… Elle avait tort, il devait assumer ses actes. Il était responsable. Il était conscient quand il avait fait ça. Entièrement conscient. Gabriel se rends compte seulement après, qu’elle a terminé de chanter parce qu’il sent denouveau la brulure de son regard sur lui. Il ouvre doucement les yeux et regarde Ira avec le calme et le détachement qui le caractérise. Il se décide enfin à parler et lui faire savoir ce qu’il pensait de ce qu’elle lui avait dit, même si leurs joutes verbales semblaient infini :

« Je ne suis pas du genre à fuir mes responsabilités. Question de principe. »

Mais est-ce totalement vrai ? Parce qu’alors, à l’heure qu’il est, Gabriel devrait croupir en prison, et il le savait pertinemment. D’un autre côté, il a promis à Alastar sa vengeance. Il se promet que lorsque ce sera accompli, il se livrera. Il ne voit pas d’autres solutions. Mais de toute manière, ce n’était pas du jugement des hommes dont Gabriel avait peur. C’était celui de Dieu. Que dirait-il lui ? Il n’en dit pas plus. Resta silencieux face au vent qui s’était levé.



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JE VOUS AIME TOUS BANDE DE T'ITES CACAHUETES AMBULANTES 8D !!!!!!!!!!!!!!!!!

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L'océan est sans routes, l'océan est sans explications //feat Ira//

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