Winter -014-015 - Pear, Spark & Lastie
 
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 Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Jeu 8 Nov - 19:51

Nathanaël était assis sur son lit, dans un coin, callé à l’angle des deux murs de sa chambre, son carnet à croquis appuyé contre ses jambes repliées contre son torse. Il se sentait bien, son crayon fétiche au coin de la bouche, observant pensivement son meilleur ami assis en tailleur à l’autre bout du lit, qui fixait lui-même un carnet, à partitions celui-ci.
Le jeune Baroque n’aurait pas pensé, lorsqu’il avait rencontré Ethan Collins à la piscine il y a de cela presque un an, qu’ils finiraient par avoir cette proximité. Ethan était le premier ami de Nate, la première personne qui l’avait frappé – mentalement, quoiqu’il l’avait un peu violenté aussi – à l’académie, et surtout, c’était le premier modèle « officiel » du dessinateur. Cela faisait presque un an que Nathanaël étudiait son ami. Il avait réalisé de lui une bonne cinquantaine de croquis divers et variés et quelques vrais dessins soignés, mais ne se lassait pas.
Le problème était que pour l’instant, Nate n’était pas entièrement satisfait de ses dessins parce qu’il n’avait pas encore tous les éléments dont il avait besoin, et qu’Ethan était une personne très secrète qui se dévoilait lentement. Cependant, la découverte et la recherche étaient tout aussi intéressantes que le dessin en lui-même. Ainsi donc, le pianiste n'avait jamais vu un seul dessin du blond.
Au départ, les deux adolescents se voyaient rarement. Puis le voyage à Ibiza les avaient rapprochés, et en en revenant ils avaient commencé à faire plus de choses ensemble, à se voir assez régulièrement. Aujourd’hui, il leur était normal de passer leurs dimanches après-midi ensemble.
Oh, les rumeurs allaient bon train. Nate, taciturne et mystérieux, était parfois sujet à des ragots. Il s’en était rendu compte, bien que cela ne l’intéressât absolument pas, parce que malgré son air déconnecté, il était en réalité très attentif à ce qui se passait autour de lui, et en mangeant – seul – à la cantine un soir, il avait entendu la conversation de trois filles derrière lui, qui se résumait à peu près à :
- Il est trop craquant… C’est Nathanaël des baroques ? Regardez, il est tout seul, on pourrait l’inviter à manger avec nous ?
- Laisse tomber, je crois qu’il est gay. Parait qu’il passe genre vraiment beaucoup de temps avec un type des Beethoven.
- Sérieux ?
- Oui, en plus je parie qu’il est autiste. Il ne parle jamais et a tellement l’air… absent. Il est flippant.
- Mais mignon quand même.
Elles avaient ri. Nate avait terminé son plateau sans se formaliser de cette conversation. Il se fichait éperdument des ragots. Asocial, taré, autiste, il avait l’habitude d’entendre ce genre de choses et ça lui était égal. Les gens pouvaient penser ce qu’ils voulaient de lui, quelle était l’importance ?
Nate bailla et dessina rapidement une petite fée endormie au coin de sa feuille. Il s’habituait à dessiner en présence d’Ethan, ce qui était une bonne chose. Le Baroque se remit à contempler le pianiste pendant une minute ou deux, puis commença à dessiner les yeux de celui-ci, de mémoire parce qu’il était penché sur sa feuille, ce qui ne lui permettait pas de les voir.
Ils pouvaient rester ainsi sans dire un mot pendant longtemps. Nathanaël se mit pourtant à parler, sans cesser de dessiner, les mots émanant de sa bouche à l’instant même où ils avaient émergé dans son esprit.

- Quelles sont les raisons qui peuvent pousser une personne à en embrasser une autre ?

Il leva les yeux vers son meilleur ami, interrompant son dessin. A vrai dire, cette question le taraudait depuis qu’il avait… rencontré Antarès, et il savait que l’expérience d’Ethan, bien qu’il n’en connût pas les détails, était suffisamment riche pour que le Beethoven ait peut-être une réponse à lui proposer.

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Ethan Collins
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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Jeu 8 Nov - 22:01

Je plisse les yeux et fronce les sourcils, alors que les notes que je dessine au fur et à mesure sur les lignes noires de ma partition jouent dans ma tête une douce mélodie. Concentré, un crayon à papier dans ma main droite, mon cahier posé sur mes jambes, je compose un nouveau morceau de musique. Cependant, cet exercice est difficile, surtout lorsqu’il n’y a pas de piano à portée de main. Tant pis. De toute manière, je n’ai pas l’intention de tout retranscrire sur papier maintenant ; il faudra que je joue pour pouvoir continuer. Et j’en profiterais pour modifier, cette partition n’est pour le moment qu’un simple brouillon.

Je suis assis en tailleur sur le lit de Nate, un jeune Baroque. Au départ, notre écart d’âge était, à mon goût, trop important. Il faut croire que tout cela n’a plus d’importance, à présent, puisque le blond est devenu, au fil des mois, mon meilleur ami. Il faut dire que le jeune homme est autant voir plus intéressant que certains garçons plus âgés. Cela fait environ un an que nous nous connaissons. Le temps passe vite, je trouve. Je ne l’avais pas aimé, au départ. Je l’avais même… brutalisé – un peu - devant les yeux effarés des nageurs du coin, au bord de la piscine de l’Académie. Cet évènement ne me parait pourtant pas si loin. Mais depuis, nous avons eu le temps de faire connaissance, de dévoiler une part de notre personnalité à l’autre. De s’ouvrir, de parler. De déceler chez l’autre les petits détails qui forgent la personnalité. Mais il reste beaucoup de chemin à parcourir. Car je dois bien admettre que Nate n’est pas une personne très bavarde, et préfère économiser les mots. Nate observe ce qui l’entour et arbore toujours une expression neutre. Cela ne plait pas forcément à tous et les gens n’hésitent pas à jeter des rumeurs à son sujet. Mais ça ne semble même pas l’atteindre. Pour ma part, je me suis habitué à son attitude.

Je ne le regarde pas, trop concentré sur ma tâche pour entrevoir quoi que ce soit d’autre autour de moi. Mais je sens sont regard vert se poser sur moi, et j’entends son crayon gratter contre sa feuille. Cela ne fait pas très longtemps qu’il ose dessiner en ma présence. Je crois qu’il commence à me faire vraiment confiance. Alors que je l’entends toujours dessiner, il me lance, brisant le silence qui régnait entre nous :

- Quelles sont les raisons qui peuvent pousser une personne à en embrasser une autre ?

J’arrête de dessiner les notes de musique sur mon cahier, et relève lentement la tête. Quelles sont les raisons qui peuvent pousser une personne à en embrasser une autre ? Je réfléchis un instant. De cela aussi, je m’y suis habitué. Je veux dire, de ces questions étranges qu’il me pose, parfois. Ce qui m’étonne, cependant, c’est que nous n’avons jamais abordé ce sujet. Jamais. C’est drôle qu’il me pose la question à moi.

J’hésite quant à ma réponse. Je n’ai pas vraiment besoin de raisons valables pour embrasser une fille. Je veux dire par-là que cela m’es déjà arrivé pendant une fête, de rouler une pelle à une inconnue sans aucune raison. Juste l’envie, comme ça. Mais j’étais défoncé. Et je ne crois pas que ce genre de situations doit être pris en compte dans ma réponse. Je ne sais même pas si Nate est déjà allé à une fête. Je ne pense pas que ce soit trop son genre. Quoique…

- Tu veux que je te parle de mes raisons à moi ? Parce que je ne crois pas être un exemple à suivre.

Un léger sourire étire mes lèvres alors que je songe à ce qu’il m’est arrivé avec ma professeur de français de l’année dernière, mademoiselle Evernight. Non vraiment, pas du tout un exemple à suivre. Il me regarde. Je poursuis :

- Déjà, par amour. Ensuite, tu peux embrasser quelqu’un par attirance physique, ou par désir. Par défi aussi.Voir par profit, après ça dépend du contexte.

Nouveau sourire.

- Pourquoi cette question ?

J'ai déjà un début de piste quand à ce qui l'a motivé pour me parler de ça. Il ne me manque plus que les détails.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Ven 9 Nov - 19:29

Ethan releva lentement la tête et leurs regards se rencontrèrent.

- Tu veux que je te parle de mes raisons à moi ? Parce que je ne crois pas être un exemple à suivre.

Nate esquissa un léger sourire à cette réponse. Il y avait des domaines pour lesquels ils n’étaient pas vraiment sur la même longueur d’onde, cela s’expliquait à la fois par leur différence d’âge et par le fait que le Baroque, à seize ans, n’avait pas fait grand-chose de ce qu’un adolescent de son âge considéré « normal » était censé avoir fait.

- Déjà, par amour. Ensuite, tu peux embrasser quelqu’un par attirance physique, ou par désir. Par défi aussi.Voir par profit, après ça dépend du contexte.

Cette réponse laissa Nate songeur. Par profit ? Oui, ce pouvait être logique. Les rapports physiques étaient parfois monnaie d’échange ou de chantage, au même titre que l’argent, pour obtenir un profit quelconque. Nathanaël comprenait que ce pût être possible mais ne saisissait pas vraiment les raisons qui pouvaient pousser quelqu’un à en arriver là. Il était sur le point d’écarter cette possibilité lorsqu’il tourna la réponse différemment. Profiter de quelqu’un. Antarès aurait-il profité de lui, de sa faiblesse ? Non, il n’avait aucune raison de faire ça, et si tel était le cas il s’y serait peut-être pris différemment. Ce que Nate avait vu dans les yeux de son binôme était la preuve que ce ne pouvait pas être cela.
Défi ? Oui, c’était une possibilité envisageable. La première fois parce qu’Antarès avait probablement voulu déstabiliser son partenaire, la seconde pour une raison un peu floue qui avait quelque chose à voir avec la cigarette.
Du reste, le dessinateur avait deviné lui-même les deux premières raisons proposées par Ethan, l’amour et l’attirance. C’était de la pure logique. L’amour était à écarter, question de bon sens. L’attirance physique, alors ? Cela semblait tellement invraisemblable aux yeux de Nate. Il n’avait en fait jamais été attiré physiquement par quelqu’un.
Enfin, si, mais pas dans ce sens-là. Son regard avait déjà été accroché par certains physiques – comme par exemple le jour où il avait rencontré Ethan – mais il n’avait jamais éprouvé le désir d’embrasser ni d’avoir le moindre contact avec quelqu’un juste par attirance. Pour lui, être attiré se résumait au sens purement artistique du terme. Parfois, il était attiré par un physique ou une personnalité et avait envie de la dessiner, mais rien de plus.
Peut-être que c’était un mélange de plusieurs raisons. Ou alors, ce pouvait être un acte irrationnel dont même Antarès ne connaissait pas la raison. Et puis, il y avait eu cette lueur dans le regard du rouquin, cet air désespéré qui avait attisé la curiosité de Nate…

- Pourquoi cette question ?

Le dessinateur fut arraché à ses intenses réflexions par la voix du pianiste. Ils échangèrent un long regard : interrogateur pour Ethan, impassible pour Nathanaël. Ce dernier humecta ses lèvres en baissant les yeux sur son carnet, hésitant quant à la manière de répondre. Il avait une confiance totale en son meilleur ami, pourtant il ne savait pas s’il était prêt à partager cette expérience étrange avec quelqu’un. Nate n’aimait pas parler de choses qu’il ne comprenait pas complètement.
Il fut tenté de détourner le sujet en interrogeant Ethan sur sa relation avec Mlle Evernight. Il avait surpris un regard particulier entre le Beethoven et la jeune prof de français, le jour de la rentrée, et n’avait jamais abordé son ami là-dessus. Il se ravisa cependant en songeant que ce ne serait pas très fair-play de sa part. Le Baroque releva donc les yeux vers le brun et répondit laconiquement, d’un ton très légèrement plus hésitant que d’habitude :

- Quelqu’un m’a embrassé.

Le dire à voix haute lui sembla irréel. Comme si cela ne pouvait pas lui arriver, à lui. Comme s’il était impossible que sa bouche se trouvât en contact avec une autre.
Nathanaël inspira profondément, les yeux rivés dans ceux de son meilleur ami.

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Ethan Collins
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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Sam 10 Nov - 19:21

Ma réponse à la question du blond laisse le jeune Baroque songeur. Je l’observe en silence, alors qu’il semble plongé dans ses pensées. C’est étrange, il me semble qu’il ne comprend pas forcément. Il doit peut-être se dire que c’est complétement stupide d’embrasser quelqu’un autrement que par amour. Peut-être n’a-t-il jamais été confronté à cette situation. Ou au contraire, l’a-t-il été pour la première fois il y a peu de temps, et qu’il ne comprend peut-être pas la raison de cet acte au point de me demander, à moi. Ma question le tire de sa rêverie – il semble hésitant, frustré, gêné peut-être. Mais son regard, lui, ne trahit aucune émotion – comme d’habitude. Et pourtant, c’est l’une des rare fois ou je sais à peu près ce que mon meilleur ami ressent. Il baisse les yeux, relève la tête. Nos regards s’entrechoquent. Il hésite, puis déclare enfin :

- Quelqu’un m’a embrassé.

Mes soupçons sont donc vérifiés. Pas très étonnant. J’entrouvre la bouche alors qu’un flot de questions plus ou moins intéressantes jaillissent dans mon esprit : Qui ça ? Où ? Quand ? Tu l’aimes ? Elle s’appelle comment ? Baroque ?

Je referme la bouche, sans avoir prononcé le moindre mot. Avec Nate, pas besoin de phrase inutile. Qui ça ? Il ne me le dira probablement pas, déjà qu’il semble avoir du mal à me parler de ça… Quand ? En fait ce n’est pas si important. Tu l’aimes ? S’il l’aime, il ne m’aurait pas dit ça comme ça. Il m’en aurait parlé avant, et l’amour est un sentiment compréhensible. Il ne m’aurait donc pas questionné sur les raisons qui poussent une personne à en embrasser une autre, puisque, à priori, il ne comprend pas la motivation de la personne qui l’a embrassé. Elle s’appelle comment ? Pareil que pour la première question. D’ailleurs, je dis « elle », mais après tout, peut-être est-ce un garçon. Si c’est le cas, je ne crois pas avoir à me prononcer là-dessus, je ne le juge pas. Baroque ? Encore une fois, une question peu intéressante. Mais probablement, puisqu’à ma connaissance, il ne côtoie pas grand monde dans les autres maisons. Je lâche :

- Et tu ne sais pas pourquoi.

Une simple affirmation.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Sam 10 Nov - 20:14

Aussitôt après l’aveu de Nate, Ethan entrouvrit la bouche, prêt à lui poser une question. Ou peut-être plusieurs. Il la referma rapidement sans pour autant avoir prononcé le moindre mot. Nathanaël appréciait cette qualité qu’avait le pianiste de ne pas parler pour ne rien dire, ou pour dire des choses inutiles. Ses paroles étaient réfléchies, tout comme celles du Baroque. Certes, ils parlaient peu en comparaison à certaines personnes qui pouvaient bavarder des heures entières, mais tout ce qu’ils se disaient était essentiel.
Ethan s’accorda un instant de réflexion avant de lancer une affirmation, aussi simple que véridique :

- Et tu ne sais pas pourquoi.

Sinon il n’aurait pas posé la question. Nate referma son carnet et se déplaça légèrement pour pouvoir le poser sur sa table de chevet, mais garda néanmoins son crayon. Il se cala contre le mur et poussa un soupir, tripotant pensivement son crayon à papier. C’était fou le pouvoir qu’avait son crayon fétiche sur lui, en fait. Ce simple petit objet avait quelque chose de très rassurant, il l’aidait à se concentrer.
Le Baroque était légèrement surpris que son ami ne se soit pas montré plus curieux que ça. Mais en réalité, il préférait que cela se passe ainsi, trop de questions l’aurait mis mal à l’aise, et peut-être qu’Ethan l’avait compris. Ou alors cela ne l’intéressait pas vraiment.

- J’ai des doutes, répondit Nathanaël.

Il n’allait pas lui expliquer en détails toutes ses réflexions qu’il avait depuis deux jours – sa rencontre avec Antarès avait eue lieu ce vendredi – parce que c’était beaucoup trop long et qu’il n’en voyait pas vraiment l’intérêt. Nate replongea son regard dans celui d’Ethan.

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Ethan Collins
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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Dim 11 Nov - 16:01

Nate semble réfléchir. Je referme mon cahier à partitions en y laissant mon crayon à l’intérieur et le pose à côté de moi, sur le lit. Je finirais plus tard, tant pis. Ce n’est qu’un passe-temps. Les professeurs de musiques demandent rarement à leurs élèves de composer leur propre morceau, sauf aux plus expérimentés.

- J’ai des doutes.

Comme toujours, le blond ne semble pas prêt à m’en livrer plus. Il me fixe intensément, avec l’air de dire : ne m’en demande pas plus. Je soupir et me lève du lit pour me diriger vers la fenêtre ouverte de sa chambre. Je me penche un peu en avant, observant le sol qui se déroule lentement : un large carré de pelouse bien taillée ou ne pousse pas même une fleur. Je lève la tête, observe le ciel limpide de cette belle journée d’automne. Je baisse les yeux et observe le vide. Un tremblement me prend. Un souvenir, douloureux. Il y a cinq ans.

flash back

Je suis là, assis sur cette chaise, en face de son bureau. Elle me fixe de ses yeux perçants, cachés derrière les verres de ses lunettes. Elle me sourit, un sourire triste et compatissant. Je soutiens son regard sans sourciller, et elle me demande :
- Parle-moi, Ethan.
Non. Muré dans le silence. Ce n’est pas avec ses sourires et ses « je suis désolée pour toi » qu’elle va me faire ouvrir la bouche. Je n’ai pas envie de lui parler. Je ne sais même pas pourquoi je suis ici. Elle pose sa main sur mon épaule et reprend d’une voix douce :
- Je sais que c’est difficile pour toi, mais ça fait quatre jours que tu viens sans rien me dire. Si tu veux que je t’aide, il va falloir me dire ce que tu ressens tu sais.
- J’ai pas besoin d’aide.
Elle soupire et se penche un peu en arrière, en croisant les jambes. Elle perd patience, je le sens. Elle humecte sa lèvre inférieure lentement, puis se lève. Elle passe devant moi et va s’adosser au mur de la pièce, près de la porte. La fenêtre qui donne sur un petit balcon est ouverte, j’entends les voitures passées à fond sur la route sept étages plus bas. Une légère brise vient rafraichir la pièce. Je la suis du regard et elle lâche un nouveau soupire. Je l’ennui et je l’agace.
- Ecoute, si tu n’as rien à me dire, tu ne viens pas.
- J’suis obligé.
Elle plisse les yeux. Elle me toise.
- Je reviens, ne bouge pas.
Je hausse les épaules et elle quitte la pièce. Lorsque la porte claque derrière elle et que j’entends ses pas s’éloigner dans le couloir, je me lève. J’observe la pièce, et m’approche du bureau de la psychologue. Mon dossier est grand ouvert sur le sous-main. « Ethan, enfant traumatisé. » Je m’éloigne du bureau pour aller vers la fenêtre. Je monte sur le balcon en ouvrant la barrière qui empêche les enfants d’y accéder. Je baisse les yeux vers la rue. Les voitures vrombissent. Le vide m’attire comme un aimant ; je me penche plus en avant. Le vent fouette mon visage et agite mes cheveux. Je ferme les yeux. Une larme roule doucement sur ma joue et, ouvrant les paupières, je monte par-dessus le garde-fou. En bas, une passante hurle en me montrant du doigt. Les doigts crochetés à la rambarde, je reste là, au-dessus du vide. Sept étages, ça va vite. Trois secondes, tout au plus. Trois secondes pour rejoindre Maman.
- Ethan !
Un cri étranglé par les larmes, juste derrière moi.
- Ethan descend tout de suite !
Elle s’approche d’un pas mesuré, les mains en avant.
- Viens, je t’en supplie, je ne vais pas te faire de mal. Je veux juste t’aider.
Je me tourne vers elle. Aucune émotion dans mon regard, juste une lueur étrange. Elle monte sur le balcon précautionneusement. Je reporte mon attention sur le vide qui m’attend, qui m’appelle.
- Viens…
Sa main se pose sur mon avant-bras. Elle me tire, et je repasse le garde-fou pour revenir sur le balcon. Je la hais.

fin du flash back


Je ferme les yeux, les rouvrent. Je sors un paquet de clope de ma poche et en cale une dans ma bouche en demandant :

- Je peux ?

Puis je souris et lui demande :

- Et c’est qui, cette personne qui t’a embrassé ?

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Lun 12 Nov - 19:37

Ethan se dirigea vers la fenêtre sans rien répondre, sous le regard impassible de Nathanaël. Le blond était légèrement étonné que son ami ne lui pose pas de question, vu le nombre de fois où c’était le Baroque l’avait harcelé. Nate comprit que le pianiste n’était plus vraiment ici et maintenant au léger tressaillement qui le prit alors qu’il regardait la pelouse en contrebas, le regard sombre. Le dessinateur connaissait ce regard, il avait déjà pu l’entrevoir. Il savait qu’Ethan pensait à son passé, c’était clair comme de l’eau de roche. Il pensait à la chose noire qui le rongeait de l’intérieur et qui fascinait Nate.
Le Baroque apprenait des choses petit à petit, lentement. Le brun ne se dévoilait pas facilement, ce qui était naturel, mais s’ouvrait peu à peu. Entre autres, Nathanaël savait que son meilleur ami n’avait pas de famille, et que l’évocation de cette dernière le rendait très sombre. Il avait par ailleurs remarqué qu’il avait l’habitude de toucher la petite cicatrice de son cou lorsqu’il pensait à sa famille, or ce ne devait pas être directement le cas ici, puisque le Beethoven n’effleura pas ladite cicatrice.
Ethan ferma les yeux un bref instant puis sortit ses cigarettes de sa poche, signe qu’il était contrarié ou/et tendu. Nate acquiesça à la requête de son meilleur ami, même s’il trouvait que ce dernier fumait beaucoup, ce n’était pas vraiment son problème et ce n’était pas à lui de lui en faire la remarque.
Le pianiste esquissa un sourire au blond et demanda finalement, probablement pour se changer les idées :

- Et c’est qui, cette personne qui t’a embrassé ?

Nate se demanda pendant un court instant si Ethan s’intéressait vraiment à la question ou bien si c’était uniquement pour oublier ses propres problèmes. Le dessinateur humecta ses lèvres sans s’en rendre compte à l’évocation du fameux baiser. Il répondit tout de même :

- Mon partenaire d’art plastique.

Il avait raconté à Ethan l’histoire du partenaire mystère et du travail d’un mois à l’issu duquel il devait dessiner celui-ci et se faire dessine, puisqu’ils s’étaient vus juste avant le fameux rendez-vous. Nate se demanda si son meilleur ami avait deviné, à la manière dont il avait abordé le sujet, qu’il s’agissait là de son premier baiser, ou bien s’il ne faisait pas vraiment attention. Le premier baiser devait être un souvenir très lointain pour le brun, vu son succès auprès des filles. Nathanaël savait que c’était un adepte de fêtes alcoolisées et un séducteur.
Succès auprès des filles, oui. Mais auprès des garçons ? Ethan était hétéro, Nate le savait. Et lui, il était quoi ? Il ne s’était jamais posé la question auparavant. Et même maintenant qu’il se la posait enfin, il n’en avait aucune idée. Faut-il vraiment mettre un nom sur tout ?
Nathanaël passa une main dans ses cheveux et posa à nouveau les yeux sur Ethan, se demandant soudain comment allait réagir celui-ci au fait que le coupable de ce baiser imprévu était un homme. Bah, il était trop tard pour se poser la question, maintenant que l’aveu était fait.

- Tu penses que je suis gay ? murmura-t-il.

En fait, le dessinateur réalisa que plus il parlait d’un sujet qui le dépassait complètement, plus il avait la désagréable impression de patauger dans ses propres réflexions et de perdre le contrôle. C’était effrayant.

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Ethan Collins
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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Mar 13 Nov - 19:17

J’allume ma cigarette après que Nate m’ait autorisé à fumer dans sa chambre, et m’accoude au bord de la fenêtre, tourné vers le jeune Baroque qui semble réfléchir. La première bouffée de nicotine me détend, je me sens mieux. Je recrache la fumée dehors alors que Nate répond :

- Mon partenaire d’art plastique.

J’en conclue donc que c’est bel et bien un homme qui a embrassé mon meilleur ami. Je hoche lentement la tête et porte de nouveau ma clope à mes lèvres, aspirant doucement. J’ai l’impression que le poison que j’inspire se propage dans mes veines et réchauffe mon corps. C’est une impression étrange, mais elle me fait du bien. Je n’ai jamais vraiment songé à arrêter de fumer, même si j’en connais les risques. Tant pis, j’en ai besoin. Je ne fume pas pour me donner un genre, encore moins pour le plaisir de bousiller mes poumons. Plus maintenant, en tout cas. J’en suis réellement dépendant, et cela m’effraie un peu.

Vu la manière dont Nate a abordé le sujet et à sa gêne plutôt apparente, je suppose que c’était, pour lui, une expérience nouvelle. Pour ma part, j’ai embrassé une fille pour la première fois à l’âge de treize ans, en quatrième.

Je ne fais pas de remarque à ce que viens de me révéler Nate. Cependant, il semble taraudé par quelque chose, et j’ai bon espoir qu’il m’en révèle plus. Il semble un peu dépassé. Ce n’est qu’un murmure s’échappant de ses lèvres lorsqu’il lâche :

- Tu penses que je suis gay ?

Son regard est plongé dans le mien. Je le soutiens, comme d’habitude. C’est depuis longtemps une sorte de rituel. Est-il gay ? Sérieusement, je n’en sais strictement rien. Certains prennent l’homosexualité pour un défaut, alors que ce n’est, à mon avis, qu’un trait de caractère, ni plus ni moins qu’une différence de plus au même titre que la couleur de peau, ou des yeux. Je m’accorde quelques instants de réflexions.

- Je ne sais pas, et je ne peux pas deviner à ta place. Tout dépend si tu t’es laissé faire ou non, si tu as déjà été attiré par des garçons plutôt que des filles…

Je reste évasif, pour la simple et bonne raison que je n’y connais rien. Je le fixe à nouveau, impassible.

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Dernière édition par Ethan Collins le Mar 10 Juin - 11:03, édité 1 fois
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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Mar 13 Nov - 20:19

Ethan prit le temps de réfléchir à la question. Il ne sembla pas surpris ni choqué du fait que Nate ait été embrassé par un garçon et suggère qu’il pût être homosexuel, ce qui était déjà une bonne chose. D’un autre côté, Nathanaël se doutait bien que son ami n’était pas du genre à discriminer quelque minorité que ce soit, mais bon, rien n’est jamais certain avant d’avoir vérifié.
Le Beethoven répondit finalement, assez évasif. Nate eut alors la certitude que son meilleur ami n’avait jamais eu la moindre expérience avec un autre homme, c’était l’évidence même. Nathanaël aurait pourtant assez bien imaginé le pianiste bisexuel, à la réflexion. Mais bref, là n’était pas le sujet.
Est-ce que le Baroque s’était laissé faire ? Oui et non. Physiquement, oui, il n’avait pas fait le moindre geste de révolte. Dans sa tête, non, pas vraiment. Enfin, oui et non, encore une fois. Il était passé par différentes phases, et plusieurs points de vue s’étaient opposés dans son esprit – en fait, ça avait carrément été l’Assemblée Nationale dans sa tête. Bon, CERTES, la chose avait provoqué un brusque et brillantissime éclat d’inspiration chez Nate, et il avait admis que ce n’était pas si horrible que ça. D’accord.
Est-ce qu’il avait déjà été attiré par des garçons plutôt que des filles ? Là, la réponse était encore plus floue. Il n’en savait carrément rien du tout, en fait.

- C’est comment, d’être attiré par quelqu’un ?

La question pouvait paraitre complètement idiote, et peut-être qu’Ethan allait croire qu’il se foutait de lui, pourtant Nate était on ne peut plus sérieux. Il n’y connaissait absolument rien et n’était même pas capable de dire si oui ou non il avait déjà été attiré par quelqu’un au sens physique du terme. Nathanaël se mit à mordiller pensivement le bout de son crayon, les yeux dans le vague.
L’image du regard si particulier qu’Antarès avait eu alors que leurs lèvres étaient encore unies lui revint à l’esprit. Son partenaire, qui était resté fermé comme une huitre depuis le tout début de leur rencontre, avait soudain laissé entrevoir durant un bref instant le fond de son âme, et ce n’était pas négligeable. Rien que pour ça, ça avait valu la peine de se faire un peu agresser. Après tout, Nate s’était déjà fait étrangler pour en découvrir un peu plus sur Ethan, alors se faire embrasser n’était pas si différent, au fond ?
Ouais, si, quand même. Même si le fameux baiser avait été plus proche de la violence que de la tendresse, ce n’était pas comparable. Nathanaël ne savait pas vraiment d’où lui venaient de telles pensées, alors que jusqu’à maintenant il n’avait jamais songé à tout cela. Ça lui était égal, avant. Maintenant, il voulait savoir. Il voulait comprendre. Et il savait que tout ceci ne lui sortirait pas de la tête avant que les choses aient été un minimum éclaircies.

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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Mer 14 Nov - 18:42

- C’est comment, d’être attiré par quelqu’un ?

Je le regarde étrangement, alors que Nathanaël commence à mordiller le bout de son crayon à papier. Je ne saurai dire si me poser cette question le gêne ou non. Quoi qu’il en soit, j’écarquille un peu les yeux et laisse échapper un petit rire qui secoue mes épaules. J’entrouvre la bouche tandis que de la fumée s’en échappe et je demande, un sourire aux lèvres :

- Tu te fous de ma gueule, j’espère ?

Le pire est que non. Il est vraiment sérieux. Je l’observe, blasé ; puis passe une main dans mes cheveux bruns. C’est le problème de discuter avec Nate, il ne connaît pas grand-chose de la vie. Et sa sorte d’autisme ne l’a pas vraiment aidé… Ce n’est en aucun cas un reproche, mais je dois dire que ses questions sont parfois… déroutantes. Je passe ma langue sur ma lèvre inférieure puis répond d’une voix tranquille :

- Eh bien c’est lorsque tu te sens bien avec une personne, que tu as envie de toucher sa peau, de l’embrasser… Fin je sais pas moi, imagine un peu, tu devrais le savoir non ?

Non. Il ne sait pas, puisqu’il me demande. Je ne sais pas trop quoi en penser, je sais juste qu’il faudrait que je l’emmène à une fête, un de ces jours. Ça ne lui ferait pas forcément du bien, mais ça lui apprendrait des choses. Quoique, en y réfléchissant, je me rends compte que je dois déteindre un peu sur lui… Et puis, les fêtes, ça ne doit pas être trop son truc ; les gens, l’alcool, le tabac, tout ça… En fait j’en sais rien. J’écrase ma clope sur le rebord de la fenêtre et je demande en plaisantant :

- Rassure-moi, tu sais comment on fait des mômes ?

S’il me répond non, je commencerai à flipper un peu, je pense.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Mer 14 Nov - 19:48

Ethan sembla choqué de la question de Nate, et ce dernier commença à se dire que ce qu’il disait devait être complètement aberrant, qu’il avait quelque chose qui clochait. Nathanaël avait eu tendance à se trouver un peu moins marginal qu’avant, depuis qu’il était à l’académie, mais en réalité il l’était toujours autant. Même les autres artistes savaient des choses qu’il ne savait pas sur la vie.

- Tu te fous de ma gueule, j’espère ?

Nate resta muet, se contentant de plonger son regard dans celui du pianiste. Non, vraiment, le dessinateur ne savait pas s’il avait déjà ressenti de l’attirance. Quoique, peut-être qu’il le saurait s’il avait déjà ressenti cela. Ethan était complètement blasé de son ignorance, c’était légèrement embarrassant. Ouais, vraiment, pour le coup Nathanaël se sentait con.

- Eh bien c’est lorsque tu te sens bien avec une personne, que tu as envie de toucher sa peau, de l’embrasser… Fin je sais pas moi, imagine un peu, tu devrais le savoir non ?

Nate leva un instant les yeux au plafond, réfléchissant à la réponse de son ami. Se sentir bien avec une personne ? Oui, ça lui arrivait. Il ne restait pas avec les gens avec qui il ne se sentait pas bien. Envie de toucher quelqu’un ? Non, ça ne lui avait jamais fait ça. Il n’était pas tactile et tenait au respect de son espace vital. L’idée de toucher quelqu’un ne le rebutait pas vraiment, mais il préférait garder ses distances. Il avait de l’affection pour certaines personnes, oui, mais jamais il n’avait envie de les toucher. Ceci dit, il s’était rendu compte lorsqu’Antarès était tout proche de lui que ce n’était pas si terrible que ça, en fait.
Bon, même s’il n’avait toujours pas assez d’éléments pour répondre à toutes ses interrogations intérieures, Nate en savait déjà un peu plus.

- Je vois, fit-il, pensif. Non, je n’ai jamais ressenti ça… Pas vraiment.

Ethan écrasa son mégot et demanda d’un ton légèrement sarcastique :

- Rassure-moi, tu sais comment on fait des mômes ?

Nate émit un petit rire. Quand même, il y avait des limites. Il était allé au collège, et avait appris comme tout le monde en cours de SVT comment ça fonctionnait. Il savait aussi que les humains faisaient aussi l’amour pour le plaisir et non pour le côté fonctionnel de la chose, naturellement. Il pouvait comprendre cela, même s’il ne l’avait jamais ressenti.

- Non, d’ailleurs puisque tu en parles tu pourrais m’expliquer ? Ça pousse dans les fleurs, c’est ça ?

Il adressa un regard espiègle au Beethoven. Un peu d’ironie de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Il en profita pour changer de sujet, plongeant son regard le plus scrutateur dans celui du pianiste et déclarant enfin à voix haute une question qui l'intéressait depuis un moment :

- Est-ce que tu as couché avec Mademoiselle Evernight, ou bien vous vous tournez juste autour ?

Au moins, Ethan savait maintenant que Nate n'était pas non plus complètement ignorant.

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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Jeu 15 Nov - 19:28

- Non, d’ailleurs puisque tu en parles tu pourrais m’expliquer ? Ça pousse dans les fleurs, c’est ça ?

Je hausse les épaules et lui rend son sourire, puis récupère mon mégot que je vais jeter dans la poubelle de son bureau. Je retourne m’adosser au bord de la fenêtre, ne répondant même pas à sa question. Je passe ma main dans ma chevelure brune et épaisse puis lance un regard vers le ciel. Toujours aussi limpide, déserté par les nuages. Soudain, le blond décide de changer de sujet, me prenant un peu à court :

- Est-ce que tu as couché avec Mademoiselle Evernight, ou bien vous vous tournez juste autour ?

Je fronce les sourcils. Comment a-t-il pu se rendre compte que quelque chose clochait avec cette prof ? Je n’ai pas souvenir de lui en avoir parlé ou d’avoir insinué quoi que ce soit. Et pourtant, il savait qu’il s’était passé quelque chose, ou bien pensait-il qu’il allait se passer quelque chose. Je sais que Nathanaël est très observateur, c’est effrayant parfois. Je me souviens. Je me souviens de son regard posé sur moi à la rentrée, alors que mademoiselle Evernight me dévisageait comme… une proie potentielle – si si. Je relève la tête, et un sourire insolent étire mes lèvres. Il n’y a pas si longtemps, je l’aurais à moitié agressé et disant : « Qu’est-ce que ça peut bien te foutre ? » et je lui aurais aussi peut-être mis mon poing dans la gueule pour lui refaire le portrait. Mais maintenant, j’ai confiance en lui. Je sais qu’il se moque bien des ragots, et qu’il n’est pas du genre à balancer ce qu’il sait pour le plaisir de faire souffrir des autres. Je peux lui dire de toute manière, et je n’en ai pas honte. Je lance, sarcastique :

- Depuis quand ce genre d’histoires t’intéressent ?

Je sonde son regard, n’y trouvant qu’une curiosité maladive. Oui, il s’était passé quelque chose avec cette prof. Je pourrais dire que ça ne le regarde pas, qu’il n’a pas à me demander ce genre de chose. C’est ma vie privée, après tout. Et puis, cette histoire est censée restée secrète, et une gaffe de la part de Nate est toujours possible. Or, si cela se sait, je serais probablement renvoyé de cette foutue Académie, tout comme mademoiselle Evernight. Pas très palpitant, surtout lorsqu’on n’a aucune idée de ce que l’on pourrait bien faire durant la vie active. Je ne pense pas que je pourrai survivre simplement en jouant du piano. Mais Nate est juste curieux, et je lui fais confiance.

- Ouais, on a couché ensemble.

Je ne sais pas si cela le choque, ou le dégoûte. Il doit penser que je suis jeune, qu’elle aussi. Peut-être pense-t-il que je dois arrêter de passer ma vie à aller à des fêtes et sortir avec n’importe qui. Peut-être ne trouve-il même pas ça normal. Mais à ce stade, je m’en fous un peu. Et puis, s’il le pense, je ne pense pas qu’il me le dirait. Mais son avis pourrait être intéressant... Je demande :

- Ça te choque ?

Nouveau sourire.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Ven 16 Nov - 19:50

Ethan sembla dans un premier temps assez déstabilisé par la question du dessinateur, fronçant les sourcils. Puis un éclair de lucidité traversa son regard, comme s’il venait de comprendre, et il arbora alors un sourire insolent en répliquant :

- Depuis quand ce genre d’histoires t’intéressent ?

Puis il ajouta après une petite pause marquant sa réflexion intérieure :

- Ouais, on a couché ensemble.

Ça n’étonna pas vraiment Nate. Ça lui semblait tout à fait évident. Paradoxal, alors qu’il était si ignorant pour d’autres choses. Mais il est plus facile d’analyser les autres que de s’analyser soi-même, parfois.

- Ça te choque ? ajouta Ethan avec un sourire.

Nate répondit tout à fait laconiquement que non. Il ne voyait pas vraiment ce que ça avait de choquant. Ethan et Mademoiselle Evernight étaient tous deux des séducteurs, c’était presque dans leur nature. Le Baroque n’avait jamais vraiment côtoyé cette jeune prof, mais il l’avait croisée de nombreuses fois et tout chez elle criait que c’était une jeune femme qui savait ce qu’elle voulait. Elle était doté d’un regard très clair et intense qui avait frappé Nate, mais bref, là n’était pas le sujet. Donc, non, il n’était pas choqué. Par ailleurs, la différence d’âge entre le Beethoven et la prof était minime, et le dessinateur était d’avis que l’âge, le sexe et le statut social – bon, la règle quant à l’interdiction des relations élève-enseignant était tout de même assez logique car le prof pouvait favoriser son élève – n’avaient pas d’importance en amour.
Enfin, en amour. Rien n’indiquait qu’Ethan était amoureux de la prof de lettres, et Nate avait cru comprendre qu’il n’était pas le genre de personne à avoir des relations uniquement par amour. Il avait probablement fait ça par attirance…

- Tu ne l’aimes pas, déclara Nate, mais tu es… attiré par elle. C’est donc purement physique… A moins que tu ne l’ai fait par profit ?

Le dessinateur sonda le regard de son meilleur ami, mordillant machinalement le bout de son crayon. L’idée que cela ne le regardait pas ne lui effleura pas vraiment l’esprit. Nathanaël était spécialiste des questions embarrassantes, c’était bien connu.

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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Lun 19 Nov - 19:05

Non, il n’est pas choqué. Tant mieux. Peut-être sait-il plus de choses qu’il ne voudrait le montrer, au fond. Il semble réfléchir un instant, puis demande, sans la moindre gêne :

- Tu ne l’aimes pas, mais tu es… attiré par elle. C’est donc purement physique… A moins que tu ne l’ai fait par profit ?

Je soupire et hausse les épaules. Il commence à le fatiguer avec ses questions, c’est bien gentil d’être curieux, mais certaines choses ne le regardent pas. Pour le coup, je commence à me lasser de cet interrogatoire sur ma vie privée. A quoi ça l’avance de savoir tout ça ? Je me suis prêté au jeu, mais ça suffit, à présent. Il n’a pas à savoir ce que je ressens ou non. Je fronce les sourcils, et soutiens sont regard vert alors que mes yeux commencent à tirer plus vers le gris que le céladon. A force, il devrait bien savoir que je ne suis pas réputé pour ma patience, ça se saurait. Oui, je suis attiré par elle, et non, je ne l’ai pas fait par profit. Ce n’est pas de l’amour, pas plus que ce n’est du chantage. Nous avons juste conclue une sorte de… marché. Il faut quand même dire que c’est elle qui est venu me voir la première, et c’est elle qui m’a dragué sans vergogne. Et par profit de quoi ? Pour être favorisé, pour avoir de bonnes notes en français ? A quoi bon ? Nate devrait savoir que ma scolarité est le cadet de mes soucis, et que mes résultats m’importent peu. Ce ne sont pas les détails sur lesquels je m’arrête. Je réplique :

- Tu me fatigues avec tes questions, ça ne te regarde pas. Je t’en ai déjà trop révélé.

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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Mar 20 Nov - 21:00

Ethan avait atteint sa limite et le fit savoir à Nathanaël. Ce dernier savait qu’il pouvait être parfois très chiant, et pousser son meilleur ami à bout lui était déjà arrivé quelques fois – il s’était même fait étrangler, la première fois. Il n’insista pas, conscient qu’Ethan avait raison, ça ne le regardait pas. Nate avait l’habitude de sonder les moindres émotions et actions du pianiste, comme avec tout le monde, d’ailleurs, et il avait difficilement conscience des limites qu’il était supposé se fixer. Les interactions sociales n’étaient pas toujours évidentes pour lui, à vrai dire.
Le Baroque n’allait pas non plus faire une leçon de morale à Ethan, parce que tout comme pour la cigarette ce n’était pas son problème, le pianiste faisait bien ce qu’il voulait avec qui il voulait, même si les relations entre étudiants et professeurs étaient prohibées par le règlement. Nate se demanda s’il pourrait, lui, avoir une relation avec un de ses enseignants, et il songea que oui, ce ne serait pas impossible. Enfin, ce n’était que spéculations, en réalité il ne pouvait pas le savoir, puisqu’il n’avait jamais été dans ce genre de situation.
Le dessinateur esquissa un sourire. Il ne souriait pas par rapport à la réplique d’Ethan, mais par rapport à son regard. Son meilleur ami était doté en effet d’un regard assez expressif et fascinant, outre la beauté de ses yeux en eux-mêmes. Nathanaël souriait parce qu’observer les changements dans les prunelles de son ami lui plaisait énormément, et qu’en l’occurrence Ethan venait d’adopter le regard braqué et méfiant qu’il arborait bien souvent avec Nate.
Ce dernier se leva et vint s’accouder à la fenêtre ouverte, près du pianiste, inspirant profondément l’air frais de ce mois de novembre, savourant ainsi la sensation du froid s’engouffrant dans ses poumons. Non qu’il aimât particulièrement l’hiver, au contraire – il n’aimait ni la neige ni le froid ni les rhumes à répétition qui caractérisaient cette saison – mais s’il y avait bien une chose que Nate appréciait dans les saisons fraiches, c’était cette possibilité de passer d’une température relativement douce à un froid très soudain, et qui le faisait ressentir plus encore chacune de ses actions. En d’autres termes, cette morsure glaciale le faisait se sentir vivant.
Il se tourna vers Ethan et demanda, sans se défaire de son sempiternel ton serein et posé :

- Tu pourrais me prêter une cigarette et un briquet lundi, s’il-te-plait ?

Puis il posa une question qui lui vint au passage et dont il se demanda d’ailleurs pourquoi il ne l’avait pas posée plus tôt :

- C’était quand, la première fois que tu as fumé ?

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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Jeu 22 Nov - 20:13

Heureusement, Nathanaël décide d’abandonné ici, préférant ne pas insister sur le sujet. Cependant, un léger sourire étire ses lèvres tandis qu’il semble sonder mon regard, comme il le fait tant de fois. Je me suis toujours interroger sur cette capacité étrange qu’il a ; celle de pouvoir deviner les pensées, les sentiments et le passé des gens juste en plongeant son regarde dans le leur. Je sais que Nate est un dessinateur qui passe plus de temps à observer son modèle qu’à le dessiner – j’en suis la preuve vivante – mais je trouve cette capacité étonnante. J’ai toujours l’impression qu’il lit en moi comme dans un livre ouvert, et ce avec la plus grande facilité. En même temps, je n’ai jamais essayé de dissimuler mes sentiments, sauf mon passé. D’ailleurs en y songeant, je n’ai jamais su ce qui poussait Nathanaël à garder cette expression neutre et impassible quel que soit ce qu’il se passe autour de lui. Je ne comprends pas de quoi il veut se cacher.

Le jeune Baroque finit par se lever et me rejoindre près de la fenêtre, prenant appui sur le rebord à l’aide de ses coudes. Je l’entends inspirer lentement l’air revivifiant du dehors. Il fait beau mais une brise automnale balaie l’Académie, frigorifiante. Peu d’élèves osent mettre le nez dehors, si-ce n’est pour se rendre à la piscine ou au gymnase. Finalement, Nate me demande, n’ayant pas abandonné son expression neutre et sereine :

- Tu pourrais me prêter une cigarette et un briquet lundi, s’il-te-plaît ?

J’écarquille les yeux un instant, surpris. Je ne savais pas qu’il fume plus que je ne le pensai. En fait, je pensai qu’il ne fumait qu’avec moi. Je le regarde un instant avant de répondre, légèrement curieux :

- Oui pas de soucis, mais pourquoi ?

Puis il reprend :

- C’était quand, la première fois que tu as fumé ?

La première fois que j’ai fumé ? Je ne m’en souviens plus trop, c’était il y a assez longtemps. Je devais avoir quatorze ou quinze ans. Avant que j’intègre l’Académie. En fait, c’était après mon dernier passage chez ma psy, ou pas longtemps après. Tout ce que je sais, c’est que ça m’a aidé.

- Je sais plus trop, j’avais quinze ans, quelque chose du genre.

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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Sam 24 Nov - 13:18

Ethan sembla surpris de la requête de Nate. Logique, puisqu’en principe le blond fumait rarement et uniquement avec son meilleur ami. D’ailleurs, ladite requête suscita la curiosité du pianiste, qui lui demanda la raison de cette demande.

- Par sécurité, répondit simplement Nathanaël, bien que conscient que cette réponse n’éclairait pas vraiment le brun.

Puis il posa la question de la première fois. Quinze ans ? C’était plus âgé que ce qu’il aurait pensé. Nate s’attendait plus à ce que le Beethoven lui réponde douze ou treize ans, à vrai dire. Pour sa part, il avait treize ans et l’avait fait sous le coup de l’impulsion parce qu’il était extrêmement énervé. Le blond se souvenait parfaitement de ce jour-là, aussi trouva-t-il étonnant qu’Ethan dise qu’il ne savait plus trop. Peut-être qu’il n’avait pas envie d’en parler, ou alors il avait réellement oublié. Nate tourna la tête pour plonger son regard dans celui d’Ethan, songeur.

- Qu’est-ce qui t’a poussé à fumer pour la première fois ?

Il savait que sa question était risquée en raison du sombre passé d’Ethan, qu’elle pouvait raviver des souvenirs douloureux et qu’il était fort probable que la raison pour laquelle le pianiste ait posé ses lèvres sur une cigarette soit étroitement liée à la souffrance qu’il avait pu vivre. Mais Nathanaël avait un regard très calme, doux et peut-être même rassurant. Il n’obligeait pas son meilleur ami à répondre et n’essayait en rien de lui faire du mal par sa question. Le Beethoven ne lui avait jamais révélé tout son passé, même si les pièces du puzzle s’assemblaient petit à petit dans l’esprit de Nate, et ce dernier avait appris à se montrer un peu moins intrusif à ce sujet, conscient de la noirceur de son passé qui le rongeait encore aujourd’hui et avait fait de lui quelqu’un de méfiant qui se braquait très facilement.

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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Dim 25 Nov - 19:11

Etrangement, Nathanaël semble étonner par ma réponse à sa question. Peut-être pensait-il que je me drogue depuis plus longtemps. Après tout, il sait bien que je ne suis pas né dans une famille aisée, et il connait quelques bribes de mon enfance : entre-autre que je vivais dans un quartier malfamé et pauvre où sévissait quelques malfrats. Peut-être avait-il donc conclue que j’avais plongé dans le cercle vicieux depuis plus longtemps, et que, pour « quelqu’un comme moi », quinze ans, c’est vieux. Mais non. Ma mère m’avait toujours soutenu, laissée espérer à quelque chose de mieux. Elle était tellement sage, tellement présente. Je repense à son visage, qu’elle voulait toujours souriant même dans les pires des moments. Je repense à ses yeux bleus, aussi bleu et profonds que le ciel. Aussi inaccessibles. Elle était tellement positive, tellement aimante. Elle me donnait tout ce qu’elle avait, elle voulait que je réussisse. Mais regarde où j’en suis, maintenant. Tu vois bien que je n’ai pas tenu ma promesse. Tu vois bien que je n’ai pas fait honneur à tous tes sacrifices. Mon visage se ferme, mes yeux s’assombrissent.

- Qu’est-ce qui t’a poussé à fumer pour la première fois ?

La voix de Nate me sors de mes pensées alors qu’il me fixe calmement. Toujours aucune émotion dans ses yeux, juste une légère curiosité. Je comprends ses intentions, au fil du temps il a fait l’effort de ne pas trop m’en demander. Mais, pour une fois, je pense lui répondre réellement. Ce qui m’a poussé à fumer la première fois. Un rire nerveux s’échappe de mes lèvres alors que je lâche, soutenant son regard :

- La mort de ma mère.

J’aurai aimé, ce coup-ci, parvenir à cacher mes sentiments. J’aurai aimé lui caché cette faiblesse et cette douleur qui luit dans mes yeux. Mais je sais bien que c’est peine perdue, que je n’ai pas développé cette qualité. Je hais cette faiblesse, je hais cette douleur. J’aurai tellement aimé être capable d’oublier et de faire mon deuil. Mais Nate l’a compris, l’a lu dans mes yeux, je le sais bien. Je ne peux pas lui cacher ce genre de choses. On m’avait dit, un jour « Tes lèvres mentent, mais pas tes yeux, Ethan. » Je ne sais plus qui m’avait déclaré cela, mais je m’en souviens encore tellement cette phrase me cerne bien. Je déteste cette phrase tant elle est vraie. Mais cette fois ci, ni l'un ni l'autre n'avaient menti. Et c'est encore plus dur de parler que de penser, encore plus douloureux. J'ignorai à quel point cela faisait si mal.

- Ne m’en demande pas plus.

Je ne pense pas être capable de lui en révéler plus de peur de paraître totalement lamentable. Je ne pleurerais pas, cela fait bien trop longtemps que je me suis promis de ne plus le faire. Les larmes ne font pas revenir les gens qu'on aime, cela se saurait. Peut-être que finalement, tout cela n’est pas si grave. Combien de gens ont vécu des choses pires ? Mais y-a-t-il pire chose que de perdre le seul être qui t'as aimé ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est que ce piège qui compresse mon coeur depuis tant d'années me libère un peu. Finalement, garder tout ça pour moi ne m'aideras pas. Mais ai-je besoin d'aide ?

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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Mar 27 Nov - 20:09

Le regard d’Ethan s’était considérablement assombri. Le jeune homme n’effleura pas sa cicatrice au cou, mais ses yeux seuls étaient suffisants pour comprendre. D’ailleurs, Nate trouva la solution à l’instant même où Ethan formulait sa réponse, pris d’un rire nerveux et douloureux. La mort de sa mère, évidemment. Le Baroque se demanda comment il était, avant de perdre sa génitrice. Il savait que son passé l’avait rendu sombre et parfois renfermé sur lui-même – même s’il demeurait assez extraverti – mais n’avait aucune idée du tempérament du pianiste avant cela.
Nathanaël savait juste que la mort de sa mère l’avait détruit de l’intérieur. Cela se voyait à son regard brillant d’une douleur intense et dévoilait cette part de lui blessée et faible, cette part d’ordinaire laissée en retrait. Les yeux plongés au plus profond de l’âme meurtrie de son meilleur ami, le dessinateur pouvait presque palper cette souffrance qui ébranlait Ethan en cet instant. La souffrance de souvenirs que l’on n’arrive pas à enterrer, la souffrance d’un deuil que l’on ne peut pas faire. La Souffrance, pure et profonde.

- Ne m’en demande pas plus.

Non, bien entendu. Même s’il n’avait rien vécu de tel, Nate était allé suffisamment loin dans le regard du Beethoven pour ressentir une part de sa douleur, et il ne lui demanderait pas de parler si cela le faisait souffrir encore plus. Pourtant, le Baroque perçut une légère onde contradictoire. Ethan hésitait un peu. Une part de lui avait envie de se libérer d’un poids. Mais il savait que se confier était une chose difficile et douloureuse, même si elle pouvait soulager après coup. Quoi que décide le pianiste, ce n’était pas à Nathanaël de lui demander quoi que ce soit. S’il ne se sentait pas prêt à parler, il n’allait pas lui tirer les vers du nez – même s’il était spécialiste en la matière.
Le dessinateur se contenta donc d’adresser à son meilleur ami un regard calme et posé, ouvert.

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Ethan Collins
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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Mer 28 Nov - 19:39


Peut-être que Nate a perçu mon hésitation quant à me confier, mais n’en a cependant pas profité pour me pousser à parler. J’ai le choix, à moi de prendre la décision. Parler, souffrir un peu, se souvenir, pour finalement aller mieux ; ou me taire, souffrir pour oublier, passer à autre chose en sachant très bien que c’est peine perdue. Peut-être devrai-je vivre avec mon passé plutôt que d’essayer de l’ignorer. Cela fait combien de temps que tout cela me torture ? Toute mon enfance, je crois. Et tout ça pèse sur mes épaules et sur mon cœur. J’avais réussi à me taire, à garder ça pour moi, parce qu’il n’y avait personne pour m’écouter. Juste des gens curieux qui te dévisage comme une bête de foire. Personne pour te comprendre. Juste des gens qui te sourient quand ils te croisent parce qu’ils ont de la peine pour toi, juste des gens qui ont pitié de toi. Mais je n’ai pas besoin de leur pitié, ni de leur bras sur mes épaules. Pas d’oreille attentive qui s’intéresse à ce que tu vis. Juste des lèvres qui boivent tes paroles pour ensuite aller se vanter de connaître quelqu’un qui a vécu ce genre de chose. Eh, tu sais pas quoi, moi je connais un mec dont la mère est morte ! Je hais ces gens-là.

Je te comprend tu sais… Non, ils ne comprennent pas. Personne ne peut comprendre. Je n’ai rien dit parce que je voulais garder ça pour moi. Moins les gens en savaient, mieux je me portais. Mais Nate, là-dedans ? Je ne sais pas. Je soutiens son regard, toujours adossé à la fenêtre. Il est calme, comme d’habitude. Je sais qu’il a déjà compris pas mal de choses à mon sujet. Il ne dira rien, il respectera ma décision. J’humecte ma lèvre inférieure.

- C’est mon père qui l’a tuée. J'avais quatorze ans.

Je suis assis sur le canapé du salon de notre petit appartement miteux,  aux côtés de ma mère. Pas un bruit de règne dans la pièce, juste celui de nos respirations. Elle semble calme, plongée tranquillement dans son livre. Mais au fond, je sais bien qu’elle redoute le moment ou Ray va rentrer, parce qu’elle sait qu’il va encore passer ses nerfs sur elle. Elle a des traces de coups sur le visage, mais elle ne s’en plaint jamais. Elle me lance un sourire rassurant, comme si tout cela n’a pas d’importance. Mes marques à moi, elles ont presque déjà disparues. Je pose mes doigts sur son bras, et je demande :
- Maman, pourquoi Ray ne m’aime pas ?
Nouveau sourire.
- Il t’aime.
- On ne frappe pas ses enfants quand on les aime.
Son visage s’assombrit. Sa main caresse doucement ma joue, prenant soin de contourner un bleu à la commissure de ma bouche.
- Il ne s’est pas encore rendu compte à quel point il t’aime parce qu’il a peur de t’aimer.
Je pince les lèvres, peu convaincu.


- Ce soir-là, il était ivre. Plus ivre que d’habitude. Il était rentré tard et il était défoncé comme jamais.

La porte d’entrée claque, me sortant de mes réflexions.
- Elena, t’es où sale pute ?
Je ferme les yeux, ma mère soupire. Il entre, titubant. Ses gestes sont lents et maladroits.
- Tu es dans un sale état, Ray. Tu devrais dormir un peu.
- Ta gueule !
Il me lance un regard assassin. Ses yeux noirs transpercent les miens, et je soutiens son regard. Je sais qu’il déteste quand je fais ça.
- Je... je t’avais dit de l’enfermer dans sa chambre lui !
Elle balaie sa phrase d’une main et fais mine de se replonger dans son livre. Mais elle n’en mène pas large, je le vois ; ses mâchoires sont contractées et dans ses yeux bleus danse la lueur de la peur. La panique envahie chaque parcelle de ma peau, je sens mes mains trembler. C'est reparti. Ray s’approche d’elle et la saisit brutalement par le bras, la soulevant à moitié. Il crache :
- Tu m’écoutes quand je te cause ?
Elena se débat et parvient à échapper à l’emprise de son mari. Elle se lève et réplique, la voix vibrante :
-Ça suffit, Ray. Laisse-le tranquille, il n’est responsable de rien.
Un sourire cruel étire les lèvres de l’homme.
- Tu as raison, tout est de ta faute.
Sa main part, et il frappe Elena au visage. Elle pousse un cri, tombe sur le sol. Une larme s’échappe du coin de son œil. Elle encaisse, une fois de plus. Comme d'habitude.
- Tu es ivre Ray, arrête.
Il rit. Un rire méchant, froid comme la glace. Il l’attrape de nouveau par le bras, la soulève, la rejette sur le sol alors qu’elle pousse un hurlement. Je me redresse, n’y tenant plus. Alors qu’il se dirige lentement vers elle pour lui asséner un nouveau coup, je m’interpose en le bousculant, les mains en avant. La colère se lit dans ses yeux, alors que la souffrance pourrait luire dans les miens.
- Laisse-la !
- Comme c’est... touchant, Elena, regarde-ça. Ton fils, il veut se battre.  Alors Ethan, crois-tu faire preuve de courage ou de stupidité ?
Je le toise. Son bras jaillit, sa main se referme sur ma gorge sans que je n’ai pu prononcer le moindre son. Il me plaque contre le mur du couloir avec violence, et une douleur lancinante s’éveille dans l’arrière de mon crâne. Il relâche sa prise autour de mon cou et enfonce son poing dans ma cage thoracique. Je me plie en deux, cherchant à reprendre ma respiration. Il profite de cet instant de faiblesse pour me donner un violent coup de coude sur les épaules. Je tombe à genoux, les bras autour de ma poitrine, la bouche entrouverte. J’ai mal. J'ai peur. C'est la première fois qu'il me frappe en présence de ma mère. Ray m’attrape par le col de mon tee-shirt, me relève. Je m’agrippe à lui, parvient à retrouver mon souffle.
- S’il-te-plaît…
Il sort un couteau à cran d’arrêt de sa poche. Mon cœur rate un battement alors qu’il pose la lame effilée contre ma gorge.
- Vas-y, supplie-moi, Ethan.
Il décrit une légère courbe sur ma peau avec son arme, l’entaillant assez profondément de manière à ce que le sang se mette à couler. J’ai mal. Je le bouscule, et je me jette sur lui en un hurlement bestiale et parvient à retourner le couteau contre lui, le logeant dans son bras droit. Il cri. Il arrive à se débarrasser de moi et se redresse, fou de rage. Ma mère, impuissante, assiste à la scène en pleurant. La main de Ray me saisit de nouveau et me projette contre le mur. Le choc est si puissant que je glisse sur le sol, sonné. Il en profite, évidemment. Son pied se loge au creux de mon ventre. Une fois de plus, je n’arrive plus à respirer. Plus à crier. J’ai mal. Un autre coup. Encore un autre. J’entends un craquement sourd lorsque son pied m’atteint pour la cinquième fois. Il continue de me frapper, encore et encore, alors que des larmes silencieuses coulent sur mes joues ensanglantées. Mon cœur bat la chamade, et je n’entends plus que ça. Les cris de  mon père, les pleures de ma mère, ne sont plus qu’un bruit de fond sourd. J’ai mal. Putain, j’ai MAL ! Je n’ai jamais eu aussi mal de toute ma vie. Je veux sortir de là. Je veux que ça s'arrête. Je veux arrêter de souffrir. Et, comme une réponse à ma prière, je m’évanoui.


- Il m’a brisé trois côtes. Il s’est ensuite acharné sur ma mère. Je me suis réveillé plus tard, puis je j'ai été emmené à l'hôpital. Ma mère est morte suite à ses blessures trop graves et à sa faiblesse. Il lui avait planté quatre fois son couteau dans le dos.

Je ferme un instant les yeux. Les rouvres. J’avais regardé Nate pendant que je parlais, sans vraiment le voir. Les images avaient défilées dans ma tête, encore plus douloureusement que d’habitude. J’ai mal. Et pourtant, mes yeux sont secs. Je me retourne, offrant mon visage à la brise du dehors. Le vent balaie mes cheveux, caresse ma peau. Il a la même douceur que les doigts de ma mère. Je soupir.

- Après ça, j’ai dû aller voir un psy. J’ai essayé de me jeter du septième étage de son bureau.

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Dernière édition par Ethan Collins le Mer 15 Jan - 14:29, édité 1 fois
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Nathanaël Von Arlex
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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Jeu 29 Nov - 19:38

Chaque mot prononcé par Ethan, chaque intonation dans sa voix, chaque reflet dans ses prunelles frappait Nate en plein cœur avec une précision et une vérité bouleversantes. Plongé au plus profond de l’âme du pianiste, Nathanaël pouvait presque voir la scène de ses propres yeux, ressentir chaque coup, chaque battement de cœur frénétique de l’adolescent effrayé et détruit. Ce sentiment qui envahissait le Baroque était intense d’une réalité presque angoissante. Plus loin encore, cette osmose étrange était relativement inédite. Jamais il n’avait senti en lui une connexion aussi intense que celle-ci, bien qu’il ait déjà été « connecté » avec certaines personnes.
Cette osmose pouvait peut-être, sans doute même, s’expliquer par une chose évidente : c’était la première fois qu’Ethan s’extériorisait par la parole. Nate se sentait plus proche de lui que jamais parce que c’était le cas : c’était la preuve de la confiance absolue qui les unissait et les rendaient si intimes.

Par-dessus tout, la noirceur de l’adolescence d’Ethan allait bien au-delà de ce que le dessinateur avait pu imaginer. Tout s’expliquait, tout prenait sens, tout devenait parfaitement logique.

- Après ça, j’ai dû aller voir un psy. J’ai essayé de me jeter du septième étage de son bureau.

Il y eut un silence. Nate inspira, venant de se rendre compte qu’il avait retenu son souffle un certain temps. L’absence de larmes dans les yeux de son meilleur ami ne le surprit pas : la douleur qu’on pouvait y lire était équivalente à des pleurs. La lassitude, aussi, d’une part. Non, pas vraiment. L’usure, plutôt. Ethan avait cessé de pleurer il y a bien longtemps, et c’était tout à fait logique. Parfois la douleur atteint un tel degré que les larmes ne suffisent plus à la soulager.
Le fait qu’Ethan ait tenté de mettre fin à ses jours ne surprit pas non plus le dessinateur. Lui qui était extérieur à la situation et qui pourtant était immergé dans le récit et dans l’âme de son ami au point d’en ressentir une part, il ne pouvait que trop bien imaginer la souffrance que vivait le pianiste au quotidien. Sa vie lui avait sans doute semblé tellement futile et absurde, pendant un temps. Peut-être aujourd’hui encore, par moments.

- Je comprends, murmura Nate.

Cette déclaration pouvait sembler grotesque pour quiconque voyait tout ceci de loin. Comment Nathanaël aurait-il pu prétendre comprendre le Beethoven alors qu’il n’avait pas vécu un millième de ce qu’il avait enduré ? Pourtant, il comprenait. Ça pouvait paraitre insensé pour quelqu’un d’autre, mais le dessinateur avait atteint un tel degré d’osmose avec l’âme d’Ethan qu’il comprenait réellement.
Il ne savait pas quoi ajouter. Nate avait toujours un peu de mal avec les normes sociales et ne savait pas vraiment s’il convenait de s’excuser, de serrer Ethan dans ses bras, de le plaindre. Mais en même temps, le dessinateur n’avait pas pour habitude de faire ce qu’il convenait de faire, aussi le pianiste savait-il cela et ne lui en tiendrait peut-être pas rigueur. Car de toute manière, aucune des choses énumérées ci-dessus ne semblait utile ni logique aux yeux du Baroque. Il n’avait pas besoin de formuler des mots inutiles et vides de sens, parce que ce qui se passait dans leurs regards était bien plus essentiel.

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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Dim 2 Déc - 14:55

- Je comprends.

Je relève la tête vers lui, frustré, une lueur étrange dans les yeux. Je ne saurais dire ce qu’exprime son regard, je ne pourrais dire s’il me comprend vraiment. Est-ce la seule chose qu’il ose formuler après ça ? « Je te comprends » ? Mais qui peut comprendre ? Moi-même je ne comprends pas comment j’ai pu en arriver là. Je ne comprends pas comment mon père a pu me détester à ce point. Nous détester à ce point. Au point d’assassiner ma mère, au point de me battre jusqu’à ce que je sois vidé de mes forces pour ne plus pouvoir me relever. Je siffle :

- Tais-toi ! Il n’y a rien à comprendre, rien à dire !

Je ne sais pas d’où vient cette colère soudaine, comment elle est née au fond de moi. J’en ai marre que l’on prétende me comprendre alors que personne n’a vécu pareil douleur. Personne ne peut comprendre, alors qu’ils se taisent, tous. Qu’on me foute la paix avec ça. Je ne veux pas de ces mots, je ne veux pas les entendre. Mes mains tremblent, je me retourne brusquement vers la fenêtre. J’abas mon poing dans le mur avec violence. Je n’aurai rien dû lui raconter, c’était une erreur. Une horrible erreur. Je sais que cette colère, cette violence n’a pas lieu d’être. Mais elle est là, elle palpite dans mon cou, dans mes veines, chemine dans mon sang comme un poison. Mon passé m’a forgé, je n’étais pas comme cela. Je n’ai jamais voulu être comme cela. Je ne peux pas changer, et je ne peux pas intervenir sur mon passé. Fou de rage, je cri à l’adresse du blond, me tournant vers lui :

- Voilà, tu es satisfait maintenant, n’est-ce pas ? Tu as eu ce que tu voulais ! Qu’est-ce que ça change ? Qu’est-ce que ça t’apporte ? Maintenant vas-y, fais le ton putain de dessin ! C’est tout ce que tu cherchais !

Mon regard flamboie. Je devrais me taire. Arrêter de dire ce que je ne pense pas. Je sais que la moitié de ce que j’ai dit est faux, et imaginer Nate, toujours aussi calme, subissant mon courroux sans se défendre, me rend déjà dingue d’avance. Et ensuite, il va m’expliquer calmement que je me trompe sur toute la ligne, toujours aussi impassible. Cela me met hors de moi. Il me regarde toujours, sans que son expression faciale ne soit changée le moins du monde.

- Mais ressens les choses bordel, ça te sers à quoi de cacher tes sentiments comme ça ?

Je devrais me calmer. Maintenant. Je prends une grande bouffée d’air, et respire doucement, tentant de maîtriser les battements de mon cœur. J’ai eu tords. Mais ce n’est pas du tout mon genre de m’excuser.

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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Mar 4 Déc - 21:18

Cette fois-ci, Nathanaël ne s’attendait pas à cette réaction de la part de son meilleur ami. Lorsque celui-ci s’énervait contre lui, c’était toujours parce qu’il l’avait cherché, parce qu’il avait testé ses limites, parce qu’il lui avait dit des vérités qui font mal. Mais là, Nate n’avait rien fait de tel. Du moins il ne le pensait pas. Il s’était senti tellement connecté à Ethan, tellement proche de lui, que les mots avaient émané tout naturellement de sa bouche. Quels étaient ce désespoir, cette peur, cette frustration qui poussait le Beethoven à se cacher derrière la colère ? Etait-il énervé contre lui-même parce qu’il s’était livré à Nate ? C’était probable.
Ses paroles devinrent irrationnelles, parce que trop impulsives, trop furieuses. Le pianiste avait juste besoin de s’en prendre à quelqu’un. Ethan savait pourtant que le Baroque n’était pas ami avec lui uniquement à cause du dessin. Alors pourquoi disait-il tout cela ?
Nathanaël eut le sentiment d’être victime d’une grande injustice, tout d’un coup. Les cris de son meilleur ami étaient comme des coups de poing dans le ventre. Et pourtant, le dessinateur serrait les mâchoires, restait impassible, réfugié dans son silence et sa carapace de neutralité. Seul son regard avait changé, imperceptiblement. Une lueur de douleur s’y était installée. Car Nate avait mal. Ethan avait brisé cette incroyable osmose, il s’était refermé sur lui-même, effrayé de s’être autant ouvert.

- Mais ressens les choses bordel, ça te sers à quoi de cacher tes sentiments comme ça ?

Ressentir les choses ? Il les ressentait. C’était pour cela qu’il avait compris Ethan. Qu’est-ce qu’il voulait ? Qu’il se plie en deux de douleur ? Qu’il se mette à pleurer ? Qu’il se batte avec lui ? A quoi ça servirait ? Pourquoi changerait-il sa manière d’être juste pour que le pianiste cesse d’être aveuglé par sa colère, parce qu’il n’était pas assez sensible pour remarquer les signes aussi discrets soient-ils des sentiments de Nate ? Ne pas afficher ses sentiments, il l’avait toujours fait et le ferait toujours, parce que c’était comme ça qu’il était, parce qu’il se sentait protégé comme ça. Il s’extériorisait dans ses dessins, point.
Nathanaël avait envie de reculer, son périmètre vital s’étant agrandi sous l’effet de la menace qu’était devenu son meilleur ami. Pourtant il se retint, tant bien que mal, parce qu’il savait que le brun n’était pas si dangereux, au fond. Il fallait qu’il réponde quelque chose, sinon Ethan risquait de continuer sur sa lancée et de s’énerver encore plus.
Mais sa voix était bloquée au fond de sa gorge. Il se réfugiait dans son mutisme, se refermant lui aussi sur lui-même, malgré lui. Pourtant il devait faire face, il le savait. S’ils se braquaient tous les deux, c’était fichu.

- Tu verrais mes sentiments si tu étais plus ouvert.

Sa voix d’ordinaire si posée et neutre n’était qu’un souffle légèrement plus rauque qu’à l’accoutumée. Son cœur battait fort dans sa poitrine, affolé par l’effort surhumain qu’il avait dû faire pour s’obliger à parler. Sans vraiment y réfléchir, Nate saisit la main d’Ethan et la posa sur son pectoral gauche, tout en posant sa propre main sur celui de son meilleur ami. Ce double contact le fit frémir, mais il ne recula pas.
« Tu vois que je ressens les choses. Tu vois que j’ai des sentiments. Tu vois que ce que tu me dis compte pour moi. »
Nathanaël resta muet.

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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Mar 11 Déc - 19:07

Je fusille le blond du regard. Pas un seul instant, je songe à ce que ma colère provoque en lui. Pas un seul instant, je songe à ce qu’il en pense, ce que ça lui fait. Pas un seul instant je songe à son avis. J’avais besoin d’une cible, quelqu’un sur qui décharger ma frustration. Je m’étais dévoilé totalement à Nathanaël, et c’était effrayant. A présent, il connait tout de moi. Chaque parcelle de ma personnalité que je n’ai pas l’impression de connaitre moi-même. Il sait tout, tout ce qui m’a forgé, tout ce qui a fait de ce gamin paumé et effrayé l’homme que je suis à présent. Tout, alors que j’ai la sensation de ne rien connaitre de lui, rien connaitre de moi. J’ai besoin de frapper sur quelque chose, peut-être. De laisser tous ces sentiments d’injustice et de malheur se déverser sur les autres pour que leurs poids soient moins lourds sur mes épaules qui ne paraissent pourtant pas si frêles. Mauvaise pioche, Nate n’est absolument pas du genre à répondre par la violence lorsqu’il se fait agresser. Dommage. Au fond, je ne suis pas si solide que ça. C’est à la limite de la faiblesse. Un gamin perdu qui cherche à devenir quelqu’un avec le peu de chose qu’il a, en reconstituant le puzzle de sa vie au fond de sa mémoire.
Voilà ce que je suis.

- Tu verrais mes sentiments si tu étais plus ouvert.

Je plisse les yeux. C’est tellement plus facile pour lui de savoir ce que je ressens parce que je ne m’amuse pas à le cacher. Plus ouvert ? Qu’est-ce que ça veut dire, ça ? Plus ouvert. S’il veut. A quoi bon ? S’il cache ses sentiments, je n’ai plus qu’à en conclure qu’il refuse de mes les montrer. Soudain, le jeune Baroque attrape ma main qu’il pose sur son torse, à l’emplacement de son cœur. Puis, il fait de même sur mon propre corps, posant ses doigts sur ma poitrine. J’écarquille un instant les yeux ; m’apprête à reculer brutalement. Ce contact étrange me fait l’effet d’une douche froide. Je ne bouge pas, il ne parle pas. Il écoute, et je fais de même. J’allais lui demander ce qu’il fabrique ; je ne le fais pas. Inutile. Je sens les battements de son cœur à travers mes doigts, je l’entends pulser contre ses côtes. Evidemment qu’il ressent les choses. Comme si j’avais pu en douter.
Evidemment.

Je finis par reculer lentement, retirant ma main de son pectorale gauche. Je ne le quitte pas des yeux, silencieux. Il y a des moments ou les mots sont inutiles. Je respire lentement et m’écarte de lui, me dirigeant vers la sortie de sa chambre. Sans me retourner, je passe ma main brutalement dans ma tignasse brune et ouvre violemment la porte qui vient claquer contre le mur. Je sors dans le couloir, alors que mes pas résonnent contre le vieux parquet du bâtiment Baroque. Je longe les fenêtres, jetant par moment un regard à l'extérieur.
Un soupire franchit mes lèvres.


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MessageSujet: Re: Sunday afternoon with you [Tanou&Natou, tu peux pas test =p]   Sam 5 Jan - 16:27

Nate ne comprenait rien. Il ne comprenait pas ce qu’il avait fait de mal, il ne comprenait pas pourquoi Ethan ne lui répondait pas, il ne comprenait pas ce que son meilleur ami attendait de sa part. Après tout il n’était qu’un putain de sociopathe, non ? Comment avait-il pu croire ne serait-ce qu’un instant que le Beethoven et lui pouvaient se comprendre ? Non, ils ne se comprenaient pas, visiblement.
Nathanaël ne suivit pas Ethan du regard, c’était au-dessus de ses forces. Il se sentait… démuni. Le bruit de la porte heurtant le mur le fit sursauter légèrement malgré lui. Pourquoi… Pourquoi Ethan était-il tellement en colère ? Qu’avait-il fait ?
Il ne pouvait pas le laisser partir comme ça… Il savait que son meilleur ami était impulsif, bien trop impulsif. Mais qu’était-il supposé faire contre ça ? Le suivre et risquer d’aggraver la situation encore une fois, ou ne pas le suivre et le laisser se calmer tout seul, tout en prenant aussi le risque qu’il reste fâché contre lui ? Non vraiment, Nate n’avait aucune idée de ce qu’il était supposé faire. Ah, et il y avait cette histoire de cigarette, aussi. Comment il allait faire s’il n’avait aucun moyen d’empêcher Antarès de jouer avec lui ?
Le cœur battant d’appréhension, le Baroque suivit Ethan dans le couloir.

- Attends !

Ethan se retourna et le dessinateur s’avança jusqu’à lui. Il aurait voulu dire quelque chose, mais aucune parole sensée ne lui vint, tant il craignait de faire encore fausse route.

- Je… Je peux avoir une cigarette, s’il-te-plait ?

Bravo Nate. Plus nul que ça, tu meurs. Chose rarissime, Nathanaël baissa les yeux…

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